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iées , Sc assez distantes les unes des autres. Ses maisonsfont basses Sc peu considérables, On en peut avoir pourvingt écus une propre pour un marchand, Sc pour deuxune pour des gens du commun : elles ne font pas plushautes qu’un homme à*cheval. La ville de Caiicut ( b )reconnoit pour son fondateur , Ceram Peroumal, em-pereur de tout le Malabar , pour qui tous les habitansdes deux côtes ont une si grande vénération qu’ils lemettent au nombre de leurs dieux, Ce fut ce prince qúi,
selon les historiens du pays , partagea les provinces deson empire entre ses parens 8c fes favoris, Sc donna lieuà la multitude de petits souverains dont tout le Mala-bar est rempli. En vertu des, privilèges de Peroumal,les chrétiens indiens jouissent de tous les droits de la no-blesse du pays. Ils ont le pas fur les Naires, qui font lesseuls nobles qu’il y ait parmi ces nations Infidèles ,• 8cne dépendent que de leur évêque , tant pour le tem-porel que pour le 'spirituel C’est à Caiicut que les Por-tugais abordèrent la premiere fois qu'ils allerent dansles Indes. La flotte Portugaise, commandée par Vascode Gama, mouilla l’ancre à deux lieues de Caiicut, le20 Mai 1498. ( a ) Voyage du P. Kan Caerden, dans lerecueil de la Compagnie Hollandoife , t. z , p. 6z6 Scfeq. ( b ) La Croz.e , Híst. du Christianisme -des Indes»1. 1 , p. 44.
CALICUT, royaume des Indes, fur la côte de Ma-labar. C’est le plus considérable de ceux de cette côte ,quoiqu’il n’ait que vingt-cinq lieues de longueur Sc delargeur fur le bord de ia mer. Le roi en est puiflant &surpasse en dignité tous ceux de ce pays-là, Sc on luidonne le titre de Samorin , qui répond à celui d’empe-reur. II le porte suivant ce que régla Pereymal [Ceram-Peroumal ] lorsqu’il voulut fe retirer à la Meque pour ypasser le reste de fes jours. En divisant fes états , il or-donna que le roi de Caiicut auroit la qualité de Souve-rain. Le pays produit du poivre > du gingembre Sc de 1 ’a~loes , qui est une espèce de gomme , 8c l’on en recueillemême dans la ville. * Van Caerden.
On trouve dans ce royaume des lions , des sangliers»des chèvres, des loups, des bœufs , des éléphans Scautres ; quoiqu’il y ait des gens qui disent qu’o n les yamene d’ailieurs II y a des perroquets verds , rouges »Sc d’autres de différentes couleurs ; 8c il y en a une 6grande quantité, qu’il faut mettre du monde pour garderles campagnes de riz. Ils parlent admirablement, 8c fedonnent à très-bas prix. II y a une forte d’oifeaux qu’onnoiíime Sarau , qui font un peu plus petits que les per-roquets , mais le chant en est plus agréable. On y volttoujours des fleurs épanouies, 8c les arbres y conserventleur verdure toute l’année, tant l’air est doux 8c tem-père ; de forte qu’on y a presque un printems continuel.Il y a des singes Sc des guenons qui font assez de malaux habitans ; car ils montent dans les arbres, ils man-gent les fruits qui fervent à faire le breuvage des In-diens ; ils découvrent Sc renversent les vaisseaux ou l’on'rassemble les liqueurs. Les arbres qui produisent cesfruits , surpassent tous les autres en bonté. Ils portent degrosses dattes comme les palmiers. Leur bois sert à sechauffer. Les fruits en font de bon goût. Quand on ena ôté l’ecorce , on les presse Sc l’on en tire du vin, dusucre 8c de l’huile, mais le premier fruit’qu’ils portentest comme les dattes, on leur ôte l’écorce 8c on la faitbrûler. II y a une autre forte d’arbre qui ne diffère pasfort de ce dernier, Sc qui produit le coton, ou une especede foie. Ses feuilles fervent à faire des étoffes qui fontcômme du latin ou du taffetas. On file ce qui est le plusgrossier, Sel on en fait des cordes. II produit aussi des noix»qui étant mûres sont pleines d’eau , dont l’on fait unehuile sort grasse. Outre cela l’on va le matin 8c le soirfaire u-n trou dans le tronc, d’où il découle une liqueurqu’on rassemble, Sc qui est comme un vin très-doux.
Les ferpens y sont fort hauts , 8c presque aussi grandsque des pourceaux. Leur tête est plus longue 8c plusgrosse que celle d’un sanglier; ils ont seize pieds de long.îls fe tiennent dans les lieux marécageux, 8c les habi-tans disent qu’ils n’ont point de venin. Il y en a d’au-tres qui sont tellement venimeux, que s’ils sucent feu-lement un peu du sang d’un homme, il en meurt furle champ. Il y en a encore une grande quantité qui sontde la grandeur des ferpens d’eau, Sc qui ne sont pas
inouïs, venimeu;:.
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Lorsque le roi se marie avec quelque femme » les plusconsidérables des prêtres couchent auparavant avec elle.Sc il leur fait présent de 500 écus pour leur peine. Quandil veut manger, il va s’asseoir à terre fans avoir riensous lui. A quatre pas de lui sont les prêtres qui luitiennent compagnie pendant les repas du soir 8c du ma-tin , Sc qui écoutent avec beaucoup de respect ce qu’ildit. Ce sont eux qu’on considère le plus après le roi »& après eux ce font les Naires, ou N air os* qui sontles nobles , à qui il est permis de porter l’épée , la ron-dache , la hallebarde , ou la pique quand ils sortent. Letroisième ordre est celui des artisans ; le quatrième, ce-lui des pêcheurs ; le cinquième, celui des gens de peinequi recueillent Sc rassemblent le poivre , le vin 8c lesnoix , qui sèment Sc moissonnent le riz; mais les prêtresSc les nobles en font très-peu d’état. Le roi ni la reinene sont pas magnifiquement vêtus. Le peuple va toutnud ; il a feulement les parties naturelles couvertes d’unpetit mouchoir de toile de coton. Lorsque le roi va chasserou faire un voyage , les prêtres gardent la reine dans sonappartement. Parmi les nobles Sc les marchands, lesamis qui sont mariés troquent souvent leurs femmes,estimant que cela sert à entretenir l’amitié. En ce cas ,les enfans demeurent au pere. Une femme peut épousersept maris , 8c coucher avec eux successivement. Lors-stu’elle devient grosse , elle donne l’enfant à celui qu’illui plaît, qui ne peut le refuser. Ils s’asseoyent A terrepour manger, Sc fe servent de feuilles d’arbres pourcssiílieres. Ceux qui suivent le roi ont la tête ceinte* debandes d’écarlate. Ils fe laissent tous croître les cheveuxfort longs. Quand leur roi meurt, ils fe les coupent ensiiverfes maniérés Sc ia barbe auffi pour marque de deuil.Les femmes ne s’occupent que de leur ajustement, 8cquoiqu’elles aillent nues dans les rues , elles sont toutesgarnies d’or 8c de pierreries, aux oreilles, au cou » auxbras, aux jambes , Sc il leur en pend même aux mam-melles.
On écrit fur des feuilles de palmier , avec une plumeou une touche de fer fans ancre. Le grand commercestui s e f a i t au pays de Caiicut le rend fort riche. Onn Y trafique pas seulement du poivre 8c du gingembre ,m ais aussi de diverses épiceries qui y sont portées deplusieurs ifles » 8c fur-tout de la canelle qui vient deOeilan. On y porte du poivre de Comnucol » qui estadouze lieues au-delà de Caiicut, des doux de géroflede Meleufe qui n’en est pas loin, des noix muscades& du macis des Moluques , du musc de Pegu, des per-les de l’ifîe d’Ormus, toutes sortes d’épiceries de Cam-buse , de Sumatra, de Tanasser, 8cc.
On y porte auffi de toutes parts des parfums i desbois Sc des herbes odoriférantes, de sorte que c’est pro -prement une étape de toutes sortes de marchandises,°ù les marchands de diverses nations les vont prendre,ce qui apporte de grands profits aux habitans, 8c degrandes richesses au roi; car il y a des marchands qui font,fans comparaison, plus riches que quelques princes del’Europe, 8c que les rois d’Afrique. On peut juger par-làquels font lés trésors Sc les revenus du roi, qui levedes droits fur toutes ces marchandises.
Tous les soldats sont nobles Sc fe nomment Naires ,ainsi qu’il a été déja dit. Dès qu’ils ont sept ans , onles envoie à l’école de la guerre , où des gens d’expé-rience les font exercer. On leur fait étendre les mem-bres 8c les nerfs ; on les leur oint souvent d’huile de sé-same , ce qui les rend si souples qu’ils fe courbent Scfe plient » comme s’ils n’avoient point d’os. Après celails s’exercent fans cesse à manier les armes. Mais commeils font persuadés qu’il n’est pas possible qu’une mêmepersonne excelle en plusieurs choses, ils ne font faire à cha-cun que l’exercice auquel l’épreuve qu’ils en ont faite,leur a fait connoître qu’il est le plus propre. Leurs armesn’étoient autrefois que la pique, l’arc, la rapière Sciebouclier ; mais depuis que les Portugais ont fréquentédans leur pays , ils ont appris Part de fondre l’artílíe-rie , de manier le mousquet, 8c de faire auffi ces sortes«Parmes avec tout ce qui leur est nécessaire, jusques-làque leur poudre vaut mieux que la nôtre. Ils vont nudsà la guerre, n’ayant rien de couvert que leurs partiesnaturelles ; ils ne fe fervent ni de casque, ni de cui-rasse , Sc par ce moyen ils font leurs mouvemens Sc leursévolutions avec beaucoup de promptitude , de sorte qu’il