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H$a. Les quatre autres íbnt nommées à l’égard de la villeRoyale & Métropolitaine, Provinces du Levant,du Cou-chant , du Mord & du Sud. On y compte huit mille lixcens quarante-cinq , tant bourgs que villages, fans y com-prendre quantité d’autres hameaux que Ton y appelleT/;o»,ct dont le nombre est presque infini.
On ne peut douter de f antiquité de ce Royaume, puisqu’il y adesHistoriens qui disent conformément aux Chro-niques de la Chine , que le Tunquin étoit dans f indépen-dance , & comme une cfpece de Ivepublique dés fan 19)6.âpres îe déluge; qu’en ce temps les Tunquinois preífez desmisères que leur causa une fécherefle de trois ans, & sou-pirant dans fattente d’une pluye abondante & de vents ra-fraîchissms pour rétablir leurs campagnes que les conti-nuelles ardeurs du Soleil avoient desséchées en un point,qifon n’y faifoit plus aucune récolté, envoyerent des Am-bassadeursà fEmpereur de la Chine, qui passoit alors pourle fils du Ciel & le pore des Saisons, fe flatant tfobtenir delu y qifil commanderoit incontinent aux Cataractes des’ouvrir pour leur envoyer des pluyes.Cette Ambassade futaccompagnée de riches prefens, entre lesquels il y avoitune poule toute blanche , choie tres-rare en ces quartiers-là ; mais les Ambassadeurs ne purent les faire accepter à CeoCtm , premier Ministre de fEmpereur de la Chine,qui leurdit que des Peuples qui refufoient à fonMaître fhommagequ’ils luy dévoient, ne meritoient pas qu’il les écoutât. Laplus grande partie du Royaume de Tunquin coníiste en despacieuses plaines de cent milles tf étendue, avec des mon-tagnes tout à f entour qui luy fervent de murailles. On nelaide pas de trouver de petites collines sort agréables dansla Province du Nord & dans celle du Levant. II y a auísides montagnes extrêmement hautes, mais avec cette diffe-rence que ce ne font que de grandes esplanades à perte devue, qui ont donné le nom au Royaume de Ciucangbe ouCao Bang, c'est-à-dire Plaines élevées. Le Pays habité esttout uni, & le nombre de ceux qui demeurent aux monta-gnes, est tres-mediocre. Ces hautes montagnes produisentde seau en abondance, outre celles qui fe rendent de plusloin en d’autres rivières , & ces eaux tempèrent les ardeursbrûlantes du climat, qui fe trouvé tout entier dans la ZoneTorride, autrement tout y periroit, & la campagne qifonne pourrait habiter y feroit stérile. Les vaisseaux à voilesrondes peuvent entrer par diverses embouchures dans cesfleuves, dont le nombre est de trente-cinq , & y voguerplusieurs jours jufqu’à la ville Royale, auprès de laquellepasse le plus grand de tous, fur lequel il est feulement per-mis aux Etrangers de naviger. Ce fleuve qui a fa sourcedans la Province de Quangli, & qui aprés avoir arrosé leRoyaume de Ciucangbe, où il reçoit les eaux cf une petiteriviere, avec lesquelles il fe rend à Bao,s’enfle de telle for-te en cet endroit-là par la décharge de deux grands fleuvesqui s’y jettent avec une rapidité incroyable, que lors qif ilapproche de la ville Royale, son lit est d’une largeur à nepouvoir discerner aucun objet de sature côté.
Cette ville que les Nations étrangères appellent simple-ment ta Cour , à cause du séjour que 1c Roy y fait ordinai-rement,ne coníiste qu’ en une quantité de maisons ramasséesfans murailles, lans fossez & fans clôture, qui la borne ouf environne. Ceux du Pays luy donnent le nom de Kécio',c’est-à-dire,de Foire ou Marché, à cause que tout ce qu’ily a de bon dans le Royaume, ou qu’on y transporte de de-hors arrive là. II y a même deux fois tous les mois uneFoire tres considérable, fçavoir le premier jour de la Lune& le quinzième. Le Peuple occupe une vaste campagnetres-agréable & tres-fertile, & quia plusieurs milles d'é-tenduë. 11 a fur tout choisi fa demeure sor le bord du grandfleuve, qui aprés un long détour depuis le lieu d’où il sort,facilite d’autant plus le commerce qu’il est toujours navi-gable. D’ailleurs il fe divise par tout le Royaume dans descanaux que son y a faits exprès, & la communication qu’ila avec cf autres rivières, fait qu’on peut transporter fortaisément toute forte de marchandises à la ville. Les mai-sons y sont assez mal bâties,& n’ont au plus qu’un étage,àcause que les eaux s’y trouvent par tout à deux ou troispieds de terre ,& il est impossible de les élever si l’on n’yfait de grandes dépenses. Cela est cause qu’on ne voltpoint d’ornemens m de Palais dans cette ville Royale.T ou ty est sort simplement de bois & de chaume. Le menu Peu-ple ne fait qu’élever quatre piliers en maniéré de colom-nes, plus ou moins façonnez, sor autant de pierres rondes& larges à proportion, qui leur servent de fondement, fans
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qu’ils les enfoncent dans la terre , parce qu’à moins q u ^ne fussent faits d’un certain bois qui est tres-rare & eXt l?mement cher, ils s’y pourriroient en peu de temps,pose sor ces piliers d’autres pieces de bois, & s’ils ontfoin de plusieurs chambres, ils dressent d’autres colofflnf*'Les cloisons n’y font que de planches ou de roseaux, q u ’nomment Kami a,goudronnez & mêlez ensemble, dont yfait un enduit fort propre avec une poudre tres-deUd’une couleur d’azur clair. Le plancher est de terre bie ^battue, & le toit couvert de paille ou de chaume. Les ma 1sons font éloignées les unes des autres,& environnéesquantité de roseaux qui les défendent des bêtes féroces,& des insultes des hommes. II y a un jardin dans chacun e >& la plupart ont un réservoir où l’on conserve du poifl° n »qui est la nourriture ordinaire des gens du commun. Leu rlits font élevez de deux pieds de terre, & ne confinsqu’en une couche de bois de quatre pieds de long,so nC .de quatre planches, sor lesquelles ils étendent une p eilt .claye de roseaux avec une natte par dessus ,sor laquelle »fe couchent fans matelas, fans draps & fans couverture •Les maisons des Mandarins & des plus riches font de ssveau au terrein où elles font bâties, & l’on y va de jy elpied. Elles ont cet avantage fur celles du Peuple, qu eh csont plus spacieuses , qu’eiles ont plusieurs retrancherez»& que les matériaux en font meilleurs. L’on y trouvel’entrée une belle cour, autour de laquelle régné par ar S ades une galerie couverte. Les ceintres en font appuyez l uautant de grosses coloinnes d’un bois excellent & dans ungrande fymmetrie. De-là on passe dans une grande salle»ensuite dans plusieurs chambres Si cabinets, séparez p 3 v scloisons les uns les autres. Ils conservent leurs provisi°Zde bouche dans de grands paniers, enduits par dedanspar dehors d'une mixtion qui empêche qu’eiies ne fe c °*rompent qu’aprésun long temps. Comme les rivières » ^bordent régulièrement en ce Pays-là une ou deux sois unque année , Sc que l’inondation fait que les maisons i° ^impraticables, les habitans ont foin d’y entretenir de ceftains retranchemens élevez sor des coíomnes,par lede quelques pieces de bois qu’ils y mettent de travers»sor lesquelles ils attachent des planches. C’est-là qu soretirent pendant l’inondation , ou daus de petites barq uídont ils fe fervent alors. , j
Lc Palais où le Roy fait ía demeure ordinaire est ^fur une grande forêt de gros & solides pilotis, à la hatue^d’un étage feulement. On s’y rend par un escalier, &charpente en est plus belle & plus propre que de tousautres bâtirriens. Pour y travailler , on fait venir de Zles endroits du Royaume les meilleurs Architectes & .plus habiles Maîtres, parce qu’il n’c-st permis qu’à eux I e ■d’y mettre la main à l’excluíion de la populace & des b°‘mes de journées, qui ne font jamais admis dans les er» r ‘,prises Royales. Ce Palais est bâti sor une hauteur. Les ^îes y font spacieuses, les galeries couvertes Sc à P el t líip.vûë, avec de grandes cours pour la commodité des Cciers& des Courtisans. Au dedans est l’appartement dfort grand nombre de femmes, qui y sont gardées ainsi sidans un Serrail, ctoù chacune a íà petite maison &son )din, les unes plus belles & plus commodes que les 2Ul^'C’est où demeurent celles de toutes ces femmes qui isoles plus estimées. Ces maisons font beaucoup plus b 3que n’est le Palais du Roy. Comme il peut avoir a uta ^de femmes qu’il en désiré, leur nombre n’est point fixe»va quelquefois jufqu’á íix cens. Celles qui excedentee zde cent passent pour secondes femmes. II y en a une e>elles qui est la première & que l’on traite toujours coZ .telle, quand même elle feroit stérile & que le Roy aU J_ eSeu des en fans des autres. Il leur donne autant de feZqued’Eunuques pour veiller fur leur conduite. Lesf 3 »^y font aussi en grand nombre , & ont des Maîtres qu 11£enseignent les exercices convenables à leur naissance, 131 ,aucun d’eux, quelque jeune qu’il puisse être, n’a la 1>R^d’entrer dans l’appartement des Reines. Danscircuit du Palais, il y a une armée entiere de plus de ^quante mille hommes qui y sont en garnison pour S 3r ur *.le Roy selon le besoin qu’on en peut avoir , ct on y fí0 r
rit plus de cir-.
quels on faitment
cinq cens élephans de guerre , & d’autresit faire souvent l’exercice par pur diveft
On compte dans la Ville Royale soixante & douze qtiersqui la composent, & qui font remplisd’Artifms ^Marchands, Pour éviter la confusion qui s’y poursuit