B OK ,
Pas des élephans qu’ils ont tués eux-mêmes à k chaslè ;^ar toutes les années durant la séchereííe, ils mettent le* ct | à des brouíîaiiles pour y chercher des défenses de cesanimaux morts, & ils en trouvent qui íont â demi-§atees, qu’ils ne Iaiíïènt pas de bien vendre. Entre leroyaume de Lovango, il y a une grande forêt de cinq011 six journées de chemin ; mais qui n’est peuplée quedes bêtes farouches.
BOKHAH, ville d’Afrique, fur la côte de Sofalah,qui regarde fOcéan éthiopiquejc’eíbla plus méridionalede toute la côte.
BOKHARAH, Bocar, Boghar, Bokara, Bu-char & Bouchara, ville de la Tartarie, au pays desUíbecks, piès du Gihun Sc de Bikunt, fur la mêmeriviere qui coule à Samarcaud, dans le Zagathai, aupays des Uíbecks. Voici ce qu’en dit d’Herbelot, Biblio-thèque orient, p. 207 : Bokharah, ville de laTranso-Xane. C'est ainsi que l’on peut appeller la province, quie st au-delà de l’Oxus, vers le septentrion, que les Arabesa ppellent Mavat al Nahar, comme qui diroit Trans-sinviale; car on nomme leGibon, qui est l’Oxus desa nciens, par excellence la riviere ou h grande riviere. Laville de Bokharah a paslé autrefois pour la capitale def out ce pays- là, avant que les Tartares euílent mis cellede Samarcand en réputation ; car elle est située dans unegrande plaine, riche Sc abondante en toutes sortes degrains & de fruits. Cette grande ville, outre son murparticulier, a une autre enceinte qui enferme plus dequinze petites villes ou bourgades, dans 1 espace dequatre lieues d étendue de chaque côté. La Sogde quiest la vallée ou la plaine de Samarcand, du côté du le-vant, Sc la montagne nommée Varka, du côté du sep-tentrion , bornent son territoire, quoique fa jurisdictions’ctende -fur plusieurs villes, qui font au-delà de songrand mur, Mirkhond écrit dans l’histoíre qu’il a faite dela postérité de Japhet, que Bokharah étoit la capitaledu Turquestan du tems d’Oguz Kahn, un des plus an-ciens rois des Mogols ou Tartares, Sc que les villes d’I-laki, Bikund, Kermina, Thavavis,ZuZeh, Fatbar, De-buífia, Sic. font censées être de fes dépendances. Depuisce tems-là la ville de Bokharah devint la capitale del’état des Samanides, qu’lsmaël, fils d’Ahmed, filsd’Asiàn, fils de Saman, fonda l’an 297 de f hégire,de Jésus-Christ 909, fous le calife Motadhed. Ellefut toujours depuis le séjour des princes de cette maisonjusqu’à Naslcr, fils d’Ahmed, lequel transféra le siègede son empire à Herat, ville du Khorafan, dont il di-foit que Pair étoit meilleur dans toutes les saisons deVannée. Cette translation du siège royal des Samanidesobligea les grands de fa cour, d’employer le crédit quele poète Rudexi avoit fur l’esptit de ce prince, pour luifaire changer de résolution. Après la chute de l’empiredes Samanides, les Mogols du Cachai s’en rendirent lesmaîtres : mais Mohammed , surnommé Khuarezm-Schah, qui étoit roi du Khuarezm, Sc de plusieurs au-tres grands états, la reprit fur eux l’an 594 de l’hégire,& ds Jésus Christ 1197, aussi bien que la ville de Sa-marcand. Cette conquête des Khuarezmiens donna l'al*larme aux nations du nord, & attira au-decà du Gihonces grandes armées de Mogols Sc de Tartares, qui déso-lèrent les plus belles provinces de l’Asie. On remarquequ’après que le Khuarezmien eut assiégé la ville de Bok-harah, fes habitans enflés d’une sotte gloire, mépriserentfi fort fa puislànce, qu’ils en vinrent jusqu’à lui dire desinjures, & à lui reprocher qu’il étoit borgne. Mais cegrand prince qui poslédoit une véritable grandeur dame,méprisa si sort leurs railleries, qu’il n’en témoigna pasle moindre reslentiment, lorsqu’ils fe trouva en état depunir leur insolence. L’an de l’hégire 617, de Jefus-Christino, Genghizkhan prit la ville de Bokharahfur les Khuarezmiens : mais ceux-ci s’étant cachés endivers endroits de la ville, y mirent le feu, & la rédui-sirent en cendres. Giagathi, fils de Genghizkhan ayanthérité de son pere les états de la Tranfoxane, eut dansson partage la ville de Bokharah. Sous le régné de ceprince un fameux imposteur, nommé Mahmud Tarabi,ayant excite un soulèvement dans cette ville fut caused une nouvelle désolation que les habitans souffrirent.L an 77 1 de l’hégire, de Jefus-Christ 1370 011 environ,Tamerlan prit la ville de Bokharah fur le sultan Hussin,
. B O K 57
qui fut le dernier prince de la maison de Genghizkhan ,& les Timurides, 011 les descendans de Tamerlan lapostéderent jusques environ l’an 904 de l'hégire, deJeíus-Christ 14983 car alors Bahut fut dépouillé de tousles états de la Transoxane Sc du Khoralan par Schai-bekkhan, qui l’obligea de s’en fuir aux Indes, & laville de Bokharah.a toujours demeuré depuis ce tems-làaux Uzbecks, qui font une guerre presque continuelleaux Persans fur cette frontière là. Bokharah est encoreaujourd’hui fort connue dans la Moscovie ; car les mar-chands rulses Si autres qui ont commerce réglé avecles Chinois, prennent ordinairement le chemin de cetteville, pour arriver jusqu a la grande muraille qui íépareces peuples des Tartares. ils appellent même du nomde Bokharah tout ce grand pays, qui est entre les étatsdu czar, & ceux de la Chine.
Antoine Jenkiníon écrit Boghar , & cela produit unnouvel article dans Corneille , qui ne s’est point apper-çu que c’étoit la même ville que Bocar a , & que sous cetitre il avoit employé l’article de d’Herbelot, quoiquece dernier écrive Bokharah. Voici ce qu’en du Jen-kinson dans fes voyages du nord, /. 4,/». 123 : La villede Boghar est fermée d une haute muraille de terre, Scdivisée en trois quartiers. Le roi avec ía cour en occu-pe deux ; le troisième est pour les marchands Sc lesétrangers, Sc dans ce troisième, chaque art ou mar-chandise a ion département particulier. La ville est fortgrande, leurs maisons sont bâties pour la plupart deterre; mais les bâtimens publics, les temples, par exem-ple, & leurs monumens, font fort superbes, fort doréspar dedans; mais fur-tout les bains qui sont les plusbeaux du monde. La description en feroit trop longue:pour l’infercr ici. Il y a une petite riviere, qui court a«milieu de cette ville; mais l’eauen est fort mal faine;car il vient ordinairement des vers d’ufie aune de longaux jambes de ceux qui en usent ; ce qui arrive princi-palement aux étrangers. Ce ver fe forme entre la chairSc la peau, Sc fe roule en plusieurs cercles. Les chirur-giens du pays ont une grande adresse à le tirer ; car s’ilfe rompoit en le tirant, 1a partie où fe trouve le reste d t,ver deviendroit morte, ou gangrenée ; c’est pourquoion le tire chaque jour la longueur d’un pouce. Cepen-dant il ne leur est point permis de boire du vin , ni d’au-tre bòilson sorte. On punit féverement ceux dans kmaison desquels il s’en trouve. Cette sévérité vient de ce-lui qui est chef de la religion,dontl’autoritéest si grande,qu’il dépose quelquefois le prince comme il déposa celuiqui régnoit de notre rems : il en avoit fait de même âson prédéceílèur qu’il avoit assassiné de nuit dans fachambre : ce prince aimoit fort les chrétiens.
Boghar a été sujette autrefois aux Persans, Sc faitmaintenant une province ou royaume séparé. Ces peu-ples font continuellement en guerre avec les Persans ;Sc une des raisons de cette guerre , c’est que les Persansne veulent pas couper leurs moustaches, comme font lesTartares, qui croyent que c’est un grand crime d’enuser autrement , Sc qui appellent pat cette raisonles Persans infidèles , quoiqu ils s accordent avec euxdans presque tous les autres points de la religion maho-métane. Le roi de Boghar n a point de plus grand revenuque celui qu’il tire de cette ville, où toutes les marchan-dises qui fe vendent lui payent le dixième : outre .quequand il a affaire dargenc, il prend par force des mar-chandises dans les boutiques. Ils ont de la monnoied’argent & de cuivre. Leur monnoie d’argent vaut en-viron douze fols. Celle de cuivre est appellée Pôle, Sc~il en faux six vingts pour faire douze lois. Certe mon-noye de cuivre y est plus ordinaire que celle d’argent.Elle change de prix selon le caprice du prince : de montems elle haussa Sc baissa deux fois en un même mois.Ce désordre, le droit du dixieme que tire le prince,les fréquens changemens qui arrivent dans le pays, oùun même prince ne regne gnetes plus de deux ans, estcause de fa pauvreté & de fa ruine.
‘ Il vient â Boghar beaucoup de marchands rouS les ansdes Indes, de Moscovie, de Perse Sc de Balgh : mais ilsy apportent sort peu de marchandises, Sc y demeurentquelquefois deux ans pour les vendre, si bien qu’il n’y apas grand fondement à faire fur ce commerce. Les In-diens y apportent des toiles de coton blanches, dont lesTome L Part. i. H