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canelées, vuides la plupart, comme autant de cabinetspratiqués autour de la grotte. On distingue parmi cescabinets un gros pavillon formé par des productions, quireprésentent si bien les pieds, les branches & les têtesdes choux fleurs, qu'il semble que la nature nous aitv oulu montrer par-là comment elle s’y prend pour lavégétation des pierres. Toutes ces figures font de marbreblanc, transparent, cristallisé, qui se caste presque tou-jours de biais & par différens lits comme la pierre ju-daïque. La plupart même de ces pièces font couvertesd une ecorce blanche , & raisonnent comme clu bronze,quand on frappe dessus.
; bur la gauche, un peu au- delà de l’entrée de la grotte,selevent trois ou quatre pilliers ou colonnes de marbre,plantées comme des troncs d’arbres fur la crête d’unepe-tUe roche. Le plus haut de ces troncs a six pieds huitPouces, fur un pied de diamettre, presque cylindrique& d’égale grosseur, si ce n’est en quelques endroits oùil est comme ondoyant, arrondi par la pointe & placéau milieu des autres. Le premier de ces pilliers est dou-ble , & n a qu’environ quatre pieds de haut. Il y a fur lenieme rocher quelques autres pilliers naissans qui fontcomme des bouts de corne ; il s.’y en trouvoit un assezS los : mais il a été cassé. Il présente le tronc d’un arbrecoupe en travers : le milieu qui est comme le corps li-gneux de l’arbre, & d’un arbre brun, tirant fur le grisde rer, large d’environ trois pouces, enveloppé de plu-heurs cercles de différentes couleurs , ou (fautant dedisterens aubiers distingués par six cercles concen-triques , épais d’environ deux ou trois lignes , dontles fibres vont du même centre à la circonférence. Illemble que ces troncs de marbre végètent, car outrequ il ne tombe pas une feule goûte d’eau dans ce lieu, il11 est pas convenable que des goûtes tombant de 1 5 ou30 brasses de haut, aient pû former des pièces cylindri-ques terminées en calotte, dont la régularité n’est pointinterrompue: une goûte se dissiperait plutôt par sa chu-te : il n’en distille certainement point dans cette grotte,comme dans les caves goutieres ordinaires. A peine yPeut-on remarquer quelques nappes dentelées , dont lespointes laissent couler une goûte d’eau fort claire & fortinsipide, formée fans doute par l’humidité de l’air quis y condense en eau, cómme dans les appartemens re-vécus de marbre.
Au fond de la grote,fur la gauche,se présente une py-ramide bien plus surprenante , qu’on appelle Laurel de-puis que M. de Nointel y fit célébrer la messe en 1695.Cette piéce est toute isolée, haute de 14 pieds , sembla-ble en quelque maniéré à une thiare, relevée de plu-sieurs chapiteaux, canelés dans leur longueur & soutenusfur leurs pieds, d’une blancheur éblouissante de mêmeAue tout le reste de la grote. Cette pyramide est peut-ctre la plus belle plante de marbre qui soit dans le mon-de : les ornemens dont elle est chargée font tous en chouxheurs, c’est-à-dire terminés par de gros bouquets, mieuxunis que si un sculpteur venoit de le quiter. Il n’est pasPossible, encore un coup, que cela íe soit fait par lac nutes des goûtes d’eau, comme le prétendent ceux quiex phquent la formation des congélations dans les gro-tes. Il y a beaucoup plus d’apparence que les autres con-S e iatiQns dont nous parlons Sc qui pendent du haut en1S 3 ou qui poussent en différens feus, ont été produitesPar le même principe, c’est-à-dire par la végétation.
, Au bas de Laurel il y a deux demi colonnes qui furent^ornées pour y dresser la table fur laquelle on célébraa messe de minuit, que M. de Nointel y fit dire. Onpava par ses ordres les paroles suivantes fur la base de
a Pyramide.
HIC IPSE CHRITUS ADFUITEJUS NATALI VIE, MEDIA NOCTECELEBRATO MDCLXXIII.
mSfif' ^aire le tour de la pyramide, on passe fous unfafi eu° U Ca binet de congélations, dont le derriere estdrap er - ^otite de four. La porte en est basse ; mais lesté p,**, côtés font des tapisseries d’une grande beau-qi’une probes que l’albâtre : quand on en casse quel-tron confi lntérieure en paroit comme de l’écorce de ci-r arnide Du haut de la voûte qui répond fur la py-> Pendent des festons d’une longueur extraordi-
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narre, lesquels forment pour ainsi dire l’attique deLaurel.
M.deNointel, ambassadeur de France à la Porte, passales trois jours de fête de Noël dans cette grote, accom-pagné de plus de 500 personnes, loir de fa maison, íoitmarchands, corsaires ou gens du pays qui l’a voient sui-vi. Cent grosses torches de cire jaune, & quatre centlampes qui bruloient jour & nuit, étoient si bien dispo-sées qu’il y faiíoir auiìi clair que dans 1 église la mieux il-luminée : on avoir posté des gens d’espace en espace danstous les précipices, depuis Laurel jusqu’à i ouverture de lagrote \ ils se firent le lignai avec leurs mouchoirs, lors-qu on éleva le corps de J. C. A ce lignai 011 mit le feu àvingt-quatre boëtes & à plusieurs pierriers qui croientà l’entrée de la caverne : les trompettes, les hautbois,les fifres, les violons rendirent cette consécration plusmagnifique. L’amba stade tir coucha presque vis-à-vis deLaurel, dans un cabinet long de sept ou huit pas, taillénaturellement dans une de ces grosses tours, dont il a étéparlé ci-devant. A côté de cette tour se voir un trou paroù l’on entre dans une autre caverne,mais períonne n’oiày descendre. On étoit embarrassé comment avoir del’eau, mais à force de chercher on trouva une fontaine àgauche de la montée , c’est une petite caverne où l’eaus’amafse dans les creux des rochers.
Oe furM.de Nointel qui renouvella la mémoire decettegrote. Les gens du pavs n’csoienr y descendre lorsqu’ilarriva à Anriparos ; mais il les encouragea par ses larges-ses. Il avoir avec lui deux habiles dessinateurs & trois ouquatre maçons, avec les outils nécessaires pour détacher&c pour enlever des pièces de ce marbre. On peut direque jamais ambassadeur n’est revenu du Levant avectant de belles choses : la plûpart de ces marbres font en-tre les mains de Bourdelor, de L Académie Royale desinscriptions & des médailles.
Il y a encore un mot à dire touchant la grote d’Anti-pater , c’est ainsi qu’on nomme une petite caverne, danslaquelle on entre par une fenêtre carrée , ouverte dans lefond de la caverne qui lerr comme de vestibule à la gran-de grote. Celle d’Annpater est revêtue de marbre cristal-lisé & canelé ; c’est une espèce de fission de plein pied âson ouverture, qui paraîtrait fort agréable si onn’avoicpas été ébloui par les merveilles dé la grande grote.
La croupe de la montagne où font ces groces est com-me pavée de cristallisations transparentes, semblables autalc ordinaire; mais qui se cassent toujours en lozangesou en cubes ; on en trouve de pareilles en Candie fur leMont Ida & à Marseille sur la baume de M. Puget, §t àSaint-Michel d’eau douce. Des bords de la caverne d’An-riparos pendent quelques pieds de ce beaucapprier lansépines, dont on confit le fruit dans les illes. Le reste dela montagne est couvert de thym de crête, de faux dic-tante , de cèdres à feuilles de cyprès, de lentisques, desquilies. Toutes ces plantes font communes dans les illesde Grèce, & celle d’Anriparos ne mériterait guères de-tre visitée fans cette belle grote.
Le canal qui est entre Antìparos & Paros n’est qued’un mille de large : on en compte cependant six ou sept cluport d’Antiparos à celui de Paros. C’est cette distance quifait croire qu’Antiparos est Lille que les anciens ont con-nue fous le nom d’OnAROs. 11 est difficile de ne pas enconvenir après le passage qu’Etienne le Géographe nousa conservé du Traité des illes d’Héraclisse du Pont, quifait d ’Oliaros une colonie de Sidoniens, & qui placecette isie environ à sept milles de Paros, distance qui ré-pond tout à fait à celle du trajet,dont on vient de parler.Tournefort, voyage du Levant, t. 1 , /. 5 } p. 71 sui-vantes j L. 1.
ANTIPATRIA, ville de Macédoine, dans la Dareti-de. l'olybe en fait mention, l. 5, p. 6 ?.o, Sc Tite Live,/. 31, c. ij, qui nous raconte comment elle fur prise parles Romains, dit qu’elle étoit située dans un défilé oupassage étroit.
ANTIPATRIDE, Antìpatrìs : quelques - uns dilen tmal Antipatros. On ne convient pas de la véritablesituation-de cette ville. Les anciens, comme Joie ph& Laurent du livre des Machabées, ( b ) ont ssir qu elles’appelloit anciennement Capharsaiama. Joleph _( c )Lappelle encore Caphar-Saba, & la place a cent cin-quante stades ou dix-huit mille pas sse Joppe. Le me-rne Joseph (d) ajoute que ce fut Herode le Grand qui' Tome-I. Qq ij