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Tome II. [E - O.]
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bougies à la main. Le Clerc marche le premier portant l’Image<ie saint Jean, & ils font trois fois le tour, ce qui étant fait, leparrain & la marraine donnent par écrit au Prêtre le nom qu’ilsveulent faire porter à Pensant. II met ce billet fur une imagequ’il tient fur l’estomach de Pensant, & aprés quelques prières,il demande au parrain fi Pensant croit en Dieu le Pere, au Fils& au saint Esprit. Aprés cela ils tournent tous le dos à la cu-vette pour marquer l’horreur qu’ils ont des trois demandesque le Prêtre fait ensuite, fçavoir fi Pensant renonce au Diable,à ses Anges & à ses œuvres. Les parrains répondant ouy à cha-que demande, crachent autant de fois à terre, puis loríqu’ilsíe font tournez de nouveau vers la cuvette, le Prêtre exorcisePensant, en luy imposant les mains & en soudant trois fois enCroix fur luy afinde chasser le Diable. Cela étant fait, il luycoupe un peu de cheveux, & le prenant nud d’entre leurs bras,il le plonge trois fois dans Peau, en prononçant Je s paroles or-dinaires au Sacrement. Lorsqu’il les a prononcées, il luy metun grain de sel dans la bouche, luy siit le signe de la Croix aufront, aux mains, à Pestomach & au dos, avec une huile quel’on consacre tout exprès pour cet usage, & luy mettant unechemise, il luy dit qu’il n’est pas moins net du pechc originelque cette chemise est blanche. Les cérémonies s’achevent parune petite Croix d’or, d’argent ou de plomb qu’il luy pendau cou, avec une obligation si étroite de la porter toute si vie,que s’il ne Pavait pas fur luy quand il meurt, on refuserait del’enterrer. Les personnes âgées qui demandent le Baptême,comme les Chrétiens Apostats , les Tartares & les Tûrcs,le reçoivent dans un torrent , où on les plonge jusquepar deíïïis la tête, quelque froid qu’il faste, en forte qu’oncaste souvent la glace pour les y faire entrer. Ceux qui veulentembraffer laReligion Moscovite, sont obligez de passer six se-maines dans un Couvent où les Moines les instruisent, & leurenseignent leurs prières, la maniéré d’honorer les Saints , defaire le Signe de la Croix & la reverence aux Images. Apréscela , on les mene au lieu où l’on doit les baptiser, & làon les obligea abjurer leur premiere Religion, à la détestercomme hérétique, & à cracher toutes les fois qu’on la nomme.Le Baptême étant fini, on les habille à la Moscovite, & on leurfait présent d'une belle veste de la part du Grand Duc, quileur donne aussi une pension proportionnée à leur qualité.Comme ils font persuadez que Dieu a fait le Monde en Au-tomne , le premier jour de Septembre est pour eux le premierjour de Pannée. Leur plus grande Fête est celle de P Annoncia-tion de la Vierge. Ils en ont treize, & ces jours-là aussi bienque le Dimanche, ils vont trois fois à PEglise, fçavoir le ma-tin avant le jour, à midy & fur le soir. Tout le Service consisteen la lecture que le Prêtre fait de quelques Chapitres de la Bi-ble, de quelques Pseaumes & du Symbole de S. Athanase , àquoy ils ajoutent quelquefois une Homélie de S. Chryfosto-xne , & quelques Prières qu’ils chantent presque comme onchante les Antiennes, y mêlant de temps en temps en leurLangue, Dieu , aye^ pitié de moy , que le peuple repete en sai-sine le Signe de la Croix. Ensuite le Prêtre s’approche del’Autel suivi d’un Chapelain, & dit l’Office selon la Liturgiede Basile le Grand. 11 verse du vin clairet & de Peau dans leCalice, & y jette des morceaux de pain qu’il consacre en di-sant quelques prières. Ces prières achevées, il prend la Com-munion avec une cueiller fans en donner à personne, si onne luy apporte quelque enfant malade qu’il fait communieravec luy. Le peuple se tient debout pendant le Service, & faitincessamment de grandes inclinations devant les Images, quiíont peintes en huile fur du bois d’un tres-mauvais coloris &sins proportion, de la grandeur d’un pied, & un peu plus lon-gues gue larges. Us n’en veulent point si elles ne font faites dela main d’un homme de leur Religion, & ne souffrent aucunefigure de relief,comme étant une chose défendue par le Déca-logue. Personne ne se couvre dans les Eglises, non pas mêmele Grand Duc. Les Prêtres seuls laissent fur leur tête la calotequ’on leur donne quand on les consacre. Les murailles de cesÉglises sont toutes couvertes d’Images qui representent Nô-tre Seigneur, la Vierge si Mere, S, Nicolas Patron de Mosco-vie, ou les Saints particuliers qu’ils se choisissent. Les grandsSeigneurs &les Marchands qui sont à leur aise, les ornent deperles & de pierreries, & tous les Moscovites sont si persuadezde la vertu qu’elles ont, que sins les Images ils né pourroientsiire leurs prières, qu’ils ne font jamais sins attacher des cier-ges à leur Saint. Quand un Moscovite entre en quelque lieu ,il ne parle point jusqu’à ce qu’il ait découvert le Saint qu’ilcherche. Si-tôt qu’il l’apperçoit, il luy fait une profonde re-verence , & salue ensuite la compagnie. Quand le bois deleurs Images se pourrit, ils les mettent fur la riyiere, afin que (

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le courant les emporte, ou ils les enterrent au cimetière oUdans un jardin. Us celebrent la Fête de la Trinité le lendemainde la Pentecôte, & celle de Tous les Saints le Dimanche sol-vant. Les cloches ne sont point dans des clochers, mais dansune certaine machine auprès de l'Eglise dans le cimetiere, #elles sont la plupart si petites, qu’à peine pesent-elles cent cin-quante ou deux cens livres. On les sonne quand on est prêt aecommencer le Service & â l’élevation du Calice ; car le pain yétant mis immédiatement aprés que le Prêtre a consacré, il nCfait qu’une seule élévation. Le Gouvernement Ecclésiastiqueest composé d’un Patriarche,des Métropolitains de Novogrod»de Casin.de Rostou& de Sark, des Archevêques de Volog'da, de Smolensko, de Resin, de Susdal, de Tuver, d’Astracan»de Sibérie, d’Arcangel &dePlescou$ des Evêques de Viat»*& de Columna, de plus de cinquante Abbez, de plusieurs Pré-vôts, qu’on appelle Protopapas, & d’un tres-grand nombre d ePrêtres & Papas, la plupart ignorans & débauchez. Le Chef d eleur Hiérarchie est le Patriarche, qui a chez eux la même auto-rité que le Pape dans l’Eglise Latine. C’étoit autrefois au Pa-triarche de Constantinople à le nommer ; mais aujourd’huy "est élu par les Métropolitains, par les Archevêques, par l eíEvêques & par le Clergé. On le choisit parmi les Moines deI’Ordre de S. Basile, & le Grand Duc confirme son Election.ce qu’il fait en luy mettant le bâton pastoral en main. Son au-torité est si grande, qu’il partage en quelque façon la Souverai-neté avec le Prince. II a sous luy quatre Métropolitains, se? 1Archevêques & un Evêque, & juge souverainement toutes le*causes Ecclésiastiques, disposant absolument des affaires de j*Religion, & renfermant même dans la Police, ce qu’il croîtcontraire aux bonnes mœurs & à la Religion Chrétienne. SoUhabit ordinaire, ainsi que celuy des Métropolitains, des Ar-chevêques & des Evêques, est une espece de fontanelle noire,sur laquelle ils mettent une veste de même couleur, & f esn 'blable à peu prés à celle des Moscovites. Leur coëffure ° uchaperon a du moins une aune & demie de diamètre > # aUmilieu un rond de la largeur d’une assiette qui leur pend der-rière la tête. En allant par la ville, ils portent à la main un bâ-ton crochu par le bout en forme d’angle droit qui leur sert d ccrosse. Us ne sc marient point, & font vœu de chasteté pour I etemps qu’ils sont constituez en dignité. Elle ne leur imprimepoint comme ailleurs un caractère indelebile. U ne leur clpoint permis de porter des bagues aux doigts. Leurs chausser& leurs chemises doivent être de laine, & ils ne couchespoint fur des lits. Quant aux Protopapas & aux simples Prê-tres > ils sont obligez de fe marier, & d’épouscr une fiHf ^non une veuve, ny une femme de mauvaise vie, A ce mariag®doit être fait avant qu’ils prennent les Ordres. Le Prêtre q^*s’est approché de si femme la nuit, ne s’approche point àl’Autel le jour suivant, & quand il est veuf, il ne peut plus »remarier ny administrer les Sacremens. Ceux qui ne ?euves’accommoder du célibat, sc font Marchands ou Artisans#remarient. Pour cela ils n’ont qu’à quitter leur veste &calote. Un Moscovite qui a dessein de se siire Prêtre, S ^dresse au Patriarche ou au premier Métropolitain qu’il te"contre, & il en reçoit l’Ordre & une attestation, pourvu q^sçache médiocrement bien lire & écrire, & chanter dans 1giife. En le consacrant, on luy coupe les cheveux au hautla tête, que l’on couvre d'un petit bonnet en maniéré de ^loté. C’est pour eux le seul caractère de Prêtrise, & ils ne . gntent jamais que pour sc faire couper les cheveux. Celuy quimaltraitant un Prêtre feroit tomber si calote , scroit punisévèrement. Aussi ne manque-t-on guere à l’ôter de dessus ^tête, quand on veut en venir là, aprés quoy on la luy reIï ^ eavec respect. Ils ont un tres grand nombre de ConvensReligieux & de Religieuses, tant dans les villes que ànscampagne, & ils suivent presque tous la Réglé de S. p 3 ’C’est moins la dévotion qui les porte à embrasser cette vl , c,< ^ e#l'âge, les infirmitez , la pauvreté & le dégoût du fnen ^ ]CL’on permet à ceux qui ont quelque bien, d’en donnerpartie au Convent, mais il faut qu’ils laissent le reste à eheritiers. Ils ont leurs heures réglées pour le Service , # J]* „vent que de poisson silé, de miel, de lait, de fromage, dbes & de légumes. Outre le jeûne que les Moscovites obvent tous les Mercredis & les Vendredis >ils ont divers La^mes, dont le premier est de sept semaines entieres. Lelecocommence huit jours aprés la Pentecôte, & dure jusqu au *de Juin, Fête de S. Pierre. Le troisième, depuis le P teíad’Août jufqu’au 16 . & le quatrième depuis le ir.de N° v ^bre juíqu’â Noël. Les personnes parvenues en âge de cnoiítance, sont obligées de se confesser avant la Communque presque tous les Moscovites reçoivent à Pâques. 1