Band 
Tome II. [E - O.]
Seite
588
JPEG-Download
 

5 88

MAN

MAN

Seigneur de Miguinez à vingt lieues de Mamore,d’aIler traver-ser cette entreprise avec le plus de gens qu’il pourroit, 8c sixpieces d artillerie, luy promettant de le suivre avec le relie deses troupes. II ne tarda point aprés cet ordre à prendre la routede Mamore, avec trois mille chevaux & trente mille hommesde pied, & fut suivi du Roy son frere, qui avec un nombre in-fini de Cavalerie Lc d’Infantcrie, le joignit à quatre lieuës dela Forteresse. Ils envoyerent de-là leur Cavalerie , pour traver-ser cet ouvrage que les Portugais ne laiflerent pas de continuer& d’achever. On l’eût défendu contre les troupes des Maures,si le General n’eût pas voulu se rendre maître des six piecesd’artillerie qu’avoicnt les Maures à demi-lieuë de la Fortereíleavec peu de gens Pour les garder. II envoya douze cens Sol-dats pour s’en saisir. Ces Soldats arrivèrent avant le jour où1 artillerie étoit, Lc trouvant les Sentinelles endormies, ilsl’emmenerent plus de deux traits d’arbaléte avant qu’on s’enapperçût ; mais à la fin ayant été découverts, on sonna l’alarmepar tout, & le frere du Roy de Fez vint fondre sur eux avectoute la Cavalerie. Ils marchoient en si bon ordre, qu’encoreque l’Ennemi voltigeât de tous cotez pour retarder une mar-che en attendant que son Infanterie fût venue , ils s’ouvroientpar tout un passage l’épée à la main, ayant les six pieces d’ar-tillerie encloses dans leur bataillon. Lorfqu’ils furent prochede la Forteresse, ils virent toute la campagne couverte de Mau-res , Lc l’cpouvante les prit, enforte que les plus craintifs rom-pirent leurs rangs pour se trop hâter, ce qui donna lieu auxMaures de percer ce bataillon. Ils y firent main basse fansqu’il s’en sauvât que quinze que quelques Officiers du Royde Fez firent prisonniers. Ensuite les Victorieux s’étant ap-prochez de la Forteresse, se retranchèrent à l’embouchúre duFleuve Lc y pointèrent leur canon. Le General des Portugaisà qui les vivres Lc les munitions commencerent à manquer,parce que le canon des ennemis défendoit Feutrée du Fleuveaux vaisseaux qui en pouvoient apporter, se retira par l’avisdes Officiers, & partit d’une maniéré si précipitée, que laplupart périrent dans rembarquement, soit par le fer, soit dansseau. On y perdit plus de cent vaisseaux avec toute l’artille-ric. L’an 1614. les Espagnols armèrent une Flotte , & s’étantrendus maîtres de l’embouchûre du Fleuve, ils en chassèrentles Anglois qui s’en étoient emparez, Lc y firent bâtir un Fortpour assurer le commerce. * Marmol, tom. 2. hv. 4. cb.16,

MAMUM ou Mamtta. L’une des Forteresses qui furent bâ-ties par les habitans de la Province de Sugulmesse en Afrique,aprés la destruction de leur ville capitale. Elle est grande,forte & peuplée, Lc a quantité de Marchands Maures Lc Juifs.* Marmol, Hifi. d’Afr. tom. 3. cb. 23.

MAN. Iste d’Europe au Couchant de l’Angleterre dans lamer d’Irlande. Elle est située au Nord de J’Ifle d’Anglcfey ,qu’elle a par conséquent du Midy, de même que l’Ecofíè ducôté du Nord. Du Couchant elle regarde l’Irlandc, Lc duLevant une partie du Comté de Lancastre. Sa longueur est devingt-neuf milles, fa largeur de neuf, & son circuit d’environquatre-vingt deux. L’air en est froid & fâcheux, à cause qu el-lc est fort avancée vers le Nord , Lc comme on n’y voit pointde forêts, les habitans y manquent de bois, Sc se servent demottes de terre Lc de tourbes qu’ils brûlent comme aux Pays-Bas. La terre est médiocrement fertile, 8c s’ils ont quantité degrain, principalement de Forge Lc de l’avoine, cette abondan-ce vient plus de leur industrie que de la bonté de la terre, quiproduit pourtant beaucoup de lin Lc de chanvre. Ils font ri-ches en troupeaux, mais le bétail y est plus petit qu’en Angle-terre. La mer voisine leur fournit force poisson. Les monta-gnes s’élevent au milieu de Fisse. D u sommet de la plus hautequ’on appelle Sceajfel , on peut découvrir, lorsque le temps estserein, les trois Royaumes, l’Angleterre , l’Ecoffe 8c l’Irlan-de. Ceux qui font les plus considérables, vivent à peu préscomme l’on fait dans le Comté de Lancastre, avec assez desplendeur & d’honnêteté pour les Etrangers. Le même peupleapproche des mœurs des Irlandois, tenant toutefois un peu deI’humeurde ceux de Norwege. Ils font si ennemis des forma-ssiez qui font durer les procez, qu’ils terminent leurs plusgrands differens fans écritures. Us ont des Juges qu’ils appel-lent Deemjlers. Si l’un d’eux se plaint de quelque injure , leMagistrat leve une pierre & y met fa marque. 11 la donne en-suite à celuy qui fait sa plainte, afin que par le moyen de cettepierre, il donne assignation à sa partie Lc aux témoins par de-vant le Juge. Si quelque affaire mérité d’être bien examinée ,on en remet le Jugement aux Douze-Hommes, qu’ils appel-lent les clefs del’lflf^ U est défendu d’y mandier, &on n’ysouffre ni voleur ni faineans. Les femmesne sortent jamais deleur logis fins porter autour d’elles le linceul où elles doivent

cort'

être ensevelies, Sc s’il s’en trouve quelqu’une qui f 01 faiedamnée à mort, elle est cousue dans un sac Lc jettee ,] edans la merdu haut d’un rocher. Cette Isseque César V (Mon a , Ptolemée Monœdx , Pline Monaíix, Orose M j- . j,Bede Menavie seconde , Gilde, Historien Anglois, EU j e[IJ esMenoiv , est nommée présentement Manritx par les muEcrivains Latins ; Manning par ceux qui Fhabitent, & T ’ jj v j-Man , c’est-à-dire, Isle de Man , par les Anglois. ^ e .^: on ale>fée en deux parties, l’une Septentrionale, l’autre Menu ^& contient deux Châteaux, cinq Villes marchandes, d* ^ uJ£Paroisses, Lc plusieurs Bourgs & Villages. Ses villes ^ e y.de trafic sont Douglas, Laxitowne, Bushin, Péel 8c R? ^ ueLes habitans suivent la Religion d’Angleterre. Leur eSSodorense avoit autrefois Jurisdiction spirituelle sor ^les Isles Hébrides, Lc présentement il l’exerce f" eu , -,,js il

celle de Man ,& est soumis à l'Archevêque d’Yorck,n’a pas séance au Parlement d’Angleterre. Cyrrsi»

Cette Isle a porté titre de Royaume. Godred fils d e ss jr,yregnoit Fan 1065. Godred C rouan, fils de Harald ley étant venu un an aprés, fut défait par les habitans, iílfreconnu Roy. 11 régna seize ans, Lc laissa trois fils » E an £ a geHarald & Olave. Le premier régna sept ans, Lc fitj c vde la Terre-sainte, pour expier le crime qu’il avoit c , e lle«en faisant crever les yeux à son frere Harald, qui étoit r t ,11 mourut en ce voyage, & ceux de l’Isle ayant fçuj onn esprierent Murecard-O-Briem, Roy d’Irlande, de leur ^ £equelqu’un de race Royale pour être leur Roy , ) uC L e jequ’Olave, le plus jeune des freres de Laman, fut en ( j.regner. 11 leur envoyaDopnald,fils de Tad,quise 5 jss^ nCrannisez, fut chasse trois ans aprés. Olave monta sor jf g| s>en un. Lc régna quarante ans paisiblement. Godred, t °,Q te r,qui en régna trente, vit élever contre luy Thorsin, fil?g t jjqui fit Roy des Isles Summerled Dulgal, avec qui en " n e Jespaix , de sorte qu’ils partagèrent entre eux le Roya u, y ^,jtIsles. Godred chassé de celle de Man par Summerled, 5en Norwege, Lc Summerled fut tué bien-tôt aprés a tc "l’Ecosse. en çî

Reginal.ouRenaud, frere bâtard de Godred, c 9 ? fW eg ede regner quatre jours aprés ; mais Godred vint de N 10 jgavec une grosse armée , Lc Fayant fait prisonnier, il I e P y va r.la vûë. 11 mourut Fan 1187. Lc laissa Renaud, Olave » -yCe fut Olave qu’il nomma pour luy succéder, mais par j. e ntn’étoit âgé que de dix ans, ceux de l’Isle de Man 0 n6

pour leur Roy .Renaud qui étoit Faîne, ce qui al‘ u j a jé-guerre qui dura trente-huit ans, & qui ne finit que parfaite Lc par la mort de Renaud. L’an 1230. Olave vM v eCGodred, fils de Renaud, en l isse de Man, Lc partageso^gjluy le Royaume des Isles, il la retint pour fa part. j| e Jes’en alla pour commander dans les autres, & fut tue en t0t) tLodhus, de sorte qu’Olave demeura seul en possessi° n tor zCLc mourut l’an 1237. Harald son fils qui n’avoit que q Jcans, fut son successeur. L’an 1139. il alla trouver I e * *j«yNorwege, qui deux ans aprés luy confirma , tant P° f e sque pour fes Descendans, le don de toutes les Isl es ss jyj 3 n,Prédécesseurs avoient possédées.Harald étant deretou w- J-n'demeura en paix avec les Rois d’Angleterre Lc d’Eco ’ pjt pcfuite il alla épouser la fille du Roy de Norwege,& en rdans son Royaume , il se perdit en mer avec fa t £tn ^1243. prés du rivage de Radland. Renaud, fils d'Olaved’Haraldluy succéda, & fut tué trente jours aprésjp ar y Jedat appellé Yvar. Magnus , autre fils d’Olave, ,

Man aprés luy, Lc mourut à Rudshem en 1285. L a» p 0 .vante, Alexandre III. Roy d’Ecoffe, unit cette Isle ° ^ 0 \tmaine, comme dépendante des Isles Occidentales íjj 1achetées des Rois de Norwege. L’an 1340. Gu ll!a a u*Montagu, Comte de Salifburi, arracha l’Isle de ^ . fa

Ecossais, Sc la vendit en 1393. à GuillaumeScroop» ^ a irCouronne & son droit Royal. Scroop ayant eu la te ju-chée comme criminel de leze-Majesté, ses biens sor u e irfisquez, Lc cette Isle vint avec le reste au pouvoir du fj^puíi 1 'ry IV. qui la donna à Henry de Percy, Comte de N<^ j eZ e-berland. Celui-cy ayant été aussi convaincu du crimeMajesté, le mêm&Roy Henry IV. envoya prendre p° Zde cette Isle & du Château à Jean Stanlay, Faccorsom ^y,luy qu’à ses successeurs, qui ont le titre de Comtes de

& de Rois de Man. * Camden, Brit. Spéed, T be <• , en-

MaN. Petite Isle des Indes dans le Golfe de B £íl t^p e gííviron à quarante-cinq milles de la côte du Royaume jevers l’Occident. Elle est entre des rochers & des fable 5 1l’Isle d’Andeman, & s’étend en long du Septentrion * ^ ^Les Portugais rappellent à ïlhx-Maon^ les Indiens &