c
qu’on met par gros carreaux fort épais, Sc qu’on faitensuite sécher au soleil. Les maisons font couvertes defeuilles de cocos. Les riches bâtissent de pierre Sc Cou-vrent de tuile. Tous leurs bâtimenssont en quarté,commequatre galleries à pavillons , à quatre coins Sc une courau milieu. II y en a qui ont deux ou trois logis de cetteforte, tous les uns dans les autres. Ils font de grandsparvis à l’entrée de ces maisons, tant des pauvres quedes riches, au-dedans de l’enclos : car tous les logis íòntenclos de murailles pour ceux des riches ; de fossés re-levés Sc de fortes palissades pour ceux des pauvres. Toutesces clôtures font si hautes, que quand on veut aller d’unlogis à Pautre , il faut monter une échelle de cinq ousix échelons, Sc descendre autant de Pautre côté , Sc ily a des deux côtés deux barrières de bois qui fermenta clef. II ne se volt point-là de maison qui rsait sonjardin Sc son verger, grand ou petit. Les parvis dont onvient de parler , font faits pour recevoir les étrangers ,tant pour boire Sc manger que pour se reposer 8c coucher,Sc Ils ne sont point au-dedans des logis, afin qu’ils puissentpartir la nuit quand bon leur semble.
CALIDAS AQUAS. poycc. Aqu^.
CALIDONA. Voyez. Calydona.
CALIFORNIE (la), grand pays de l’Amériqueseptentrionale , au nord de la mer du Sud. Les cartesde Wit, de Sanson, de Nolin, de De Fer, d’Allarden font une ifle. L’ahhé Robbe » dans fa méthode,Luitz, dans son introduction, le P. Riccioli, dans fagéographie réformée , Baudrand , Maty Sc Corneille »dans leurs dictionaires; enfin, une multitude de géogra-phes modernes disent auísi que c’est une iíle. Les Atlasde Mercator Sc de Blaeu, les cartes de Bertius Se I ethéâtre d’Ortélius en font une presqu’iíle.
Le savant de P Ifle a examiné les raisons pour 8c contre »Sc s'ess contenté de marquer fur fa carte un trait légerqui annonce son doute. II a fait une dissertation à ce-sujet»dans laquelle il commence par la découverte du pays en1534 , par Ferdinand Cortex, qui avança jusqu’au 23 e -d. Sc demi de latitude, traversa la mer entre la Terre-ferme Sc la Californie , perdit son vaisseau sur la côtede Culiacan, 8c s’en retourna. II envoya, cinq ans après »deux vaisseaux qui parvinrent jusqu’au 30 e . d. de latit-Sc virent la terre à droite Sc à gauche : cinquante lieuesau-delà, ils trouvèrent que Peau blanchissait comme dela chaux ; avançant toujours , la fonde à la main , ilsvoyoient que la profondeur de la mer diminuoit; enfin,ils apperçurent la terre de tous côtés, Sc le rivage 6bas, qu à peine pouvoit-on le discerner de près. Croyantqu’ils ne pourroient avancer plus loin, ils passerent dePautre côté, pour ranger la côte opposée à celle qu’ilsvenoient de reconnoître. Voyage du Nord , 1 . 5. p. 258.
Vers ce tems , un cordelier appellé le P. Marc deNiza, accompagné d’un nègre , qui avoit été avec Ca-beça de Vacea en divers voyages , résolut d’aller recon-noître les terres qui font au nord de la nouvelle Espa-gne, Sc que nous appelions le nouveau Méxique , à fortretour il publia qu’il y avoit beaucoup d’or; le viceroi»qui etoit alors Antoine de Mendoze » envoya reconnoî-tre ce pays plus amplement par un nommé Vasq Co-ronat , Sc commanda en même tems à Hernand de Alar-çon d’aller par mer le plus loin qu’il étoit possible.
Vasq Coronat ne trouva pas ce que le pere de Nizaavoit dit. Pour Alarçon , il paíla , dit Laet, avec beau-coup de danger jusqu’au fond du golfe , où il trouvaune riviere tres-rapide qu’il entreprit de remonter avecquelques chaloupes , Sc il la remonta en effet pendant80 lieues.^ Mais ne trouvant pas ce qu’il cherchoit, ilretourna a ses vaisseaux, Sc de-là au port d’où il étoitparti » âpres avoir donné à eette riviere le nom de BonaGuia.
Deux ans âpres , 1 e meme viceroi résolu de poursuivrela découverte de la Californie par le côté de l’occident,y envoya un Portugais nommé JeanRodriguez Cabrilloavec deux vaisseaux , 8c celui-ci s’avança jusqu’au 44 edegré de latitude ; mais ne pouvant supporter la rigueurdu froid , il fut obligé de retourner. D e l’Ifl e croit quece fut lui qui donna le nom de cap Mendocin à la par-tie la plus septentrionale de ce pays. Depuis ce temsles Espagnols y ont fait plusieurs expéditions , Sc ontdonné des noms aux caps Seaux ports, comme au portde Notre-Dame de la paix » à la baye de sainte Marie-
CAL
Magdelaine , Sec. On y fut l’an 1611, l’an 1636 Sc l’an1675. L’an 1683 le marquis de Laguna , viceroi de Méxi-que » ayant reçu ordre du roi catholique de ne rien épar-gner pour étendre la foi parmi les nations barbares » fitpartir deux vaisseaux fous le commandement de D. Isidored’H.tondo. Etant arrivé à un port, qu’il crut être celuide Notre-Dame de la paix, à 24 degrés Sc 25 m. d’é-lévation, il y bâtit un fort avec une église. Enfin l’an1690 , des Jésuites ayant pénétré par terre jusqssauxHérifes Sc aux Pimafes , qui font dans le nouveau Mé-xique, entre le 24 Sc le 3 3 e degré de latitude nord , firentespérer que l’on pourroit continuer par cet endroit lesconquêtes spirituelles Sc temporelles. * Voyez, les voyagesdu nord , t. 3 , p. 288.
Les voyages que l’on vient de rapporter ne laissentaucun lieu de douter que ce ne soit une presqu’ifle :aussi enfut-on si généralement persuadé » que l’on donnaau golfe le nom de mer Vermeille ou mer Rouge, à cau-se de sa ressemblance avec le golfe qui est entre l’Ara-bie Sc l’Ethiopie. Mais les Hollandois ayant pris auxEspagnols une carte marine , où la Californie étoit re-présentée comme une ifle , on regarda cette faute com-me une découverte à laquelle on fe conforma. De l’Ifleexamine dans fa dissertation la valeur de cette carte.Les Peres Jésuites ont tenu parole, Sc le Pere EufebeFrançois Kino ayant découvert un chemin , par lequelil est allé par terre du continent à la Californie , a mar-qué d’année en année depuis 1698, jusqu’à 1701 , laroute qu’íl a tenue Sc les lieux qu’il a traversés ; on ena présentement une carte qui ne laisse plus lieu de dou-ter que la Californie ne tienne au continent. La Cali-fornie s’étend pour fa longueur orientale , depuis le capS. Lucas fous le tropique du Capricorne, jusqu’au 31 edegré de latitude où est le fond du golfe , entre elle Scle Méxique. Maïs à l’occident, elle s’étend beaucoupplus au nord ; car au-delà du cap Mendocin, est le capblanc de S. Sébastien, qui est l’extrémité d’une chaînede montagnes qui court vers l’orient au-delà de la-quelle est une entrée , découverte par Martin d’Aguí-lar à 4J fl. d e latitude. C’est jusqu’à présent ce qu’on atrouvé de plus certain ; Sc ce qu’il y a d’étrange, c’estque les cartes de Mercator, répondent mieux aux nou-velles découvertes que celles où l’on a prétendu corri-ger cet auteur. Les côtes de Californie ne s’étendentpas nord Sc sud exactement. Le cap S. Lucas qui en estla partie la plus méridionale » est par le z66 4 d. de lon-gitude ; le fond, du golfe par les z6o d. Les côtes ex-terieures ou occidentales de Californie s’étendent versl’occident jusqu’au 251 d. qui est la longitude du capMendocin. La côte orientale est hérissée de montagnesqui ont leurs noms particuliers; savoir,
Sierra d’Azul ou montagne bleue ,
Sierra Nevado ou montagne couverte de neige,
S. Marc, Ste Rosalie,
S. Matthieu, S. Antoine ,
S. Jean, Les Vierges ,8cc.
Le port de Paix est presque à l’entrée ; ceux de Ma-tanzas , de Danzantes Sc de Lorette font dans un enfon-cement, au devant duquel on trouve cinq ifles, dontdeux seulement, savoir, Çoronados 8c Carmen ont leursnoms marqués fur la carte du P. Kino. L’iíle de Sel estplus au nord à l’orient des montagnes de Ste Rosalie Scde S. Antoine. Celle de S. Augustin est au levant del’ífle de Sel.
Les ports 8c les bayes de la côte extefieure font beau-coup plus connus. En partant du cap S. Lucas on trouve :
La baye de Ste Magde-laine ,
La baye de S. Martin ,
Le port d’Anno bueno,La baye des Sables ,
La riviere de S. Christo-phe,
La baye des Baleines,Le mont Pintade ,
L’ífle des Cèdres »,
L’ifle Ste Anne»
Le cap S 4 Augustin *
L’ifle de Paxaro à l’ouestde celle de Ste Anne ,L’ifle de S. Clément,L’ifle de Ste Catherine,Le port de la Conversion,Le Canal de Ste Barbeentre quelques petitesifles Sc la terre ferme »8c au fond duquël est leport Ste Lucie.
La riviere du Carmel,
Le port de Carinde, la