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lorsqu’en 1273 Rodolphe, comte de Hapsbourg,fut faitempereur. Ce prince, qui n’étoit pas né riche, avoit éréj, ai \ s y- jeuneste maréchal de la cour d’Ottocar. En 12.75°dolphe envoya le burgrave de Nuremberg en Bohêmerevendiquer le duché d’Autriche. Ottocar , qui jus-alors avoir refusé de reconnoître Rodolphe , son an-C1 en domestique, pour empereur 3 ne répondit à la som-mation que par des paroles piquantes, qui furent cause{ï ue la diette d’Ausbourg lui déclara la guerre. Rodolphele rendit maître de toute l’Autriche. Un traité terminaí, e . tte guerre en 1177. Ottocar renonça non seulement à^Autriche, mais encore au duché de Carniole, à la^rytie & à une portion de la Carinthie , qui faisoientPartie de la succellîon de Frédéric le Belliqueux ; Sc con-® ntlt de recevoir l’investiture de la Bohême,de la Mora-Vle , & des autres dépendances de ce royaume. L’empe-retlr promit de donner fa fille en mariage au fils d’Otto-Car j avec une dot de 40000 ducats, pour sûreté de la-quelle il alîigneroit un district en Autriche. Il fut auíïì"ipulé qu’Ottocar recevroit l’investiture sous une tentee u présence des seuls électeurs. L’iste du Danube, près{Je Vienne, fut choisie pour cette cérémonie. Mais 3 dit'■Abrégé chronologique de l’histoire & du droit publicd Allemagne , que l’on a suivi dans ce qui précede , auTn oment qu Ottocar se profternoit devant Rodolphe 3 lesVanneaux de la tente s’abbatirent ; & les deux armées 3rangées fur les deux rives du Danube 3 surent témoins deí et at humiliant que le roi de Bohême avoit voulu leur ca~c her. Cette supercherie irrita tellement Ottocar , & en par-r^ulier sa femme , 'que le traité sut rompu , & Ottocar en~V sbit VAutriche. La guerre recommença donc , & le roiue Bohême, abandonné des Moraves,périt dans une ba-cille le z 6 d’Août 12.78. Le traité qui suivit sa rnott,laissa Rodolphe maître de TAutriche Sc de ses dépen-dances, qu’il n’eût garde de remettre au légitime héri-tier de Frédéric le Belliqueux, malgré l’arrêt de la diettede Ratisbonne de 115 6 ; il prétendit que l’Autriche étoitun fief masculin, réversible à l’empire par le défaut demâles ; & s’'étant donné le temps de gagner les princes^ états de l’Empire, il investit son fils Albert de l'Au-miche , de la Styrie, de la Carniole & de leurs dépen-dances. C’est ce qu’il fit en 12.82. dans la diette d’Aus-bourg. Voilà comment cet empereur jetta les fondemensde fa maison , qui prit le nom d’Autriche comme plusillustre que celui de Hapsbourg , & de laquelle la cou-ronne impériale n’est point sortie depuis 1438 jusqu’en1740. L’empereur Frédéric III, par un diplôme du 6 deJanvier 1453, érigea l’Autriche en archiduché en fa-veur de son fils Maximilien , qui fut depuis empereur.Les prérogatives attachées à ce nouveau titre furent, queles archiducs pourroient créer, dans toute l’étendue del’empire, des comtes, des barons & des gentilshommes ;qu'ils seront conseillers nés de l’empereur, qui ne pour-rit mettre leurs terres au ban de l’empire ; qu’ils rece-vtoienr l’investiture de leur état à cheval, revêtus d’unManteau royal, ayant à la main un bâton de comman-dant , & fur la tête une couronne à deux pointes 3qu’ils feroient censés savoir obtenue , s’ils ne ia rece-v oient point après l avoir demandée trois fois 3 qu’ilsa uroient la liberté d’astîster aux diettes, ou de ne s’ytrouver pas 3 & qu’enfin ils auroient connoissance desaffaires de l’empire , qu’on ne pourroit régler fans leurParticipation.
. Le mot Autriche peut faire naître deux idées très-différentes, qu’il ne faut pas confondre : on peut en-tendre , 1. L’Autriche proprement dite. 2. Le cercled’Autriche , où font diverses principautés qu’une longuePossession a pour ainsi-dire incorporées à l’archiduchéd’Autriche3 telles que font, outre l’Autriche propre , lastyrie, la Carinthie, la Carniole , le Tyrol, &c.
L’ Autriche propre a au nord la Bohême & la Mo-ravie 3 à l’orient, la Hongrie ; au midi, la Styrie 3 & à{occident, l’archevêché de Saltzbourg. On la divise enhaute & en basse 3 & cette division fe fait naturellementP ar 1 Ens, riviere qui tombe dans le Danube. La basseAutriche , ou pays au-dessous de l’Ens , s’appelle en Al-■ a m !l d pVieder Oeflereich 3 en latin Auflria Inserior. Elleest a 1 orient du côté de la Hongrie, à la droite de l’Ens.La haute Autriche, ou pays d’au-dessus de l’Ens, est àla gauche de cette riviere à l’oçcident, & s’appelle en
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Allemand Nieder Wesereich 3 en latin Aujlria Ju~perior.
La. Basse Autriche est la plus considérable, tant àcausc de son étendue que de la ville de Vienne 3 sa ca-pitale , laquelle est depuis long-temps la résidence desempereurs d’Allemagne. Les autres lieux remarquablesfont K rems 3 jolie ville fur le Danube 3 ÌVcwfiatd 3 placeforte , aux confins de la basse Hongrie 3 Klofier- Acu-bourgjmonaíìero où la maiíon impériale va souvent faireses dévotions 3 Laxenbourg 3 Ebtrsdorj 3 Schobrurm 3 &la Favorite 3 châteaux Sc maisons de plaisance de lamaison impériale; Bade 3 fameuse par les bains; Sta-renberg 3 château dont une famille illustre de l’empireporte le nom 3 IVeitra 3 seigneurie fur les frontières dela Bohême, laquelle appartient à la maison de Furflem -b erg.
La Haute-Autriche a pour capitale la ville de Lints.Ses autres villes font Ens 3 à l’embouchure de la rivierede même nom dans le Danube; Steyer , au confluentde la riviere de même nom avëc l’Ens ; JVels , petitlieu fur la rivière de Traun 3 Lserdingen 3 Gemund 3 ouil y a dés salines.
L’Autriche , dit le savant Wageseil, Synops geogr.p. 32.1 , jouit d’un air parfaitement bon & sain , & par-tout elle est arrosée de rivières ou de ruisseaux. Tout lepays est charmant, soit qu’il s’étende en plaine, íoitqu’il s’éleve en coteaux, ou qu'il soit ombragé de bois& de forêts. C’est de toutes les provinces de l’Allemagnela plus riche en pâturage & la plus fertile presqu’à touségards. Elle abonde en grains, en fruits, en vins, enlaines, en lin, en bestiaux , en gibier, en volailles, enpoisson. Le safran, qu’elle produit, est supérieur à celuides Indes. Les salines de Gémune rapportent plus de deuxmillions par an : mais elle n’a gueres de métaux , si cen’est quelques mines de fer. On ne voir de tous côtés quevilles, que villages, châteaux & maisons de campagne,qu’on prendroit de loin pour de grandes villes. Les deuxcôtés du Danube en font bordés, & l’on volt de toutesparts de somptueux monastères. Les habitans font spiri-tuels & polis 3 ils aiment la gloire & s’adonnent aux arts& aux sciences, ou prennent le parti des armes. C’est lepays de toute l’Allemagne où les étrangers font le mieuxreçus & le plus honnêtement traités.
Le Cercle d’Autriche tient le premier rang entreles cercles de l’Empire. Il comprend , 1. l 'archiduchéd'Autriche 3 ou Y Autriche propre. 1. Les duchés de Styrie 3de Carinthie & de Carniole. 3. Le comte de Tirol. 4. Lesévêchés de Trente Sc de Brixen. 5. Les quatre villes Fo~restieres. 6 . La Souabe Autrichienne dans le cercle deSouabe , laquelle on appelle Autriche antérieure 3 & leBrisgaw.
La Maison d’Autriche a formé deux branches ,dont l’aînée a posiédé la monarchie d’Espagne avec sesannexes, savoir les Pays-bas Catholiques , les royaumesde Naples, de Sicile, de Sardaigne, le duché de Milan& de vastes états dans les Indes orientales & occiden-tales.
La branche cadette possedoit la dignité impérialeavec les états situés en Allemagne Sc les couronnesde Bohême & de Hongrie. La branche aînée s'étantéteinte en la personne de Charles II, la monarchie futdévolue à Philippe V , petit-fils de France, en vertu deses droits naturels & d’un testament du dernier roi. Cefut l’occasion d une guerre, que produisit l’appréhensionque l’on eut dans l’Europe, de l’accroiflement de puis-sance de la maison de Bourbon, & qui fut terminée pardes traités avantageux à la branche cadette de la maisond’Autriche.
L’empereur Charles VI, dernier prince de cette bran-che, mourut à Vienne le 20 d’Octobre 1740. Il avoitépousé Elizabeth-Christine de B r u n s w i c k - W o 1 fe n b u t e 1 -Blankenbourg, dont il eut un fils né le 13 d’Avril 1716,& mort le 4 de Novembre suivant. En mourant, Char-les VI ne laissa que deux archiduchesses. L’aînée Marie-Thérese, née le 13 de Mai 1717, & mariée le 12 deFévrier 1738 à François-Etienne de Lorraine , grandduc de Toscane , élu empereur le 13 de Septembre1743, a succédé aux états héréditaires de ion pere.
Elle possede ( en qualité û’Archiduchesse d’AuTRi-che ) la Styrie 3 la Carinthie ,, la Carniole 3 le Tirol 3 &
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