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Joug des Tartares > tâcha par toutes sortes de moyens de s'ìnfï-Huer dans les bonnes grâces de l’Empereur. Ainsi elle luy en-voyé tous les trois mois à Pékin, cinq vaisseaux chargez dequantité de riches rouleaux de draps de fbyc, &í d’autres bellesétoffes. On nomme ces vaiíîeaux Lungychueu , comme qui di-roir les navires des habits du Dragon, parce qu’ils font desti-nez pour l’Empereur qui porte des Dragons dans ses armes.Les Mariniers ont un tel respect pour ces vaisseaux, qu’aussìtôt qu’ils les découvrent, ils calent leurs voiles. Cette mêmeville envoye à la Cour vers les mois d'Avril & de May, d'ex-cellens poissons qui fe pêchent au pied de ses murailles dansla riviere deKiang. Quoy qu’il y ait plus de deux cens lieuesd’Alemagne delà jusques à Pékin, ce chemin se fait en huitou dix jours. Il y a des hommes gagez pour tirer ses naviresjour & nuit, & d’autres tout frais pour prendre la place deceux qui se trouvent fatiguez. On donne avis du jour précisque ces vaisseaux doivent arriver, & on dit qu’il y va de lavie des Gouverneurs même quand il arrive du retardement.Pendant cette pêche deux navires se rendent à la Cour toutesles semaines, fans qu’on ait égard aux frais excessifs qu’on estobligé de faire dans un voyage si précipité. Quand on sort dela ville de Nankin par la porte de Suisimon, & qu’on a faitenviron deux lieues, on trouve au bout des dernieres murail-les de cette ville un Temple fort somptueux où desHoIIan-dois entrerent en i6;;. & furent témoins d’un sacrifice qu’y fi-rent quelques Chinois, qui fe prosternoienc à l’envi fur le pa-vé, & fe frappoient la poitrine avec force hurlemcns, aprésquoy ils égorgèrent des boucs & des pourceaux qu’ils mirentiur l'Autel, au derriere duquel étoit placé un Marmousetmonstrueux, qu’ils difoient être leTutelaire du lieu, & leSouverain des eaux de cette Contrée. Toutes les autres petitesPoupées qui l'entouroient, étoient ses Ministres. Ces animauxayant été immolez, on apporta grand nombre de coqs qu’onégorgea. On arrose de leur sang toutes ces petites images, quifurent lavées & nettoyées un moment aprés par les affistans.Cela fait, on alluma un grand nombre de flambeaux, & cha-cun fe mit à genoux les yeux abbatus, & marmotant entre sesdents. Les Prêtres qui faifoient fort les empressez dans cettecérémonie, montrèrent aux Hollandois une bocte de bam-bous , garnie de petits tuyaux'de roseau & figurée de differenscaractères, de laquelle ils fe vantoient de tirer le don de pro-phétie , les horoscopes, & le bonheur ou le malheur de ceuxqui les confukoient. * Amb. des Holl. a U Chine , ch. ;r. & 54.Le Pere le Comte, Jésuite, Mémoires fur f Etat présent de laChine , Lettre z.
On appelle Golfe de Nankin un grand Golfe de la mer dela Chine, en Latin Nanqitinenfis Sinus , & anciennement S'tna-rttm ultimus Receffus. II s’étend beaucoup du Sud au Nord,ayant au Levant laPrefqu’Iste de Corée , au Nord les Provin-ces de Lexotung & de Pékin » & au Couchant celles de Xan-tung & de Nankin. * Maty, Ditt. de Holl. 1701.
NANNETES. Peuples de la Gaule Celtique, qui habi-taient anciennement la Bretagne, avec les Rhedons, les Dia-blintes, les Ambiliates & les Venetes, qui tous ensemble for-moient un Gouvernement Aristocratique. * Audiffret, Geogr.tome 2.
NANNING. Ville de la Chine, septième capitale de laProvince de Kiangíì. Elle est située à l’embouchûre de deuxFleuves, S 1 cinq petites villes en dépendent, Lnnggan, Heng,Xangfu , S'tning & funghiang. Son territoire, en partie plat &en partie montagneux, a force élephans, dont les habitans fefervent en guerre & pour voyager. Les perroquets y font groscomme des vautours, & les porc-épis fort cruels & furieux. Ony voie une espece de poules qui rendent & vomissent le coton,comme de longs filets qu’on fait de coton filé & retors. Si l’onn’a soin de les amasser & de les recueillir, ces piaules les avalentde nouveau. A í’Orient de la ville de Nanning, on voit lahaute montagne de Heng, où la race de Sunga fit élever un Châ-teau pour la défense du pays. Le mont de siculin est fameuxpour ses forêts, & celuy de Suchung est renommé pour le ferque l’on en tire. * Amb. des Holl. a la chine ch. 52.
NANSBER.G. Montagne du pays de Trente. Elle est àtrois lieuës de la ville de ce même nom, qui est capitale duPays, & remarquable par tout ce qu’elle produit. On y trou vedu froment, du vin, des prez, des forêts, des pommes, desnoix, de l’or, de l’argent, du plomb, de l'étain, du fer, deschamois, des chevreuils, des rats de montagne, quantité debétail gros & menu, qui fournit du beurre & du fromage ,avec force oiseaux & force gibier. * Botero , Roi. Rofac,Mondo E lem.
NAN FERRE. Bourg à deux lieues de Paris, en Latin
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N annetodurum, N ammetoimvm & N emptodurum.il est fameuxpar la naissance de sainte Geneviève. On y voit le parc où cetteseime Vierge qui vint au monde l’an 422. gardoit les trou-peaux de son pere, selon ce que rapporte André du Chênedans ses Antiquitez des villes de France. Ce Parc est environ-né de grosses pierres pour marque éternelle de fa premiere con-dition. On tien r qu’il n'est jamais couvert d’eaux quoy queles champs voisins en soient souvent inondez, à cause de la ri-viere qui en est proche. C e fut en l’Eglise Paroissiale de Nan-terre qu’elle fit vœu de virginité entre les mains de seint Ger-main Evêque d’Auxerre. Elle y rendit aussi la vûë à Geroncese mere en luy lavant les yeux avec de seau du puits que l’onvoit dans l’Eglise dédiée en son honneur & où l’on tient qu’é-toit son domicile ordinaire. Les Religieux de sainte Gene-viève ont un Collège à Nanterre où l’on instruit la jeunesse.Cete sainte Fille mourut le troisième de Janvier 499. aprésune vie toute pleine d’actions miraculeuses. Son corps fut in-humé dans la cave ou Chapelle souterraine fur laquelleClovis avoit déja commencé un superbe édifice à sa priere, &que saint Denis avoit autrefois consecrée à Paris, en l’honneurde seint Pierre & d c seint Paul, les Parisiens ayant été atta-quez vers l'annzi. d’une maladie nommée Feu sacré par lesMédecins, dont quantité de personnes mouroient sens qu’onpût y trouver aucun remede, le Clergé & Je peuple n’eurencplus recours qu’à Dieu, & à l’instance d’Etienne I. alors Evê-que de Paris, il fut arrêté qu’on apporteroit solemnellemencdans s Eglise de Nôtre Dame, la Chasse où l’on confervoicles Reliques de sainte Geneviève. Tous les maladesqu’on ap-pelloit les Ardens , furent guéris pendant la Procession, & enmémoire de ce grand miracle, on bâtit auíïï-tôt prés de Nô-tre Dame, l’Eglife qu’on nomme sainte Geneviève des Ardens,La Châsse de cette sainte est derriere le grand Autel de l’Egli-se de l’Abbaye de sainte Geneviève. Cette Chaise est élevéesi)r quatre grosses colonmes de jaspe & foûtenucs par quatreChérubins. Elle n’étoit anciennement que d’argent blanc. Ro-bert de la Ferté Milon Abbé de sainte Geneviève fit faire l’an1242. celle qu’on voit à présent, de vermeil doré, dans la-quelle il entra cent quatre vingt treize marcs & demi d’argencôi huit mares & demi d’or. Le Cardinal de la Rochefoucaut,Abbé aussi & Réformateur de cette Abbaye, enrichit la mêmeChâsse d’un grand nombre de perles & de pierres précieuses ,avec le secours des libéralisez de la Reine Marie de Medicis.Quand quelque nécessité publique donne occasion de la des-cendre , on ne le peut faire que par un ordre du Roy, & envertu d’un Arrêt du Parlement. On y observe de grandes cé-rémonies.
NANTES. Ville de France dans la haute Bretagne avectitre de Comté , en Latin Nanneta.TLUe esta vingt-deuxlieuësde Renne au Midy, & à pareille distance de Vannes, fur lebord de la Loire, & adossée de quelques collines, dont elleoccupe une partie ,que sépare une petite riviere qui la rendtres-forte, & qui luy sert ensuite à beaucoup de choses necef-seires à l’embellissement d’une grosse ville. Elle a été autrefoisla demeure des Ducs de Bretagne , qui y firent bâtir un Châ-teau tres-fort. 11 est élevé fur le bord de la riviere , & flanquéde grosses tours rondes du côté de se porte dans la ville, & dequelques demi-lunes du côté du fauxbourg S. Clément , oùfe fait une grande place , qui sert de promenade à l’ombragede quelques allées d'arbres. Les Peres de l’Oratoire y ont unCollege. Le fauxbourg de seint Clément, où il y a plusieursbeaux Convens, est fermé de murailles, & les remparts de laville ont des fessez tres-profonds , avec quelques fortificationsqui les défendent. Nantes a un Evêché. II est suffragant deTours , St 1 Eglise Episcopale, ornée de deux hautes tours,& de quelques tombeaux anciens des Ducs de Bretagne, estdédiée à saint Pierre. Saint Clair en a été le premier Evêque,& aprés luy il ne s’en trouve aucun jufqu’à Eufebe, qui tenoicce siégé du temps du Pape Léon le Grand. Le Chapitre decette Cathédrale est composé d’un Doyen, d’un grand Ar-chidiacre, d’un Chantre , d'unTrésorier, d’un Archidiacrede Lamec, d’unEcolâtre , d’un Penitcncier & de vingt Cha-noines. Ce Diocèse où l’on trouve huit Abbayes, renfermedeux cens douze Paroisses, partagées entre les Archidiaconezde Nantes & de Lamec.
11 y a dans Nantes quantité de Maisons Religieuses. Onvoit dans l’Eglise des Carmes le Tombeau de François II.dernier Duc de Bretagne, qui est tres-magnisique. Ce Duc,scs deux femmes,St quelques-uns de leurs enfansy sont enter-rez. Ce superbe tombeau fut fait par Michel Colombe le plushabile Sculpteur de son temps. II est de marbre, & quoy qu’ilne soit pas fortrecommandable par se grandeur, il l’eiì beau-
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