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íje marbre, & embellis de parterres à fleurs. 11 n’y a dans„ Unis ni puits ni sourees d’eau fraîche,mais feulement dessternes pour y garder l’eau de pluye. Le Dey Issouf fitonduire il y a quelques années d’une lieue aux environs,? e source dans la ville au travers d’un Aqueduc voûté &? »mbé, ayant assigné une rente annuelle pour f entretenir.a ns un des fauxbourgs se trouve un puits d’eau salée,quees Esclaves portent vendre dans la ville. Les habitans laicnnent plus faine que celle de leurs citernes. Cette villey t extrêmement peuplée, tant de Maures, de T ures & deJ us,qu e d’Efclaves de toute sorte de Nations, que lesflaires prennent fur mer. On y voit certains Innocens,q moins des gens qui les contrefont,qui vont tête nuë^ pieds nuds,portant toujours des pierres fur eux. Ilsnt révérez comme des Saints, Sc entretenus aux dépensu Public. Les personnes d’étude , les Marchands & lesrtl son$ font allez bien habillez, & ont un turban à la Tur-.1 e, enveloppé d’une picce de toile, que les Courtisans &cs Soldats ne portent point. Les femmes fe tiennent pro-Pces selon leur condition,& vont voilées par la ville. Ellese penfent beaucoup d’argent aux parfums. Au lieu der itrir le pain avec les mains ou les pieds, ils battent la pâteVec des barres. Les Bourgeois mangent fort souvent d’un^ e [. s stu’ils nomment Befis. II est fait de farine d’orge avece 1 eau, à quoy ils ajoutent de l’huile ou du jus de limon,e qu ils mangent crû & fans le mâcher. II y a un MarchéP tticulier , où l’on ne vend que de forge pour apprêter ceagout. Ils mangent aussi de la chair, fur tout de celle d’a-b n eau. Il s font une autre composition que l’on appelle Lai-ç s ‘ 11 n en f su[ p re ndre que le poids d’une once pour de-l^ ni fc xtr ëmement gay. On ne fait alors que rire & rail-•j/ > 9 e 1 on fe sent un appétit extraordinaire. On trouve àu ms toutes fortes d’Artifans. II yavoit autrefois un fort& ra nd nombre de faiseurs de drap. Ce drap étoit bon & fin,L arce que les femmes y filoient d’une maniéré fort peu usi-ce. Elles^ laiífoient pendre leur fuseau du haut d’un gale-p s jufqu’à terre, asin que fa pesanteur rendît le fil pluser me Sc plus uni. Le terroir du Royaume de Tunis est enb. en eral assez fertile du côté de l’Occident, mais vers 1 O, le nt,comme l’eau y manque,il est peu considérable. Celuye la ville est tellement sec ,qu’il a besoin d’être souvent1 r ìki ^ ette sécheresse & les courses des Arabes font quee bled y est extrêmement cher, & que les Bourgeois fontelquefois obligez de semer de forge & du seigle dans lesJbxbourgs, &de fermer leurs champs de murailles. II en1 peu qui n’ayent quelque puits pour les humecter. Onn tire l’eau avec une roue, qu’un mulet ou un chameauait tQ urner. Cette eau en fe répandant dans des canaux,si rr °fe la terre & la rafraîchit. Autour de la ville font plu-c Urs jardins, plantez de quelques arbres fruitiers. II ytoit des orangers, des iimonniers, des palmiers & autresà otes de cette nature. Les oliviers sont en si grand nombrej^ne lieuë aux environs, qu’ils fournissent d’huile les ha-^jtatis & les étrangers. On y fait même du charbon de boisk obvier, parce qu’on n’en fçauroit avoir d’autre. II y aeaucoup de rosiers & de plantes odoriférantes, principa-yPtentdans un lieu qu’on nomme Barbo. On tient que leq * Ce f°y de T unis a deux cens mille ducats de revenu, &q e soûl impôt fur les olives & fur les draps monte àa arante mille ducats. C’est en quoy consiste le plus grandc de ce Royaume. On y fait aussi un commerce fortjbiiderable de plumes d’autruche Sc de chevaux. Les Roisaures de Tunis fa isolent battre des Sultanis ou Ducats,r us gros d un tiers que ceux de l’Europc, Sc du poids dej!' Uatre carats * On y voit aussi une cfpece de mon-de^Lì ar § ent taillée en quarré nommée Nofara,des Afpres,ger ^?bblas,L^ des Burbas de même valeur que ceux d’AJ-Tun' s^^ UeS ’ uns prétendent que f autorité du Bachadea p S - ocaucoup plus étendue que celle d’aucun Bachaf A 11 ? Ue ’^ í qu il commande absolument au Divan & àni f , janissaires. D’autres veulent qu’il n’ait rien à voirto ^ ll " a ville ni fur le Conseil de guerre, & que toute l’au-f°it entre les mains d’un Capitaine que les habitansqu ent ' à auquel ils donnent le nom de Dey. Ils disentdés {T gouverne toute fa vie ,à moins qu’on ne s’enblit 1 o C c l Uelc l ue maniéré violente, que c’est luy qui éta-sor le ^S-âjs ou les Juges, & qui prononce souverainementde Ce S a ®aires Civiles Sc Criminelles. Ce changement vientmíll e lî Ue * es Janissaires qui forment un corps de six ou septíent fn 0lTirnes , s’étant soulevez contre le Bacha , luy ôte-n autorité, Sc établirent la forme de leur Gouverne-rais jii,
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' ment furie pied de celuy d’Alger. Cela dura jufqu’à lan1J9 4. qu’un certain Cara Osman, Turc de naissance,quoyqu’il ne fût qu’un Cordonnier & un simple Janissaire, fçuti si bien gagner le cœur de ses Compagnons, qu’ils le firentDey,& luy donnèrent tout pouvoir fur le Divan , de forteque ni le Divan ni le Bacha isolèrent plus rien faire sons ftparticipation. Les Deys, successeurs de Cara Osman, feIon t conservé cette autorité par leur a d relié , observant deprendre favisduDivan dans toutes les affaires importantes.Le Divan est composé d’un Aga , d’un Chava , de douzeOdabachis,de vingt-quatre Bouloucbachis,de deux Sécré-tasses,& de quatre Chiaoux,qui jugent de toutes sortesde causes , aprés avoir consulté le Dey, qui rejette ou ap-prouve leurs avis comme il luy plaît. Les Cadis jugentcelles qui font de petite conséquence, & ils font fous l’inf-pection du Dey. Quand le Dey est mort le Divan en élitun autre pour remplir fa place. La Milice de Tunis gardeles mêmes rangs que celle d’Alger, & les Soldats montentaux Charges par les mêmes degrez. La feule différence quis’y trouve, c’est qu’on laisse entrer quelques Maures Origi-naires dans la Compagnie des Janissaires ; mais on n’en re-çoit jamais en si grand nombre que de Turcs & de René-gats, de peur qu’ils ne fe révoltent. On élit aussi toutes lesannées deux Généraux pour lever les contributions desArabes Sc des Maures qui demeurent à la campagne.* De laCroix, K elat. de s Afrique , Terne z.
On appelle Golfe de Tunis une partie de la mer de Barba-rie, en Latin Sinus Tunetaim . Ce Golfe nommé ancienne-ment c anbaginienfis sinus, eík. au Couchant du Cap de Bone,& au Nord de la ville de Tunis,qui luy donne aujourd’huyson nom. II le prenoit autrefois de la ville de Carthage» *Maty, Dicl. de Holl. 1701.
TUNNOCELUM. Ville ancienne de la Bretagne Cite-rieure. C’est celle du Comté de Northumbcrland en An-gleterre qu’on appelle aujourd’huy Tinmouth .
TUNQNIUM. Les Auteurs La tins appellent ainsi Tenon tpetite ville du Duché de Chablais dans les Etats de Savoye.
TUNQUIN. Royaume de la Prefqu’Iíle de l’Inde, quin’a été autrefois qu’une Province de 1 Empire de la Chine,en Latin Tuncbhmm Rcgnum. Si l’on considéré tout le Paysque ce Royaume comprenoit anciennement, où l’on par-loir une même Langue, Sc où les mœurs & les loix étoiencsemblables, il a quinze cens milles de longueur,depuisl’extrêmité de la Province de Canton jufqu’aux frontièresdu Royaume de Cismpa. Quoy que ces deux lieux dontle Tunquin est borné, soient renfermez dans la latitude deonze degrez , où des confins de Ciampa on entre dans laCochinchine jusqu a 23. degrez, où de T unquin on fe rendfur les frontières de la Province de Canton , néanmoinsparce que l’efpace qui joint ces deux extrêmitez fe courbesort en dedans en maniéré de croisant, où la mer fait ungrand canal qui l’inonde , les Sçavans qui veulent en me-surer lé circuit, depuis une extrémité jufqu’à l’autre, neluy.donnent que cette même longueur de quinze cens mil-les , Sc de largeur qu’environ six cens. Les Tunquinois quipour mesurer fe servent de journées au lieu de milles, di-sent que leur Royaume a cinquante journées d’hommesde pied de longueur & vingt de largeur. Dans cet espaceil y a plusieurs Princes , Sc de même que l’Empire de laChine a été divisé en seize Royaumes,celuy-cy l’est en unpareil nombre de Provinces. Cette division a été changé©depuis selon le caprice de ceux qui ont gouverné,& qui enpossedoient tantôt plus Sc tantôt moins ; de forte que selonle nombre des Gouvernemens qui subsistent à présent, ony peut compter sept Princes qui en font comme les Sou-verains. Le premier est le Roy de Tunquin ; le second leRoy de la Cochinchine ; quoy que par des raisons particu-lières,il n’en porte pas la qualité, Sc qu’il fe fasse appellesGnk câ, c’est-à-dire,Maison illustre Sc ancienne. Le troi-sième est le Roy de Ciucanghe, qui joint immédiatementla Province de Quangsi dans la Chine. Le quatrième y cilconnu sous le nom de petit Roy de Baò. Le cinquième estceluy du petit Lao , à la distinction du grand qui n’en cilpas ; Sc le sixième Sc le septième sont compris dans Ru-moi, où demeurent des Sauvages, dont une partie obéît àdeux petits Rois, que l’on y appelle, l’un le Roy de l’Eau,Sc l’autre le Roy du Feu.
Les Tunquinois font une autre division de leur Royau-me qu’ils distinguent en trois parties , fçavoir Tunquin,Cochinchine Sc Ciucanghe, qui ont six Provinces princi-pales, dont il y en a deus qu’on appelle Gmaóm Sc Ihign
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