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barques & de* galères, qui est le plus assuré deMalthe. En en-trant dans le grand Port, on voie à la main droite la Cité Va-Iette qui le borde. C’est où se viennent directement embou-cher les autres Ports qui font à main gauche. Dans le premierse retirent les vaisseaux qui ne doivent pas sitôt partir. D’uncôté, on y voit des magasins & un petit Couvent qui en estpeu éloigné, & de l’autre une partie des murailles du Bourgqui le bordent. Plus avant dans le grand Port, qui est le lieuoù demeurent les vaistèaux qui arrivent du Levant en atten-dant leur départ, on découvre à main gauche le second , quiest entre le Bourg & 1 ’Iíle, fermé d’une grosse chaîne de ferde trois cens pas de long,attachée au pied du Château S.Angequi en défend feutrée, Sc à côté celuy du grand bastion delisté. C’est dans ce Port que les galères de la Religion , & lesvaistèaux qui doivent rester quelque temps à Malthe, ont ac-coutumé de se retirer, soit pour charger, pour espalmer oupour se refaire. Le troisième Port enveloppe l’autre côtéde l’Isle, & est de fort peu d’usage. Le Château S. Ange estd’une situation si forte, que Soliman aprés avoir pris celuy deS. Lime, l’attaqua inutilement avec une armée de huit censmille hommes, ensorte qu’il fut obligé dc lever le siégé hon-teusement. II est élevé à la pointe de cette langue de terre , oùest ensuite le Bourg, sur un rocher plus haut que toutes lesautres Villes. On y monte par plusieurs degrez pour entrerdans une cour flanquée de quelques plateformes avec leurstours défendues de plusieurs gros bastions, principalement ducôté qu’il regarde le Bourg. Ce qui l’en sépare , c’est un largefolle où la mer pastè tout outre. II sert de Port à quelques pe-tites barques, & fait que ce Bourg devient une iste. Au hautdu bastion qui regarde le Port des galères, est une Croix deMalthe , avec un Serpent qui sort à demi-corps de la pointedu bastion en façon d’une goutiere. On a remarqué que ledessous de la mâchoire de ce Serpent & une écaille de íapeau tomberent dans une occasion où les Maltois eurent dudésavantagé.
En descendant de-là dans le Bourg , on trouve austì-tôt unAi ferlai de terre, & plus avant la demeure des Forçats qui esttaillée dans le roc > & qu’on croît avoir été le lieu où étoitl’Infirmerie avant que la Cité Valette eût été bâtie. Ce Bourgest la partie deMalthe la plus ancienne, comme on le jugepar ses rues toutes étroites & tournoyantes, à l'exception dedeux, dont l’une côtoyé le dessus du quay, 8c l’autre com-mence à la porte de terre, & finit dans la grande Place où estla Tour de l’Horloge de la Ville. Le Palais de l’Inquisition ,&l’Annonciade, Eglise & Convent des Dominicains sontdans cette derniere rue. L’Eglise de S. Laurent est proche dela Place & de l’Eglise des Grecs, qui passe pour la plus an-cienne de Malthe. Le grand quay du Port des Galères est lar-ge & tres-bien pavé, & l’on y voit quelques Palais des Capi-taines de Galères. L’Arsenal de mer est à un bout de ce quay,qui finit à la petite porte du Bourg par où l’on sort pour allerà Bormelo, grand fauxbourg où demeurent de riches Mar-chands avec quelques Matelots. II est dans le fond de ce Port,où par le moyen d’un pont on renferme pendant la nuit lesbarques dans lesquelles on passe du Bourg à la Ville, de peurque les Forçats & les Esclaves ne s’en servent pour s’enrìiir.Les Eglises de la Madona del Carmine & de la Concettione sontbelles à voir ainsi que quelques jardins de ce fauxbourg, quientoure le bout de ce Port, & qui joint en même temps parses deux extrêmitez le Bourg avec l’Ifle. Cette Iíle où l’onentre âpres avoir passé ce fauxbourg & quelques fortificationsqui en défendent la porte, que l’on a taillée par dessous le roc,qui s’avance jusque sur le Port sans y laisser de passage, est si-tuée fur une langue de terre de même parallèle que le Bourg,dont le Port des Galères la sépare 3 mais ses rues sont pluslarges Sc plus droites, à cause de son assiette plus unie fur lerocher qui la rend tres-forte, principalement du côté de l’au-tre Port qui I’a fait appeller ijle. Le terrein qui est bas & fortétroit à son entrée, s’éleve & s’élargit à mesure qu’on y avan-ce, jusqu a ce qu’on soit au grand bastion bordé de gros ca-nons. Ce bastion est à la pointe de la langue de terre qui re-garde la Cité Valette & le Château du Bourg, entre lesquelsest {'entrée duPort des galères & des barques. Trois grandesrues traversées de quelques petites, font le plan de cette Ville,à quoyil faut joindre un grand quay qui frit une promenadetres-agréable, à cause de la vûë qu’on a fur les galères, quisont parées de disserens pavillons & de longues banderoles lesjours des grandes Fêtes. Du côté de l’autre Port, elle est fer-mée de hautes murailles & de gros remparts, qui rendent cecôté de la ville fort élevé de la mer. On voit proche du grandbastion la petite Eglise de Notre-Dame de la Victoire, &
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dans la grande rue qui commence en cet endroit»
Eglise de S.Roch & de S. Sebastien. Les bains des rqsont sous un cavalier, proche de la grande porte par °° r gva au fauxbourg de Bormelo, qu’on a enfermé avec le, . jj e& l’Ifle par de belles fortifications qu’on voit à un dettU _au dessus en un lieu qui leur commande. On les appelle ^tifications de sainte Marguerite, à cause qu’elles sont Pdu village de ce nom, au bout duquel est la belle Egi J jjU Madonna délia Vittoria , où tous les Mercredis & Samey a grande affluence de monde pour les Indulgences q u ^peut gagner. Cette Eglise est ornée de plusieurs table 30 *’,,,embellie de peintures qui representent les combats ss u ^Maltois ont donnez, & les victoires qu’ils ont rempo rtee r ,les Infidelles. Celle de l an 1565. est l’une desquables. Soliman n’étant pas content d’avoir pris Rhodcs^^il avoit chassé les Chevaliers, envoya une tres-puissante 3 ^à l’Ifle deMalthe pour s’en rendre maître. Elle y. arrl pj*limois de Juillet , & débarqua vers Monte Pelegrino.Bacha étoit Amiral, & le fameux Dragut & le vieux P 1 - etl tli, tous deux redoutables par leurs pirateries, lequelque temps aprés. Les Turcs attaquèrent d’abord I e ^teau S. Elme, qui défend les entrées du grandP° rt j âMaríamouchet, Ôc plantèrent leur batterie où est à pre e j cCité Valette qui n’étoit pas encore commencée. Ijs j rt uési rudement ce Château qu’ils s’en emparèrent, âpres avo ^tous ceux qui le défendoient. Ensuite ils se tournèrent vBourg, défendu du Château S. Ange , & y donnerent sosieurs assauts, auflï-bien qu’à l’Ifle de la Sangle, m aí * * ,
rent toujours repoussez avec de tres-grandes pertes. Ç y tdantquoy que le Château S. Ange les maltraitât de telle ^qu’ils n’osoient se tenir à découvert, ils ne laissèrent p 3 ^ruiner toutes les défenses de l’Ifle, ce qui leur fit P ren ’ ( leSrésolution d’y donner un assaut général, parce qu’en etamaîtres, ils auroient rompu la chaîne qui fermoir le Port’ p eduë depuis le Château S. Ange juíqu’à l’éperon de j E \ eúî
eperonuw.-- JeUÍ
Grand Maître Jean de la Valette Pansot, ayant eu avis u jdessein, fit faire dans le Château S.Ange des embraie ,jjfleur d’eausans les ouvrir en dehors, ensorte neanm° inSne falloit qu’un coup de marteau pour leur donner l’ ouVnécessaire à son projet. Il y fit en diligence poser le canon ^il avoit besoin. Le jour choisi pour lassant étant ve ” ]j a t 5Turcs envoyerent quantité de barques chargées de y° c,pour attaquer l’éperon de l’Ifle, & les canons du C‘ iare aV , e cAnge paraissant en même temps à fleur d’eau, tireren ^un si grand succès, que toutes les barques coulèrent aLes Turcs firent encore plusieurs vains efforts, & 4 e £ ' x Ai-de leur entreprise par le secours qu’ils voyoient venir 311 ^
siegez, ils partirent de l’Ifle fur la fin de Septembre ,1 ^avoir perdu trois mois à ce siégé , qui leur coûta so** a j, u icdix-huit mille coups de canons, quinze mille Soldatsmille Matelots, la Place n’étant défendue que par un i° r j etit nombre de Chevaliers, mais tres-vaillans & si tedo° ^ces Infidelles, qu’ils prennent la fuite sitôt qu’ils déco ^quelques galères de la Religion de Malthe. On fait to - utans de grandes réjouissances à Malthe le 8 . de Seqtembt ^de la Nativité de la Vierge, en mémoire de la levée de ce , £V ^tToute la Milice sc range en bataille de grand matin . fCl’Eglise de S. Jean, que l’on a soin de parer d’une m a ^extraordinaire. Le Grand Maître assiste à la grand’M e ^aprés l’Epître dite, le Maréchal de la Religion fort de ^berge d’Auvergne, & suivi d’un Commandeur desP 10 ^^.ciens ayant le casque en tête, il porte le drapeau de cet pi a ce>berge. II fait le tour de l’Eglise, & lorsqu’il passe par l a cela Milice sait trois fois fa décharge de mousquets. APCommandeur, vient un Page du Grand Maître qui P° répée en une main, & en l’autre un poignard que le R°y t e-pagne envoya à la Religion, aprés que les T ures se so r j> aU ts etirez de devant l’Ifle de Malthe. Ils sont garnis l’un 1 yr e i!§de pierreries de tres-grand prix. Etant arrivez à l’EA* j^rs’avancent jusques auprès de l’Autel, & le Comfljf fuí sesalue trois fois le S. Sacrement avec le drapeau.^ * p or te,sc tournant vers le Grand Martre, il le salue de la m^° p f e-& va prendre place au dessous de Iuy à son côté. Lc P a » u£ j s J3fente au Grand Maître l’épée & le poignard qu’il tient n dpointe en haut durant l’Evangile, les rendant au P a ss c Jj a îtr celle est finie. Aprés la Messe, ils reconduisent le Gran p 0 js
en son Palais, où le Commandeur le salue encore ne i }0avec le drapeau, puis s’en retourne à l’Auberge où il 4 ° 0 us'magnifique repas à tous ses amis. Aprés le dîner,on fart ^te. *scs de Pallia , & d’autres réjouissances qui termineur 3 ^Thevenot, Voy. de Levant- Jouv. de Roch. V. d’ital. V