Band 
Tome II. [E - O.]
Seite
611
JPEG-Download
 

I

M A R

^ eu ples blancs qui le parlent & qui se glorifient d’êtrc sortisChrétiens.

^ Quant à la religion de ceux qui habitent le Royaume dep ‘Jpc, ils tiennent qn’iln’y a qu’un Dieu fans Trinité deAdonne; que Jefus-Christ étoit un grand Prophète , néu ne Vierge appellée Marie ;queson Incarnation a été tellej* u . e nous la croyons ,Sc même annoncée par l’Archange 6a-ry e j 5 quïUfaic plusieurs miracles, mais qu’il fut enlevé aui en uorps &c en ame , lorsque Judas le voulut livrer aux^ "b, qn'un de ses Disciples, à qui Dieu ht prendre fa reffem-a Uce fut crucifié en fa place, &que c’est celuy qui est adoréi-! r . Chrétiens. Ils disent que ce mê.ne Jesus-Christ doitle V \^ r - ^ ur terrc ou il fera quarante ans, pour réunir toutesjJ Nations fous la même Loy , & qu’il fera mis dans le tom-j, *u que Mahomet a fait faire à côté du sien. Ils croyent lecoT^ ’ ^'Cnfer ,la Résurrection 5 c la Prédestination , & fontjy hster i a récompense éternelle dans la vision béatifique dep . Ieu > de ses Anges & de Mahomet & dans la jouissance de, 1l Xante & dix vierges, qu’ils posséderont fans qu’elles per-- eUr vir g in ^. Ils s’imaginent encore qu’ils auront à^ hait toutes forces de mets délicieux . des rivières de lait,c , & d’eau rose pour sc laver 3 que les excremens duj r P s s'évaporeront en d’agréables sueurs & qu’ils habiterontles maisons de délices, construites de perles Sc de pierresPauses. Ils ont un Ramadan ou Carême de trente jours, &^•Mervent íì exactement, que non seulement ils ne mangentllc boivent depuis la petite pointe du jour jusqu’aux pre-ta , eres étoiles de la nuit, mais ils ne prennent meme aucunt j tlc ■ & ne fleurent aucune odeur. Ils s’en récompensent pen-sant' nu * tS stu'ils passent presque toutes en débauches. Ilsr • ^fentle Vendredy, Sc vont ce jour II à deux heures apréshe 1 * a * re ^ eur oraison aux principales Mosquées où les Tal -q.y appellent en hurlant de deffus-le sommet des Toursti*° nt destinées à cet usage. Ces Talbes font mariez & en-er >us des revenus des Mosquées qui font tres riches desp îs ns que les plus dévots leur font en mourant. II ne leur est, s P-msss d’y entrer fans ôter auparavant leurs souliers &Ve r f S ^ a! Îǰns s’ils les ont portez plus d’un jour. Us n’y peu-c tenir aucunes images ni figures non plus que dans leurs. filons. Us ont trois Pâques qu’ils sanctifient pendant septp r ^ rs .'fans néanmoins s’abílenir de vendre ni d’acheter. Laç. , F ^ lc:re fe célébré le premier jour de la lune > qui fuit leurìu' f lì1e) ^ si elle échet à un Samedy, qui est le Dimanche desUtv» S ’ ceux c * font obligez de donner en especeou en valeurte p^? u ® e & dix poussins d’or.Dans les premiers jours de cet-to\a 1 l Ue ' I e Roy a coutume de faire venir en fa prefences 0 \ es prisonniers de la ville où il se trouve , & de les ab-jpl, e ° u . faire mourir selon la qualité de leurs crimes & l’hu-ç^ar ou i! est en ce temps-là. La seconde Pâque appellée laU, se célébré soixante & dix jours aprés celle du Ra-ej^.jl*' 1 > & consiste à sacrifier à Mahomet autant de moutonstPiïm - a â'enfms mâles dans chaque famille. Us font cela enp e ^^ lre du Sacrifice d’Abraham, Pere d Ismaël , premierdc* ] <Jes àa,bes Sarasins d’où ils croyent que descend la mercíc j eUr Prophète. La troisième Pâque est toujours trois lunesde j eu \l° urs aprés la seconde , & on la célébré en l’honneurfq ^a^sianccde Mahomet. Dans le premier jour de cettep ro N, e mangent de la bouillie en mémoire de celle que celu P lete mangea. Pendant la nuit qui la précede, ils al-g Ss et ^ dans leurs Mosquées quantité de lampes Sc de cier-ìans' jetons leurs Talbes y chantent les loiianges de Mahomethiai r l ‘ cont inuer jufqu’au jour.Us admettent la Circoncision >ij5 e s uns c n hxer le temps ,& croyent que tous les enfans quiv 0t) renta Y ant qoinze ans, Chrétiens, Juifs ou Idolâtres,l îllr p U Ciel, mais que s’ils passent cet âge fans reconnoîtreJ ern 1 ^phete pour le favori de Dieu , ils sont perdus éternel-frétas ^ *’ cxce ption dessilles qui meurent vierges, qu’ilslíssi aent devoir être réservées, pour remplir le nombre desCìef 11 ! 6 & dix que chacun doit avoir à fa disposition dans lep 0ll 1 a Ca <sse qu’il ne s’en peut trouver un assez grand nombreqâ'e parmi celles de la loy Mahométane. Ils admet-stUat lîàé à femmes, & peuvent en épouser jusques àUn vj c ^Ç or fqu’i!s veulent fe marier, ils font venir un Cadis Scrr, e _ r° talrc - Le Notaire écrit la dot que le mari fait à fa fem-die f V f eres q e donnent rien à leurs filles. Si un mari repri-se , ^ e mme , il est obligé de payer la dot qu’il luy a promi-mè qn- 16 rem arier qu’aprés quatre mois. Que si la fem-

r ,..rl lcte son mari elle ne sçauroit rien demander. Cela est

puieque le même homme donne souvent a . cnt qu’elles'Urs femmes, à cause que par le mauvais ua J cman der le611 teçoivent.ils les obligent d’être les pretaicrJÍ*

M A R. 611

divorce. Outre îes femmes légitimés , il est permis d’en prerì*dre autant d’autres qu’on en peur nourrir.Le R >y a droit d’erlchoisir quelques-unes.& de les donner à ses favoris* Quoyqu’ils puissent habiter avec leurs Concubines & leurs Esclaves,la coutume du pays ne laisse pas de les obliger de couchertoutes les nuits avec une de leurs femmes, les Concubines leurétant défendues en ce temps là. Le jour du mariage » on mecl’Epousc fur un mulet proprement enharnaché. Elle est envi-ronnée d’un pavillon en forme de tour, couvert d'un tapis deTurquie, en sorte qu’elle ne peut être vûë, quoy qu’elle puissevoir à travers une toile fort claire tous ceux qui sont dans lesrues. On met un drapeau à la cime de la tour, & en cet équi-page on la mene comme en triomphe par toute la ville, suiviede quantité d’aùtres mulets chargez de prefens que son Epouxluy fait ce jour - là. Quantité d’hommes Si de femmes mar-chent aprés mêlant leurs cris au son des tambours. La cé-rémonie finie, on fe met à table. Si le mari est homme d’épée,ses amis fe rendent dans une grande place , & font le manegedevant l’Epoufe. Le festin des noces est tres - magnifique*Qnand l’Epoux peut reconnoître qu’elle n’est pas vierge il la >répudie d’abord , s’il remarque le contraire , il fait porter partoute la ville les linges où sont les marques de fa virginité.Lorsque les enfans viennent au monde , les parentes & amiesde l’Accouchée demeurent plusieurs jours dans le logis à yfaire bonne chere. On orne la chambre de beaux tapis qu’ilsfe prêtent les uns aux autres, & on fait de grands crL de joyeau dedans & à la porte. Le septième jour avec les mêmes cir-constances ils leur donnent le nom fans les circoncire, ce quela plupart ne font qu’à six ou sept ans, & quelquefois à qua-torze. Quand ils en ont quatre ou cinq, on les envoye auxEcoles pour y apprendre la loy, & à lire & à écrire. Dés lcpremier jour qu’ils y entrent fans connoître les lettres , onleur met une plume de roseau à la main, & on les fuit écriresur une planche fort unie de bois de noyer, couverte de crayonblanc , où tous les jours on efface ce qu’ils y ont écrit. Les gensdu pays ont seuls f adresse de fe servir de ces plumes, qu’ilstaillent selon les differens caractères, dont ils veulent écrirefur le papier, qui est rare en ce pays, où il est porté par lesEtrangers. Les Européens s’y servent de plumes de cicognes,qu’on ne peut avoir que dans le temps que ces oiseaux muent,étant défendu par toute l'Afrique où ils viennent en grandnombre au commencement de Février & s‘en retournent aumois d’Août, d’en tuer aucun, dans la croyance qu’ils ont, queDieu, à lapriere de Mahomet a transformé en cicognes, unetroupe d’Arabes qui voioient les Pèlerins de la Mecque. Lesenfans continuent daller à l’Ecole jusqu’à ce qu’ils fçachent laloy par cceur. Ensuite, si leurs parens sont riches, ils les fontpromener à cheval bien vêtus, assistez de leurs compagnonsd’Ecole, dont une partie aussi à cheval marche derriere,& uneautre partie à pied marche devant, encensant à chaque pasune planche où sont écrits les articles les plus essentiels de laloy , que l’Ecolier porte dans les mains. Ils les font aller en cenétat dans toutes les rues de la ville, afin de donner envie auXautres d’apprendre promptement pour avoir le même hon-neur. Quand ils sont de retour dans le logis, ceux qui les ontaccompagnez sont régalez des parens. Si on les mer chez desartisans pour apprendre quelque métier , les Maîtres leurpayent leurs journées fans les nourrir, & ne prennent riend’eux pour tout le temps qu’ils les font travailler dans leursboutiques , où ces jeunes apprends ne s’afíùjettiffènt qu’au-tant qu’ils veulent, ce qui fait qu’il y a peu de bons Maîtres.Suivant la coutume du pays, les femmes vont aux cimetièrespleurer les Morts tous les Vendredis & les jours de .Fêtes,Elles sont habillées de bleu qui est la couleur du duëil. Lorsqu’ils voyent quelqu’un prés d’expirer, ils luy tournent la têtedu côté du Soleil Levant parce qu’ils croyent que la Mecqueoù est le tombeau de Mahomet, est en cette partie du monde.Us luy font repeter le Símbole de la loy , & comme le Mala-de à cause de fa foibleíse n’a pû sc purifier de ses pechez, 6-tôt qu’il est mort j ceux du même sexe l’étendent fur unetable faite exprès. luy lavent tout le corps avec de l’eau chau-de , ensuite avec de l’eau froide, aprés quov ils l’ensevelifsencdans un suaire de toile de coton. Ses amis lé viennent prendreà fa porte, & le conduisent au cimetière en marchant forevîte, & invoquant hautement Dieu & Mahomet. On l’enterrahors la ville dans un lieu consacré. La tombe est de pierre,le fond en est large, & l’ouverture étroite & voûtée, en sor-te qu’il n’est pas nécessaire de jetter de la terre par dessus. Orsmet le corps dans un côté de la tombe & jamais on n’cn metqu’un dans chacune ,afin disent-ilsque le corps y étant plusà son aise soit plus prêt au jour du Jugement , & ne perds

H h h h i j