3 2 1 A P E
ne sort point de l’Italie, & comme je le prouve ailleurs,il y a entre les diverses chaînes de montagnes une dispo-sition qui fait la principale cause de la solidité de toutela malle de la terre , & elles ont entre elles des rapportspeu diíFérens de ceux qui font encre les os du corpsanimal.
Il est impossible de décider d’où vient le nom d’A-pennin. Semas, Isidore & Paul Diacre, le dérivent desCarthaginois, nommés Pceni par les Latins; mais c'estune badinerie. Etienne le géographe le nomme Apen-nion, Astswmv , & Denis le Périégete (vers 343,) demême. Dans les chroniques des Saxons, au rapport deReineccius, de jamiliis òyntagm. cité par Ortelius, The*saur. ces montagnes font appellées das Parther Geburge 3c’est-à-dire la montagne des Parthes. Reineccius avouequ’il ne fait pourquoi on leur a donné ce nom. Orteliusen donne une raison assez judicieuse. Il remarque quePaul Diacre, dans son histoire des Lombards, /. 5 & 4<j , & Otton de Frisingue, /. 2, de Geft. Frider. /, nom-ment ce mont Bardonis mons ; 6c que Conrad de Lich-tenau écrit le mot Bardonis par un P 3 Pardonis, fauteordinaire à fa nation qui distingue rarement le B. du P,le D. du T , &c. Il n’y a pas lieu de douter que le Par-tiier des Allemands ne ioit dérivé delà. Le mont Bar-don est un des sommets de l’Apennin, entre le Parme-san & le territoire de Lucques. Je marquerai ci-après lesdivers noms que porte présentement 1 Apennin, suivantla différence des lieux. L’Apennin se partage au midi endeux espèces de cornes, dont une qui passe par la terred’Otrante, & va jusqu a la Mer de Gréce, fait le talonde la botte, à laquelle 011 compare Pltalie ; l’autre s’a-vançant à i’occident vers la Sicile, parcourt la Calabreultérieure, 6c forme la partie antérieure du pied.
Sa hauteur est égale à celle des Alpes, si nous en croyonsSilius Italiens, /. 2, v. 314.
Alpìbus aquatumat tollens caput Ápenninus.
Lucain semble lui donner encore plus d’élévation :
Qua collibus ApenninusErïgit Italiam 3 nullo qua vertice tellusAldus intumuit propiusque accejsit Olympo.
Pour juger de fa longueur, il faudroit convenir de l’en-droit où il commence ; car pour celui où il se termineau midi, on est d’accord qu’il finit à Leucopetra , ou aucap que les anciens ont nommé Brutïum Promontorium 36c que les modernes nomment Punta délia Saetta. Iln’en est pas de même du commencement ; 8c bien loinque ce soit une chose fixée, il y a là-dessus cinq opinionsdifférentes. La premiere est celle d’Appien, in Hannib.qui prétend qu’il s’éleve immédiatement au sortir desAlpes, & qu’il parcourt delà toute l’Italie. Polybe, l. z,c. 14, semble être de' ce sentiment, lorsqu il dit quel’Apennin & les Alpes se joignent ensemble au-dessus deMarseille, & que le Pô a sa source sur le sommet qui faitla liaison des Alpes & de l’Apennin.
La seconde opinion en met le commencement au lieunommé Fada Sabbada , entre Savone & Albengue. D.Brutus, Famil. /. 11, Epijì. 13, en parle dans ce sens-lden une lettre qu’il écrit à Cicéron , à qui il marque queFada étoit un lieu situé entre l’Apennin & les Alpes.
La troisième est de Strabon, l. 4, p. 201, qui com-mence l’Apennin à la ville de Gènes ; mais il íe trompeen ce qu’il borne les Alpes à Vada Sabbatia, où il n’y apoint cl’interruption de montagnes.
La quatrième est celle de Tite-Live, /. 21 , c. 54, quimet la liaison des Alpes & de l’Apennin à la source dela Trebbia.
La cinquième est des auteurs du moyen âge qui avan-cent les Alpes jusqu’à la Toscane, & aux frontières del’Emilie. C’est dans ce sens qu’Agathias, /. 1 , appelleAlpes les montagnes qui font entre la Toscane 6c l’E-milie : 6c Lucain, /. 1 , v. 219, dans fa Pharsale, dit quele Rubicon étoit grossi pat la fonte des neiges des Alpes.Servius & Isidore s’accordent avec Agathias, 8c leursentiment semble confirmé par le nom de Caflello dell’Alpi j que porte encore à présent un bourg situé entreFlorence & Césenne. Clavier, Ital. ant. L 1 , p. 3 x &32, croît que cette partie de l’Apennin a été nomméeAlpes par les Gaulois, a cause qu’en leitr langue ce nomest commun à toutes les hautes montagnes. Lucain faitde l’Apennin une description d’autant plus belle qu’il
APE
nomme une partie des rivières qui y ont leur source ycar on peut appeller certe montagne le grand réservoir^des eaux dont i'Itahe est arrosée.
Umbross mediam qua collïbus ApenninusErigit Italiam 3 nullo quà vertice tellusAldus intumuit propiusque accejjìt Olympo.
Mons inter geminas médius se porrigit undasInjerni superique maris : colles que cuercentHinc Tyrrhena vado frangeâtes œquora Pise 3Illinc Dalmaticis obnoxia fluclibus Ancon.
Fondbus hic vaftis immenjos concipit amnes 3Fluminaque in gemini spargit divorda pond.
In lœyum cecidere latus 3 veloxque Metaurus (1) >Cruftumiumque (2) rapax & junclus Isapis (3) IJ'auro (4)Sennaque (5) d Adrìacas qui verberatAufìdus (6)undasiQuoque magis nullum tellus se solvit in amnern 3Eridanus 3 (7) fraclasque evolvit in aquoraJ'ylvas 3
Hesperiamque exhaurit aquis .
Dexteriorapetens montis declivia Tybrim (8)
Unda facit 3 Rutubamque (9) cavum : delabitur indeVulturnusque (10) celer 3 noclurnaque editor auraSarnus (1 x) & umbrofa Liris (12 )per régna MariaiVeftinis impulsas aquis 3 radensque SaleraiGulta Siler .'(13) nullasquc vado qui Macra (14) moratuSìAlnos vicinœ, procurât in aquora Lunx.
Longior eduHo qua surgit in aéra dorsoGallica rura videt, devexasque decipit Alpes-.
Brebeuf, ne pouvant exprimer poétiquement le nom dsces rivières, s’est contenté de s’étendre fur le Pô. Le nommoderne des rivières que Lucain marque dans cette des-cription font 1. le Métro 2. la Conca, 3. le Savio, 4. laFoglia, 5. le Senno , 6. l’Offanto, 7. le Pô. Ces rivièrescoulent vers Ecrient, & se perdent dans la Mer Adriatique.Celles qui suivent coulent vers le couchant dans la Mer deToscane, 8. le Tibre, 9. la Rotta, 10. le Vulturno, 11. I eSarno, 12. leGarighlan, 13. leSelo, 14. laMagra.
Quoique toutes ces montagnes, en général, soientdésignées par le nom d’Apennin, elles ont cependantleurs noms particuliers. Il y en a un très-grand nombre »puisqu’il n’y a guères de cime qui naît le sien ; voie*les principaux d entre ces noms. Je les donne ici en la-tin , 8c en italien selon la nomenclature, & les bornesqu’en fournit Baudrand.
II monte Semola 3 en latin Semola 3 dans 1 ’état de Gè-nes aux confins du comté de Nice, vers les sources duTanaro.
II monte Acuto 3 en latin Acutus 3 près du Tanaro dansl’état de Gènes.
II monte Ber géra (ou Bergora) en latin Ber géra, pi' eSde Savone dans l’état de Gènes.
II monte Zova 3 en latin Zovus , à la source de la P ot'cevera, dont l’embouchure est auprès de Gènes à l’occi"dent, & de la Scrivia qui va chercher le Pô.
II monte Cervara 3 en latin Suismontium 3 dans la parti®orientale de l’état de Gènes.
II monte Bruno 3 en latin Brunus , aux sources de PTrebbia.
II monte Bovo 3 en latin Bovius , à la source du Tare.
IImonte Codoro 3 en latin Auginus (ou selon Magù 1monte Gottaro ) á la source de la Votra qui coule à B rll>gneto dans l’état de Gènes.
II monte Centocroce 3 en latin mons Centum Cruciufít >tout auprès, & au nord-est de la derniere. Ces trois s° nCfort voilures l’une de l’autre.
II monte Borgada 3 en latin mons Anidus 3 à la fous®de la Magra.
II monte Pcnese 3 en latin Balisa. Toutes ces mo ntígnes jusqu a présent sont dans l’état de Gènes. «
II monte S. Pelegrino 3 en latin mons Latus 3 furconfins de letat de Luque, & de l’état de Modene- ,ll Giogo 3 en latin mons Jugi 3 dans la Toscane aupde Firenzuola. —
U monte dell’ Averno 3 en latin Alvernus , dans lu-cane près de la Romagne. t ^
11 monte Cucco 3 en latin Cuccus 3 dans le duché d Drprès de Gubio. .
11 monte Vittore 3 en latin Ficlor 3 entre EOmbrieMarche d’Ancône. . • re
11 monte Maiella , en latin Nicates 3 près de la rivide Pescara.