Band 
Tome II. [E - O.]
Seite
692
JPEG-Download
 

6gz MIS

déplumés de toutes sortes de couleurs, avec plusieurs nattesde cheveux de femme, entrelaffées de diffei entes maniérés.On y attache deux ailes, & cela est aster semblable à la ba-guette que les Ambassadeurs de Paix portoient autrefois à lamain. Cette canne est fourrée dans des cous de Haass , oiseauxtachetez de blanc & dc noir, gros comme nos oyes, ou dansdes cous de canars branchus, qui font leurs nids dans descreux d’arbres, quoy que seau soit leur élement ordinaire.Ces canars font bigarrez de trois ou quatre couleurs. ChaqueNation embellit son calumet selon son usage. II sert d’asturan-ce à tous ceux qui vont chez les Alliez de ceux qui l’ont don-né, &-on ne fait jamais aucune Ambassade parmi les Sauvages,qu’on ne porte cette marque exterieure, qui est le symbole dela paix. Ils sont tous persuadez qu’il leur arriveroit de grandsmalheurs, s’ils avoient osé violer Ja loy du calumet, ^'ordi-naire ils y font fumer du tabac à ceux avec qui ils ont concluquelque affaire d’importance.

Le calumet ayant été présenté par les trois Sauvages, lesFrançois qui n’entendoient point leur langue, leur nommèrentdeux ou trois difïerentes Nations. L’un d’entre eux leur ré-pondit par trois fois Ch'tk&ka - & leur prefenta des pélicansqu’ils avoient tuez avec leurs flèches. Ces Barbares ne pouvantentrer dans leur canot, parce qu’il étoit trop petit & embar-rassé , continuèrent leur chemin par terre , leur faisant signe deles suivre à leur village. Aprés deux journées de navigation ,le Pere Hennepin & les deux hommes qui l’accompagnoient,trouvèrent beaucoup de Sauvages fur la côte Orientale duFleuve. Ils avoient entendu auparavant un bruit sourd commed’un tambour, & plusieurs voix d’hommes qui crioient Safa-coiieft , c’est-à-dire , alerte ou qui vive. Comme ils n’ofoient«'approcher, ces Sauvages leur envoyerent une pyrogue ougrand canot de bois, qu’ils font d’un tronc d’arbre creuse avecle feu, à la maniéré des gondoles de Venise. Les François leurpresenterent le calumet, & les trois Sauvages les invitèrent parleurs gestes & par leurs paroles à mettre pied à terre, & à felaiíîër conduire chez les Akaníà leurs amis. Ceux-cy les réga-lèrent à leur mode, leur donnant une cabane particulière, desfèves, de la farine de bled d’Inde & des viandes boucanées.Les François de leur côté leur firent quelques prefens de mar-chandises d’Europe dont ils faifoient grand état. Us mettaientleurs doigts fur leur bouche pour faire connoître qu’ils les ad-miraient, & fur tout leurs armes à feu. Ces Sauvages íont fortdifferens de ceux du Nord, qui ont ordinairement l’humcurtriste, morne & fevere. Ils font bien mieux faits, honnêtes, li-béraux & fort gais. Les jeunes gens de ces Nations font si mo-destes , qu’ils n’ofent parler devant les vieillards, s’ils ne fontinterrogez. Us ont des poules domestiques, des poules d’Indeen grand nombre & des outardes apprivoisées. Leurs arbrescommençoient dé j a à montrer leurs fruits, comme les pêches& autres semblables. Aprés plusieurs danses accompagnées defestins, le Pere Hennepin se remit dans son canot, & arriva àsix lieues des Akanfa qu’il avoir quittez, & y trouva un autrevillage de la même Nation, & ensuite un autre quelques lieuesplus bas. Ces peuples luy firent un fort grand accueil. Leursfemmes, leurs enfans & le village tout entier luy faifoient degrandes acclamations, & le 21. du même mois, cette Nation lemena en pyrogue chez un peuple plus avancé,qu’onappelleTaensa. Ces Sauvages qui demeurent prés d’un petit Lac quele Fleuve Miflìflìpi forme dans les terres , le reçurent avecbeaucoup de cérémonie. L’un de leurs Chefs vint le joindrefur le bord du Fleuve. 11 étoit couvert d’une robe ou couver-ture blanche, faite d’une écorce d’arbre qu’ils filent en ce pays-là. Deux hommes le devançoient avec une efpece de plaquede cuivre qui brillait fort au Soleil. Us reçurent le calumetavec de grandes marques de joye. Leur Chef affectoit beau-coup de gravité, & tout ce qu’il y avoit là d’hommes, de fem-mes & d’cnfans, luy rendoient de fort grands respects. Us con-duisirent le Fere Hennepin «lans une belle cabane, couverte denattes de jonc plat, & le Chef le régala de tout ce que cetteNation pouvoit luy faire servir, aprés quoy ils firent une efpe-ce de danse, les f rmmes Sc les femmes tenant leurs bras entre-mêlez. Les hommes avoient à peine achevé la derniere sylla-be de leurs chansons > que les femmes, qui font à demi couver-tes en ce pays-là, chantaient alternativement d’une voix aigreSt désagréable. Le 22. le Pere quitta cette Nation, & le Chefdes K oroa l’accompagna jusque dans son village , situé dixIjeuës plus bas en un pays fort agréable. On y voyoit dubled d’Inde d’un côté, & de belles prairies de l’autre. Ce Chefluy apprit avec un bâton , dont il fit diverses marques fur le fa-ble, qu’il y avoit encore six ou sept jours de navigation jufqu’àla mer , qu’il luy représenta comme un vaste Lac où l’on

I 8

voyoit de grands canots dc bois. Les trois Cbihaka > dont on ^parlé, entrerent dans les pyregues des Koroa , qui accoMf 3gnerent le Pere Hennepin jufqu’à six lieues au dessous de levillage. Là le Fleuve Miilìflìpi fe divise en cieux canaux flforment une grande Ist.-. Cette Ifie peut avoir soixante ' ieud’étenduë, selon les observations qu’il en fit, en suivantCanal qui est du côté de l'Ouest. Son courant est fortU fit ce jour-là trer.te-cinq ou quarante lieues, & il n’étoit }encore au bout de cette Iste où il cabana. Le 24 âpres avoencore navigé pendant, quarante autres lieuës , il entenquelques cris de guerre & le bourdonnement d'un tambo -C’étoit la Nation des Qutwpifsa. II débarqua sort tard furbord du Fleuve, dans un village qui appartenoit à celle ^Tang.bao. II trouva dans leurs cabanes dix hommes tuez à coU hde Sèches. Cela l’obligea de sortir promptement de leur vlage & de traverser le Fleuve en avançant vers le grand Caua^Le lendemain aprés une navigation encore plus longue qcelle du jour précédent, il arriva à une pointe où le fleuvepartage en trois canaux. 11 prit celuy du milieu qui étoit trbeau & tres-profond & dont Peau étoit à demy salée. QiPlou cinq lieuës plus avant elle étoit salée entierement. ^poussent encore un peu plus loin, il découvrit la mer, & c -nut que le fleuve Miflìstìpi tombe dans le Golfe de Me ^que entre le 27. & le 28. degré de latitude , & comme oncroit, dans Fendrait où toutes les Cartes marquent le Wdido, ou Riviere cachée. Celle de la Magdcleine elì entre ceriviere & les mines de Sainte Barbe du nouveau j

Cette embouchure de Miífiíïipi est éloignée d’cnvirontrelieuës de Rio Brano , de soixante de Palmas , de quatre-vu^ou de cent de Rio de Paniuo sur la côte la plus proche des h 3 ■rations des Espagnols,& à plus de trois cens quarante lieuesi’embouchûre de la riviere des Illinois. On Y trouve qua»de Crocodiles fur tout en approchant de la mer. A vingt,trente lieuës au dessous de Maroales bordsdeMiflîsop 1

pleins de cannes jufqu’à la mer. On trouve pourtant quan

d’endroits où il y a de tres-beaux coteaux avec des de dam ,mens commodes Sc fpacieux.L’inondation du fleuve nés epas loin , Sc derriere ces bords noyez on découvre pendadlongueur de deux cens lieuës les plus beaux pays du woo^Les campagnes sont pleines de toute forte de gioier & “ e ^naison. Ou y trouve des taureaux sauvages, des cerfs, -chevreuils, des ours, des poules d’Inde, des perdrix,cailles, des perroquets, des bécasses, des tourterelles»pigeons ramiers, des castors, des loutres , des martres #chats sauvages. On y voit de tres-beaux cedres Sc une aefpece d’arbre qui jette une gomme dont Fodeur furpa 1 emeilleures pastilles de l’Europe. Les cotonniers y s° n£ slllgrands, Sc les Sauvages en font des Pyrogues de quarantecinquante pieds de long. * Le P. Hennepin Nouv. DMO tívedans f Amerique Sept. cb. 39.40. & 41. ,

MISSOCARAS. Place.d’Afrique, dont Ptolemee >mention. Les Géographes croyent que c’est Aman, P° rRoyaume de Maroc.' , , ,.r>s

MISTEC A. Province del’Amerique Septentrionale gla nouvelle Espagne. On la divise en deux parties, dont ^est appellée haute, de la situation de la terre , Sc l’autre ^

La premiere qui est située entre le Diocèse de Mexique ^

vallée de Guaxaea , est presque à quarante lieuës de lad’Antiquera déclinant vers F Occident. La basse tire davan ^vers la mer du Sud. La plus grande partie des ruisseaux ç ttorrens qui font dans Tune & dans l’autre portent de For- ^les Sauvages avec leurs femmes & leurs enfans s’en von ^fleuves Lc ruisseaux voisins, Lc tant que durent les P r °VÍ. £tte $dont ils se munissent, ils Rappliquent à chercher des pa 1 flS

d’or, qu’ils vont échanger ensuite aux marchez des en v f

pour les choses nécessaires à la vie. Etant retournez^ dans ^maisons, -ils font bonne chere fans vouloir songer ni à cales champs, ni à faire aucune autre chose. Us négligentd’aller encore chercher dc For, jufqu’à ce que tous sep rsétant consumez, la nécessité les y contraigne. Us ^^ ent i £ v je,ont reçu de leurs Prédécesseurs Fexemple de cette sorte . £eJ& qu’ils le veulent laisser à leurs Successeurs. Sur lesdes bourgades de Cuert-havaca Lc de Stequici Stepequ^ p 0 „une fort haute montagne, est une caverne dans laquelle u ^ ^minicain entra autrefois avec des Sauvages. La descenteétroite, Lc il n’y peut entrer qu’un homme à la fois. Au cSil y a une place quarrée de cinquante pieds, où sont q uCpuits avec des degrez. De là par une voye tortue Lc t ° a } e Qìie lleplie de détours,oiì arrive à une large place au milieu defort une fontaine Lc à côté on voit un ruisseau. Apresmarché pendant une heure, comme ils r/en' pouvoient