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Tome III. [P - Z.]
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' 4e píqueure avec du fií noir, ce qui passe parmi eux pourtre s-grand ornement. Les uns se le font coudre en long,es autres en rond, Lc les autres en quarté , selon la fantai-•e de celuy qui se veut bien exposer à cette opération.e Ur visage s’enfle d'abord extraordínairement, & à peinePeuvent ils voiries objets,tant leurs yeux sont cachez sous^ e tte enfleure ; mais ils s’en consolent par la joye qu’ils onte se voir ornez des marques de leurs ancêtres,qu’ils font® ie urez de conserver toute leur vie , puisque quand ilson t guéris, les cicatrices demeurenttoûjours.Ils bâtissentcu rs maisons & leurs cabanes avec des peaux de Rennes,^ ni mal fait à peu prés comme un cerf. Ils les joignent d’unea niere si ferme, que la pîuye ni la gelée ne les peuventPpuetrer. Quelques-uns les font de feutre ou de paille, &a utres les construisent avec de l’écorcede bouleau,arbreS, Ul se trouve en ce Pays-là d’une grosseur extraordinaire,j ornm e lc froid y est extrêmement âpre & pénétrant, on a*eu d être surpris de ce qu’ils peuvent vivre dans ces chéti-fs habitations,mais l’habitude est cause qu’ils en souffrenteaucoup moins.Pour endurcir leurs enfans au froid,si-tôtjlp , s font nez, ils les plongent J’Hiver dans la neige, &pLte dans de l’eau froide. Cette Nation est divisée en troisêuples differens. Les uns font appeliez Kunni-Tungufi.êc se^tventde chevaux. Les seconds nommez Alenni, vivent dee tes sauvages ; & les Sob.iltz,t, qui sont les troisièmes, me-^Çnt une vie tres-miferable. Leurs Dieux sont de bois, &

Une figure tres-mal faite. Chacun d’eux a pour Patron faP 1 opte Idole, qui selon ce qu’il s’imagine, est la cause deil ^ C k° n heur qui luy arrive. L’une de ces Idoles, disent-s ,leur fournit la venaison & le gibier, sature leur pro-Ureies martes zibelines & toutes sortes de fourrures; &ue autre leur fait faire une bonne pefche. Que si a présvoir adoré un de ces Dieux ils ne réussissent pas dans lalofe qu’ils entreprennent, ils se saisissent du Dieu, & le^’ennent suspendu entre le Ciel & la Terre,jusqu’à ce qu’ilsyent eu le bonheur de réussir. S’ils font quelque bonneín’u Régalent l’Idole de leurs viandes les plus délicates,a us posent devant elle , & qu’ils luy portent même juf-g. es a la bouche. S’il arrive que cinq ou six Tungufes ha-l tent l’un auprès de l’autre ( car leurs cabanes font ordi-'rement dispersées en divers endroits) ils entretiennentensemble un Schaman, c’est à-dire, un Prêtre ou Ma-r- Clen *Toutes les fois qu’ils en ont besoin , il prend un ha-ìc garni de ferraille du poids de plus de deux cens livres ,^ ec des figures qui representent des ours , des lions, desragons&des ferpens, & autres animaux effroyables. Cec ^man orné ainsi, a un long tambour, fur lequel il frappe° U P fur coup, & ce bruit,tout-à-fait désagréable, accom-des horribles hurlemens qu’ils font,produit une rau-j stue que l’on peut nommer Diabolique ,Les spectres hideux,s corbeaux, & autres oiseaux de mauvais augure qui ses "entent alors, font redoubler les hurlemens de cesmal-^Ureux. Tandis qu’ils les continuent, le Schaman tombej a renverse, comme s’il avoit perdu tout sentiment, &rs qu’ils le voyent dans cet état, ils luy rendent des hon-^rs comme à un Saint.

que les Tungufes vivent dans une tres-grandevr cté 5 ils ne laissent pas d’avoir plusieurs femmes, laPoi en P re P nenc > huit, dix, douze, & il faut quefoi Cc . cune ris donnent au pere dix Rennes, & quelque-, s quinze ; de sorte que c’est une grande richesse pour unnaine en ce Pays-là que d’avoir beaucoup de filles. Leurniere de prêter serment a quelque chose d’horrible.Nljancl quelqu un est obligé de le faire, on ouvre la veinefai ° c 5,en lous la jambe de devant au côté gauche, & ile^ 11: que celuy qui fait le ferment en suce le sang jusqu à (ils? Ue Cet an * ma l expire. Usn’enterrent pas leurs Morts,y êt CS ^ en ^ cnt feulement à un arbre , Le les y laissent poursts f 6 consumez. Ils sont fort ennemis des injures,& quandnia^ en êvlere contre quelqu’un , le plus grand

rni l^u S souhaitent,c’est d’être obligé d’habiter par-

TTTM^ es J ou de labourer un champ.

U NIA.. L’une des principales Provinces du nouveaus Ur f^e de Grenade, dans l’Amerique Méridionale. E1Rt‘j e celle de Bogota en veines dor & en émeraudes.^u’orT E tempéré entre le froid & le chaud ; de forte1Hive° ^ ^ ent ptelque point de différence eatre 1 Ere &Proxirn'’ ^ ^ ort P eu entre le jour & la nuit, à cause de lau c, & v lte ( ^ e sEquateur. Cette Région est tout-à-fait íai-tuir est ,ne fi" S Sauvages qu’on appelle Panches. Son ter-ondant en froment, & en la plupart des. chofe§

qui sont nécessaires à la vie La ville de Tunta qui a pris sonnom de cette Province, est éloignée de vingt lieues de Sm-ta-Fé. Este est située fur le haut d’une montagne,& sert dedéfense contre les courses des Sauvages d’alentour. C’est:la principale ville marchande de ce Pays-là. Les habitait;peuvent fournirpius de deux cens chevaux propres pour laguerre. Les Dominicains ont un Monastère dans Titnia , &les Cordeliers un autre.* Laët, Indes Occid. li.y. cb.6.

TUNIATUS MONS. Nom Latin de Montaniata. ou Mon~tagnata ., petit Pays d'Italie dans le Sienois.

TUNIS. Royaume d’Afrique enBarbaríe,en Latin Tune-Unum Regnum,Tunes,Tumsa & Tunetum. II comprenoit autre-fois les Provinces deConstantine, de Bugie , de Tunis, deTripoli & d’Eífab , c’est-à-dire, la plus grande partie duGouvernement de l’Afrique, outre Cartage & l’ancienneNumidie, qui font en longueur plus de íïx-vingts-lieuëslelong de la mer; mais Ëssab n’est plus aujourd’huy de fesdépendances, Tripoli fait un Royaume à part, & Bugie 8cConstantinc sont incorporées à celuy d'Alger. Aiuli Tunisa conservé seulement les villes du ressort de Jà Province,&ce Royaume a présentement pour bornes à l’Oceident lefleuve Guadìlbarbar qui le divise de la Province de Conl-tantine; à l'Orient la rivière de Capes, qui le sépare deTripoli; au Septentrion la mer Mediterranée ; & au Midyla Numidie. Magrida & Megereda font deux autres riviè-res de ce Royaume , qui est environné de montagnes & devallées fertiles du côté du Midy, comme Zagoan,Gueíser>Benitefren&Nufufe. II a quatre Contrées maritimes, quifont Cartage ou k Goulcte , Bise r te Soufa & Afrique, Sctrois Provinces interieures, Cairoan ,Urbs & Begie, outreun quartier qui est moitié en Lybie& moitié en Numidie.Voicy de quelle maniéré le Royaume de Tunis est tombéen la puissance des Arabes 8c ensuite en celle des Turcs.Apres que les Sarasins se furent rendus maîtres de toute kBarbarie, & qu’ils eurent établi le siégé de leur Empiredans le grand Caire , Abelchir, Africain Mahométan,réso-lut de se siisir de Cairaoran & de ses dépendances. Caim ,Calife d Egypte, averti de ses desseins, y envoya de nom-breuses troupes, qui étouffèrent ce soûlevement dans íànaissance ; mais les enfans d’Abelchir fçurent si bien profi-ter du temps, qu’u n d’eux nommé Ibrahim , jetta les fon-demens d’un nouveau Royaume â Tunis, où il établit fa.Cour. Ses successeurs jouirent tranquillement de ses con-quêtes , jufqu’au temps d’Abdul Mutmen Roy de Maroc ,qui ayant enlevé aux Chrétiens la ville de Mahadia, dépos-séda les Rois de,T unis,Le sc rendit ce Royaume tributaire ,luy faisant recevoir un Gouverneur.Ses successeurs Joseph,Jacob,Mansor &MahometEnnasir,en demeurèrent les maî-tres. Apres la mort de ce dernier les Arabes du Royaume deTunis sc révoltèrent, & presserentk ville de telle sorte,que le Gouverneur demanda un prompt secours au Royde Maroc. Ce Prince ayant aussi-tôt fait équiper une flottede vingt vaisseaux , en donna le Commandement à unvaillant Capitaine appellé Abdul Hcdi, qui ménagea si bienl’efprit des Arabes par k douceur & par les prefens, qu’ilssc soumirent volontairement au Roy de Maroc. II eut leGouvernement de Tunis pour récompense, & Abu Za-charie son fils fut son successeur, & âpres luy Abraham,ouAbu Ferez, fils de Zacharie. Celuy-cy s’étant enrichi desdépouilles de Tripoli & des Pays Méridionaux, secoua lejoug des Rois de Maroc, prit le titre de Roy de Tunis,vainquit le Roy de Teleníìn, dout il rendit le Royaume;tributaire , & te fit nommer Empereur d’Afrique vers l’aniLio. Nutman son fils qui luy succéda fut maltraité par leRoy de Fez. Acmcn ou Hutmcn son successeur & son fils ,rétablit ce Royaume qui étoit en décadence, & se laissaà son fils Abu Barc ,qu’un de ses proches parens assassina.Ce parent nommé Yahaia,fedifoit descendu d’Omar, troi-sième Calife des Sarasins en Asie. Abdul Mutmen succéda àAbu Barc,8c Zacharie jouitdu Trône aprés luy. n se gar-da peu de temps. Abucamen. son neveu , fils de Hascen futmis en fa place ; mais fa tirannie fut cause que beaucoup devilles de Numidie sc révoltèrent; de forte que son fils Mu-ley Mahomet qui luy succéda, trouva 1e Royaume dansdes bornes beaucoup plus étroites qu’il ne ses avoit aupara-vant. II régna un fort grand nombre d’années,& ayant eu',plusieurs fils de diverses femmes , il fit reconnoïtre MuíevAssez,le cadet de tous, pour son successeur, aprés avoirfait emprisonner son aîné appellé Manon ,parce qu’il avoitvoulu fe révolter contre luy. Muley Assez pour affermirson Empire, fit mourir Manon, & cette mort ayant fait

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