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q étages chacune. Quoy que les bâtimens n’y soient
oâf ff C ne binent pas d’être. fort beaux. Les Japonois
est f nt rarement de pierres , à cause qu’en ce pays-ià la terreleu f s “Ì«» aux tremblemens, & qu’il y a des forêts quir fournissent du bois en abondance. II y a fur tout un boisVe , anc S u i outre la dureté, a une beauté finguliere. Il fe trou-Ce ? u *si ^ ;ms I e Japon beaucoup de bois de Camfre, & desqu. res extr émemsnt hauts, dont on ne fe sert ordinairementrei^ ^° Ur k* re ^ es mat:s & ^ es pEiers. Ce qu’il y a de dange-ce ? a ces sortes de bâdmens, c'est qu’ils brûlent fans reflbur-p r : otfque le feu s'y est mis & qu’il fait de grands ravages,^«paiement à Meaco, où tous les soirs chaque rue se fer-les ' ans flu’elles ayent aucune communication les unes avecj,. ailc res, non pas même s’i! arrive un incendie. Les tom-pìe UX cette va ^ e font des plus beaux du Japon. lis font de
^ *T es creuses, hautes de deux pieds ou environ, & l’on yt e ^ s cendres des Morts que l'on a brûlez. Les parens y por-d . p e temps en temps de l’eau 8c du ris, persuadez que celaa v - er yir à la nourriture de leurs âmes, & les plus zelez,aprésf) ç 0lr mis ces provisions dans leurs sépulcres, les jonchent deJ 3 ^ rs & de rameaux d’arbre. II n’y a point d’endroit dans le£iit oà ^ es Palmiers soient si communs que dans Meaco. Onïe , Uri breuvage tres-délicieux du suc de cet arbre, & si onSq] a -? te racine dont on l’a extrait, aprés savoir féchée aut e ei ‘» on en voit croître un autre palmier en tres -.peu dehq??- II y a cinq Académies dans la ville 8c aux environs. La,‘*ude des Etudians les rend toutes fort célébrés. Ils fontZ [.plaire plus de trois mille cinq cens. Les uns Rappliquentrifk 0c l. Uence » a l’Hisioire, à l’Astronomie ; les autres, à l’A-t^ctique & à la Poëfie.
] a a des plus grands divertiffemens de Meaco est celuy de* tt °*fcoù la Noblesse s’exerce souvent dans un eu dos de4 J ai les,en présence d’une infinité de spectateurs. A u boutìi a sice , auprès des poteaux dont la carrière est bornée , unt)Ue Q1C avance l a main droite fur un griffon peint dans un écu,f u k'orte fur fa poitrine un autre homme qui pose une maini^^mpoteau carré où une bannière est attachée , 8c l’autrec 0r ltl mr la poignée de son sabre. Un troisième qui panche lefin ^ oe côté, tenant d’une main un grand fouet, donne leûe r - ceux fluì doivent courir. Les Juges de la course sont3 Ve , j re > & ont sur la tête de petits bonnets faits en coquilledin * 6 P e£aCes plumes noires.Les prix qu’ils donnent sont d’or-s Q ,.?. lre des bottines vernissées ou des agraffes d’argent pour lesdç i e rs. Ceux qui courent ne font vêtus que d’une camisoleIU *°y e qui fe lace au côté, & dont les manches vont feule-H e ~ p lusqu’au coude. Les chausses & les bas font à la Romai-Vo ^àut la course, il y a des frappeurs qui font un bruitì a mh Ventable avec ^ cs ^> a ® ns sufpcndus.Ces gensfontaíîîs lesPieu GS Ctî - croix fou? une longue perche foûtenuë de cinqte j x ' stui séparent les bassins fur lesquels ils frappent de cou-f°rce , pour animer les chevaux 8c les coureurs. Sitôtìj| e signal a été donné l’homme & le cheval partent ensem-eu * v 1 l’homme court aussi vîte , 8c faute par dessus la cordes 0 q ^me temps que le cheval qu’il tient par le cavef-VÌ Ce * j remporte le prix & devient capable d’enîrer au ser-tit^ 1 Empereur, fans quoy personne n’y fçauroit préten-°Ùse X a dans Meaco quantité de Cloîtres 8c de Solitudes,de rctlre ut ceux qui feignent d’étre las des plaisirs du mon-pl u ’ s • l ?. Ur E plonger plus impunément dans les débauches. Lesu Q ç'usires deces dissolus Solitaires s’appliquent au servicevifée ac ubau, 8c sont d’une secte nommée N eugari. Elle est di-Hi es , en frois corps, dont les uns s’exercent au métier des ar-liq cè - autres prient toûjours, 8c les autres font tous les joursCett e r ain sombre de flèches. Ce qu’il y a de plus bizarre danslen r lorCe de Moines ,'c’est qu’ils ne reconnoissent aucun desenl j° r P S pour Supérieur , 8c qu’ils ne décident rien, si und ltls eux , quel qu’ìl soit, est d’avis contraire. Ainsi quandcili e Une êrre, i! n’y a point d’apparence de pouvoir con-Lhre Coures les voix à l'amiable, elle est décidée à coups dep er * ^i eh abbattent souvent quelqu’un , leur réglé leurqn*el] etCant de fe tuer les uns les autres de cette forte, quoyVe rr j^~‘ e ur défende d’ôterlavieà un insecte 8c au moindrecinq' eau -Proche de la ville est un fort grand bois où fontC’cfj: ? nte C° nvens habitez souvent par des fils de Princes,Un; çj a ^-°ûtume des Grands du Japon d’y mettre quelques-cel a p 6 . eurs enfans, lorsqu’iîs en ont un grand nombre, &que c 5« c chacun contribue à les rendre célébrés par quel-hiSrtjg? e .^ e nouveau. Outre ces Convens , on voit dans cequi e a 2- ls un Temple dédié au Roy des diables. Son Idole^Et)»x^Ofable , & qui tient un sceptre en main, est commee de deux autres diables, dont la figure n’est pas moinsTome II.
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affreuse. Celuy qui est du côté gauche , semble écrire les pé-chez des hommes, & l’autre lire ce qui est écrit. Les diverstourmens que les méchans souffrent dans Penser , sont repre-sentez autour de ce Temple, mais les Bonzes disent qu’on erâpeut sortir pour de l’argent, 8c cela leur vaut des sommes im-menses que chacun leur porte pour s’affranchir de ces peines.
La ville de Meaco jouit de temps en temps d’un spectacle ^dont la magnificence éclate beaucoup. Quoy que l'Empereurqui frit íà'résidence à Jedo , soit éloigné du Dairo de six-vingt lieuës , il ne Iaiss pas de Palier voir tous les six ans , parle respect qu’il garde toûjours pour luy , ses prédécesseursayant possédé autrefois l’aùtorité souveraine qui a été usurpéesur eux. L’Empereur fait publier son voyage un an avant qu’il "le fasse afin que l’on ait le temps de nettoyer les chemins parlesquels il doit passer. Le sieur Krammer, Directeur du com-merce des Hollandois dans le Japon .s’étant trouvé à Meacoen r6e.6. sut témoin de la pompe avec laquelle se fit cette en-trevûële zj.d’Octobre : Voiey ce qu’il en rapporte. Entre lePalais de l’Empereur 8c celuy du Dairo, les rues étoientcouvertes de fable blanc ou de poudre de talc, ce qui sem-bíoit faire un pavé d’argent. Le long des maisons regnoientdes balustres, où les soldats des Gardes , habillez d’une robeblanche qui traînoit, demeuraient en haye. Ils avoient la têtecouverte d’un petit bonnet vernissé , deux sabres au côté , 8Cune demi-pique à la main , 8c ils opeupoient les avenuës paroù les chevaux 8c les earoffes dévoient passer, afind’empêcherque la multitude ne les remplît. La cérémonie commençaavec le jour. Une file de serviteurs de l’Empereur &du Dai-ro fe fit voir d’abord. Ceuxdu Dairo portoient les prefenspour l’Empereur dans de grandes cailles vernissées , fur les-quelles étoient ses armes ,8c quelques Compagnies de Soldatsles conduisoient. Aprés,suivoient quarante-six Palanquins,chacun porté par quatre hommes , 8c rempli d’une Daméd’honneurdes Concubines du Dairo. Ces Palanquins étoienttous d’un bois fort blanc, de la hauteur d’une brasse, l’impe-riale écoit de leton , avec quantité de festons 8c d’autres orne-mens semblables. Vingt 8c une autres Palanquins d’un vernisbrun portez auífi par quatre hommes, 8c remplis encore deDames d’honneur suivoient ces premiers. Ils n’étoient pasfaits tout à fait comme les autres, mais de ceux qu’on appelleN orimons en ce pays-là. Ensuite on en vit passer vingt-sept au-tres , mais faits à guichets 8c à fenêtres pour un pareil nombrede Seigneurs de la fuite du Dairo ,qui se saisissent porter auPalais de l’Empereur, chacun ayant devant soy un grand pa-rasol presque tout doré dont le fond étoit de soye blanche. Ilsavoient auprès d'eux cent huit Pages habillez de blanc , 8cderriere eux vingt-quatre Gentilshommes à cheval ayant furla tête de petits bonnets d’un vernis brun , garnis d’une plumenoire, 8c faits en coquille. Les manches de leurs robes étoientfort longues ,8c leurs hauts de chausses faits de latin de plu-sieurs couleurs, étoient longs, étroits 8c brodez d’or 8c d’ar-gent en quelques endroits. Leurs labres étoient de vermeildoré , 3c des carquois pleins de flèches leur pendoient à laceinture. Ils avoient des bottines d’un cuir vernissé 8c rayéd’or 8c les deux bouts de leurs écharpes flottoient fur la crou-pe du cheval. Ils mouraient tous de petits chevaux pleins defeu 8c bien dressez avec des selles bradées 3c des housses depeaux de tygres. Le reste étoit couvert d'un caparaçon de soyerouge qui tomboit au dessous des sangles. Ces chevaux avoientdeux petites cornes dorées auprès des oreilles, & les crinièrestoutes tresses avec du fil d’or 8c d’argent. Au lieu de fers, onleur avoit fait une eípece de chaussure d’un tissu de soye rougsécruë. Deux hommes tenoient d’une main les renés de chaquecheval, 8c de l’autre un parasol de drap fin cramoisi, doubléd’une toile fort deliée 8c bordé d’une belle frange. Huit Va-lets vêtus de blanc suivoient chaque Cavalier , & chacund’eux étoit armé de deux sabres. Cette Cavalerie servoit degarde aux trois Maîtresses Concubines ou Favorites du Dai-ro qui étoient dans trois carrosses, chacun escorté d’un grandnombre d'Estafiers. Pour en faire entendre la richesse, il suffitde dire qu’ils coûtoient chacun soixante & dix mille Tayls,qui font deux cens mille francs ou environ. Ils avoient vingtou vingt-deux pieds de haut, dix ou douze de long, cinq ouíix de large , le tout orné de dorures de toutes sortes furun fond de vernis brun. Il y avoit des rideaux rayez d’oraux trois portières ; & aux deux cotez de celle par où l’on en-trait, qui étoit fur le derriere , étoient deux petites vedettesfort propres pour deux sentinelles. Le cercle des roues étoitd’or, 8c chaque rais d’or émaillé. L’imperiale qui étoit voû-tée , avoit pour ornement particulier les armes du Dairo dansun grand cercle d’or, avec des lames dor aux quatre angles,
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