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Tome premier. A - B.
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pont. ll y a environ deux mille ans que le MacédonienCassander, ayant donné Tadministration de la ville aucélébré philosopheDémétrius le Phalérien,il s’y trouva 1 1mille citoyens , c’est-à-dire chefs de famille, ce qui sup-pose unegrandefuite, dix mille étrangers établis Sc qua-tre cens esclaves j c’est le témoignage d’Athénée , qui l’aemprunté de Ctéiicles. Les gens de i’un & l’autre sexe yfont bien-faits, & d’un tempérament admirable, qui lesfait vivre long-tems ; ce qu’ils attribuent à la nourri-ture, Sc au miel, dont les Athéniens mangent beaucoup,il y est exquis. Ils font naturellement fort dissimulés , Scdune humeur très intéressée. Les femmes y font bonnes ,pieuses Sc fort chastes. Le langage y est le plus pur ôc lemoins corrompu de la Grèce ; le Grec littéral, qui n’estguere entendu ailleurs, lest à Athènes; quand ils parlent,ils ont un ton musical, qui approche fort du chant. Laplupart des Mahométans d’Athénes ne parlent que la lan-gue Grecque, faute de commerce avec les Turcs de dé-hors. Quand ils en rencontrent quelqu’un d’un autre pays,ils vont saborder ; en levant bien haut le pouce versle ciel. Si l’autre ne fait pas le Grec, la conversation estfinie. L’habit ne sert guere à les discerner. A l’exceptiondu turban , ils font tous vêtus à la Grecque , Sc rien nedistingue extérieurement les femmes des Turcs de cellesdes Grecs.

Il y a trois mosquées à Athènes, une dans le château;c’est le beau temple de Minerve, Lc deux dans la ville,dont la principale est le panthéon qu’Adrien y fit bâtir.Il y a quatre juridictions dans Athènes; savoir celle duSardar , qui loge dans la ville dont il est gouverneur ; ilest chef des Janniífaires ou de la milice du plat pays; celledu Disdar , qui est gouverneur du château, Sc qui y loge,commandant les Jannissaires de la garnison ; cellfe du Ca-di , qui est logé dans la ville, & qui y fait tout à la foisla fonds ion de lieutenant criminel, & de juge de police.La quatrième juridiction appellée des Vecchiades , estaffectée aux chrétiens , ce font vingt-quatre vieillards ,choisis entre les meilleures familles chrétiennes d’Athè-nes, pour régler les affaires particulières de chrétienà chrétien. Comme on peut apjaeller de leur sentencedevant le Cadi, ils agissent plutôt en médiateurs qu’enjuges , Sc tâchent d’engager les parties à s’accommoder àí’amiable. Ces Vecchiades portent de petits chapeaux ,pour se distinguer des autres habitans. Ils possèdent cettecharge pendant leur vie, & lorsqu’il en meurt quelqu’un,les autres nomment à fa place Sc font approuver leurélection par le Cadi. Leur tribunal n’a point de lieu fixe;ils s’assemblent tantôt chez les Paléologues, (tantôt chezles Capitanakis, ou chez les plus anciens d’entre eux.Leur secrétaire ou greffier garde les minutes de tous lescontrats quota passe à Athènes, pour les ventes Sc achatsde maisons & de biens immeubles. Le Cadi les ratifie. Leschrétiens n’ont pas de peine à s’affranchir pour un peud’argent du tribut des enfans pour le caratge, qui est letribut par tête, il est à Athènes de deux écus tous les ans ;mais les femmes n’y payent rien.

Le chateau d’Athénes, qui du tems qu’elle florissoit,étoit au milieu de la ville 8c que l’on appelloit indif-féremment , Glaucopium , Parthénon , Cccropia , Polis ,Acropohs & Enncapylon _, parcequ’il avoir neuf portes,quoiqu’il n’y eut qu’une avenue , est présentement surune montagne que les anciens appelíoient Trkonion ,parce qu’elle étoit consacrée à la déesse Minerve. Elleest fort escarpée du côté de la ville , & on la nommeCastro. Sur le haut du roc,ôn voir une des églises appelléesPanagia. Elle passe pour la grotte si fameuse dans l’anti-iquité, par les avantures d’Apollon Sc de Creuse , fille duroi d’Athénes. On tient que les Athéniens en firent en-suite un temple qu’ils coníacrerenten commun à Apollon8c a Pan. Rien n’est plus célèbre que le chemin qui con-duit ds Panagia au château. Ce font les ruines d u Lycée ,fameuse école où Aristoteenseignoit la Philosophie >: l’es-planade en est agréable, mais on n’y voir aucune marquedu lieu ou ïes Athlètes s’exerçoient à la lute, Sc qu’on ap-pelloit PaUstra, C’étoit fur ce même terrein que les jeu-nes hommes d’Athénes, nouvellement levés dans destems de guerre , assoient apprendre l’exercice- Les Athé-niens y venoient austì manger en public certains jours.On y voit encore, les ruines d’un aqueduc, Sc l’on dé-mêle l’endroit ou etoit autrefois la fontaine Panopis, quel’on appelloit auffi Diocharis , parce qu’elle étoit au dé-

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bots d’une des portes de la ville, qui avoir ce nom-a encore quelques arbres, mais leur tronc ne tient rien ^ce platane , dont la grosseur excessive a été citee P argrands auteurs. Comme l’ombrage Sc la fraîcheur des arbres que l’on y voir, en avoir fait le lieu de la promenades Athéniens, ils l'appelloient par cette raison Peripatst’U y a grande apparence que cette commodité y aCtl ,Aristote , Sc lui donna lieu d’enseigner ses disciples en ^promenant, d’où ceux de fa secte onc été nommes I ; eri ^patéticiens- Dans le premier rems , le Lycée avoireretemple consacré à Apollon, surnommé Lycien. P roCde là étoit le tombeau de Nicus , roi de Mégare. C et0 ^encore au Lycée qu étoit le tribunal du Polemarque ’ .troisième des neuf Archontes, dont la dignité ne d 01qu’un an. Le premier étoit appellé par excellence Atch-ou Eponyme ; Sc le second , roi des sacrifices. Lesautres prenoienc en commun le nom de Thcsmothct^ 5 'Ce tribunal du Lycée étoit pour les étrangers. Penda^la guerre le Polémarque étoit capitaine général de j a re ^publique, Sc pendant la paix, juge des différons qui mvenoient entre les étrangers Sc les habitans. Près du V*bunal on voyoit le temple de Lycus ou Lycius, h" .Pandion. Sa statue reprélèntoit un loup _, Sc il y en avode pareilles à tous les tribunaux de la ville. J’ai traitel’Aréopage dans un article particulier.

A la gauche de l’Aréopage est une colline égale en hateur à celle du château. Les anciens luidonnoient le 11011de Musteon , à cause du pocte Musée, qui venoit y recl reses ouvrages. Elle s’appelle aujourd’hui l’Arc de ïra]0- n ’parce qu’on y voit les débris d’un arc de triomphe st uPomperont Trajan y fit élever. L’avenuequi conduit daile château n’est plus embellie du superbe avant-p° rtíl ^qu’ils nommoient PropyUa , dont on tient que la st ruCture avoir couté deux mille talens, c’est-à-dire, un peude deux millions six cent misse liv. de notre monnoie- ,ne crouve plus aujourd’hui que les ruines du Prcy^f^mais ils annoncent encore fa grandeur. On voit à cotedouble corps de garde fait de mauvaise maçonnerie, 110on confioit autrefois les clefs à un homme de matst .qu’on tiroir au fort : il ne les gardoit qu’un jour. lly aV j gtrois sortes d’animaux , qui n’entroient jamais da,n schâteau ; le chien, à cause de sa lubricité ; la chevtde pèurquellene mangeât les branches del’olivier fa cíCìSc la corneille, par une expresse défense de Minerve*

Le temple de cette déesse qui sert de mosquée da»§château , fut bâti par les foins de Périclès , à la P la ssd’un autre qui avoir été brûlé par les Perses. Il Y el úSploya les célébrés architectes Ictinus Sc Callicrate st ^Vitruve appelleCarpion. Cefut dans ce temple qu edias mit autrefois fa Minerve d’or & d’yvoire , qtU a cìl’admiratiûn de toute l’antiquité. Leschrétiens firenttemple une église, & lui donneront le nom dephie. Il n’y a rien dans l’ordre dorique, qui approeu jce chef-d’œuvre. La beauté de son frontispice, ^ ul r • p a?on lit souscription fameuse au Dieu inconnu , nemoins de plaisir aux yeux que celle des portiques q 111fur les ailes, Sc des figures qui enrichissent cette P a es) cextérieure. Parmi ces figures on admire particuliei' eIïlun lion de marbre : le scrupule du MabométisM® ’ne souffre aucune figure de chose animée, s’est tU Ê i e Javeur de ces grandes beautés. On voit une imag eVierge peinte à la voûte. Elle a un œil gâté d’une 1110tade qu’un Mahométan y a tirée autrefois. Les Tur cS .viennent avec les chrétiens que le sacrilège fut P, j/Fsqu’il y eut du miracle. Les premiers diseur que * a ,-j fie-chassée en bas de la voûte le tua, & les autresmeura perclus du bras droit. L’architecture du 0 aS fiquoiqu’auffi régulière que celle du dehors, u e fpompeuse. La mosquée est un peu sombre pou r U j a j te ctement si élevé ; mais il a été de la prudence de 1 ar ^ oU p d ed’y faire peu d’ouvertures ; Sc de lui donner beau 0 upsolidité pour résister à la force du vent qui y f air jri s lai* 1 'de bruit , sitôt qu’il trouve un peu de passaZ 0 '^ grandspes qui y sont en très-grand nombre, ont toute s p 0 uss°lambeaux d’oripeau qui y pendent, & le vent. ss^ruules unës contre les autres avec un cliquetis so rt ^ £ ra pp eàl’oreille. En entrant dans cette mosquée on ed’une lueur extraordinaire, qui vient de deupolies Sc éclatantes, placées assez près l’u° e . rreS reU"dans le gros murau fond de ce bâtiment. Cesp* evoyepr l’image de deux lampes allumées qm ) e