Band 
Tome premier. A - B.
Seite
358
JPEG-Download
 

^8 ARA

bâtirent leur maison de ville. Le gouvernement est lemême qu’à Zoffingue, c’est-à-dire que quoique la villesoit sous la souveraineté du canton de Berne, elle est in-dépendante des baillifs. Les habitans font li jaloux deleurs franchises que si un bourgeois , condamné par sesjuges, appelle de leur jugement à Berne, il perd ía bour-geoisie. ( b ) Les fontaines qui coulent par les rues ne don-nent pas peu d’agrément à cette ville qui est dans unecontrée très-fertile en bleds. Les foires qui s’y tiennentla rendent célèbre, Sc plus encore le choix qu’en ont faitles cantons protestans, pour être le lieu de leurs assem-blées. Araw est souvent nommé dans l’histoire helvéti-que , surtout en 1712, ( c ) au sujet des conférences quel’on y tenoit pour calmer les cantons , qui avoient prisles armes à 1 occasion de l’abbé de S- Gai. * (-) Délices de laSuisse,t. 1, p. 141. (b) Jouvin de Rochesort 3 Y oyag. (c) Hist.dutems, lett. hist. Long. 25, 30' latit. 47, 25'.

ARAWARI, riviere de l’Arnérique méridionale dansla Guiane. Elle prend fa source du côté du couchant, Scse rend dans l’Amazone à son embouchure entre le capde Nord Sc Macapa. Elle a encore une autre bouche,mais moins considérable entre le cap de Nord Sc les istesqui couvrent ce cap. Aujourd’hui elle est fermée par dessables. Carte de l’Amérique, par de la Condamine.

ARAUZÛNA, ville de i’íllyrie, selon Ptolomée, /. 2,c. 17. Niger croit que c’est O'stròviza. Simler la prendpour Suonigra, Sc tient que c’est la même que I’Arausad’Antonin. Ortelius n’est pas de cet avis.

ARAXA , ville de la Lycie, selon Ptolomée, /. 5, c. 5.Etienne le géographe la nomme austì Araxa. Elle étoitville épiscopale , Sc avoir Myre pour métropole, selonCar. à S. Paulo j géogt. sacr. p. 238. On voit Léontius«ntre les évêques qui souscrivirent à la lettre synodalede cette province & au concile de Chalcédoine. Orteliustrouve que ce siège est nommé Araxis dans ce concile.

1. ARAXzE Sc Araxi , peuple de l’Illyrie, selon Etien-ne le géographe qui cite Alexander Cornélius.

ARAXA, Sc Araxi, peuple de la Colchide, selonOrphée, dans ses argonautiques.

AR AX AI., riviere de fAmérique méridionale au Bré-sil, & vers la capitaliste de Paraïba, où elle se rend dansJa riviere de Mongaguaba. * Baudrand 3 éd. 1705.

ARAXATES. Voyez Jaxàrte.

.1. ARAXE, fleuve d’Asie dans l’Arménie. Baudrand,éd. 1705, le nomme I’Arais , après Ortelius. Leuncla-vius l’appelle Achlar. Les habitans du pays, selon The-vet, le nomment Colachz. Chardin, dans ses voyages,t. 2, p. 307 & 308 , dit : nous couchâmes fur les bordsdu fleuve A taxe que les orientaux nomment Aras ScAres. De Tournefort, t. 2, p. 144, dit : nous commen-çâmes à voir la riviere d’Aras, si connue autrefois fousle nom d’Araxe. Elle passe à quatre lieues du mont Ara-rath. On peut conclure de ces deux habiles voyayeursque le nom oriental de l’Araxe est présentement I’Aras.Plutarque le géographe dit que son premier nom étoitBactrum , puis Almum. Erythrée, dans son indice surVirgile, croit que Dorinx étoit un des noms de l’Araxe.Les modernes ne s’accordenr pas fur le lieu de fa source.Chardin, t- 2, p. 309 , suivi par quantité d’autres, ditqu’il a fa source dans le mont où l’on tient que s’arrètal’arche de Noé 3 Sc c’est peut-être de ce mont célébréd’Ararath qu’il tire son nom. Cette conjecture est d’au-tant plus frivole qu’elle est fondée fur une fausse suppo-sition. L’Araxe passe à quatre lieues du mont Arararh ,selon de Tournefort, qui a vu lui-même qu’elle n’a au-cun autre ruisseau que celui d’Acourlou. C’est ce ruisseauqui joint l’Araxe que l’on a pris pour fa source, quoiquelorsqu il le reçoit il soit dé ja auflì large que la Seine l’esta Paris. De Tournefort, guidé par les anciens, a trouvéla source de l’Araxe dans les fameuses montagnes d’oùl’Euphrate commence à couler. Nous la trouvâmes, dit-il, â Assancalé, proche d’Erzeron , d’où l’Euphrate n’estpas éloigné. D. Calmet croit que c’est le Gehon marquédans Moise, GeneJ. c. 1 5 v _ ^ j - il £e fonde sur ce que lemot de Gejìon en hébreu signifie Couler avec impétuo-sité , de me me qu Araxe en grec ; de sorte que l’un neseroit qu une traduction de l’autre. Tous les voyageursconviennent de fa rapidité. II est grand Sc fort rapide ,dit Chardin. Il s enfle durant son cours de plusieurs pe-tits fleuves qui n’ont point de nom , & de beaucoup detorrens. On a bâti diverses fois clés ponts dessus à Juifa,

ARA

Sc en d’autres endroits ; mais quelque forts & massssqu’ils fussent, comme il paroît à des arches qui font en-core entieres , ils n’ont pu tenir contre l’efforc du fleuve.Il est si furieux, lorsque le dégel le groilit des neiges fon-dues des monts voisins, qu’il n’y a ni digue m autre bâ-timent qu’il n’emporte j le bruit de ses eaux Sc la rapi-dité de son cours effrayent. Nous le passâmes , dir lemême auteur, dans un grand bateau fait pour passer 2.0chevaux Sc trente hommes à la fois ; quarte hommes lemenoient. Ils remontèrent environ crois cens pas le longdu bord, Sc peu après s’érant engagés dans le fil de l’eau,ils y abandonnèrent la barque , se servant d’un long SCfort gouvernail pour l’en tirer Sc là faire aborder à l’autrerive. Le courant l’emportoit avec tant de rapidité, qu’illui fit faire cinq cens pas en un instant. L’hiver, quandles eaux íont basses, on le passe à gué fur des chameaux Jle gué est à demi-lieue de Juifa, en un endroit où son Istétant fort large, il y court beaucoup plus â son aise. DeTournefort, p. 151, dit qu’il le passa à gué le 13 d’aoùr-Cette riviere est, dit-il, connue pour indocile depuis lesiécle d’Auguste. Elle est trop rapide pour souffrir desponts, Sc autrefois elle a renversé ceux que les maîtresdu monde y avoient fait construire. Virgile, JEnád, L 8,v■ 728 , dit :

Pontem indignants Araxes.

Cependant Lucas (dans son voyage d n Levant, toni*1, c. 27, p. 224, éd. d’Amsterd.) dit avoir passé à côtéd’un grand pont de pierre fort bien bâti, sous lequelpasse l’Araxe. On a vu fur les bords de ce fleuve les plusfameux conquérans de l’antiquité , Xercès, Alexandre »Lucullus , Pompée, Mithridate, Antoine : il séparentl’Arménie d’avec le pays des Médes ; ainsi les trois Egli-ses Sc Erivan font dans la Médie. Artaxate, qui est au-jourd’hui ruinée, & dont les restes font nommés Arda-chat ou Ardechier, étoit capitale de l’Arménie, Sc la plusconsidérable ville que l’antiquité ait vue fur les bords dece fleuve. L’Araxe avoir autrefois son embouchure dansla Mer Caspienne, Sc communiquent avec le Cyrus patun canal du nord au sud. Ptolomée le marque ainsi. Pom-ponius Mêla, /. 3, c. 5, en parloir dans le même sens bienïongtems avant Ptolomée (/. 11 ,p. 529.) Strabon,pluSancien queux , Sc Plutarque , dans la vie de Pompée »disent qu’il se joint au Cyrus avant cl’entrer dans la MetCaspienne. Pline , /. 6 , c, 9 , dit qu’il y a beaucoup d’o-pinions différentes a ce sujet j mais il adopte le sentimentde ceux qui donnent la même embouchure à ces tien*rivières: Araxes eodem monte quo Euphrates vipajfuum intervallo : auclusque amne Mus & ipse 3 ut pit-res existimavere , à Cyro dejertur in Caspium mare. In-nommé Capotes Sc Abus la montagne où sont les sour-ces de l’Euphrate Sc de l’Araxe. Corneille le Brunge de Perse , pag. 165, qui a été au confluent de 1 'ÁT& SSc du Kit r (c’est le nom moderne du Cyrus) dit que I 5premier a fa source dans les montagnes A’Algeron. Leu rjonction fe fait une demi - lieue au-dessus de Sgav/ad,grand village. Après avoir uni leurs eaux, elles coulentensemble vers le nord-est jusqu’au-delà de Sgav/ad, d’o uelles continuent lents cours â lest, Sc vont en serpentantse décharger dans la Mer Caspienne.

2. ARAXE, fleuve de Perse, différent du précédent’Quinte-Curse , /. 5, c. 6 , en parle ainsi : la Perse,

1 autre côté, est fermée d’une ceinture de montagnes st')(ont seize cens stades depuis le mont Caucase jusq^Ala Mer Rouge ; la mer commence où le mont finit, ^fait un autre rempart. Au pied de ces montagnes estcampagne large & spacieuse , très-fertile, Sc rempH evilles & de villages. L’Araxe, enflé de plusieurs torrensla coupe par le milieu pour s'aller joindre au Méde» f"le Méde fe va rendre dans la mer du côté du midi. P sl ‘a point de fleuve plus propre à engraisser les terres st 1 'ce dernier. Strabon , 1 . 15 ,p. 719, dit au contraste st 1test le Méde, qui, descendant de la Médie, ton)b e a1 Araxe, dont la lource est aux monts Para:ra c '^ ns Aajoute qu’ils coulent ensemble dans une vallée rres "tile en tout, qui confine à la Caïmanie & aU xorientales du pays, auffi-bien que Perfépolis. Leauteur dir qu’Alexandre passe l’Araxe auprès de PePpolis. On ne doute point aujourd’hui que les ruinescette capitale, qu’Alexandre incendia par nne lâche coplaisance, ne soient au lieu quç l’on nomme aujourd 1