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Gouvernement qu’il y établit rouloit sur un Bey, un Aga , «stVayvode & quatre Gerontes. Le Bey est Gouverneur de laLaconie ou Zaconie, indépendant du Bacha de la M orée, &a fous fa bannière Misitra, Malvesia & Coron. L’Aga com-mande dans le Château Sc fur la milice du Pays. II a des droitsabsolus dans la ville & un pouvoir qui différé peu de celuy duBey .Le Vayvode est comme un Prévôt des Maréchaussées quiveille à la feureté des chemins Sc à la recherche des Brigands.Ces trois charges font exercées par des Turcs qui ne les gar-dent que trois ans, à moins qu’ils ne soient continuez par uneprotection particulière de la Porte. Celle des Gerontes queles Francs appellent indifféremment Veccbiados Sc Vcccblardos estpoffedée parles Chrétiens de Misitra. Ils font choisis quelque-fois tous les ans , quelquefois tous les trois ans, Sc tirez desmeilleures familles Grecques de la ville. Plusieurs passent cinqou six fois par cette charge. II y en a qui f exercent toute leurvie. Ils connoiíïent des affaires civiles des Chrétiens plutôtcomme arbitres choisis volontairement que comme Juges ab-solus , & même il y a appel de leurs Sentences au Micla. C'estceluy qui gouverne les Mosquées du pays. Les Ministres quiy fervent dépendent de luy. Quand des gens de guerre passentpar Misitra , les Gerontes font le département des logis desChrétiens. Cela regarde feulement l’Infanterie, pareeque laCavalerie campe toujours hors des villes. Ces mémes Geron-tes font l'alïïete & la levée du tribut qu’on paye au Sultan , &portent lesttejiiers liquides entre les mains des Officiers Turcs.Ce tribuCeR de quatre piastres & demie par tête. II est feule-ment de deux en quelques lieux de la levée, Sc de trois enquelques autres, mais ce qui est une oppression particulièrepour la Laconie , les enfans mâles y payent ce tribut dés qu’ilsfont venus au monde*Par tout ailleurs on ne le paye que quandon est parvenu .à l’âge de onze ans. Ce que l'on y trouve decommun avec les autres Nations, c'est qu’on n’exige rien desBoiteux, des Aveugles, des Bossus, ni generalement de tousceux à qui les défectuositez naturelles ôtent le moyen de ga-gner leur vie. S’ils épousent quelque femme riche ils perdentleurs privilèges. Les Femmes, les Caloyers Sc leurs Papas nepayent rien. L’argent est si rare en ce pays-là, que le peuple yest réduit à frire un échange continuel de ses denrées pour lesnécessitez de la vie. Celuy qui vend son bled prend du vin, &ceux qui avancent leurs olives, leurs figues & leurs huiles, fefont payer en soyes & en cotons.
Tout le trafic de Misitra passe parles mains des Juifs, quifont usuriers , artificieux, fourbes ; mais patiens, soumis &flateurs. Ils ont l’adreílè de s’introduire dans toutes les maisonsdes Chrétiens & des Mahométans, tant ils íçavent l’art de ferendre nécessaires. Ils fe mêlent de faire des mariages, &il ya peu d’interêts de famille qui ne soient de leur jurisdiction.Les Turcs les appellent chjfouk. L’empressement des Juifs àentrer dans toutes sortes d’affaires, & les mauvais tours qu’onleur impute, les rendent odieux à tout le monde. .11 y a auxenvirons de Misitra quatre ou cinq Monastères de Caloyers,íçavoir celuy d’Agìa Triada ; deux consacrez à la Panagia, l’unsurnommé E leufa, Sc l’autre Gnthovifia , Sc celuy qu'ils nom-ment Agios fanis tott Meffìgri. Chacun de ces Monastères a tren-te ou quarante Caloyers qui font des vœux comme nos Reli-gieux , & qui vivent avec une austérité incroyable. Ils fontl’ornement de l’Eglife Orientale, qui en tire plus de Pré-lats que de tout le reste de laMorée.Ils ont tous les ans un jeunede T effara cofles , c’est ainsi qu’ils nomment leurs quatre Carê-mes, & celan’empêche pas les jeûnes austères de beaucoup deFêtes. Ils ne mangent jamais de viande, & s’abstiennent dupoisson dans leur grand Carême qui répond au nôtre. Chacuna eux laboure la terre, & ils ne mangent point de pain s’ils nele gagnent par le travail de leurs mains. Ils récitent chaque jourl’Òffi:e Divin dans l’Eglise & dans la cellule. Cela fait, ilslisent ou se font lire le Texte de l’Evangile & les Homéliesdes Peres de l’Eglife Grecque. Aujourd’huy la plupart deshabitans de Misitra font Juifs ou Chrétiens, & les Turcs ontdes esclaves qu’ils font travailler. * La Guilledere, Lacedenioneancienne & nouvelle, liv. 2. & 3
AIISLINITS. Petite ville de Pologne, éloignée de quatrelieues de Varsovie vers les frontières de Hongrie. Elle est en-foncée entre deux hautes montagnes qu elle a pour objet devantSt derriere.l’une labourable &tres-fertile,& l’autre couverte deSapins. C’est un lieu fameux de pèlerinage, à cause des mi-racles continuels d une Image de la Vierge, qui ayant étélong-temps negligée dans la chambre d’un Artisan, fut enfinportée dans une Chapelle de l’Eglife, que quantité de grandsSeigneurs & autres personnes ont embellie de Tableauxd’argent en mémoire des grâces qu’ils en ont reçues. * Le
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Laboureur, Retour de la Marquise de Guebriant en France-MISNIE. Province d’Alemagne, avec titre de Massss 11Elle a le Duché de Saxe & la Principauté d’Anhalt au.tentrion;laLufaceà l’Orient.la Bohême Sc la Franconie aMidy, Sc la Turinge à l’Occident. Sa longueur est de ^huit lieues & fa largeur de dix-sept. Le pays produit wabondance toutes les choses nécessaires à la vie , Sc l’°, n ^ lcueille du vin le long de l’Elbe, mais ses principales rich cviennent de fes mines. On l’a partagée en quatre Cercles qfont ceux de Misnie ou de Meissen , des montagnes de L® 1sick Sc de Voitgland. Ses villes principales font Dreic >Meissen, Pyrn T Wirtzen , Radeberg, Redern & M u ' be #L’Osterland faifoit autrefois partie de ce Cercle. Ce pa>’ s ^habité anciennement par les Hermundures, & ensuite ? i(Misniens , qui fe voyant opprimez par les Sorabes > eurentcours aux François, qui leurs aidèrent à recouvrer leur fib e *Pour la conserver plus facilement JIs s’unirent avec les Sa*®, igSc appelierent Misnie les terres qu’ils occupèrent. La A" ^ayant été érigée en Marquisat fut possédée par la MaisonSaxe, & passa de la branche de Wettin dans la brancheLandfperg. Apres la mort d’Eccard , arrivée l’an i° 4 °}. a i1fqu’il eût laissé d’enfans , Dedon III. fils de Maltilde fa ■
& de Thierri II. Marquis de Landfperg, luy succéda. H Ja ^son fils Henry qui défendit cet Etat contre Vratissas, D uCBohême, à qui l’Empereur Henry IV. l’avoit donné ?ot>t fnir Henry d’avoirpris les armes contre son service. Ce r*r'y fut pere d’un autrd Henry qui n’eut point d’cnfans.ce quicause que Conrad lc Pieux son cousin, fils de Thymon.C®te de Wettin en obtint l’investiture de l’Empereur.Lotha^
II. l’an 115 6 . Conrad épousa Luitgarde , fille de FridericHoenstaufen, Duc de Suabe , & en eut Othon le Riche > Pqui la branche de Misnie fut continuée. Henry,
III. Frideric Sc Dedon ,ses autres fils furent Chefs des t>r .
ches de Wettin , de Lu face , de Brene & de Rochlice,durerent peu. Othon le Riche fut misen prison par son « tque l’on nomme Albert le Superbe , & Thierri IV. qu "d’Hedwige, fille d’Albert l’Ours, Electeur de Brandebo 11 Hluy succéda. Thierri IV.ipousa Judith, fille d’Herman L agrave de Turinge,dont le fils puîné, appelle Henry >ss £une partie des Princes avoit élu Empereur, n’ayajrt p°laissé de postérité , Henry l’Ulustre , fils de Thierri, s epara du Landgraviat de Turinge , .dont il demeura co Ysession par l’accommodement qu’il fit en 1263. avec S°P ^de Brabant, fa cousine , fille de saint Louis Landgrav e ^., sTuringe , frere aîné de l’Empereur Henri. Albert so° ^aîné acquit le Comté d’Altembourg & îa Seigne« rí f jj,Plessen épousant Marguerite, fille deì’Empereur Frid^^uSII en eut entre autres enfans Frideric le Mordu , qui -son obéissance les villes Impériales d’Altembourg. de Cnitz Sc de Zwickau l’an 1308. Frideric le Mordu fut P erFrideric le Severe qui acheta une partie de la Seign® ur * >Salzen , & enleva le Comté d’Orlamund au Comteauquel il le laissa fa vie durant. II épousa Matilde, s . j el’Empereur Louis de Bavière,& de ce mariage vint F rí ,'ct nn e-Vaillant , à qui Catherine , fille- de Henry , Comte jberg, porta en dot la Principauté de Cobourg. ^ u j pHe-fils de Frideric le Vaillant & de Catherine, fut pere de Fr ^ric le Belliqueux , que l’Empereur Sigiímond invetl’Electoratde Saxe à Prefbourg l’an 1423. cn rcc°mpc n _f ^services qu’il luy avoit rendus contre les Rebelles de Bo ^Sc particulièrement à la bataille de Brixen; mais Fride ríC jjjgtint cet, Electoral qu’à la charge qu’il payeroit vingtflorins d’or à l’Electeur de Brandebourg pour les fraf 5 ^ 0 j Cavoit faits à soûmettre une partie du Duché de Saxe q® 1 , { - iCosé se soulever. II laissa de Catherine de Brunswich \L usn ele Débonnaire qui luy succéda à l’Electorat, & ^^ntss 1 ^qui eut en partage le Landgraviat de Turinge & qui n . e , -J ledeux filles. Ernest & Albert !e Courageux, fils deFn ' ^ ufSDébonnaire, & de Marguerite d’Autriche,gc>uverneren,^^Etats, conjointement durant plusieurs années, & co° v _ cÇ >ensuite de les partager, non pas en séparant les, Lrov^mais en les divisant d’une maniéré que chacun d’e«* jlsune portion, Sc principalement la Misnie & la u#»
convinrent dans le même temps que les revenus feroieu 0
Sc qu’ils jouiraient en commun du profit des min® 5, v j]leîtage fe fit à Leipfìck en 1485. II y avoit d’une P art rt c ° UZ ; nze d«Sc bourgs de Misnie & de la Seigneurie de Pless» 9 U c£)n ie,Duché de Saxe, trente-huit de Turinge , neuf de F ran tena n-& douze du Voitgland avec leurs dépendances, ,app a ^ Q fíces & annexes > & outre cela une grosse somme d ’^eavoit mis de l’autre part trente-deux villes ou bourgs ,
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