6 22. T O U T O U
gnesau pied deíquelles la ville est située. D’ailleurs l’en-trée de ce petit Golfe est entre deux Forts ,dont l’un Rap-pelle le Manteau & l’autre la Tour. Les environsne sontquevignes, qii'oliviers , que figuiers & qu’orangers. II y a unBailliage à Toulon. Son Eglise Cathédrale qui est sous^invocation de la Vierge & de Saint Cyriace est remar-quable particulièrement par son Maître-Autel,& par deuxtres-belles Chapelles qui font aux cotez, & où sont quan-tité de saintes Reliques dans des Châties d’argent couver-tes de pierreries, parmi lesquelles sont les Chefs de SaintCyprien & de Saint Honoré. La plupart des autres furentapportées par Godefroy de Bouillon au retour de ses con-quêtes de laTerre-Sainte. Le Chapitre de cette Eglise neconsiste qtsen un Prévôt, un Archidiacre, un Sacristain,un Capiscol, & cinq Chanoines , dont l’un est Théologal.Le Diocèse comprend seulement vingt Paroisses. La plusbelle Place des quatre qui vont à Toulon est la CarrièreSaint Migneau, tant pour fa grandeur que pour fa lon-gueur. Elle commence dés le Quay où est la Place d’a*r-rstes, & plus avant elle sert de Marché aux fruits, avec unebelle fontaine de plusieurs jets d’eau, qui arrosant les al-lées d’arbres qui y sont, la rendent la plus belle promenadede la ville. Celle de Saint Pierre a aussi une fontaine, & estdans le quartier le plus estimé , aU milieu de cinq ou sixgrandes rues, remplies de riches Marchands. Ces rues s’é-tendent da côté de la Pescarie. C’est le quartier du pois-son, orné d’une belle fontaine. Les Peres de FOratoire ontleur College dans la rue qui aboutit à la porte de Marseil-le. Quelques Auteurs tirent le nom de Toulon d’un Tri-bun appellé Telo Martins, qui y conduisit une Colonie ;d'autres d un Instrument appelléTa/o», avec lequel on yoelebroit des Fêtes à l’honneur de Cythere. Ce n’étoit an-ciennement qu’un Château que les Marfeillois firent bâtirpòur. la feureté. de.la côte. Sitôt que César fe fut rendumaître de Marseille, il s’empara de ce poste dont ses enne-mis auroient pu tirer de grands avantages. Cette ville aprésavoir été prise deux fois par les Sarasins qui la defolerent,fe releva fur fes ruines, & devint une Seigneurie considé-rable , que Sibille , fille de Jauffred , vendit à Charles I.Comte de Provence. Ses Successeurs luy accordèrent debeaux privilèges , & sous le régné de Louis XIV. elle s’estrendue' célébré par ses armemens.
Ce que ce Monarque y a fait faire depuis Fan 1660. peutaller de pair avec les plus beaux ouvrages des Romains.En allant à la Corderie on découvre d’abord trois arca-des, qui servent d’entrécà trois galeries voûtées & si Ion- |gués qu’on n’cn fçauroit voirie bout. Les Ouvriers pré-parent les filaces & les chanvres dans Fétage qui est au deslus. Le Roy a établi dans la même ville un lieu qui sertd Ecole aux Gardes Marines. Ils s’y occupent, les uns auxDesseins, les autres aux Mathématiques, les autres à volti-ger, & en général à tous les Arts qui conviennentà ceuxqui font profession de porter Fépée. La Salle des armes estaussi un bâtiment fort considérable. On y fait les fusils,les pistolets , les hallebardes, les piques & les autres armespropres pour Farmement des vaisseaux. La Sainte Barbeest un autre lieu qui contient un nombre infini d’ustenci-les nécessaires aux Canonniers, Les lieux où Fon fait la Me-nuiserie , ceux où Fon forge,& la Tonnellerie qui est dansun endroit tres-vaste où sont les futailles pour les vivres &pour les boissons qu’on embarque, méritent l’attention deceux qui les voyent.Le Parc de FArtillerie renferme quan-tité de canons en pile avec un nombre infini de bombes,de grenades, de mortiers & de boulets à deux têtes & dedifserens calibres, rangez tous dans un tres-bel ordre. Lesancres bordent tout le tour du canal qui environne le Parc.La Salle des voiles est fort longue, & Fon y trouve tout cequi est convenable à un vaisseau. On poisse au-dessus decette Salle, & Fon y met le goudron aux cables. Dans lafonderie des canons Fon fait voir les moules qui reçoi-vent la matière, & Fon y réparé les canons nouvellementfondus. La Boulangerie Royale ainsi que les Fours, est di-gne qu on la remarque. Les Gardes Marines font l’exercicedans un lieu qui est au dessous de la muraille de l’Arsenal,
& qu’on appelle k < bains de bataille. La machine de la Mâ-ture quij,est dans la vieille Darse , proche de la chaîne,surprend & attache fort les yeux des Spectateurs. II y asort peu d’années que Fon comptoir encore à Toulon cinqcens foixante-sept pieces de canon de fonte & trois milletrente-six de fer. II y avoit aussi seize vaisseaux du premierrang, huit du second , vingt-quatre du troisième , six du
quatrième, q.uatsë frégates, quatre cornettes, cinq g 3 'Ilotes à bombes, huit brûlots, trois stutes ct dix d’intet-rompuës.
L Entreprise que formerent les Alliez en 1707. pour serendre maîtres de la ville de Toulon, donna long-tewpâsujet de parler à toute FEurope. M. le Duc de Savoiepafiâ le Va r & se rendit devant Cette Place qui fut attaquespar mer & par terre ; mais tout ce que ce Prince tenta pen-dant les mois de Juillet & d’Août pour venir à bouteseson projet, eut un fuccez tout-à-fait contraire à ses efp e 'rances, & il fut contraint de Fabandonner, fans que se ssommes immenses qui lui avoient été fournies pour le faiseréussir, eussent eu aucun autre fruit que la perte de plu-sieurs milliers d’hommes. M. Devizé a donné au Public uneRelation tres-exacte & tres-ample de ce siégé. * Jouvin -deRochefort , Voyage de France . Audiffrer, Qeogr. ane. &tn°i■Tome 2.
TOULON SUR L’ARROX. Petite ville de Francedans le Duché de Bourgogne , en Latin Tullon um ai AiW'Jìum. Elle est située fur la rivière d’Arrox ou Arroux, *sept lieues de la ville d’Auturt du côté du Sud, & à sei zede Moulins.* Maty , Diit.de Hall. 1701.
TOULOUSAIN. Contrée du Haut Languedoc , qpi fl’Albigeois pour bornes au Septentrion , le Lauraguais aFOrient, le Comté de Foix au Midi & la Gascogne atiCouchant. Elle fait partie de Fancien Comté de Toulouse*qui étoit un Fief de la Couronne, & qui s’étendoit depusela Gascogne jusqu’au Rhône. Churson ou Torsin en fusle premier Comte par la faveur de Charlemagne. Ses Del'cendans sc rendirent tres-puissans. Pons Raimond , qui ossle neuvième, hérita du Duché de Septimanie. PonsÍLqu 1succéda à Raimond III. acquit le Comté d’Albi, & Guil-laume III. fon Successeur, épousa Emme , heritiere duComté de Forcalquier par la mort de Guillaume son frété*qui n’eut point d’enfans. Alphonse dix-neuviéme Comtede Toulouse acquit les Comtez dé Milhaud & de Gevau-dan par son mariage avec Faidide, fille & cohéritière eseGilbert, Comte de Provence & de Tiburge , Douce sesoeur ayant épousé Raimond Berenger, Comte de Barce-lone. Raimond V. fils d’Alphonsc & de Faidide, s’emp aride la Vicomté de Nîmes, & Raimond VI. sorti de son Ma-riage avec Constance, fille de Louis le Gros, & veuv ed’Eustache, fils d’Etienne, Roy d’Angleterre , acquit 1 ®Comté de Melgueil , qui luy fut porté en dot par Errne-sinde de Pelet ; mais Simon, Comte de Montfort, qui com-mandoit les Croisez le dépouilla de ses Etats, à cause qu 1s’étoit déclaré Protecteur des Albigeois, dont le Cône»d’Albi avoit condamné Fhereíìe en 1176. Raimond le Jeu-ne, son fils, obtint de Saint Louis les Comtez d’Agen ct âsToulouse, & maria Jeanne sa fille unique avec Alphonse*Comte de Poitiers , qui devint Je vingt-troisiéme Comtede Toulouse. Alphonse & Jeanne étant morts tous deu*presque en même temps fans postérité, Philippe leHarpréunît le Comté de Toulouse à la Couronne, à laquelle 1demeura acquis suivant le Traité sait à Paris en 1128. entr ele Roy Saint Louis & Raimond le Jeune.* Audiffrct, G* 5 ^'anc. & mod.Tome 2.
TOULOUSE. Ville de France capitale du Languedoc»avec Archevêché, Université & Parlement. Elle estàscP 1 'lieues de Montauban , à douze de Castres, à quatorze dSCarcassonne, à quinze d’Agen, à vingt-deux de Narbonnç»
à trente de Bordeaux, & située fur la Garonne, qui se u 1 '
- - . - un
vise en deux parties fort inégales, qui s’éloignent patgrand Pont de pierres, qu’on appelle le Pont Neuf. H Y e ?avoit autrefois un autre dont on voit encore quelques tê -tes au dessus de l’eau. L’avantage de fa situation 1 a renune des plus grandes villes du Royaume, & des plus nches pour son trafic. Sa Métropolitaine est Saint Etienne»dans une grande Place , ornée d’une belle fontaine sor sequelle s’éleve un Obélisque tres-bien travaillé. CetEglise est considérable par plusieurs belles Chapelles.Chapitre est composé d un Prévôt, d’un Grand Archid 1 'cre ,d’un Archidiacre de Lauraguais, & dc vingt-q uat JChanoines. Le Diocèse avoit autrefois une tres-granétendue ; mais depuis que les Evêchez de Pamiers, de SaiPapoul, deLombez & deLavaur cn ont été démembres»il ne contient que deux cens cinquante Paroisses ctbayes. Aprés l’Eglisc Cathédrale de Saint Etienne j u ~celle de Saint Sernin, qui est Abbatiale, Collégiale, & 1 a ° ecien Mausolée des Comtes de Toulouse. Dansdes Chapelles qui environnent lc Chœur, il y a des R e