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Tome II. [E - O.]
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de ces cannes, qui dit au Roy qui! gardât ces œufs, parcequ’il en devoitéclorre quatre excellons Princes. Peu de tempsaprés on en vit sortir trois hommes òc une femme. L’un régnaen I’Jflede Bachan, l’autre en celle de Butam, le troisième«ux Isles de Papuas, & la femme épousa le Prince Lolada, quidonna son nom à un lieu de Batochine proche de Boconora.•Cette Fable s'ekì si bien autorisée parmi ces peuples qu’ilshonorent Eigo-Cigara comme un grand Héros, de même queies rochers où étoìent les cannes. & ne perdent point le sou-venir de s quatre œufs. II y eut treize Rois Idolâtres de cetterace qui succédèrent de suite jusqu’à Sultan Tidore Bongue,qui reçut l’Alcoran quoy que mêlé avec ['Idolâtrie. Quand leGeneral Brito vint en ces Isles, il trouva qu’un Cacis ou Prê-tre Sarasin enseignoit aux habitans la Secte Moresque , à la-quelle plusieurs s’opposoient fur la croyance de ['ancienneFable de la miraculeuse origine de leurs Rois. Ces Insulairessont extrêmement oisifs > & n’ont aucuns Artisans, parce qu’ilsne sc soucient que des choscs neccflâires à la vie. Tout le tra-vail est pour leurs Esclaves. lis n’ont pour tous meubles qu’unpot & quelque vaisselle de terre, dont il ne leur est pas possiblede se palier, avec des nattes fûtes d’écorce d’arbre, fur les-quelles les Nobles dorment ainsi que le menu peuple. Us sontexcessivement jaloux de leurs femmes, & en ont autant qu’ilsen peuvent entretenir. Celuy qui recherche une fiile en maria-ge ne peut i’aller voir que les paï ens n’en soient d’accord, &alors on luy présenté la fille qui est forcée de le prendre, quoyqu’elle ne l’ait jamais vu. Ces peuples sont estimez les plusvaillans de toutes les Indes. Us font leurs guerres principale-ment fur mer, avec des galères fort étroites, & sc fervent depetits tambours que les Rameurs peuvent battre en travaillant.On connoîc s’ils ont gagné la victoire au grand bruit qu’ilssont à leur retour. & par plusieurs têtes des ennemis qui pen-dent à la proue des galères. Us lancent d’abord des dards &des javelots, à? aprés avoir tiré leurs arquebuses, ils viennentrux mains avec leurs épées,maniant toutes ces armes fort adroi-tement.

Les Moluques surent découvertes en 1511, par les Portugais,qui y descendirent fous la conduite de Francisco Serano. IItrouva tant de simplicité dans ces peuples, que Boleyse, Royde Ternate, & Almançcr, Roy de Tidor demanderent d'etrepréférez en l’avantage qu’ils prétendòiene tirer du Fort, queles Portugais vouloìcnt bâtir pour s’aííûrer de la possession deces Isles. Elle causa un grand diffèrent entre eux Scies Castil-lans. U y avoit déja quelque temps que le Pape Alexandre VI.avoit partagé les deux Indes entre les Rois de Castille & dePortugal, en sorte que des trois cens soixante degrez, dontl’on compose le monde, les Espagnols dévoient posseder lesconquêtes qu’ils feroient dans les cent quatre-vingt degrez, àCompter depuis le trente-sixiéme degré de Lisbonne vers le Po-nant, & les Portugais les cent quatre-vingt autres degrez versîe Levant. En vertu de ce partage , l’Empereur Charles-Quintsoûtenoit que les Moluques appartenoient à la Couronne deCastille, parce que Ferdinand Magellanes , qui aprés avoirservi fort utilement dans les Indes fous Alphonse d’Albuquer-que, s’étoit retiré du service du Roy dc Portugal pour pren-dre parti avec Charles, avoit fait voir que les Moluques étantéloignées de Malaca vers l’Oiiest de six cens lieues, qui fontenviron trente-six degrez, ces Isles dévoient appartenir à laCouronne de Castille. Ainsi il eut ordre de l’Empereur d’enaller prendre possession, & partit de San Lucar le 21. de Sep-tembre 1^19. II passe le Détroit qu’on appelle encore de sonnom le Détroit de Magellan , 8í arriva presque à la hauteurdes Moluques; mais les vents contraires & les courans de lamer l’ayant obligé à descendre dans les Manilles, il y fut tué,avec trente-cinq personnes qui l’accompagnoient. GonçaloGomez d’Espinoía & Sebastien deICanoc,y firent depuis quel-ques établissemens pour l’Empereur, qui sc fit prêter sermentde fidélité par les Rois de Ternate, de Tidor & de Gilolo ;mais la possession de ces Isles étoit d’une si grande importanceaux Portugais, pour la continuation du commerce des épice-ries , qu’ils firent tous les efforts possibles pour se la conserver.Us y réussirent d’autant plus facilement, que Charles-Quintétant occupé en Europe, étoit fort peu informé de l’état desaffaires de l’Asie, tant à cause que les Portugais ne laiíïoientpoint passer les Castillans par le Cap de Bonne-Espcrance, queparce que le passige par l’Ouest étoit si difficile, qu’on ne s’enservoit point alors, comme on ne s’en sert plus encore aujour-d’huy. Les actes d’hostilité ne cessant point dans ses Indes en-tre les deux Nations, on fit différentes assemblées à Segovie &à Seville, fans que l’on pût rien conclurre, & enfin par unTraité qui fut fait à Saragosse en 15:9. l’Empereur engagea

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ces Isles litigieuses au Roy de Portugal pour trois cens st>!Xante mille ducats, juíqu’à ce que par l’union des Royaum*de Portugal & de Caltille, ces droits furent confondus enpersonne de Philippe II. Chaque Isle a son langage p :irt C ‘lier, ce qui fait voirqu’elles ont été peuplées par diverses-ftions. Les Chinois qui occupèrent une bonne partie de 1lient, sc répandirent aussi dans ces Isles, & les Perses SçArabes qui y sont venus à leur exemple, y ont introduitsuperstitions de Mahomet , parmi l’adoration de pj u ‘ l ^ u rDieux, donc leurs principales familles sc vantent d’être®*cenducs. Les hommes sont plutôt noirs que bazanez, sc se"cheveux sont noirs & unis, ou naturellement, ou parce q u 1les frottent d’huile de senteur. Us ont les yeux gros, ses 1 °^cils & Ies paupières larges, le corps fort & robuste, maispropre pour la guerre que pour le travail. Us sc cocffcntturbans faits à la Turque de plusieurs couleurs & chargezplumes,& s’habillent d’un jupon & de caleçons de damas oUsatin de la Chine, bleu, rouge cramoisi, verd & jaune,femmes sc parent de leurs cheveux, qu’clles couchent unisla tête, les nouant par derriere, & y mêlant des fleurs &plumes. Elles ont des bracelets, des bagues, des colliersperles, & des parures de diamans, de rubis Sc d’cmera’Jde »& s’habillent presque toutes d’étoffes de soye, se servantcelles que la Perse, la Chine & tout le reste dc l’Oricnt vi*nent troquer avec leurs eleux de girofle, qui viennent engrande abondance dans ces Ifles. Les Javans font ses ? Tttíii L squi en ayent porté en des lieux, d’où les Perses & les A^les pouvoient porter aux Grecs & aux Romains. Les RLd’Egyptc en ont établi le commerce avec celuy des autres e Fceries dans les Ports de la mer Rouge, où les Romains, aÇj ^avoir réduit ce Royaume en Province,Pont continué ) u ^l u ^ e ndécadence de l’Empire. Les Turcs Pont ruiné par le ny.vde leurs caravanes qui portoient les épiceries en plu*' 1 ® _Ports de la mer Mediterranée, où ses Européens les pouvo* taller quérir avec moins de frais. Enfin les Portugais endemeurez ses maîtres , jusqu’à ce que ies Hollandois navi£* adans ces mers-là, les ont obligez de leur céder un avantagespersonne ne leur avoit osé disputer. * Davity, Moluques . N** 1deslo, Voyage des Indes.

MOLUS, Petit Fleuve de laBeotie dont parledans la vie de Sylla. 11 y en a qui croycnt que c’est seque le Molœus d’Herodote, qui naissant comme il se dit,au pied du mont Cytheron, va se rendre dans PAsopUS.

Perc Lubin, Tables Geogr.

MOM A Y A. Ville des Indes dans Piste de Gilolo. EH* s n jtoujours maintenue libre, & n’a jamais eu nì Loy , ni RQ’ > ^poids,ni mesure,ni monnoye. Ses habitans sont valise 0 ^courageux, contre Pordinaire des autres peuples de l’ssi e ^sont poltrons. * Davity > ijle de Gilolo. r j e

MOMIANO. Ville d’Italie dans l’Istrie. Elle estfur un rocher qui la rend forte, & comprend Berda ® a ” S p a -ressort. Ce lieu a été vendu aux Rota par les Raunieats.vity, iftne. elì t

MO víONIE. Province d’Irlande , nommée aUtrC - 0ll ]aMounjter , en Latin Maniant*. Ses bornes font au SeptentU ^Connacic, de laquelle la riviere de Shennon la sépare ', arient la Lagenic, au Midy & au Couchant la mer d’iq? ^Sa longueur d’Occident en Orient est de cinquante st e L cS 'j e sfa largeur duNord au Sud est d’environ trente. Ses v - ta je,plus remarquables aprés seimmerick qui en est la "pu ^sont Cashel. Clare, Corde, Kinfale & Waterford,riviere de Shennon, elle a celles de Shure ou Sewer, de P ,j e5water & de Lée. On y trouve quantité de Bayes, dont c ^de Waterford, de Dungarvan , d’Yougal, de Kin^. ’ i e ,Dumnanus, de Bantry, de Mayre ou de Kilmare, de D in »

& J’embouchûre du Shennon sont les plus considérables. ^

Cette Province étoit autrefois divisée en cinq P artí . eS ^je»Towon ou partie Septentrionale, enDeswon ou P arrie 0 uridionale, en Urwon ou partie Orientale, en Hiçvwo ^partie Occidentale, & en Meanwon ou partie du milieu- jdivision n’eít plus en usage. On y trouve six Cowtez - ^sont Typperari, Waterford, Kerri , Corde, Lionrn c " L . ^Clare. * Audiffret, Geogr. anc. & mod. tome r. Maty »

Ho//. 1701.

MOMPA. Province d’Afrique au dedans du pays ugves. Elle a au Couchant Igwira, au Nord 1 e grandso^* *Yvaílà & A dom, & au Levant le pays maritime d ADe la Croix, Le/ar. de [’zi/r. rome pr jzse-

MON. Isle du Royaume de Danemarck fur ' a , rn ti e detique , située au Sud de l’Isle de Seeland, & à l’Est de cFalstcr. Son étendue est dc quinze lieuës de l’Orient ^ sD t,