706 M O N
MONASTIE. Petite ville de France dans le Languedocavec titre de Baronnie. Elle est contre le Serou, & proche delà est un Château nommé Combe fa, appartenant à l’Archevêqued’Aíbi. Monaític est une des villes maîtreífes de ce Diocèse.
* Davity, Languedoc.
MONATENGHA ou Manampani. Province de l’Ifle deMadagascar, ainsi appeliée.de la riviere de ce même nom quil’arrose. Elle est située â vingt-trois degrez de latitude Méri-dionale. C’est un quartier fertile & agréable. La vallée d’Am-boule est un peu plus vers le Septentrion à l'embouchúre decette riviere, où il y a de grands étangs & Nets, & qui estíbus le Tropique du Capricorne, ou a vingt-trois degreztrente minutes de latitude Méridionale. Elle prend fa sourcedans la vallée d’Amboule, & est formée de plusieurs ruiflèauxdes montagnes d’Encaiilan , Hicla Sc Manghase. On l’appelleManamp.mi jusque prés de son embouchure, qu’elle prend lenom de Mmatengba. Elle lave toute la vallée d’Ambouse, &reçoit beaucoup d’autres ruiflèaux & rivières qui viennent deshautes montagnes, au travers «.lesquelles elle paflèpour courirensuite droit à l’Est. * Flacourt, Hijl.de l’ijle de Madagascar.
MONB ARD. Petite ville de Bourgogne,, à trois lieues desainte Reine , & à pareille distance de Semur au pays d’Au-xois, en Latin Mons Barras. Elle est plus estimée pour fa situa-tion , qui la rend naturellement forte, que pour fa grandeur& fa beauté. Cette ville occupe une colline, qui fait unePresqu’Ille dont la riviere de Brenne arrose le pied en luy ser-vant de ce côté-là d’un large foflé, qui a le rocher escarpépour muraille, & d’un autre il y a un Château flanqué de plu-sieurs tours rondes. L’une de ces tours s’éleve par deflus lesautres en maniéré de donjon. On y arrive par un fauxbourgpresque auílï grand que la ville , dont les rués sont si étroites,quoy qu’en petit nombre, qu’on n'y voir presque pas clair enplein jour. Elles font plus larges & mieux dreflées danslefàux-bourg. * Jouvin de Rochefort, Voyage de France.
MÓNBAZE 1 Royaume d'Afrique, appellé ainsi d’uneIíle de ce même nom, qui le donne à une belle ville située furune roche , en Latin Monbaua Sc Msnbaccia. C’ert la demeuredu Prince. Elle est assez grande, fortifiée d’un bon Château ,& les maisons y font bâties à l’Italienne. François Almeides’en étant rendu maître en 1505. y fit des dégâts terribles & enbrûla les trois quarts, On la rebâtit ensuite , & quelque tempsaprés Nuno d’Ácuna la pilla tout de nouveau ; mais les Por-tugais considérant que la ville de Monbaze seroit pour euxd’une garde difficile, se retranchèrent dans la citadelle, d oùils furent chassez en 1631. par le Cheque Arabe. L’Ifle où ellea été bâtie, a douze milles de circuit dans un Golfe qui est àquatre degrez cinq minutes de latitude Méridionale. Le Portest fort bon, Sc les Marchands de Zenzibar, dePenda & desautres lieux voisins y viennent aborder pour la commoditédu commerce. Le Royaume de Monbaze est d’une grandeétendue, touchant au Nord à la ville d’Orgaba ou Orgabea,située fur le Fleuve Onchir, qui va se jetter dans le Nil auprèsdu mont Amara, où commence le Royaume de Melinde. Lepays est peuplé de Blancs, de Nègres & de Basanez, La plupartdes habitans sont vêtus à la mode des Arabes, avec de longuesrobes de drap d’or Si de soye. Des gâteaux de millet leur fer-vent de pain, & pour leur boisson ils ont de la biere de ris &de l’hydromel qu’ils conservent dans de grandes cornes debœuf qui leur tiennent lieu de vaisseaux, étant taillées de dif-férentes figures afin d’êtreplus commodes. Us n'en font néan-moins aucun usage qu’ils n’ayent auparavant égorgé les bœufs,tenant cette coutume des Juifs. Le climat est aflez temperé ,quoy qu’il soit fort proche de la Ligne. Cela vient de ce quel’air est rafraîchi par les pluyes & par les rosées. La terre estabbreuvée de plusieurs ruisseaux qui luy font produire dumillet en quantité, du ris, des oranges douces & aigres, descitrons, des grenades, des pêches fans noyau & de toutessortes d’herbes.On a auflì beaucoup de volaille, du bétail gros& menu . à cause que les pâturages sont fort bons.
Le Roy de Monbaze peut mettre fur pied une armée dequatre-vingt mille hommes. Lorsqu’il mene ses troupes aucombat, il fait marcher des troupeaux de bêtes devant luy,pour rompre les rangs de l’enncmi, & essuyer leurs premiersefforts. On voit ensuite des gens qui portent du feu, Sc quiprécédent les Gardes du Prince.Cela se fait pour marquer queles vaincus doivent s’attendre à être rôtis Sc mangez , ce qu’ilfait executer. Ainsi quand il est fur les terres des ennemis.il n’é-pargneni homme m bête, & passe au fil de l’épée tout ce qu’ilrencontre. Ce Prince se qualifie Empereur du monde, & pré-tend que toute la terre doit suivre ses ordres, comme la merceux des Portugais. 11 insulte jusqu’au Cid, Sc quand la pluye _
MON
ou la chaleur sont excessives, il bande son arc & tire ses flèchescontre le Soleil. Les Rois de Monbaze & leurs Sujets ayant sautrefois Paiens, quelques-uns avoient embrassé le Chrm 1nisme depuis l’arrivée des Portugais ; mais ils sont devenuMahométans, ce qui arriva en 1631. Le Roy qui regnoit aios »ayant été élevé dés ses jeunes ans dans la Religion Cathohq 11 'avoir épousé une Chrétienne j mais s’étant brouillé malhereniement avec le Gouverneur Portugais, il fit massacrer toles Chrétiens , emporta d’aílàut la citadelle que les Portuga*tenoient encore, & prit le turban pour s’afluref la protectse ndT ure. * De la Croix , Relat. de /’ Afr. tome 4. ,
Vincent le Blanc dit dans ses Voyages que le RoyaumeMonbaze a pour bornes au Levant la grande mer des Indes »au Nord Melinde, auMidy Qoiloa, Sc au Couchant se g[? nLac de Zaflan & le Royaume de Xoa appartint aux Abifl inS *Il ajoute que les habitans sont civils & proprfement habille 2 »particulièrement les femmes qui se plaisent à être richeme ^parées, & que le peuple y eíf assez doux,au contraire des _» utres lieux maritimes,dont les habitans sont d’ordinaire mutin •Voicy une remarque qu’il fait comme d’une chose quip ed’aucune autre Nation. Quand ils sçavcnt qu’un f íin ^ cvoisin envoye des Ambassadeurs à leur Roy pour traiter dquelque affaire, ils prennent une gazelle ou chèvre fauvag e ’qu’ils nomment Macborati , & aprés qu’ils ont fait des chat®dessus, le Prince monté fur son Eléphant, passe par trois sefur la gazelle, avec des cris horribles & des imprécationsleurs Labos ou Prêtres prononcent contre leur Singìscart ov D e 'mon. Us poussent ensuite trois autres cris en forme de P r * ere ^ ’& demandent si cet Ambassadeur vient pour la paix ou poutguerre. Si c’est pour la paix,ils vont au devant de luy avec se 1ce parfums & de grandes réjouissances, & quand il est arrive ^la ville, ils jettent dans l’eau tous ces parsems, pour luymoigner qu’ils n’ont rien fait que dans le dessein de luy rendishonneur. Si l’Ambassadeur vient pour la guerre, ils marqué* 1tout le contraire. ,
MONBAZON, Bourg de France avec titre de Comte»Latin Mons Baz,onis. U est dans la Touraine, situé fur la rivsed’Indre à trois lieues de Tours. * Maty, Ditt. de Holl. 17 01,MONBELLIARD. Ville de 1 Empire,capitale d’un Com-té qui en prend son nom 8c qui relève du Roy de France coseme Comte de Bourgogne. Cette ville est fur les limites ^l’Alíâce & de la Franche-Comté, située au pied d’un rocher >occupé d’un grand & fort Château en façon de Citadelle,l’affiette rend en quelque sorte imprenable, le rocher étant ecarpe presque par tout. La ville qui est à douze mille p aSPorentru Sc à trente de Basse, est d’ailleurs tres-sorte. ç epour rempart d’un côté la riviere d'Halle ou d’Alaineq uljette un peu au dessous dans le Doux , & qui fait que la v*-est d’un acccz fort difficile de ce côté-là, parce qu’elie y fofun grand marais toujours couvert d’eau. La même rivieremplit les fossez de Monbelliard,qui est défendue de p] u I ‘' u ]6grands bastions & de hauts remparts terrassez. Cetteles Latins appellent Magerrobia, Sc plus ordinairement M*Belligardus, est une Place de grande importance, & la c* er ^tout le Comté qui a bien dix lieues de longueur & cinq n e 3geur.Ce Comté entra dans la Maison de W ircemberg en . l ^T,parle mariage d’Eberard, dit le Jeune, Comte de Wi.berg & Duc de Teck, avec Henriette de Monbelliard.». 5 c ,Henry de Monbelliard 8c de Marie de Châtilion. Louis-deric, frété de Jean-Frédéric, dit le Magnifique, Duc de Wtemberg eut en partage le Comté de Monbelliard. De son Pmier mariage avec Eliíâbeth-Magdelaine , fille ^eLandgrave de Heflë-Darmstad, il eut Henriette- Lciiise > ^riée avec Albert, Marquis de Brandebourg - Anlpaeh » ^Leopold-Fredericj & du second avec Anne-Eleonor,fi' ieJean-Casimir, Comte de Nassau-Sarbruck, il laissa Ge 0l l: ’qui en 1648. épousa Anne de Coligni, fille de Gaspard;de Châtilion & Maréchal de France, & d’Anne de PoliL ^Aprés la mort de son frere fans enfans, il luy succéda en ^ ^au Comté de Monbelliard. Ce Comté avoit autrefois rang j osttre les Principautez séculières de l’Empire ; mais en execu ,du Traité deNimegue, par lequel le Roy d’Espagne a c _entierement la Franche-Comté au Roy Tres-Chrétien, se ^ ^lement luy en a a jugé la Souveraineté fur plusieurs titres,condamné le Comte de Monbelliard d’en faire soy &ge fous peine de commise, ce qui a été exécuté. Les h al í,
de Monbelliard font profession de la Religion Prétendue^
formée. Le dedans de la ville est peu de chose. II n’y a que d ^ou trois rues tirées à la ligne, qui commencent à la porte ?fy o(1l’on entre en venant de Basse, 8c qui finissent à celle par ousortpourVesoul. 1 'Jouvin deRoch. V. d’Alernagne & de po »