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faurs. Ils font riches & tirent beaucoup de leurs Sujets, dontsouvent ils vendent aux T ures les femmes & les enfans.Usabstiennent de mangerde la chair à la façon desEvêquesGrecs,à croyent que pourvu qu’ils jeûnent,ils s’acquittent de tous lesPréceptes du Christianisme. Í!s entretiennent l’Eglife Cathe-djale assez propre & bien ornée d’Images à la Grecque, pa-d’or & de pierreries, & croyent qu'en offrant quelque^jou à une image, ils effacent leurs plus grands pechez. Leur"biffement est d'écarlate & de velours, ce qui est superbeP°Ur le pays. Ils portent la barbe longue , & ont un bonnetn °ir, rond & haut, fait comme celuy des Moines Grecs, avecchaîne d’or au col. Ils vont à la guerre à la tête de leurs“Ujets, & ne combattent pas avec moins de courage & de va-!? u r que les autres Gentilshommes. Il y en a parmi eux qui neQr >t point sacrez, fans que cela les empêche de donner les Or-p’^s.On voit enMingrelie desReligieuxdel’Ordre de S.Basi-í® > & od les y appelle Bems. Ils ont un habit pareil à celuy desj ’oines Grecs,& observent leur façon de vivre.C’est le pere&a mere seulement qui font un entant Religieux. Ils le consa-f re nt en luy mettant dés l’enfànce un bonnet noir fur la tête,Elnpêchant'de manger de la viande , & luy laissant croître lesJ-neveux.il y a desReligicufes du mêmeOrdre.EUes observent^ jeûne & portent un voile noir ; mais elles n’ont ni vœux, nic 'oture, ni subordination, & peuvent quitter le voile quandç lles veulent. Cela dépend de la volonté de celle qui choisitCe tte façon de vie. Soit fille, soit femme, soit veuve , soit ré-pudiée , soit libre, soit esclave, aucune condition n’est privéeUE cette liberté. Les Prêtres de Mingrelie sont en fort grandUombre. Ce sont des misérables qui vivent de tout ce qu’ilssauvent gagner, & qui fe marient autant de fais qu’il leurPtaît. Pour etre reçu à la Prêtrise, il ne faut que sçavoir lire ,^ avoir appris par cœur une feule Messe. L’Evêque ne faita Uçun examen de ceux à qui il donne les Ordres, & pourvustu’il cn reçoive la valeur d’un cheval, il ne refuse point deCS sacrer. Auílì a-t-on un fort grand mépris pour ces Prêtres,S'Ui labourent leurs terres & celles de leurs Seigneurs, & ne*°nt pas moins esclaves que les séculiers. Leur mifere est sigrande que la plupart vont nud-pieds, & n’ont que des habitsdéchirez qui à peine leur couvrent la moitié du corps. LaP'ûpart de leurs Eglises sont fans cloches, Sc ils appellent lePeuple au for, d’une planche de bois qu’ils touchent avec unçaton. Les Episcopales sont assez propres & les Images en sontj^en ornées ; mais pour les Eglises Paroissiales, tout y estdune saleté qui fait horreur. Les paremens d’Autel sont desguenilles puantes, déchirées & tachées de vin. Leur calice estUn J°belet de bois, &la patene un plat de bois, auffigras &ai) Uimal net que le calice. Ils prennent pour purificatoire, lesc °urtines du Santta Santtorttm , qui font encore plus sales quesout 1c reste. Le culte qu’ils rendent aux Images est un culte^ idolâtrie. Les plus belles sont les mieux servies, c’ess à-díre,Ce ljes qui sont d or & les mieux parées de bijoux & de pier-j Êr ies. Sur tout ils ont un respect qui ne se peut croire pourlcs ftmges qui ont la réputation d’étre fort cruelles, & de tuerCe Ux contre qui elles s’irritent. D’auffi loin qu’ils apperçoi-Vent l’Eglife où elles font enfermées, ils se battent la poitrine,le luttant en terre, & les conjurant de tuer leurs ennemis &qui leur ont dérobé quelque chose. Le jurement qui seai r par elles est incontestable, & beaucoup même ne veulentPoint les attester dans les veritez les plus certaines, de peur^ elles ne fe fâchent, de ce qu’on ne les traite pas avec assezde respect. S’ils jurent par quelques-unes, c’est toujours parCç ffes qui ont le viíàge doux & riant, & qu’ils ne croyentPowt être sanguinaires. La plus redoutée de toutes parmi eux- ì eelle de saint Giobas. Ils content que cette Image étant unlotir portée en voyage, le bruit que firent les grenouilles d’un^ a rais auprès duquel on la fit passer , la mit si fort en colere ,st* 1 elle s’envoladâns une Eglise qui est fur le haut d’une mon-d'gne. Us sont persuadez qu’elle tuë tous ceux qui approchentP re s d’elle, & pour se mettre à couvert de ce péril, quandstuelqu’un va l’invoquer, il luy jette son présent de loin, & setent toujours dans une grande distance pendant qu’il fait íàP fl ere. Les Mingreliens ne rendent aucun honneur auxlma-des Catholiques Romains, & leur grand Saint est saintGeorge, comme aux Géorgiens > aux Moscovites & à tous lesGrecs. Leur Messe est à la Grecque. Les Prêtres celebrent sou-^ntfans avoir pour habit sacerdotal qu’unc chemise. S’ils sontj, a ^ S souliers, ils mettent une petite planche de bois devantAutel, & fe tiennent dessus. Quand un Prêtre se rencontrej ez quelqu’un qui demande une Messe , pour s’épargnery seine d aller la dire à l’Egliso , il entre dans le lieu où°n a coutume de garder le vin, prend le premier ais qu’ilTome 11.
trouve pouï luy servir d’Autel, met sur ses épaules teL lingequ’on luy veut prêter, chemise ou autre, se fait donner un peude farine dont il pétrit un petit gâteau qu’il fàit cuire dans hcendre, & prend pour calice & pour patene un gobelet & unplat du logis, quelque gras qu’ils puissent être, & dit ensuitela Messe par cœur. Leur Missel est un petit livre,écr!t en Géor-gien , & beaucoup de Prêtres n’en ont qu’un fort déchiré, oùles feuilles sont brouillées. Pendant le Carême on ne dit hMesse que le Samedy & le Dimanche , à cause qu’il saut jeû-ner tous les autres jours, & qu’ils tiennent que la Communionrompt le jeûne. lis consacrent indifféremment en pain azimeou en pain levé, & ne mettent point d’eau dans le calice, si cen’est quand le vin est fort. Us disent qu’on peut célébrer avecdu vinaigre aussi-bien qu’avec du vin, & croyent que la Messeest valide fans les paroles de la consécration , aprés lesquellesils ne peuvent fe persuader que le pain & le vin soient substan-tiellement le Corps & le Sang de Je^us-Christ. Us font leViatique une fois l’année, sçavoir le Jeudy-Saint, & le gar-dent fans aucune révérence dans une bourse de cuir ou de toile,qu’ils portent par tout attachée à la ceinture. Si quelqu’un levient demander pour un malade , ils ouvrent leur bourse, & entirent un petit morceau qu’ils envoyent par la personne quileur est venue faire le message,soit homme,soit femme,soit mê-me un enfant. Ce Viatique étant d’ordinairc extrêmement sec,on le broyé avec les mains dans un plat ou fur une pierre fansnul égard aux fragmens & aux miettes qui entombent. On lefait prendre ensuite au malade dans du vin. Les Prêtres aubout de l’an jettent fur l’Autel ce qu’ils ont de reste du Viati-que, l’abandonnant aux souris, qui d’ordinaire le viennentmanger. Ils oignent au front les enfans si-tôt qu’ils font nés'»mais ils ne leur administrent le Baptême que long-temps aprés.Lors qu’ils le confèrent, ils ne portent point Perdant à l’Eglife,mais à la cave. Le Prêtre s’y effied fans aucun habit Sacerdotal,& aprés qu’il a lû long-temps dans un livre, le Parrain dépouil-le Pensant & le lave enticrement avec de Peau , aprés quoy ille frotte avec de l’huile que le Prêtre luy met en m.in. Celafait on habille Pensant, & on luy donne à manger. Le Prêtre ,le Pere , le Parrain & les invitez fe mettent à table , & personnene fait jamais baptiser son enfant, qu’il n’ait dequoy donnerun festin ensuite, ce qui fait que plusieurs enfans meurent fansrecevoir le Baptême. U y a peu de gens en Mingrelie qui seconfessent, soit Ecclésiastiques, soit Séculiers. Us tiennent quel’on satisfait pour fes pechez en offrant des dons aux imagesaufquelles toute leur dévotion fe termine. Us ne connoisientpoint l’Extrême-Onction, & ne regardent pas l’Ordinationcomme un caractère ineffaçable. Ainsi ils ordonnent de nou-veau ceux qui ont étc dégradez, comme si jamais on ne leuravoit donné 1 Ordre. Le Mariage n’est point un Sacrement par-my eux, C’est un pur contrat de vente. Les Païens de la filleconviennent avec celuy qui veut Pépouser, du prix qu’il don-nera pour savoir. On donne moins pour une femme répudiéeque pour une veuve , & moins auílì pour une veuve que pourune fille. Quand le prix est arrêté, l’accordé travaille à amasserce qu’il a promis pour fa Maîtresse, & prend pour cela de fessujets, s’il en a , ou leurs enfans, & les vend aux Turcs, ou ar-gent comptant, ou pour des bardes. Pendant tout ce temps ila toute liberté auprès de son accordée, & ce n’est point unscandale qu’elle soit grosse avant que d’être épousée. Aprés qu’ila amassé ce dont il est convenu, il le porte aux Païens de íàMaîtresse, & tous ensemble ils font ce jour-là un grand festin.Les parens menent le lendemain la fille à la maison du mari,& luy donnent d’ordinaire en meubles, en bétail, ou en escla-ves P équivalent de ce qu’ils ont reçu de luy. Le quatrième oucinquième jour suivant est celuy de la cérémonie du mariage.Elle fe fait se Ion le rit des Grecs, excepté que c’est fur la porte& non dans l’Eglise. Us disent que celuy qui a épousé unefemme stérile ou d’humeur fâcheuse , non seulement peut larépudier, mais qu’il le doit faire , parce que Dieu , quia faittoutes choses bien, ne peut avoir fait ce mariage , & qu’il n’enfait point d’infructueux ou de personnes dont les esprits soientincompatibles.
Personne ne lit ni n’entend la Bible parmy ce Peuple ig-norant, le nombre étant tres-petit de ceux qui entendent I’an-cien Géorgien ,qui est le seul Idiome auquel ils ont l’EcritureSainte.Leurs jeûnes sont presque les mêmes que les Grecs ob-servent. Ils ont les quatre grands Carêmes, celuy qui fe faitavant Pâques qui est de quarante-huit jours j celuy qui fe faitavant Noël qui est de quarante, celuy qu’on appelle de SaintPierre & qui dure prés d’un mois, 8c celuy que font les Orien-taux en l’honneur de la Vierge. Ce dernier n’est que de quin-ze jours. Us font des signes de Croix en quelques occasions ;
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