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p sls équipage pour garder son rang, & Tans Palais oùiî pûtc retirer ; que la réputation de ce superbe édifice les avoit ipour en traiter ,&*que s’il vouloit consentir à s’enpraire , on étoit prêt à luy donner tout ce qu’il demande-9 11, La chanson finie, celuy qui étoit dans cette Toure pondit ,que la ville ayant été bâtie pour le grand Roy°nt on luy parloit, il consentoit qu’elle fut vendue , sies trois autres qui y demeuroient avec luy en vouloient^omber d’accord. Alors le Prince & ses Frères se rendi-^ nt au x trois autres portes qui étoient à l’Orient, au Midi.au Couchant, & les mêmes cérémonies ayant été obscr-,? es ’ on remit la Place au pouvoir du Prince , qui se ren-11 Palais au bruit du canon & de la mousqueterie. Lab ande porte de la cour luy ayant été ouverte, il entraans la salle des cérémonies où l’on devoir faire les obsc-H les, & où ayant pris place au milieu de deux de sesonlciliers, il entendit la lecture que son y fit de la vieùes grandes actions du feu Roy son pere, toujours à ge-°ux, & ne se relevant point qu’aprés que le Lecteur se■ Ut ret iré. Le Prince Sc sesFreres s’étant acquitezde tousu rs devoirs de pieté envers le feu Roy, aux fanfares desrornpettes, & au bruit confus des tambours, des fifres Sc^.8 badins, les Mandarins du sang au nombre de quatreùle couchez à terre, & accompagnez de six cens autresandarins qualifiez, s’acquiterent à leur tour de leurs Gé-monies dans les mêmes circonstances, que le Prince quie P ut rentrer en son Palais qu’entre une heure Sc deuxPrés midi, à cause des Ambassadeurs des Rois de Bao, deìucanghe & d’Ava,qui avec de riches presens d’or,d’ar-gent & de cire, luy vinrent faire des complimens de con-oleançe de la part de leurs maîtres, comme dépendans Sctributaires du défunt Roy. Sur les huit heures du soir quiut celle ou il étoit mort au mois de May, on mit le feu àa luperbe machine, les Soldats gardant les avenues pourmpêcher que son n’approchât des lieux que le feu n’au-point encore endommagez, parce qu’ils croyent qu’one restitue avec usure en sautre vie, que ce qui a été con-y es ti en cendres en celle-cy. L’incendie commença pares tours, dont quatre qui representoient les quatre partiesìt monde, furent renversées par terre avec un tel artifice,stù elles semblerent être d’elles-mêmes tombées en ruine.
Prince distribua aux Soldats qui étoient en garde unePartie de for, de sargent Sc des étoffes précieuses que le, eu n Ç put détruire. II donna sautre à ses Courtisans, &a troisième à de pauvres Officiers. On tient que les fraisne cette pompe funebre monterent à plus d’un million
La plus folemnelle des Fêtes qu’observent les Tunqui-«ois est celle qu’ils nomment de la nouvelle Armet. Sur esoir du dernier jour qui finit la précédente, chacun plantedevant la maison une longue perche, au haut de laquelleds attachent un petit panier , qu’ils ornent tout a 1 entour
de papier doré, persuadez que ce panier aura la vertu e-
loigner les Démons de leurs maisons. Aprés minuit, lorsque la nouvelle année commence, ils font obligez d enouvrir les portes , fans quoy ils croiroient insulter lesMorts, qui en ces temps-là retournent dans les maisons.On leur prépare des lits, Sc ils couvrent le plancher fortProprement d’une belle natte de jonc. Cela fait, s jl leurParoît que les Morts'tardent long temps à venir, "^op-posent qu’ils font arrivez invisiblement, ce qui les obligea leur en marquer leur joye. Pour cela ils allument descierges fur un Autel, qu’ils ont tous chez eux. Ils y brû-lent des pastilles Sc leur font de profondes reverences, lespriant de fe souvenir dans cette nouvelle année, les uns desenfans & les autres des neveux, &de leur obtenir de leursDieux les forces , la santé & une longue vie accompagnéede prospérité. Les trois jours suivans, ils ne nettoyentPoint la maison quelque salle qu’elle soit, de peur d e everde la pouffiere en un lieu où leurs Morts font leur lejouPour voir quelque choie de plus curieux , il faut le rendre à la Cour en ce temps-là. On y entend des quaticoins de la ville & des lieux voisins la déchargé de trpieces de canon , qui fe fait dés le matin du premier jourde l’année. A ce bruit le Roy va fe laver dans de 1 eau m -che, & s e rend avec un habit superbe dans la grande baide l'Audience,où chacun selon son rang luy vien * s ìt _■ ner dans son Trône une heureuse année. Il va eni«n des chambres reculées, où la Reine fa principaleaccompagné des autres, vient à genoux luy £s irc ^ -
plimens. Cela est suivi des sacrifices qu’il offre en pT ome 1 11 .
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campagne avec fes Gardes Sc toute sit Cour. tin des princi-paux consiste en une tasse de vin, qu’il présenté aux Dieuxavec beaucoup de respect , & qu’il boit ensuite. En mêmetemps les Mandarins de Lettres lisent dans des Livres rem-plis de prières superstitieuses, pour demander qu’en cha-cune des quatre iàisons de saunée , le Ciel daigne les favo-riser de fes meilleures influences. Le Roy fait auffi quel-ques oraisons en particulier, aprés lesquelles, comme s’iíprenoit congé du Ciel, il luy fait une profonde reverence,Sc afin que la Terre n’ait pas sujet de fe plaindre, il prendune charuë fort dorée qu’on luy met entre les mains»Aprés avoir fait quelques sillons, il la prie de sc souvenircomme Mere bien faisante d’étre libérale à son égard , &de porter à une grande récolté les semences qui luy ferontconfiées. Cependant le Temple est rempli tout à l’entourde cierges & de flambeaux allumez, avec quantité de par-fums tres-agréables, contre la mauvaise odeur, d une infi-nité de feuilles de papier doré, qu’ils considèrent commeautant de ceduies pour sautre vie que les Bonzes réduisenten cendres. Ce sont eux qui finissent les divei tiiìémensdúcommencement de l’annéc par une nombreuse Procession.Leur General y assiste avec un habit modeste qui luy estparticulier Sc de couleur noire ordinairement, mais fortéclatante. II est porté la mitre en tête dans unTrônc , furles épaules de quelques-uns de fes Domestiques revêtus deses livrées. Les Bonzes le suivent vêtus de leurs plus su-perbes habits. La veille de cette Procession , une troupesort nombreuse de gens armez fe rend dans une spacieuseplaine, où elle demeure jufqu’à la fin des sacrifices. On yéleve des Autels en divers endroits à l’honncur des anciensCapitaines qui sont morts pour la Patrie, & dés le matindu dernier jour de l’année, on envoye tous les animauxqu’on a engraissez pour les immoler. Les Bonzes suiventdeux à deux, accompagnez des Mandarins magnifiquementvêtus Sc montez fur leurs Chevaux ou élephans ,avec leGrand Prêtre , General des Bonzes. Le Roy assiste luy-mêmeà cette cérémonie, & aprés quatre reverences qu’ilfait aux âmes des Capitaines, morts pour la défense dû.Pays, il prend un arc Sc cinq flèches qu’il décoche contreles Princes défunts de la Famille de Miac, qui autrefoisusurpèrent la Couronne, aprés quoy on commence à sacri-fier Fur tous ces Autels qu’ils parfument de differentesodeurs à l’honneurde ces fameux Capitaines, les conjurantde vouloir être leurs Protecteurs, & de les défendre dansl’occafìon. Ces prières sont suivies du bruit de l’artiilerie,aprés quoy la mousqueterie sc sait entendre jusqu’à troisfois. Les autres mois de l’année ont leurs Fêtes í'olemnel-les toûjours accompagnées de festins. * Le Pere Marini, Re-lation du Royaume de Tunquin.
Guillaume Dampier dans son Supplément des Voyagesautour du monde, imprimé à Amsterdam en 1701. parle àpeu prés en ces termes de la situation Sc des Provinces duRoyaume de Tunquin. Le Tunquin est borné au Nord «& au Nord-Est par la Chine ; à l’Ouest par le Royaume «de Laos, Sc au Sud & à l’Est par la Cochinchine, & par la »mer qui baigne une partie des côtes de ce Royaume. Ce «qui aboutit à Ja mer est un Pays tout uni. On n’y voit de «montagnes que celle del’Elephant, & une fuite de quel- «ques autres beaucoup moins hautes, qui s’étend delà jus- »qu’à l’embouchûre de la rivière de Domea, qui est une «des branches de celle qu’on nomme la granderiviere.eeLe Pays le plus bas est presque tout de terre noire Sc assez c«profonde. En certains endroits est une argille extrême- ccment forte. Dans le plat Pays qui est auprès des monta- «cgnes,- on dit qu’il y a quelques rocs de marbre fort hauts «Sc fort escarpez, dispersez de côté & d’autre à des distan- «ces inégales , ce qui joint à leur situation dans des plaines c»à perte de vûë, Jes fait prendre de loin pour des Châ- ctteaux ou de grandes Tours. On divise le Royaume de«Tunquin en huit grandes Provinces, fçavoir de l’Est, de «TOiiest, du Nord & du Sud ,avec la Province de Cachao «au milieu de ces quatre. Les trois autres qui s on t celles <*de Tenan,de Tenchoa & de Ngeam approchent plus des ctfrontières. La Province de Tenan est la plus Orientale. "Celle que l’on appelle de l’Est s’étend depuis Tenan jus- «qu’à la Province du Nord, ayant aussi la Chine à son Est «une partie de la Province du Sud & ]a Province de Ca-ccchao à sOiiest , & la mer au Sud. C’est une sort grande «cProvince dont le Pays est extrêmement bas, & qui est upresque toute pleine a’Istes, fur tout la partie duSud-Est «qui est bornée par la mer du côté de Tenan. La mer«