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Tome II. [E - O.]
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MILIANE. Grande Ville d’Afrique dans la Province deTenez, Royaume de Tremecen. Elle est fermée d’anciensmurs, hauts & forts & bien bâtis, & environnée d’un côted’une roche escarpée & fort élevée, au bas de laquelle est unevallée profonde. De l’autre côté elle s’étendfur ìa pente d’uncmontagne , & a un fort bon Château qui la commande. OnTappelîoit autrefois Magnana , & on en attribue la fondationaux Romains qui l’ont bâtie à quatorze lieues de Sargel audedans du pays & à quinze d’Algcr du côté de l’Occident.Ptoiemée la met à quinze degrez cinquante minutes de longi-tude & à vingt-huit degrez cinquante minutes de latitude. Lesmaisons font bonnes & ont plusieurs fontaines, la montagnefur laquelle la ville est bâtie étant pleine de sources. II y a partout de grands noyers qui rapportent tant de noix, qu’on n’ensçauroit recueillir qu’une partie, le reste est perdu. Les habi-ta» s font grossiers, & la plupart font des toiles & des selles à laMorefque.il y a aussi des Tourneurs qui font des vaisseaux debois pour boire,estimez dans le pays.On voit autour de la villede fort grands vergers, où font les meilleurs & les plus beauxcitrons de toute la Barbarie# II y croît aussi des oranges excel-lentes qu’on porte vendre à Tenez & en d’autres lieux. Sur ledéclin de l’Empire des Rois de Tremecen , 1 a ville de Milianefe maintint quelque temps en liberté, & fc défendit contre euxainsi que contre les Arabes, parce que la plupart des habitansfont Azuagues , & ont diverses retraites dans la montagne.Barberousse s’en rendit maître aprés qu’il fe fut emparé deTremecen & elle appartient encore aujourd’huy aux Turcs.

* Marmol, tome í.hv. 5. chap. z6.

L’an 1544. Cidi Butereque, Seigneur des Arabes de cettecontrée, y ht des ravages extraordinaires. Ils furent si grandsque les Turcs n’osoient sortir de Miliane, & même A fan ,qu’on y envoya pour Gouverneur, perdit la vie en s’efforçantd'y entrer. Les Turcs voulant venger cette mort, combattirentCidi Butereque,qui ayant été vaincu fe réfugia auprès du Royde Fez. Depuis'ce temps-là les Turcs font demeurez paisiblespossesseurs de Miliane. * Davity , De la Croix , Hist. d’Afrique.

MILICK, Bourg de la Province de Connacie en Irlande ,dans le Comté de Galloway. Les Anciens l’ont nommé Maco~licum. Selon Mercator& Speed, c’est le Château de Makkdans la Monomie. * Audiffret, Geogr. anc.& mod. tome. 1.

MILITSCH. Ville d’Alemagne. Elle est située fur la fron-tière de Pologne, & i’une des quatre libres Baronnies de la Si-lésie. La ville de Preyhan en dépend , & à l’égard de Zulauffque quelques uns mettent entre les villes de cette Baronnie ,c’est un lieu ouvert qui en étoit autrefois, mais qui obéit pré-sentement aux Barons de Dorien. Le reste est su, .t à ceux deMalzan. * Davity , SiLfit.

MILLAKEZ. Petite contrée du Royaume de Valence enEspagne. Elie a Villa IIermofa vour sa Ville capitale. *Maty,

MILLAS. Bourg du Rouífillon, en Latin MilU. II est si-tué fur Ja riviere de Têt, environ trois lieues au dessus dePerpignan. Les Géographes le prennent pour le lieu que lesAnciens nommoient Stabulum. * Maty, D-it.de Holl. 1701.

MILLAS. Riviere d’Efpagne nommée par les AnciensIdubeda. Elle a íà source dans le Royaume d’Aragon, & pre-nant delà íbn cours auMidy par Villa- Hermoíà& Villa-Real,Place de la partie la plus Septentrionale du Royaume de Va-lence , elle va fe jetter un peu aprés dans la mer Méditerranéeau Golfe de Valence , vis-à-vis de l’iste de Moncolibrc , pres-que au milieu entre l’embouchûre de l’Ebre, & celle de Gua-dalaviar.

MILLAUD ou Milbaud. Ville de France, capitale de la

• Haute-Marche de Rouergue , en Latin Amilhanum , Amelia-nnm & Millialdum. Elle est située aux confins du bas Langue-doc & du Gevaudan , à fept lieues de Lodeve & à huit deRhodez , fur la riviere de Tarn où elle a deux ponts degrand paíîàge. Cette ville est astèz grande & avoit été fortifiéependant les guerres de fan 162s. mais les bastions en ont étédémolis , 8ton en a comblé les fossezdés lan 1629, Son ter-roir & celuy des lieux voisins abondent en amandes. C’est unSicge Royal & Election, & depuis i! y a. eu érection d’un Sctnéchal, & Siégé Présidial par Edit du mois dc Septembre1641. * Davity, Rouergue.

MILLEFLEURS. Maison de plaisance dans le Piémont,au Duc de Savoye. Elle est dans une situation admirable pourla chaste. Le dedans va en ruine avec la maison, mais les de-hors sont délicieuxpour les promenades, les eaux & les jardi-nages. Du jardin on entre par une fort grande allée dans unbois qui a sept milles de tour & qui est fourni de toutes fortesde bêtes. *Memo'tres & Plans Géographiques. 1698.

MILLENBACH. Ville de IaTranslylvanie que l’on appel-

MIL

le autrement Zabes , & Zasz,ebes , en Latin z abêti s. Elle est ^tuée fur le Maros, deux iieuës au destous de Wêisse m ^° u ‘ 3 ’* Maty, D;cl. de Holl. 1701.

MILLI. Petite ville de l’Iste de France, dans le GattnoElle est située proche de Ja petite riviere d’Ecoflè > & 3érigée en Baronnie , dont relcvent plusieurs villages des .virons. Elle est de l’Archevêché de Sens, à cinq lícucs u ^sone, & à douze de Montargis. Ce qu’il y a de plus remy ,c lble c’est l’Eglise Canoniale de Nôtre Dame. Le Chapi tre ^composé d’un Doyen & de six Chanoines, & a pour F|J n „teur un des Descendans de la Maison de Gravide, y lu ^par un Amiral de France qui a eu ce nom. La place ou £ .marché couvert est assez belle. André du Chêne dans ses 3nquitez des villes de France, ditqucMilly.en Latin.Miss'-^^jest une ville ancienne , si on en croit Vigenere , qui L P re ^pour f Agendicum de Ccíàr. * foumd d'unVoyage de íra> llCd’italie. er

MILO. Iste que Strabon & Ptoiemée placent dans lade Grece ; & que les Modernes, qui confondent toutes ses,j, eJlites mers dans Ja grande mettent dans l’Archipel, à cent m* ^de Candie du côté du Nord, quoy que selon quelques un ’la distance n’en soit que de cinquante milles. Elle est 3le même éloignement du promontoire Scyllie ou Capo$ydu pays d'Aigre dans le Péloponèse. Elle est encore e 0gnée «sautant du Cap des Colomnes ou du Prom° n íí\ teSunium, & située vis-à vis du Cap Malio de la M orée.

Iste a été autrefois appellée diversement, B. blis , Z.pìr-tie > -maliis , Sypbmts & Acyros & présentement elle a le nom Gs£y ^Milo , Milos ou Melos , qui signifie un moulin ou unecause qu’il s’y trouve quantité de pierres propres à salie ^meules. Quelques-uns luy donnent soixante milles dc to^& elle en a quatre-vingt selon la plus commune opinion- Çla plus ronde de toutes les Istes de cette mer quoy que ses “ cbras qui font du côté du Nord laissent une ouverture c y i -deux, qui fait feutrée d’un Golfe & d’un fort beau Portl’on voit une Tour nommée la Tour de l’Evêque & q uC 9maisons. Porcachi y met Apano Castro lieu desfortifiez & saint Demeure pour ses Places principales-autres informez par les Grecs mêmes disent qu’il y 3 < Mvilles , appellées CaJlroSc t hora. L’Iíle de Milo éloig ntC ^Naxed’environ quatre-vingt milles, a un Port cres-beau ^tres-commode, puifqu’enquelque temps que ce soit, pj usdeux cens gros vaisseaux y peuvent être à couvert. II ales de lóng , trois de large , & cent pas d’eau. A deux i^ 1de ce Port on voit une grotte faite comme une grandebre. I! y 3 là de Peau tiede qui rend une si grande chuqu’un bain artificiel neferoitpas tant suer. Ceux dusent que. seau de cette grotte répond à l’Eglise de S. Lo>'tin, qui en est éloignée de six milles. Cette Iste n’est 3 gdante ni en bleds ni en vins, & elle est même assez dépou^ ^des autres commoditezde Ja vie, mais son grand commetfa situation la dédommagent dc fa stérilité naturelle. Ifait fur tout un débit prodigieux de pierres à moulin > felle fournit non seulement toutes les autres istes de la _Egée, mais aussi Constantinople , le Royaume de Cy t& une grande partie de l’Egypte. Le fond qui produis ^fortes dc pierres est si abondant, qu’il rend encore au) ^d’huy tous les ans au Grand Seigneur plus de cinquantelivres. IIy a dans Milo une ville de ce même nom ourent deux mille cinq cens personnes , & un vieux Cnahabité de cinq cens autres. Cette ville est située dans une P ^ne, & aau milieu un Château non habité. II y a deux néeques, l’un Grec & l’autre Latin. La Cathédrale Latine deà saint Pierre est hors la ville, & l'Evêque célébré ueChapelle qui est jointe à une Eglise des Grecs, dont 1 Bv?a plusieurs Eglises bien bâties & bien entretenues Si P‘ uPrêtres.!! n’a pourtant qu’un tiers des décimes,l’Evêquea les deux autres. Il n’y a point de Turcs dans cette Im »^ u e4 Députez de la ville gouvernent. Les habitans font pretous Grecs, ci vils & fort à leur aise, mais perfides &

Ils ne laissent pas d’être braves A naturellement guerriers.Armateurs qui courent ces mers, & qui font les martres ^les autres istes, sont tenus en respect dans celle-ey P 3 e jj eSMiliotes. L’habillement de leurs femmes est fort laid j ^parlent mal, & ne peuvent prononcer la lettre L. Autrero ^mines de soufre étoient communes dans l’Iste, mais o° répuisées à force d’en tirer. On trouve néanmoins encor ^tout des eaux chaudes & soufrées .11 y a fur tout dans le P oì jsource dc cette eau brûlante qui fort du fond de la mer, * tfCconserve fa chaleur si vive qu’on n’y peut tenir la mam- (Iste donne des Pilotes à la plupart des vaisteaux qui naV h