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La flote d’Efpagne vient tons les trois ans à Vera Crtz.Outre les marchandiíes & les denrées du Pays, & ce qu’onapporte des Indes Orientales qu’oo-e-harge à bord de sesvaisseaux , Fargent qu’on amasse póur le IGJ7 en ce Royau-me , avec ce qui appartient aux Marchands, monte à dessommes immcnfes.La flote de Barlovento vient encore là tousles ans au mois d’Octobre ou de Novembre , & y demeurejufqu’au mois de Mars. Elle forme une petite Escadre deflx ou sept bons vaisseaux, depuis vingt jusqu à cinquantepieces de canon. Ils ont ordre de vibrer une fois chaqueannée tous les Ports de mer qui appartiennent aux Espa-gnols, fur tout pour prévenir le commerce des Etrangers,& pour détruire les Armateurs,& voici le tour qu’ils font.Ils vont de ce Port à la Havana , qui est au Nord de cuba ,pour y debiter leurs marchandiíes. De-là ils passent parle Golfe de la Floride & tirent vers le Nord , jufqu’à cequ ils íbient hors de la portée des vents Alisées, qui rè-gnent ordinairement entre le 50. & le 40. degré de latitude. Alors ils le trouvent dans la route des vents variables,& prênnent à l’Est pour atteindre Porto R'co ,où ils s’arrêtents ils y ont quelques affaires, sinon ils font toujours route àFEst juíqu’à ce qu'ils viennent à Trimdado. C’est une Isleassez proche du Continent habitée par les Espagnols, &Fendroit de quelque considération,le plus à FEst qtfontrouve dans les mers du Nord. La flote de Barlovento ytouche, & ensuite elle fait voile vers Margarita , Iíle Efpagnole assez considérable prés du Continent. De-là ils ran-gent la côte jufqu’à C omana & la Gtùary , d où ils passent à lacote de Cartagene, & navigent vers le Golfe de Mencaia.Ils doublent en lutte le Cap la Vell, & poussent jusqu a Riode la Hacha, Sainte Marthe & Cartagene, d'où ils vont àPorto Belo , de-là à Campeche, & enfin se rendent à VeraC ntz.
VER A DE PLACENCIA. Bourg ou village d’Esçagnedans l’Estremadure, en Latin Vera Placenùœ. II est situé présde la ville de Placencia, & pris par quelques Géographespour VAmbratia des Anciens. * Maty, D;ct. de Hall. 1701.
VERAGRES. Peuples anciens de la Gaule Narbonnoi-se. Us habitoient entre les Nantuates & les Salusses dans lapartie du Vallais où est Martigny. * Audiffret , Géographie ,Tome 2.
VERAGUA. Province de f Amerique Septentrionale,qui est la derniere vers FEst du Gouvernement de Guati-ruala. Elle est lavée de la mer d’un côté & d’autre , Sc apour limites Costa Rica vers f Ouest, Sc le Parlement dePanama vers FEst. Sa longueur entre FEst & FOuest est decinquante lieues, & elje en a vingt-cinq de large entre leNord & le Sud, aux endroits où elle est la plus étroite. LePays est montueux, & en quelque forte impénetrable,pourla quantité de bois épais. II est riche en mines,principale-ment en celles d’or, que son tire en divers lieux, Lc qu onamasse aux torrens & aux rivières. Le terroir ne porte nifroment ni orge, mais il est allez fertile en mays Sc en her-bes potagères. II y a fort peu de pâturages , ce qui y faitWianquer le bétail. Christophle Colomb découvrit cetteProvince en 1502. en revenant du Cap Gracias à Dios, dela Province dc blond ure vers FEst. II descendit d’aborddans liste de Qmribi,qu’il trouva couverte d’herbe Lc d’ar-hres,& ayant passé de-là dans Je Continent,il vint ìcarian ,village situé fur le bord d’une rivière,Lc fort peuplé deSau-vages,qui accourant armez d’arcs , de flèches & d’épéesde bois, s’efforcerent quelque temps de chasser les Espa-gnols, qui les adoucirent par quelqqes preíens, Sc traitè-rent avec eux. De-là Colomb s’avançant toujours versFEst, arriva à Caravaro, Baye fort poissonneuse qui avoittrois lieues de large & six de long. A son embouchûreCroient des Ifles, dans Fune defquelles étant descendu, il ytrouva quelques carcans d’or, que les Sauvages échangerent volontiers pour des sonnettes, leur faisant entendrequ il y avoit de For en abondance dans la Terre-ferme.Ges Sauvages alloient nuds, à Fexception des femmes, quiFétoient pas entierement. Etant parti de-là, Lc ayantvisité la Contrée d ’Abunna & Catiba , il vint à Harira , dontIcs habitans avoient fi peu d’estime pour For, que lesElpagnols racontent que les Sauvages leur en donnerent quatre
. ,>.m qui T* ïFT'ív.s battu neuf jours
prendre son cours vers 1 Ouest. y jj er toute cette
d uue violente tempête , ce qui luy cemen t de 1 an
«ote costa de los contrastes. Enfin au comme
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IJ03. il trouva une riviere appellée par les Sauvages Tebra t& il la nomma Belen. A une lieue de cette riviere il y enavoit une autre que les Indiens appelloientFíragMít, & cenom demeura ensuite à la Province. Les Sauvages qui de-meuroient fur l’Yebra , assuroient qu’il y avoit quantitéd’or dans Veragua, mais ayant fondé 1 embouchûre deFune Lc de lautre riviere,Colomb trouva plus à proposd’entrer dans celle de Belen, dont le canal étoit plus pro-fond. Depuis ce temps les Espagnols ont mené des Colo-nies dans la Province de Veragua, où ils ont bâti plusieursvilles. Le Gouverneur Lc les autres Officiers du Roy de-meurent dans celle qu’ils ont appellée la Conception. Elleest proche de 1 a mer qui regarde Je Nord,à quarante lieuesvers FOLiest de* N ombre de Dios. La ville de Santa Té estadouze lieues de k Conception vers le Sud. On y fond &rasine For, Lc les Officiers du Roy y ont leurs Commis.Carlos est une autre ville bâtie fur k mer du Sud , prochedu rivage, à cinquante lieues de Santa Fé vers FOuest. IIy a encore k bourgade de la Trinidad. Elle est fur les bordsde k riviere de Belen, à trois lieues ou environ de la merdu Nord, Lc à six de k ville de k Conception vers le Le-vant , en suivant k côte de k mer. La Province de Vera-gua n’a aucun Port de remarque. Elfe a seulement sur kcôte de k mer duNord k Baye Carabayco ou de S. Jérô-me, & plus vers l'O ri en t les rivières de 1 a Trinidad,de laConception & de Belen. Sur k côte de k mer du Sud ellea le Cap de S. Martin & k Pointe de Guerra vers FEst,& leCap de Borica vers i’Ouest.*Laët y Defir. des Indes Occid. liv .7. ch. 23.
VERAPAZ. Province de l’Amerique Méridionale du.Gouvernement ou de FAudicnce dc Guatimak , dont 1 ariviere de Xicakpa k sépare. Elle a eu le nem de Verapaz ,,c’est à-dire , V raye Paix, à cause qu’elle n'est pas venuepar les armes fous k puissance du Roy d’Efpagne, com-me k plupart des autres Provincesjmais par k Prédicationde FEvangile, qu’ont annoncé en ces lieux-là les Reli-gieux de l’Ordre de Saint Dominique. Elle est tout-à-faicmediterranée ,& a pour bornes du côté de FOuest k Pro-vince de Chiapa ; vers le Sud Soconufco; au Nord Yucatan;Lc vers FEst las Honduras ,& Guatimak proprement dite.Sa longueur & fa largeur font de trente lieues ou environ.Ses habitans, qui pour k plupart ont embrassé 1 a ReligionChrétienne, font assemblez en peu de bourgades. Le resteest inhabité, Lc possédé par des Sauvages Infidèles,qui fontles Lecandones & les Pochuteques, Peuples cruels &qu’ona peine à dompter. II y a fort peu de plaines dans le Pays,qui est affreux en hautes montagnes , en vallées profondes,avec plusieurs précipices,& en forêts fort épaisses. II estcoupé de quantité de rivières & de fontaines fans nombre.L’air est assez tempéré dans le milieu de cette Province,quoy qu’il y pleuve presque neuf mois fans cesser, & quele Soleil y luise fort rarement. Lesextrêmitez en font brû-lées & tres-sujettes aux moucherons, incommodité com-mune aux Régions chaudes & humides. On y trouve debons fruits, de poissons, Lc plusieurs autres choses nécessai-res à k vie. Les Espagnols n’y ont aucune ville, mais feu-lement quatorze 011 quinze bourgades, où fis font mêlezavec les Sauvages Chrétiens, & dans Fune defquelles JesDominicains ont bâti un Monastère. Les Naturels disse-, oient anciennement de langage , comme k plupart desAmeriquains; mais depuis qu’on les a accoutumez à habi-ter en société, ils n’ont plus parlé que 1a même langue.Ils font de moyenne taille, & de mœurs aisées. C’est unMaire de Ville envoyé du Parlement de Guatimak qui lesgouverne. Ils font presque tous pauvres, ayant fort peu decoton; leurs principales richesses font des plumages de di-vers oiseaux,dont ils composent diff-rens ouvrages. Ilsont appris d’autres Arts mechaniques depuis l’arrivée desLfpagnols. Il y a dans cette Province un plus grand nom-bre d’hommes que de femmes, qu’on a remarqué n’y vivrepas si long-temps. On n’en sçait pas k raison, puis qu’ellesaccouchent presque fans travail & souvent seules & furles chemins ; elles fe lavent aufli-tôt aprés avec leursenfans dans quelque riviere. Le terroir étant trop humide,11’est pas bon pour le froment, mais il porte du mays deuxfois l’année. Les forêts sont toutes remplies decedresblancs& rouges, & de plusieurs arbres qui produisent des chosesaromatiques. II y a auffi une agréable variété de fleurs odo-riférantes. Les abeilles qui en vivent font de diverses efpe-ces. Les unes fans aiguillon sont leur miel fort clair ; d’au-tres ont des aiguillons ; d’autres font du miel sauvage qui