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connoître ce que ses autres freres dévoient attendre de lui,Araxar,l’un d’eux, se sauva en Flumidie chez Abdalar,Cheque de Bixhare, Prince tres-puislant,dont il épousa 1 afille. Muley Aller irrité de son départ, extermina toute larace Royale, faisant crever les yeux aux hommes, & gar-der les femmes fort étroitement. Cependant Araxar étantsurvenu avec les troupes de son beau-frere , défit MuleyAssez,qui l’étoit venu rencontrer avec une puissante armée,& mit le siégé devant Tunis ; mais ne se sentant pas assezfort pour emporter la Place de vive force, il demanda dusecoursau fameux Corsaire Hairedin Barberousse,qui com-mandoit alors dans Alger pour le Grand Seigneur. Barbe-rousse sobligeade venir avec luyà Constantinople, l’asseu-rantqssil luy feroit obtenir tout ce qu il voudroitde l’Em-pereur Soliman. Sol iman qui trouva l’occasion favorablepour s’emparer du Royaume de Tunis, fit équiper uneflotte fous prétexte de 1 envoyer au secours d’Araxar ; maissi-tôt qu’elle fut prête à mettre à la voile, on s’asseura dela personne de ce Prince ,àqui l'on promit non seulementde le mettre en liberté, mais même de le conduire à Tunisavec une magnifique escorte, quand Barberousse auroitnais les habitans en état de le reconnoître pour leur Souve-rain. Ainsi Barberousse partit seul, & Muley Assez s’ima-ginant qu’Araxar son frere étoit avec luy, se retira chez unoncle maternel appelle Dorât, Prince Arabe fort puissant.Barberousse étant entré dans Tunis fans résistance , y fitreconnoître Soliman pour maître. Alors Muley Assez dé-possédé, eut recours à 1 Empereur Charles-Quint, qui fitéquiper une belle ilote , & vint prendre terre au dessous deTunis fan 152.7. Les Chrétiens firent de si fortes déchargescontre le Château de la Goulette, qu’ils le contraignirentà capituler, ce qui obligea Barberousse à prendre la fuite,& à laisser la ville de Tunis entre les mains de Mustapha ,qui se rendit à l’Empereur Charles, & tout le Royaumesuivit bien-tôt son exemple. Ainsi Charles rétablit MuleyAssez dans son Royaume , à condition que l’Empereur negarderoit que le Château de la Goulette, dans lequel iltiendroit une garnison de mille ou douze cens hommes,que Muley payeroit ; que le même Muley luy feroit hom-mage , ainsi que ses successeurs, de douze faucons & de sixBarbes tous les ans; que s’il y manquoit, il feroit condam-né pour la premiere fois à cinq mille écus d'amende, pourla léconde â quinze mille, Lcque pour la troisième il feroitdéclaré criminel de leze-Majesté ; qu'il feroit l’ennemi desT ures, & tiendroit toujours le parti de l’Empereur & desChrétiens, ausquels il accorderoit liberté de consciencedans toute l'étenduë de ses Etats. Muley Assez rétabli parCharles-Quint, ne posséda pas long temps son Royaume.Tandis qu il étoit allé demander du secours à cet Empe-reur, son fils Amidas prit le nom de Roy, & fit mourirtous les Partisans de son pere, & sa cruauté alla si loin ,qu'il luy fit crever les yeux, ainsi qu'à ses deux cadets,qu’iJ avoit faits prisonniers, aprés avoir défait les troupesque Muley Assez avoit amenées. Cet Usurpateur fut chasséquelques années aprés par Abdimelech, Allié de MuleyAssez, qui ne put pourtant le rétablir fur le Trône. Muleymourut chez son bienfaicteur Charles-Quint,tandis qu'Ab-dimelech aífiegeoit la ville de Mahomete avec les forces decet Empereur. Abdimelech étant mort un mois aprés, Ma-homet son fils & son successeur fut chassé par Amidas,quirentra en possession du Royaume de Tunis,jusqu’à ce qu’ilen fut de nouveau dépossédé par Aluch Hali ou Ochiali qui«’en empara de 1 a part du Grand Seigneur, le contraignantde se retirer à la Goulette vers la garnison Espagnole. LesTurcs demeurèrent maîtres de Tunis, d’où ils furent chas-sez par Dom Juan d’Autriche, qui établit pour Roy Me-hemet frere d'Amidas, & pour Gouverneur de la part deí’Empereur, Gabriel Villon Milanois. Petro Carrero Es-pagnol eut le commandement de la garnison de la Goulette.Dans le même temps Villon fit construire dans Tunis unChâteau fur le modele de la Citadelle d’Anvers ; maisl’Empereur Amurat que l’accroissement des Espagnols in-quiétoit, équipa une flotte de cent soixante galères, outreplusieurs vaisseaux montez de quarante mille hommes,tantMaures que Turcs, sous la conduite de l'Amiral Ochiali,& leva de plus une puissante armée de terre, dont le BachaSinan étoit General. Cependant Dom Juan , Amiral d’Es-pagne, étoit au dessous de la Sicile avec trente galères, 8 cles Princes d’Italie tâchoient d’en équiper d’autres. Onmit fur les galères tous ceux qui avoient abandonné l’E-glife Romaine, & plusieurs fortes de criminels qu’on pro -}
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mit d’absoudre, si l’un d’eux seulement pouvoit mouss^à la Goulette. Les Turcs qui leur avoient fermé le P a * a Jji’firent si grand feu, & fur la Goulette & fur la CitadelleTunis, qu’enfin ils les emporterenr. On fit main balle -tous les Chrétiens, & l’on n’en réserva que quatorze Hfurent envoyez à Constantinople pour y servir de troph e ’On démolit les murs & la Citadelle de la ville, & on enbâtir une autre proche du Port. Depuis ce temps-là lp .pereur des Turcs est demeuré possesseur paisible de Tu& de toutes ses dépendances, & a mis fin à ce Royaume ^qui avoit duré trois cens soixante & dix ans, depuis q liefondemens en avoient été jetiez par Abu Ferez. - s
Les Grecs & les Romains ont connu la ville de Tu°
llles d-
sous le même nom , & Tite-Livc la place à trois
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Carthage. II ne faut pas la confondre avec la Themiff cPtolemée, qui est située prés du Golfe Numidique àlieues de là. Ceux qui n’en font qu’une ville aveC .V u .thage sont dans l’crreur.|Les Arabes, les Turcs & les n*res l’appellent Tunus. Elle est située à la pointe du Goste ^la Goulette, à deux milles de la mer Mediterranée, *■trois del’ancienne Carthage,& bâtie en parallelogram 1 * 1 ’n’ayant qu’une lieue de circuit, quoyque Gramaye /en donne trois. Une muraille de quarante coudées de h a ’& fortifiée de plusieurs petites tours , environne ce ^ville , dans laquelle avant qu’elle eût été prise d’assaut ples Turcs, il y avoit quantité de Forts,de fossez & de B?levarts, qui ont été ruinez pour la plupart. Elle a C1 ^Portes, celle de Vasouque, nommée 64- par les Arabes, jles Portes de Carthage,d’Elbaar, d’Asseire & d’Elmenai'^.y a eu dix-huit grandes rues, outre quantité de petites htraversentsseize grandes Places;trois cens quinze MosqUG^douze Oratoires des Chrétiens dans les fauxbourgsj ssSynagogues ; vingt-quatre Chapelles d’Hermites; cent cquante Bains; quatre-vingt-six Ecoles ; neuf College stretenus par la ville ; soixante & quatre Hôpitaux P° aí
plus debout. 11 y a encore neuiri»»- ^l’on enferme les Esclaves, qu’on appelle Bagne! ou Mj een Langue Franque. Le plus beau bâtiment de la ville ePalais du Bacha. II est enrichi de quatre Portails, de ?^sieurs tours , d’une grande basse cour , de beaux )ard>lP>superbes galeries, de somptueuses lâlles, & d'autresgnifiques appartemens, bâtis autour de la Chamb re j.pTrésor,où Ion garde le Livre de la Loy du Docteur ,mohadian, dont les Rois de T unis se vantoient d’être ^cendus , prétendant qu’en vertu de cette extractt°°.avoient droit de juger de toutes les Controverses ssil 1gardoient leur Religion. 11 y a une Citadelle à l’OcCiuconstruite fur une hauteur, 8 c une grandeMosquée de k ^dation du Roy Zacharie,dédiée à un de leurs Saints,apP jjAmetb Benaros. C’étoit un lieu d’azile pour les Criméey avoit fur cette Mosquée uneTour fi haute,qu’elle P® ^aprés celle de Fez,pour la premiere de toute l’Afi^^Tunis a une Cour des Janissaires, une Bourse P° u ^,jiiMarchands, une Douane, & d’autres Palais que celuf.Bacha , comme celuy de l’Aga, & celuy du Cid Mah° .jj eGramaye rapporte qu’on y comptoit autrefois dix & -maisons Bourgeoises. Le nombre s’en est encore beaU c ° r {augmenté par l’arrivée des Maures de Grenade, qui ï j efait fleurir les Arts & le Commerce,de sorte qu’elle neaujourd’huy à aucune des meilleures villes de l’Eu®' j eSLes maisons y étoient anciennement bâties selon toute > eréglés de l’Architecture, enrichies de statues,& peinjdifférentes couleurs. Le plancher des chambres étoit . ffan t, & le toit de la maison plat & pavé , afin d’y P oU p 0 otprendre le frais pendant les chaleurs. Présentement ce £Ífde petites maisons d’un étage,qui n’ont que deux P° - tCl’une fur la rue & l’autre fur le derriere, avec une P^fallée entre deux , où ils reçoivent les visites qu on j arend. L’an 1520. 11 y avoit trois fauxbourgs, l’un h° u
Porte de Vasouque, de trois cens maisons, l’autre .,-^ePorte d’Elmenar qui en contenoit mille , & k troihors celle d’Elbaar à un quart de lieue de la GoulettÇ*.^deux premiers étoient remp'is d’Artisans, & les VeN& les Génois voulant sc mettre à couvert des insultéesMaures, se retiroient dans le troisième,qui contenoit ,
cens petites maisons. 11 n’y a présentement que deux -^bourgs, l’un grand & beau,à l’Occident du côtéte, & l’autre à l’Orient tirant vers Souljp. Les Cime eSdes T ures sont aux environs de la ville, enrichis de p ie