T U N
diverses figures de relief & de grands feuillages Arabes-* Ues rehaussez d’or & de couleurs fines. Les flancs où l'on '*Ppuye les rames sont enrichis de la même sorte avec uneraife oui régné à f entour fur les ornemens attachez au?rp s de la galere. Ils ne les goudronnent ni avec la poix,lavée le suif, mais feulementd'un vernis qui estunemix-semblable à celle que nous appelions cire d'Efpagne.ela leur donne un íi vif éclat,que la vûë estsoible poure sopportcr, quand le Soleil darde fes rayons dessus.
Chacun contribue dans le temps auxprovisions de ris,f ’ âuile, de gibier de toutes fortes, de poisson, deaimes & de fruits qu’ori fait pour le Roy, & on luy en faitFeíent fans en efperer de récompense. Ainsi il peut pref-MUe épargner tout for & l’argent qu’il leve furies Sujets.
a mas qui s'en fait va dans Ion Trésor qu'il garde poures besoins qu'il croiten pouvoir avoir aprés fa mort, danse ^"uveau Pays où il doit aller. 11 commet le foin de lep, rc jp à celuy de fes Eunuques dont il connoît mieux lal . e Lté, de forte que cet Eunuque & les Soldats qu'il yait veiller incessamment, fçavent seuls le lieu où font lesRichesses du Royaume. Cette conduite superstitieuse estn des articles les plus sacrez de leur foy. Ainíï les enfansMleroient pour sacrilèges s'ils épuifoient le Trésor duleur pere & de fes Prédécesseurs pour s'en servir in-itteremment. II faut que ce soit pour des affaires extraor-maires qu’on en tire quelque somme , & alors il y a de§ r andes cérémonies à observer. On peut auffi s’en servir®pres la mort du Roy pour fournir aux frais des guerresM u u taut soutenir ou entreprendre ; mais avant que sonuccesseur puisse tirer du fond du Trésor les sommes dont1 peut avoir besoin, il est obligé de sacrifier folemnelle-ent aux Idoles, ctde faire de grandes offrandes , avecam ples prières auxDéfunts fes prédécesseurs de ne désap-prouver pas l’ufage qu’il en veut faire, promettant d’ail-eurs d e restituer au double ce qu’il est contraint de pren-te pour subvenir aux nécessitez pressantes de l’Etat.pilBpd [ e ^oy fort en magnificence en certains jours deannee, tous les principaux Mandarins le doivent accom-P a gner, tant les Mandarins lettrez que ceux d’cpée, chacunavec les Devises des lieux de fa dépendance, & une escorteonfiderable fous fes livrées ordinaires. II s’y trouve aussiinfinité d’autres Mandarins avec leurs Devises, parmis el guels on distingue ceux qu’on n’a point encore admis àÇ r vir le Prince, & qui font leur cour pour s'avancer. Laf, v ^ e des Pages, & plus encore celle des Soldats, forme unjPcttacle des plus magnifiques. Chaque Compagnie a sa«vise particulière, avec un habit d'une couleur differentee .. c : eIu y des autres. Les armes qu’ils portent dans une pa-ri,* 6 occasion, les uns des piques, les autres des lances, desef C j ’ ^ CS mousquets, des cimeterres, des javelots & despadons pour s’en servir á deux mains, sont fi polies & si.tantes, fans parler de for, de f argent ou de f ivoirede C ^ eS b nt . four ornement, qu’on ne peut rien imaginer
La magnificence du Roy paroît de la même forte à laeception de f Ambassadeur de f Empereur de la Chine, auàI V rk- du ^ uc lil obligé d’aller. 11 doit être alors vêtuj a Chinoise & chaussé, mais avec des souliers relevez partê en Lorme de petites barques, & un chapeau fur late d une façon extraordinaire. II le íàluële premier dej atr6 g en ufìexions & d'une profonde reverence , en vûën ^^ e î- tre creancc qu’il porte & qu'il produit de lapart de son Empereur. II luy donne la droite par tout, &cet état, 1 Ambassadeur comme représentant la person-e du Souverain, reçoit les civilisez de toute la Cour, maiscérémonie étant achevée , il est traité en personne pri-„ £ ’,g u °y que toujours avec le respect qu’on doit aux^ n , S Mandarins, à cause de fa qualité d’Etranger. Unp I neurs quo n luy rend en le recevant, c’est de ran-sou r) S £ a ^ eres cinq à cinq dans une égale distance de files_ s des ornemens particuliers. On voit fur les bords dusiet*^ antennes, qu’on y a plantées l’espace de plu-de f S leu ® s > & q u t sont chargées chacune d’un pavillonr j ,°ye de différentes couleurs. Les bataillons d’ínfante-c e -n y souvent postez différemment. Les uns y battent lason d â autres sos timbales, & les autres leur répondent auProch S ì^utbois & aux fanfares des trompettes. Aux ap-de t> r * 5 ,^ e f Ambassadeur ces troupes luy marquent parheurei.r CS acclamations la joye qu’elles sentent de sonq Uer Arrivée, & le saluent par une décharge de mouf-K ue canons. Quand il quitte le vaisseau pour deí-
T U N 663
cendre â terre, la Chiourme laisse la rame & prend lemousquet, & aprés que les galères ont tiré toutes leurspiecesde batteries, elle fait aussi fa décharge en signe deréjouissance.
La Loy du Royaume exige que la vertu soit récompen-sée, & qu'on p unifié le vice fans exception de personne. IIy a pour ce sujet des Tribunaux où la Justice fe rend de-vant Je Roy , 6c où les procez font examinez avec grandsoin. On ne distribue les Charges qu'à ceux qui s'étantsignalez dans les Sciences & dans les célébrés Académies,ou ayant acquis par leur valeur beaucoup d’experiencedans les armes, fe sont montrez dignes des premiers em-plois. Les Mandarins Lettrez ont le pas fur ceux d’épée ,& font en plus grande réputation. On les fait Conseillersd’Etat, Juges souverains, Gouverneurs de Provinces &Ambassadeurs. Le Roy tâche auffi de contenter les Man-darins d’épée, & les Dignitez ausquelles les uns & les au-tres peuvent aspirer ne font qu'au nombre de trente. II ya six fortes de Gouverneurs qui vivent dans quelque subor-dination des uns aux autres. La moins estimée est de ceuxqu’ils nomment Lang, c’est-à-dire , qui ne font Seigneursque d’une ville. La seconde est des Xa Lang. Ceux-cy ontdans leur ressort quatre de ces petits Seigneurs qui leurdoivent foy & hommage. La troisième est des T.à Xa, quiont dix Xa dans leur district. La quatrième appellée Husnest de ceux qui sont Seigneurs de trente bourgs ou villa-ges , plus ou moins, & defquels tous les Lang, les Xa & lesToà de ces villages dépendent. La cinquième est des Pbà,qui ont plusieurs Huien soumis à leurs ordres ; & la sixième& la plus considérable est Xa. C'est leViceroy & le Gou-verneur de toute la Province , qui ne reconnoît d’autreSupérieur que le Roy, & à qui tous les autres font obligezd’obéïr. Dans tous ces Gouvernemens il y a des Tribu-naux où l’on rend Justice avec la même subordination desuns aux autres. GnaTy est le premier Tribunal des Doc-teurs , & GnaHien est le Tribunal subordonné comme uneJustice subalterne. On peut appcller de toutes ces Justicessubalternes à un Tribunal supérieur, jufqu'au premier quiest celuy du Roy. II y en a toujours plusieurs d’ouverts àla Cour. Les Mandarins qui font parvenus à la qualité deDocteurs font toutes les procédures. Ce sont eux aussi quisont le rapport des affaires devant les Conseillers du Roy,pour en avoir leurs avis, parce que ceux-cy prononcentdéfinitivement, aprés en avoir informé le Prince, qui ap-prouve ou condamne leur sentiment, fans s’assujettir à laformalité des Loix, parce qu'il prétend être au dessus.Quoy que l’on puisse appeller des grands Tribunaux auTribunal de la Cour , on en exclut ceux que des crimesénormes font condamner à la mort, comme d’avoir assassi-né ou volé, & commis quelque adultéré. A l’égard desadultérés , la Loy défend au mari de tuer íà femme s’il lasurprend dans le crime, mais non pas de luy couper lescheveux. En cet état il la mene au Mandarin , qui apréssavoir convaincue la fait livrer à un éléphant dressé à faireles fonctions de Bourreau. Cet animal l’ayant enlevéeavec fa trompe, la jette par terre avec une violence qui latuë,& s’il s apperçoit qu'elle ne soit pas encore morte,il la foule aux pieds jufqu’à ce qu’il fait entieremencécrasée.
Les formalisez de leurs procédures de Justice consistentd’abord à citer les parties. Si l’accufation est fans preuves,l’accufé est obligé de jurer qu’il est innocent, aprés quoyil demande aux Dieux qu’ils le préservent de tout malheurou de maladie pendant trois mois, & si dans ce temps iltomboit malade , le témoignage feroit reçu contre luy. Lamaison du Mandarin supplée aux Prisons publiques dansles Provinces. II s’y trouve, selon le genre du crime, deschaînes, des menotes, & d’autres semblables instrumens defer. Le supplice le plus commun est de mettre le cou duPrisonnier entre deux perches de bois fort grosses & lon-gues en forme d’échelle ,que l’on arrête avec deux autresmorceaux de bois qu’on y accommode de travers,ainsi quedeux échelons ;de forte que ne pouvant dégager ía tête, ildemeure en cette posture jufqu’à ce que la Sentence soieprononcée. II n en est pas de même dans la ville Royale,où il y a des Prisons. Quand le Criminel est condamné à lamort, lesparens luy en vont porter la nouvelle,ct ^assem-blent tous pour le conduire au lieu dû supplice. II y trouveun grand repas préparé, & fans s’étonner, il fe remplit desviandes qui luy sont servies. L’heure de l’execution étantvenue, celuy qui est chargé de la faire, luy lie les main*