6o8
M A R
ronnce de terraffes bordées d’arbres, & le chemin est pavé.De cette avenue, on descend à l’avantcour , qui est séparée dujardin par une grille , dont les piliers qui lont aux extrêmitezfont aussi ornez de vases de pierre. Dans cette avantcour fontdeux pavillons, en l’un desquels est JaChapelle, décorée audedans de pilastres d’ordre Corinthien. Dans l’autre , ontrouve la selle des Gardes au rez de chaussée. Les logemensqui font au dessus, font pour plusieurs Officiers de distinction.Vis à vis de ces Pavillons, il y en a deux autres de mêmestructure, qui servent à loger de grands Seigneurs, Ces deuxderniers font joints par un mur fur lequel il y aune perspecti-ve qui fait un tres-bel effet. Le Château consiste en un grand Pa-villon isolé,qui en est comme le corps',& en douze autres moinsgrands qui font séparez & distribuez , six d’un côté & six del’autre. Le grand Pavillon a vingt & une toises en tout sens. Ladécoration exterieurc qui est de peinture à fresque, consisteen pilastres d’ordre Corinthien , en trophées & en devises ,tout cela mis entre les croisées de l’étage qui est au rez dechauffée. Dans chaque face est un avant-corps auíïì de peintu-re à fresque, couronné par un véritable fronton. Outre lesperrons à pans qui font dans les angles, il y en a quatre autresdans les quatre faces principales. On voìt deux Sphinx furchacun de ces perrons. Ces perrons conduisent à des vestibu-les qui séparent les grands appartemens. De ces vestibules onentre par quatre portes dans un tres-beau salon. Sa figure estoctogone, & quatre cheminées ornées de glaces, remplissentles petitspans.Ce salon est embelli de seize pilastres d’ordre Io-nique couronné de son entablement, & au dessus est un attiquedécoré par des Caryatides en termes, qui representent les qua-’tre Saisons, & soutiennent de leurs mains une corniche ar,hi-travée qu’elles portent fur leur tête, & qui leur dent lieu d’en-tablcment. Outre que ce salon est éclairé par quatre croiséesqui font dans l’attique , & au bas defquellcs sont quatre bal-cons dorez soutenus par des aigles, il Test encore par quatrefenêtres ovales avec des guirlandes de fleurs que portent depetits Amours. Dans les petits pans de l’attique au deíïus dechaque cheminée > on volt un tableau qui represente une desquatre Saisons. Les vestibules font plus longs que larges, 2 cornez chacun de deux tables de marbre & de deux grands ta-bleaux j qui representent ou des sieges faits par Sa Majesté oudes villes prises. Toutl’appartementdu Roy & ceux de Ma-dame la Duchesse de Bourgogne & de Madame , ont pourornement d’excellens tableaux fur les principales actions deSa Majesté. On monte dans celuy de Monseigneur le Dau-phin qui est au dessus, par deux escaliers. Cet appartementest environné de plusieurs autres petits qu’on ne donne qu’auxpersonnes du premier rang. Ils sont tous ornez de tableaux oùsont peints des enfans , des fleurs & des fruits. Les autres Pa-villons font joints les uns aux autres par des berceaux quivont se terminer à deux petits pavillons de treillage qui sontderrière le Château. On volt en ce lieu une cascade toutemerveilleuse. C’cst proprement une rivière , qui en tombantde fort haut, forme des nappes fort larges, & d’une beauté querien ne peut égaler. Au bas de cette cascade , il y a deux vasessculptez. Presque au milieu du parterre, entre le grand Pavil-lon Sc la riviere.il y a un grand badin en demi lune, de trente-sept toises de large fur vingt-deux de long. Les effets d’eau ysons admirables. Ce baffin est orné d’une tablette sor laquellesont huit vases sculptez. II y en a huit autres dans le parterre.L’on revient au grand Pavillon aux cotez duquel sont desselles d’ormes & de charmille. On voit dans chacune seizebustes de marbre. En face du grand Pavillon, est un parterre,orné de huit vases de marbre blanc. C’est-là qu’on est enchan-té par retendue de Ja vûe, par la quantité , & par la variété ides objets qui se présentent. On découvre un paysage avectous les embellissemens & toute? les beautez que pourroitdonner la plus ingénieuse peinture. De-là on descend par ungrand perron de pierre dans un autre parterre orné de quatrestatues de marbre blanc. Au milieu du parterre suivant, il y aun fort beau baffin avec plusieurs jets. On l’appelle laionrai-ne des quatre gerbes. On voit là, ainsi qu’en plusieurs autres en-droits de ce Parc plusieurs vases de métal coloriez en bronze.Aprés la fontaine des quatre gerbes, on trouve une grandepiece d’eau,entourée dallées Sc de glacis degazon.Les anglesen doivent être ornez par quatre groupes de figures de mar-bre, dont on voit actuellement les modèles au même endroit.Aprés cette piece d’eau en descendant toujours, on découvredeux bassins ornez de rocailles Sc de quatre groupes de mar-bre blanc qui doivent reprefenter des rivières Sc des Nymphes.L’eau de ces bassins forme des nappés qui tombent à plusieurschûtes dans une piece d’eau qui est au dessous, Avant qu’on j
M A R
arrive à la balustrade qui termine ce magnifique Jardin,on ^cend pas deux escaliers fur lesquels sont posez quatre va ^marbre blanc, & aux extrêmitez de la balustrade sont des ^vaux ailez, aussi de marbre blanc, qui portent les deu .nommées quksous le régné de Louis le Grand ont u lo ^annoncé à la terre les foudres de Mars & les douceurs ^Paix. Lorsque'l’on est revenu aux deux bosquets qui fon^ ^cotez de cette grande allée, & aux salles de verdure orn 5 j atc -bustes, en descendant à main droite, on trouve imme ^ ^ment aprés le cabinet où il y a des bustes , un autre cabiverdure , au milieu duquel on voit ùri tres-beau ) eU 5\5 f r( gque de marbre blanc fort proprement travaillé. La se‘ , £ jequi est à main droite & dans le second parterre , est ° r P C sl guCdisserentes statucs.Cettc selle est vis-à-vis une allée fort lo htappellée ïAllée des Boules , laquelle est vis-à vis une autrporte le même nom.II faut remarquer qu’au dessus de ceS ^ c ,allées des boules il y en a deux autres qui font fy íïil !!/, s dtsl’une à droite & l’autre à gauche. On les nomme l es j f0 jtPortiques. On ne trouve rien déplus galand en aucun en •en matière de jardinage. Au dessus des six Pavillon ^sont du côté de Luciene , il y a un bosquet qui ^L^câ-plusieurs fontaines. Le premier est dispose en arTl rtre. Sur le haut est un Mercure antique , Sc plus b aS , £ jj zautres figures. Au bas on voit un chandelier d’eau, c. (tidire une fontaine de rocailles faite en maniéré de chan .Elle est entre deux statues. II y en a deux autres de W ^blanc, dans deux extrêmitez d’allées de ce même ampp 2 ttre. En ce même endroit on trouve un petit bois decoup ^ 0 ,plusieurs petites allées. Au milieu de ce petit bois est untonde, soutenue par huit colomnes, avec des chapst ea 5ígstp'dre Ionique. La fontaine d’Agrippine, a pris ce nom dpine qui paroît sortir du bain , & qui est assise fur un .j y zposé dans une cuve de fonte. Au bas de cette cascade , ,
quatre statues. On trouve ensuite dans la piece des f’ jjjeune belle piece d’eau desigure irréguliere. Elle estde deux statues. Dans une especede demi-lune qui eu ^
mement élevée , on voit unBacchus antique, entre de ^f-ses de marbre. Au bout d’un berceau qui termine fjtisquets.est un Hercule antique, entre deux groupes nqui soutiennent des cassolettes , & dans un cabinet qui ^ juce à l’entrée de ce bosquet est un Faune antique. VlS' a " jgcabinet qui est dans l’aile droite , & où l’on voit un )portique, il y a à gauche un semblable cabinet ,orn e . v;(I1 sfort belle table de marbre. Dans les deux cabinets ]jsont plusieurs statues. On en voit aussi grand nombre e jjgsalle verte qui est au dessous , 8c qui fait symmetrie ^ e „.qui est à main droite. A la tête de l’allée des boules í / y 0 ucore deux statues, & dans le bosquet qui est au dessous - £l) ,voit une belle table de marbre blanc. La piece quisuite est ornée de deux fontaines de rocailles, & ùejsbustes qui representent Auguste, Annibal, Brutus & ^ 0 nbius. Proche d’une grande piece d’eau qu’on volt fl u ^ uV ert cest sorti de cette piece, il y a une allée d'ormes fort L t bf e ’Sc fort agréable. Elle est ornée de plusieurs statues deEn reprenant la fuite du bosquet, on voie une stamf f \ilante & une autre de Diane. Ce bosquet est termin e J,^ jemême allée de traverse qui termine celuy qui est d u jeLuciene. Elle a aussi à son extrémité un tres beau ca ^ tí |.treillage, dont l’entrée est ornée de deux groupes jeCe sont des enfans qui portent des cassolettes. Au wce bosquet est un Belvedere , qu’on appelle U /< e fl o?Outre divers embelliflemens qu’on sc peut imaginer, pené de quatre groupes de bronze qui sont d’un grand f* . lepremier represente l enîevement de Pandore par jr e »
second, est Laocoon ; le troisième, Hercule qui r d(e^Sc ie quatrième, c’est Diane. * N ouvHle Descnp . & iS& Parcs de Versailles & deMarly. 17 or. . s V es>
La Machine de Marly qui conduit l’eau de la ^ eJ , n uS ce 1 ’*failles > est une Machine , dont l’invention surprend ^ c0 yqui la voyent ou qui en entendent parler. Cette ea u 1 ju»'duite par un Aqueduc depuis la montagne de K 1 ?* j c lo 0 "qu’au réservoir. Cet Aqueduc est de cinq cens toste ^ p a u'gueur, 8c il en a quatorze à quinze dans se plus ss"".^ jteur. II a quatorze pieds d’empattement , ce qu» rev
pieds en haut dont le canal en occupe trois. Sur c „ 0 \sí cSde trois pieds, il doit donner six cens qusrante-fiu ’ potstd’eau. Quant à la Machine , il a fallu des forêts ent ^ j e pU lSfaire la digue & les galeries de charpente qui 0 ^- oU rla riviere le long de la colline jusqu’au haut de lâ j 0 de !ípierre. Sous ces galeries sont par intervalles fur le re b aS *côte, des réservoirs, les uns supérieurs aux autres. L
eus