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en Latin Maquijlim. On y voit les ruines de Tancienne OffìgiLacon'uim. ¥ Maty, D/ct. de Holl. 1701.
MARACAPANA.Port qu’on estime l'un des meilleursxiela côte de T Amerique Méridionale. I! ferme presque les limi-tes du Gouvernement de Venezuela vers l’Orient. Dans lesmontagnes qui font éloignées de cePort de deux lieues,ailleursde six.ìk en quelques endroits de dix,habitent les Sauvages ap-peliez chuigotes. Ils se servent d’un même langage, quoy qu’ilsayent souvent de grands démêlez ensemble. Ils font portez àla guerre & mangent leurs prisonniers. Les habi tans de Cuba-gua ont eu autrefois une petite Forteresse au Port de Maraca-pana , & ils y tenoient une forte garnison. Leur prétexte étoitde défendre la Province contre les efforts de ceux qui la vien-droient attaquer ; mais ils ne cherchoient qu’à enlever cesmalheureux Indiens, dont ils fuioient des Esclaves, ce qui afort dépeuplé ces grandes Provinces. De Maracapana juíqu acelle de Bariquicimete, il y a une plaine spacieuse, longue deprés de cent lieuës, qui est fort propre pour la chaste &• pourla pêche ; mais tout ce pays a été tellement ruiné par les Es-pagnols & les Alemans, qu’il nourrit présentement plus de ti-gres que d’hommes , de forte qu'il est tres-dangereux d'ypasser. ¥ Laët, De fer. des Indes Ouid. liv. 18. ch. 14.
MARACAYBO. Grand Lac de l’Amerique Méridionale,dans le^otivernemenr de Venezuela > en Latin Maracajbum.Les Espagnols l’appellent Lxgo de Nueftra Seiìora. Ce Lac entredepuis la mer jusques à quarante lieuës dans la terre-ferme. IIen a dix de largeur en plusieurs endroits, & environ quatre-vingt de tour. Sj,on embouchure peut avoir une demi-lieuë.La marée y entre dans son flux, ce qui en rend l’eau un peusalée, quoy qu’il reçoive plusieurs petites rivières qui s’y dé-chargent de divers quartiers. 11 nourrit plusieurs sortes depoissons, & sor tout des magatis. On y en voit de fort grands.Les habitans du Gouvernement de Venezuela trafiquent com-modément avec ceux du nouveau Royaume de Grenade, parle moyen d’une riviere qui en descend, & quî entre au fondde ce Lac. Quelques-uns des Indiens qui en habitent les ri-vages , bâtissent encore aujourd’huy leurs cabanes au haut desarbres, dans l'eau même ou sor le bord. Diverses Nations deSauvages demeurent à l’entour. Les Pocabuyes, qu’ôn ditavoir beaucoup dor, sont de ce nombre. Aprés eux sont lesAlcoholadesy qui n’en ont pas moins. C’est une Nation douce& civile, dont les champs abondent en toutes sortes de vivres.La Province de Xuriura , plate & champêtre, est entre lesmontagnes de ce Lac. Ces montagnes sont habitées des Cora-mochis. C'est une Nation farouche & guerriere. Au recul dece Lac,que les Espagnols appellent vulgairement dilata ,sontles Bobines , dont le pays est estimé fort mal sain , à cause debeaucoup de marais & de l’humidité de la terre. Divers au-tres Sauvages, d’un esprit grossier & presoue dénuez de tout,habitent l’espace de quatre-vingt lieuës■ depuis Xnruara, juf-qu’à la capitale Cors. * Laët, Defcr. des Indes Occid. liv. 18.chap. 14.
MARAGNAN. Grande Ifle de l’Amerique Septentrio-nale dans !e Brésil , en Latin Maraniana lnfula. Elle 4 environquarante-cinq lieuës de tour,& est éloignée de la ligne vers leSud de deux degrez & trente ícrupules.Trois rivières qui sor-tent au fond de la Baye , vis-à vis de cette grande Ifle, la cein-gnent de toutes parts, de sorte que d’un côté elle est à cinqou six lieues du Continent ; de î’autre elle en est à deux outrdis-, & des autres plus ou moins. La plus Orientale de cestrois rivières descend quarante ou cinquante lieuës dans lepays, & a un quart de lieuë de largeur en son embouchure.Elle s’appelle Mounin. Celle du milieu se nomme Taboucourou.Elle est large d environ demi lieuë en son embouchure, &descend aussi plus de cinquante lieuës au dedans des terres.La troisième , dite Miary , est la plus Occidentale , & est largede cinq ou six lieuës quand elle se décharge dans la mer. Cesrivières élevant de grosses ondes, rendent l’Iste de Maragnand’un accez fort difficile, outre qu’èlle est environnée de bancs&C de basses cn dehçtrs vers la mer. Comme tout le reste dela côte en est couvert tant vers l’Estque vers l’Oiicst, il n’y aque deux passages pour entrer , dans la baye & aller à J’IÍIe,l'un est entre le Cap des arbres secs, & la petite Ifle de sainteAnne, jusqu’où seulement les grands navires peuvent avancermais ils peuvent aller juíqu’à celle de Maragnan par l’autrepassage qui est de l’autre côté de cette même Isle de sainteAnne , ce qu’onne doit pourtant entreprendre qu’en certainstemps de Tannée. II y adans la grande Ifle vingt-sept villagesde differentes grandeur. Les naturels du pays les appellentOc ou Tave. Ces villages consistent en quatre cabanes seule-ment jointes en quarté à la maniéré des Cloîtres, de sorte
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j qu’elles renferment une grande cour dans le milieu. ^ e ^ o£ilongues de trois cens pas & quelquefois de cinq cens, ». sde vingt-cinq ou trente pieds, & composées de ^ aUts 1 d0 ísd’arbres & de branches liées ensemble j & couvertes _ P sle bas juíqu’au haut de feuilles de palmes centre les ín J j.de l’air. Il.fe trouve deux ou trois cens habitans dans q ^ques uns de ces villages . & dans les autres jusqu a . clBt * e ][ esix cens. Comme cette Ifle n’est pas étendue en c0 t
n’est pas aussi élevée en hantes montagnes. U y a * eU ^tdes coteaux & des collines , qui ont au pied des sourc ^claires. Ces sources produisent beaucoup de ruisseauxtorrens où les Sauvages vont avec leurs canots.étant peu éloigné de la ligne, les nuits & les jours y 10 jmêmes dans tout le cours de Tannée, & on aurojt PÇtrouver un climat plus agréable, n’y ayant presque ni * 101 a’ £ 5>sécheresse immodérée. II n’y a ni tourbillons, ni tern P^ ,jpoint de neige ni de grtfle , peu de tonnerres, si ce n. •. g.temps des pluyes, qui commencent fur la fin de Févií^ r .j s yqu’au mois de Juin. Tout ce qui est nécessaire pour b slL S(trouve partout ,du bois dur & ferme, des pierres Jade Targille pour faire des briques, enfin du cimentschaux. Quoy qu’onne laisse point reposer la terre, Sc fl j 5ne la fume jamais , elle rapporte le mays avec abondancemois aprés qu’on i’a semé. Les racines de manioc do ^fe servent ordinairement au lieu de bled , y croissesgrosses en tres-peu de temps, & les melonsn’ontbei 0l ^| itede deux mois pour meurir. On en a presque dansTannée, & la même choie est des autres fruits. Les 8auqui habitent cette Ifle & le Continent, disent que presq u ^ jj rele Tropique du Capricorne, il y a une sort belle Provins r,Cayeten , comme qui diroit grande Forêt, que leurs P^cseurs appeliezToupinambas, ont autrefois possédée, .* nt
leur valeur leur avoit fait donner ce nom, parce qu’ils c ç ebeaucoup plusvaillans que leurs voisins. Ils ajoutent flvoyant inégaux en armes aux Européens qui possedoiÇ 0partie du Brésil , ils s’étoìent d’abord retirez dans l £ y j| 5épaisses forêts, & que ne s’y tenant pas encore en sofÇ ’étoient arrivez à la mer, & dans ces Provinces 8eptentH ^du même Brésil, aprés avoir traversé un grand efp^c# re, & qu’ils y avoient conservé le nom commun de 1 7)
* nambas, prenant des surnoms des lieux où ils s’étoient ar ^comme du Maragnan , Taboucourou, Miary & autres* s’etiSauvages sont d’ordinaire de moyenne taille , quoy fl u . . Jetrouve parmi eux de grands & de gfo& 11s ont le nez P ’jecorps droit & fort robuste , ensorte qu’on leur voit Pf ,r slU ’jIstres-lourds fardeaux. Ils sont rarement malades à cauR ^. n (jmangent peu, & qu’ils jouissent d’un air agréable & . ycniíils vont jufqu’à une grande vieillesse fans blanchir n 1 f.chauves. On dit que les femmes y sont secondes ju>fl u | C stre-vingt ans, les enfans y naissent blancs, mais Ics P ereS c0 u tmeres les oignent d’une certaine huile mêlée avec du x0 s (equi peu à peu les rend bruns & olivâtres. Les nstM ^f.coupent les cheveux furie front, les femmes les ladI ecendre jusques au nombril, & sont fort soigneuses de j £ e$peigner. Elles fe percent, les oreilles,&y pendent de P ^jxzboules de bois ou quelque chose de semblable, wa ^ ^n’imitent point lfes hommes qui fe percent la lèvre d c aU -& qui mettent dans le trou une pierre verte , ou quelq ^tre chose. Quelques-uns fe percent les narines, Sc Y nde petits os ou quelque morceau de bois. Les uns &_ * e . q \fivont tout nuds excepté les gens mariez ou les vie 1 1 3 ^0couvrent de quelque drapeau rouge ou bleu ce quc/d t esapprend à cacher. Ils se peignent tout le corps' de o 1 **®couleurs., & affectent le noir pour les cuiflës. II y ^í 1 a [S jjií*coup parmi eux qui fe déchiquetent la peau de P . if p snieres avec une pierre tranchante comme un rasoir- quitent dans les incisions qu’ils so font une certaine cou ur3 ge.ne s’cfface jamais, & c’est parmi eux une marque de c c desIls sont fort adroits à faire toutes sortes d’orneinens 3plumes de différentes couleurs , comme des diade c) .^eScouronnes, des colliers, des bracelets, & de grandequ’ils nomment fandou-ave. Leurs lits sont tendus enpaux & lacez de .fil de coton , en forme de rets , ou ti v j v entme des clayes. Outre leurs racines de manioc > 1 ^ u ’jls
de poisson, d’oìscaux & de toutes sortes d’aniuif j- oJl Crôtissent ou font griller fur le feu. L’arc & ^ cs çf ci^ s *leurs seules armes. Ils font tres-vindicatifs, St * 01 {e po l,íleurs ennemis, à qui ils déclarent quelquefois la g u • ^ 0 \ì-le plus Ieger sujet, avec une haine que rien ne P? . ] a frcir. Quand ils font des prisonniers, ils les engn en ( j eV ptf pí 'çon des pourceaux j aprés quoy jls les tuënt Sc l« s