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Tome II. [E - O.]
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me entieremcnt, jufqu’à ce que les vents qui commencent enOctobre souflant de l’autre côté, repoussent en mer ce fable &ouvrent ces ports.Cette incommodité ne fe trouvant point àcelui de Malacca , le trafic y est fort grand. On l’appelloit au-trefois A tire a chirfonefus. L’on y apporte les foyes & les toilesde la Chine, toutes fortes d’épiceries & d’autres richeíles del’Orienr. Le pays qu’on appelle Malacca , & qui est cette lan-gue de terre , qui s’étend en forme de Péninsule depuis leRoyaume de Siam du Sud-Est vers !e Nord-Est, presque jus-ques à la ligne equinoctiale entre les Golfes de Bengale & deCambodia , comprend outre la ville dé Malacca qui luy don-ne le nom les Royaumes de Lohor & de Patane , & obeïífoitau Roy de Siam avant qu'un Seigneur Javan s'en rendît lemaître. Celuy-cy aidé de quelques Pirates & Pêcheurs bâtitJa ville de Malacca, dont les habitans suivirent la Religion deMahomet par le commerce des Perses & des Guzurates, & en-fin Alphonse Albuquerque surprit la ville pour le Roy de Por-tugal en 1511. Elle a environ dix-huit cens pas de circuit, dontil y en a six cens du côté de la mer, où elle est fermée d’unebonne muraille aussi-bien que du côté de la riviere qui bordeun tiers de la ville, & du côté de la terre elle est fortifiée dequatre bastions réguliers. Depuis celuy qu’on appelle S. lagojuíqu’à celuy de Madre deDios , il y a une bonne paliissàde deJa Hauteur de 18, pieds, & depuis le bastion de Mtdre de Diosjuíqu’à celuy de S. Domingo , il y a un assez bon fossé. La rivie-re qui y passe vers le Nord Òiiest n’est pas fort large, & mêleson eau avec celle de la mer à Ja haute marée , mais au refluxelle est douce. Un pont de bois en joint les deux bords &l’unest plus haut que l’autre, parce que vers le Sud-Est la terre estsi marécageuse qu’on ne la fçauroit ouvrir que l’on n’y trou-ve de I’eau. II y a même des endroits où elle en est toute cou-verte. On voit deux Ifles devant la ville, dont l’unc appelléepar les Portugais llba Danaos , n'en est éloignée que de la por-tée du canon, & l’autre Test un peu plus. On appelle celle-làllba daPedra , à cause des carrières d’où l’on tire la pierre detaille dont l’on bâtit les maisons. Les caraques & les gallionsmouillent entre ces deux Ifles à quatre oiî cinq brasses d’eau,mais les barques & les frégates peuvent entrer dans la riviere,Sc les navires médiocres fe mettent à couvert de ì'Ilha Danaosentre l’Ifle & Ja ville. Les Portugais s’étoient si bien établis àMalacca qu’il fembloit qu’on ne les en pût chaflèr, 11 y avoirplusieurs Eglises richement ornées , cinq Paroisses, & di-vers Monastères de Religieux, parmi lesquels étoient les Jé-suites qui avoient un tres-beau College, mais enfin les Hollan-dois s’en rendirent maîtres en r;qo. aprés un siégé de six mois,& ils la poíïedent encore aujourd’huy.Ils y font au nombre dedeux ou trois cens familles. On y trouve aulfi plusieurs Ma-Iayens originaires , qui demeurent dans de petites cabanesaux extrémité? de la ville. Les rues font larges & droites, maiselles ne font point pavées. AuNord-Oiiestil y a une murail-le & une porte pour entrer & pour sortir , avec un petitFort qui a toujours des Soldats pour gardes. Le terrein sembleêtre marécageux derrière la ville & du côté de l’Oíiest. Horsdel’enceinte de la muraille, il y a des jardins où l’on trouvedes fruits & des herbes avec quelques jolies maisons Hol-Iandoifes. Ce quartier est la principale demeure desMalayesls.A l’Est de la ville, est la petite riviere dont on a parlé. Ellepeut porter de petites barques avec 'leur charge au temps desHautes marées. A cent pas de la mer est un pont-levis, quiconduit du milieu de la ville à un Fort bien bâti fur le côté dela riviere à l’Est. C’est-Jà le principal Fort. II est situé fur unterrein bas & uni,joignant la mer,&au pied d’une petite mon-tagne escarpée. II est en demi cercle , selon la situation de lacolline. II fait face à la mer, & comme il est fondé fur le roc,ses murailles sont élevées à une bonne hauteur & fort épaisses.La mer les lave par le bas à chaque marée. Derriere la mon-tagne on trouve un large fossé, coupé depuis la mer jufqu’à lariviere , ce qui fait une Isle du tour. Cette partie de derriereest environnée de gros troncs d’arbres , plantez les uns auprèsdes autres, de sorte qu’il est impossible d’y entrer loríque lepont est levé. Sur la montagne Sedans le Fort on trouve unepetite Eglise assez grande pour contenir tous ceux de la ville ,qui s’y rendent le Dimanche pour assister au Service. LesMalayens demeurent aussi auprès de la mer fur cette partie duContinent qui est au de-là du Fort. 11 y a dans Malacca plu-sieurs Marchands Maures qui y font leur résidence ordinaire.Ils ont des boutiques fournies des marchandises qui viennentdeSuntfe, de la côte de Coromandel & de Bengale. On yvoit aussi quelques Chinois établis qui y ont vendu des den-rées de leur pays, fur toutdu thé, du sucre candi & diversesconfitures, II y en a quelques-uns qui sont Bouchers, Leur

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1 principale viande est le porequ’ils vendent à un prix fortfonnable, tant frais que salé. II y en a encore d’autres p 3ces Chinois qui font artisans, & qui travaillent avec b ea ^, usld’industrie, mais ils font joueurs, & s’ils trouvent q uelc lqui veuille jouer avec eux, ils abandonnent toutes leu rS 3 gres. Cette ville est aussi tres-bien fournie de poisson. L° r ‘* u0les Pêcheurs viennent de Ja pêche, ils fe rendent tous danendroit qui a été bâti exprès pour l’y vendre. Il y 3 ‘ 3 | gSSoldats qui les attendent, & qui prennent le meilleurOfficiers duFort,le reste est acheté par des femmes qui I e ^revendre ensuite en détail. On a là encore quantité d’hui^^qui font tres-bonnes quand elles sont salées, mais elles . sfades quelquefois , & n’ont presque point de goût. Les pde cette contrée sont les plantins, les bananes, les P® 111 j eSde pin, les oranges, les melons d’eau, les pimples-noles»mangos & autres. Le pays est si couvert de bois qu’il re ^ble à une grande forêt. II y a d’ailleurs quelque bétail,des taureaux & des chevaux, mais en petit nombre, a . ci ci .du peu de pâturages. On y voit une grande quantité denards, de poules, & d’autres oiseaux domestiques. Le ^bander eû la personne la plus considérable de la ville- 1Hollandois & n’a guere moins de pouvoir que le GoUneur qui est dans le Fort, & qui ne fe mêle point du t° ut . aaffaires du commerce. Elles regardent le chibander, flsoin fur tout de la Douane. Cependant il semble q uc c ^ville n’ait pas été tant bâtie pour le négoce , que pouf a ^ ^l’œil fur les vaisseaux qui passent par-Ià pour allfer chez leslions qui font plus avancées vers l’Orient. Ce n’est p aS ss un’en puissent passer assez loin & hors de la portée du cano ^mais les vaisseaux gardes côtes qui appartiennent à la vd e >qui font toûjours à la rade peuvent leur empêcher le pa» a í 5 ’Olearius. Dampier, Supplément 1. part. cb. 8. gtìi

Le Détroit de Malacca > en Latin F retmn MalacenfeSine apura , est entre la partie Méridionale de la Prefqu m e nlà le Gange à l’Orient, & Tisse de Sumatra à l’Occideufos’étend du Nord-Ouest au Sud-Est Tefpace de plus d e ^vingt lieues en long. Ce D étroit que les Portugais uowwaussi Détroit de Simapur . est semé de plusieurs ifles qui e . n J. j g ,dent la navigation difficile, principalement dans fa p artieridionale du côté des villes deCanfor&de Thor. J e<MALAGA. Ville d’Efpagne ,au Royaume de ^ rC . n j n g,Quelques-uns l’appelient Malgue. Elle est située en une P la ’vers Tembouchure de la riviere deGuadalmedina dans w ^Mediterranée, à vingt-quatre lieues de Seville &de Ca<n-^vingt du Détroit de Gibraltar &à vinge-deux dedont son Evêché est suffragant, c’est un Port de mer. W jmôle de cinq cens soixante & dix pas de long , & deflur" gvingt de large. On voit de l’autre côté une grande avan c Ç i tfont les montagnes, quiquoy que fort éloignées, ne l al ^pas de mettre les navires à J’abri. La place du quaV e1 j cgrande, mais elle n’est pas bien longue, Au dessus du ^est un Château bas, ou plutôt une grande terrasse , fl u ! l e3 u,tre la mer & le Château d’AJcaçara. C’est le vieux Cn a ;& ce vieux Château commande à la vWr & à cette terra» 4 ^commande à tout le Fort, la ville étant plus enfoncéeterre. II y a de là un chemin de communication aud’enhaut, qu’ils appellent Cabraisaro. Ce chemin qui, a ,■ j ecoup de largeur , est entre deux hautes murailles bâties ^roc, & fi épaisses, que trois hommes de front peuventment marcher dessus. Elles font par tout par échelons, &cent aussi par dehors differemment, en sorte qu’elles je . gquent. Quand on est au faîte on découvre une grande ete eS .de terre , & du côté de la terre plusieurs Sierras ou m ° n j vsl jrLe vieux Château a un puits ,que quelques-uns veulent ^été fait par les Phéniciens, ainsi que la plus grande p a JChâteau, mais ce fut selon Garibay,un Gouverneur S e ^ ^laga, qui fe révolta autrefois contre les Rois de 6rer> a ^dont les enfàns trouvèrent moyen de s’y maintenir par jj ecours des Rois de Castille. On y voit une petite \ L qucoù le lambris , les murailles & la porte font connoit * u ..les Maures avoient leur Mosquée. IIy a aussi une de

verte où leurs femmes fe baignoient. La grande Eg u a îfesMalaga est fort belle & bien ornée. On tient que l eS cdu Chœur ont coûté cent mille écus. L’Evêche en1 v 3 ç jsXante & dix mille. C’est le Roy d’Efpagne qui dr>P p jn ietoutes les Chanoìnies. II y a aussi une Eglise de ^, ot ( r . e un lieude la Vittoria , bâtie par Ferdinand Sc Isabelle. C £ \ ^de grande dévotion. Les Capucins ont un beau jafdrulaga. Les palmiers & les orangers s’y trouvent enTout le pays depuis Velez n’est rempli que de VeUtsW u£ J.

ras , hormis fa petite plaine qui est autour de la ville, 04 1