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Tome III. [P - Z.]
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Contrer, &ne pas perdre de temps à chercher les choieson a besoin , iì y a à lsontrée de chacun de ces quar-

; mar-

tableau qui marque f efpece ou la qualité des"ic a ndires q U - s ’y vendent. Afin d’y rendre le trafic plus^Portant, le Roy ne permet que tres-rarement & avecn ^ UCou P cle difficulté, que les vaisseaux Chinois, Japon-fbi S 7 ? Ponu » ais > Espagnols & Hollandois, se rendent dansRoyaume par un autre fleuve que par celuy qui passey.' es de cette ville , ni quhls mouillent dans un autre Port.n g er >eral il n’y a aucune Place murée. Elles sont toutesUvertes Lc fans défenses ,&les Tunquinois ne sçaventccy Ue c est q U e d’élever des remparts & des bastions, & de“ Ire des tranchées. Leurs travaux pour leur conservationn ° ntre P eUx qni voudroient entreprendre sur leur liberté,- consistent quson de grandes fraises & de fortes paliíía-es > cn des clôtures & en des barrières quhls fortifient au-ést t |^ U peuvent, & aux tours dont ils arment leursç^Pdans. 11 y a quelques Soldats au dedans de ces retran-< ^uiens, mais fort legerement armez, avec des munitionse pouebe & de guerre, & pour toute artillerie quelquesP e tites pieces de canon.

Cn ne voit point de chemins parmi eux ni de rues pa-ee s & divisées comme en Europe. Les maisons y sonta rtees les unes des autres, & comme semées par la cam-P a S n e,où une certaine quantité compose un bourg quhls* P e “ent Lang en leur Langue, & en chacun desqueis il yd U \y, IIla '^ on commune & publique qui tient lieud’Hôtell’Ofl' C ’ ^ es § ens dc Justice , & un Magistrat qui exercemi ! 1C< i àdli, connoissant des démêlez qui naissent par-gr m S ì3 ditans. La structure de leurs Temples est moinsg^Ouiere que celle de leurs maisons. Ils sont couverts &JtI Q S dc briques avec quantité de beaux ouvrages de sculp-lre en bois & un crespi fort propre aux murailles. On y.oute par un escalier de pierres. II n’y a quhm seul AutelP ®ce au fond', vis-à-vis la porte de feutrée sur lequel ilsestent f Idole q tison y adore. Cet Autel est bâti de telle£. ríe fluc lson peut aller tout à sentour. Les Bonzes & lesj,Bonzes, qui vivent en communauté comme nosel] gieusès, fans pourtant garder de clôture , en prennent§ r jmd foin, & ne cessent jamais d’y veiller.

7 f. s Tunquinois sont de toutes tailles, grands, petits &k ^dioeres; mais du reste fort bien proportionnez, & d’unj.° n tempérament, avec les traits du visage assez regu-er s Se sort agréables. Ceux qui demeurent dans les villes°t plus blancs que bruns, mais les faisans font presqued une couleur olivâtre. Ils ont sesprit bon, & shlsPprennent tres-sacilement, ils ont la mémoire assez heu-n U foi, r nsoublier rien de ce q u son a pu leur enseigner,s s eng a g ent au pq avcc application dans lsoxercice des ar-es > a cause des Charges, des Gouvernemcns & des hon-^eurs qui sont partagez ordinairement entre les Mandarinsa e P? e > & les Mandarins de Lettres. Ils sont fort sensiblesx 'njurqs,&quand ils ne se peuvent venger seurement,P 1 ce que leur partie a trop de crédit, ou qu’elle est dso-E condition plus relevée que la leur, ils écrivent tous lesa , Ux quhls luy souhaitent, dans une feuille de papierle , offrent au Démon fur son Autel, aprés quoy ilsbrû-ç nt le papier, en le conjurant d’aneantir de la même forte^'my qu j les a offensez. Ils carrellent sort les Etrangers,^ ouhaitent paffionnément de voir des choses curieuses,p P Us encore de les poíleder quand ils les ont vues. LesniH m - eS ^ ont tr es-simples dans leurs habits. Elles vontj,. P J eds ainsi que les hommes, & la coutume en est éta-res C> parcec î u e le terroir est doux & facile. Du reste , à laer Y^ e des mains & du visage qu’elles ont découvert, ellesde j r- nt ^ ans une g ran de modestie, fous un long habit,Cou a forme à peu prés dsone soutane , fort étroit vers leav J âr qui Jcs couvre depuis les pieds jusqu’aux épaules,Ce C j Un c ^ la P eau dont les bords sont extrêmement larges.l e ilj^P e au qui leur sert de parasol contre Laideur du So-p "ì fait de feuilles d’arbres quson fçait ajuster fort pro-v pour cet usage. Le dedans en est orné dson ou-

p ç a §^de til à refeaux fort délicat, qu’elles tirent dsone ef-fori- 0 a Cannes stui croissent dans le Pays & quson y estimep ár ' ^prés qusolles font mis fur leur tete, elles rattachentCan effous le menton avec un ruban entrelacé de la mêmedes'^f 5 ^ dont les deux bouts descendent des extrêmitezfi bi P ei ' x cotez des bords du chapeau soù elles les arrêtentJette r* 1 ’ ^ l!e vcnt ’ stuelque violent qu’il soir, ne le peutîour« F* lei 'rc. Ellesprennent leurs plus beaux habits lesdc Fête, avec de riches pendons dsoreille, plusieurs

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rangs de perles au cou, & des bracelets aux bras, mais ja-mais d’anneaux aux doigts Ces habits sont ou dsone tres-fine toile de coton ou de soye , ou dsone espece de lin ap-pelle Bo , qui vient de la Chine. Ils sont toûjours fort le-gers, parce quso la réservé de tres-peu de jours où le froidest violent, îa chaleur dans ce Climat est excessive. Leshommes comme les femmes portoient autrefois leurs che-veux retroussez à la maniéré des Chinois, ausquels ilsétoient soumis, mais lors quhls se furent affranchis de leurdomination , pour marque de leur liberté, ils les laisserencfloter à la négligence , Si allerent nud pieds. Les Bonzes,qui sont leurs Prêtres, se rasent la tête, & disent que lesSéculiers, dont les actions font mortes & fans nul mérite,doivent porter les cheveux longs, afin que l'Idole les puis.se tirer plus aisément dans le Ciel, mais que pour eux,leurs propres mérités leur servent d’ailespour les y éle-ver. Les Séculiers ne laissent pas de relever & de cordcn-ner leurs cheveux quand ils travaillent pour n son êtrepoint embarrassez; mais íi alors ils se trouvent avec quel-ques personnes de distinction, ils les délient aulsi-tôt &le$laissent tomber fur leurs épaules pour marque de leur res-pect. La chevelure noire, déliée , longue & négligés, estcelle quson estime davantage.

Les hommes font peu de dépense en leurs habits. LePeuple va presque nud la plus grande partie de Tannée.Les plus riches & ceux qui íont en quelque considérationportent ordinairement au lieu de chemise une soutanellede soye qui leur va jusqu’au genoiiil, & par dessus une lon-gue robe , dont lsoxtrêmité bat fur le cou du pied avec desmanches de la largeur dsone demi-aune &de la longueurde la robe ; & pour íe distinguer des Chinois, qui des deuxlez de devant mettent le droit fur le gauche , les Tuiiqufnois qui porten t comme eux leur robeouverte font passer legauche íur le droit, & au lieu que les Chinois lient avecun ruban le lé du côté droit fur la hanche gauche, afinquson marchant leur robe ne ssouvre pas contre la bien-séance, ceux-cyla lient à quatre doigts au deslusde la han-che droite. A fendrait où ils attachent leur ceinture, il ya trois ou quatre petits plis, qui régnant julqu’au bas, met-tent de la difference entre les personnes, mais ils ne se fer-vent de robes plissées que quand ils veulent faire leur courou quhl y a quelque Fête folemnelle. Lsoabit des Bonzesnsoíè diffèrent de celuy desfSéculiersqusonjce quhl est pluslarge & plus ample, & dsone plus riche étoffe. Leur bon-net quhls appellent MÛ Ny , & dont la forme est ronde &haute de deux ou trois doigts, est orné par derriere dsonmorceau d’étossc de la même couleur, qui leur couvre lamoitié des épaules. Les couleurs quhls affectent le plussont le violet, le châtain clair & obscur , f incarnat & lenoir sort éclatant, & quelques-uns le verd , le jaune & unrouge brun. II y a des Bonzes qui portent par magnificen-ce une sorte de pourpoint, dont le tissu à réseaux , quicouvre quantité de grains, de verre ou de cristal dedisse-rentes couleurs, enfilez avec quelque lymmetrie , forme àtravers ces mailles une couleur changeante qui nsost pasdésagréable à la vûë. Les femmes Bonzes en usent de lamême sorte, íx ce nsost qusou lieu de bonnet, elles ont nncdemi-mire , ornée à sentour d’un rang de gros grainscomme de petites balles,

Tout est réglé chez les Tunquinois juíqusoux civilisezquhls se doivent les uns aux autres, & à la maniéré dont ilfaut quhls en usent quand ils ont l’honneur de paraîtredevant le Roy. Us ne le peuvent fans être revêtus dsonhabit de cérémonie, qui doit être de soye violette ou dsonbleu obscur, & sans avoir la tête couverte. Ceux qui n’ontpas le titre deMandarins,ont un bonnet noir haut de demi-pied quhls laiflent tomber fur le derriere. Ceux qui sontMandarins lettrez en portent un , fait du crin de chevauxnoirs,de la hauteur dson demi-pied, de figure exagone,brodé & plat pardessus, ce qui les distingue de celuy desautres qui est pointu. Les Criminels seuls sont décou-verts en la présence du Roy. A f égard des pieds, ce seroitun crime d’y aller chaussé. 11 ne faut avoir ni souliers nichausses, & luy seul se sert de pantoufles, dont il ne per-met f usage par une grâce tres-particuliere qtfà quelqu’u-ne de ses femmes. 11 ne dispense pas même ses propres en-suis de cette pratique. Néanmoins celuy qui est destinépour succédera f Empire, peut être chaussé dans le Palaisoù il demeure & quand il va à la campagne ; mais s’il veutaller chez le Roy son pere , il faut quhl se déchausse à laporte, où fl trouve un Page avec de seau qui luy lave les

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