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ville, le monastère d’Iwan, beau bâtiment de pierre : deuxautres cloîtres & plusieurs SLabodcs , ou íauxbourgs,dont l’e principal est celui des soldats : il est à l’est de laville , le long de la rivierede Koétoeme, qui tombe dansle Wolga. Les vaisseaux d u Czar font à côté de celui deBalda , vis-à-vis de la ville. Ceux de Cajuuse Sc de Sie-pïélewe fervent de demeure à toutes fortes de gens. LaSlabods desTarcares est séparée de toutes les autres , 6cpresque bâtie de terre & d'argile , qu on sèche au so-leil pour en faire des pierres. Ils y demeurent pendantl’hyver, 6c en pleine campagne en été. En 1702., la moi-tié d’Astracan fur réduite en cendres j on rétablit prompte-ment le dommage ; mais en 1718, le feu consuma denouveau plus des deux tiers de cette même ville que l’ona travaillé depuis à réparer.
On voyoiten 1703 aux environs d’Astracan un grandnombre de potences, à chacune desquelles il y avoir unedemi douzaine de Cosaques pendus. Ils s’étotent révol-tés 6c postés dans un lieu nommé Gragan , fur la rivierede ce nom, avec trois pièces de canon 6c deux drapeaux :on les y assiégea , 6c ils lurent obligés de se rendre à dis-crétion au bout de x 5 jours , après s’être défendus cou-rageusement ; ce fut le dix Août 1702. La plupart furentpendus fur les frontières de Ruíîie , où ils avoient le plusexercé leurs brigandages. Ily en eut aussi plusieurs qui souf-frirent le même supplice à Astracan; outre trente des prin-cipaux , qui furent envoyés à Moscou, où les uns furentdécapités 6c les autres pendus. On envoya leurs femmes6c leurs enfans à Casim, On dir que pendant tout le coursdu siège, on entendoit hurler à minuit 4 à jooSiakallesou chiens sauvages, d’nne maniéré incompréhensible, 6cqu’on n’en avoir plus vû, ni entendu après la reddition dela place.
Les troupes que l’on tenoit en ce tems-là en garnisonà Astracan étoient le régi ment de Wigne, de 1000 soldats,fans compter les officiers ; 600 Stresses ou Strelitzes Mos-covites , commandés par 6 capitaines & 12 sergens : 3autres régimens de Stresses, natifs du pays , chacun de300 hommes, commandés par un colonel 6c trois stolni-ques ou capitaines ; 2 régimens de cavalerie , chacun de500 Rulsiens natifs de cette ville. En tout environ 3 500hommes. Le Régiment de Wigne avoir 13 pièces de ca-non.
Les provisions y abondent, à la réserve du bled quel’on apporte de Casan & d’atitres endroits, 6c fur touc lepoisson. Celui qu’on estime le plus est le , ils’en
trouve qui ont deux brasses de long. Le Strelet y a uneaune de long ; 6c on peut dire que c’est le meilleur pois-son de la Ruílie. Ilse vend jusqu a 6 ou 7 toubels à Mos-cou, lorsqu’il est en vie, 6c 011 n’en donne à Astracan quedeux ou trois fols. On le grille, 6c c’est le plus délicieuxpoisson qu’on puiíïe manger. Il s’en trouve de deux sortes,dont les uns font plus gros de bec que les autres , 6c engénéral il a assez de rapport à PÉsturgeon. Les Sévercekesne diffèrent en rien de PÉsturgeon , qu’ils nomment^/-fetrine Le Caviar se tire des Béloeges , des A{fétrines 6cdes Seyroesmes ; 6c on le transporte de tous côtés. Ils ontauísi un très-bon poisson qu’ils nomment Soédack , qu’onaccommode comme la merluche, quantité de perches 6cde brochets , un poisson qui ressemble au hareng, 6c deplusieurs autres sortes. Les plus gros 6c ceux qui valìent lemoins sonr les Modienes ,qtûont de grosses têtes. Le Wol-ga produit enfin plus de poisson qu’on n’en peut consom-mer. On en donne au commun peuple trois ou quatred’un pied de long pour un morceau de pain , qui 11’y estpas cher non plus. Les brêmes 6c les carpes n’y abondentpas moins. En fin on y achète des pêcheurs hors de la ville,des Sévéroeckes de la grandeur des merluches qui ne re-viennent pas à plus de cinq ou fix soli, d’où l’on peut ju-ger duprix du poisson en général. Ils ont encore un périrpoiston rond, qui a trois pouces de large , 6c qui est longà proportion , qu’ils nomment Viocnie , qu’on trouvedans un endroit profond comme un puits, dans lequel sej.ettte une petite riviere.
. Il y a environ quarante familles d’Arméniens aux en-virons cie cetteville : ils y ont des boutiques, comme onl’a deja observe. Les Indiensy demeurent dans leur Cara-vanferài, où ils font leur negoce. Leur nombre n'est pasinférieur à celui des Arméniens ; mais ils n’ont pas defemmes.
CeCaravanserai est assez grand 6c ceint dune muraille
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carrée de pierre, laquelle a plusieurs portes. Il y a des gar-des aux deux principales, 6c on les terme à une certain®heure. Les marchands Arméniens qui vont 6c qM van-nent , y prennent leur logement. Il y en a même q ul fdemeurent 6c y tiennent boutique. Ils ont des chans ,0^des quartiers séparés. Celui des pasiagers est à deux ®*ages avec des galleries ; 6c celui des Indiens, qrû W, __
f autre côté, est tout de bois ; mais ils y ont fiait bâtira f
puis peu un magasin de pierre, de crainte du feu. C® 7 1riment est large 6c profond, 6c a 40 pieds en carré. Les Améniens avoient commencé en 1703 à en faire un I e *?'biable , dont les fondemens étoient déja élevés d® 1pieds. . _ -ft
La plupart des jardins qui font autour de la vill® i°‘ 5remplis de vignes 6c d’arbres fruitiers, & sur-tout dpommiers, de poiriers, de pruniers 6c d’abricoriers, do»les fruits ne font pas des meilleurs; mais on y trouve oemelons d’eau admirables, qui surpassent ceux de Perse- I‘ Slaissent croître leurs vignes à la hauteur d’un homme ,taillent, 6c Panachent à des échalas. Le raisin en est n° ir>ou d’un bleu fort foncé, 6c assez gros, à ce qu’on rap'porte. Ceux qui croissent dans les jardins des particuliers;soit Arméniens ou au tres,quì ne font pas en grand nombr®?se vendent au marché : mais on fait du vin de ceux q’j 1croissent dans les jardins ou vignobles dont on vien* d®parler , qui four presque tous au Czar , qui en tire i®profit. Ces vins font rouges SC assez agréables. Le terreU 1y est fort sablonneux ; 6c comme il s’y trouve des font'ces, ils font de grands puits dans leurs jardins, 6c y con-duisent Peau par des canaux souterrains. OnlatireenfuA®de ces puits à l’aide d’une grande roue; à laquelle on attsscite des baquets ; 6c on la veríe dans des goutiéres de b?! 5qui la font aller par tout le jardin. Un ssul chameau h' 11 !tourner coures ces roues. Ces jardins ou vignobles font*2 ou trois werstes de la ville ; 6c on en augmente t° uSles jours le nombre : 6c comme ils font ouverts , on y 21placé des guérites élevées à de certaines distances, où l’ olJtient des sentinelles pour empêcher qu’on n’en vol® * efruit de la saison. O11 dir que ces vignes ont été apport®®^par les marchands Persans, qui les ont plantées. .
On volt aux environs d’Astracan entre autres,un fort b e *oiseau ressemblant assez à un héron par le corps 6cpa r ^pieds ; mais il a la tète parfaitement belle auísi bien q? ele bec. Il a une houpe blanche 6c pointue ; le bec noir»long de dix pouces 6c large d’un pouce 6c demi, dont 1®bout ressemble à deux cuillers, avec une petire tacs®jaune, on le nomme Lépelaer Sc Colpetje en langue R®.'sienne. Ils’entrouveàcequ’onditdesemblables en Petf®>Sc on les y nomme Goli. II y a ici des hérons que l’on nossjme ’ tSe'poere : ils font de différentes couleurs , blancsviolets, comme les paons gris ou noirs.
On a remarqué qu’auprès d’Astracan, 6c communém® 11le long de la riviere du Wolga, la terre produit desimples en grande quantité, 6c d’unegrosseur incroyant’l’herbe que les Latins appellent EsuLa^y croît de la haut®!?d’un homme, 6c la racine d’angelique de la grosseur <aUbras. * Oléarius Voyages de Moscovie, p. 3 31.
Il y a environ dix ans, selon les mémoires de l’ewss*Rulsien,p. 22 6, qu’un François réfugié,nommé PoU» eC ’fut envoyé par le feu Czar à Astracan pour y comm® stCedes vignobles de plant de France, 6c essayer auparava 11 ^la bonté d u terroir. Il y planta quelques íeps aveccoup de difficulté. Le raisin qu’il en recueillir av®? 1 ^même couleur Si la même beauté, mais non pas la w®^force ni la même fève qu’il a en France. Il en avoit'app, ^avec lui de sept sortes, pour en faire goûter à fa inaj®u?^savoirs’il devoiteonrinuer ou abandonner cette entr®?*^!Il vouloir en même tems présenter un mémoire pat i®ss ^il promettoit qu’en peu d’années, on tirerait par le fUV;des vers à soye une si grande abondance de soye d A £can , que non-seulement toute la Russie pourroit * e Jjfetfer des soyes de Perse, mais qu’il en resterait enc° rC j 0 Rpour négocier hors de J’empire Ruísien. Il ^rss^ffigtpour cela que fa Majesté lui procurât dix -huit a .^mille jeunes plants de mûriers: mais il De P ar ° ar là;que ce projet ait eu d’exécution. On peur jug er P en -combien le climat seroit fertiles’il y pleuvoir; t 03 . 1 ipê-dant tour l’été il y régne une sécheresse brûlante < j ul ,y 0 fg3che routes les plantes de profiter. Il est vrai que le >jlse déborde au printems par la crue des neiges , oC 4 ^fertilise les terres fur lesquelles il fe répand ; w