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1713 , au mois de Septembre; de forte qu’il y a lieu decraindre qu’un jour elle ne la détruise. Les rues y fontbien alignées, mais d’une malpropreté de pouffiére, quine pourroih être supportable que dans un village. Sur,le bord de ìa mer fe volt la maison du gouverneur 8 c le»palais du viceroi, qui font les deux cotés d’une place,dont l’église paroissiale fait le troisième, & une batteriede huit pièces de canons fait le quatrième ; le corps-de-garde Sc la sale d’armes fe trouvent auprès du logementdu viceroi. Dans la même rue du côté du nord, font lesmagasins des marchandises que les vaisseaux Espagnolsapportent du Chili, du Pérou Sc du Mexique.
Du Chili viennent les cordages, les cuirs, les soifs ,les viandes sèches Sc le bled ; du Chiloé, les planchesd’alerze , des lainages , Sc sor-tout des tapis façon deturquie, pour mettre sor les estrades.
Du Pérou, les sucres d’Andaguelais, de Guayaquil& autres lieux , les vins Sc eaux-de-vie de Lanasque 8 cde Pis co ; les mats, les cordages, le bois merrin , &lecacao de Guayaquil 8 c des environs, du tabac, 8 c unpeu de miel de sucre. Le cacao se transporte ensuite auMexique.
Du Méxique , comme de Sonsonate , Realejo , Guate-mala , de la bray Sc du gaudron qui n’est bon que pourle bois , parce qu’il brûle les cordages; des bois pourles teintures, du souffre Sc du baume qui porte le nomde Pérou, mais qui vient effectivement presque tout deGuatemala. Il y en de deux sortes , de blanc Sc de brun;ce dernier est plus estimé, on le met dans des cocosquand il a la consistance de la bray, mais communémentil vient dans des pots de terre en liqueur, alors il est so-jet à être falsifié, Sc mêlé d’huiie pour en augmenter laquantité ; de ces mêmes endroits on apporte des ouvra-ges de Caray, Sc des marchandises de la Chine par Aca-pulco, quoique de contrebande.
Outre ces magasins, il y en a un pour l’entrepôt desmarchandises d’Éurope, qu’on appelle P A dminifiratioK jJes navires François qui ont eu permission de négocier aCallao , ont été obligés d’y mettre tout ce qu’ils enavoient à bord. On exige sor le prix de la vente treíz epour cent de ceux qui viennent avec leur cargaison est"tiere, 8 c quelquefois jusqu’à seize, de ceux qui ontdéjabeaucoup vendu dans les autres ports de la côte, Sc troispar mille pour autres droits royaux Sc du consulat, saslSparler des présens qu’il faut faire secrettement au vice-roi Sc aux officiers royaux qui ne contreviennent pas auxloix du royaume pour rien dans un endroit où ils ont laforce en main.
Apres, les édifices publics, il n’y a de remarquableque les églises, qui pour être.de Canafia , c’est-à-dire,de colombages de cannes, recouvertes de terre, ou boispeint blanc, sont cependant assez propres.
II y a cmqcouvens de religieux des Dominicains, desCordeliers, des Augustins, des Peres de la Merci, desJésuites Sc l’hôpital de S. Jean de Dieu; le nombre deshabitans ne passe pas 400 familles, on y en compte néan-moins < 5 oo.
, Quoique le roid’Espagne ordonne un fonds de 292171piastres par an , pour entretenir garnison au Callao , àpeine y a-t-11 assez de soldats pour monter la garde dansla place d armes. Le gouverneur n’y reste ordinairementque cinq ans. oa Majesté Catholique y entretient un in-génieur qui sert pour toutes les places de PAmériqueméridionale, qui sont Baldivia, Valparaisso,le Callao ,Lima Sc Truxillo.
Hors des murs de Callao , sont deux fauxbourgs d’In-díens appellés Petipiti , on le distingue par le nom devieux Sc de nouveau; le premier est au sud Sc l’autre aunord, & c est celui qui se trouve du côté de Lima. En1746 cette ville íut tort endommagée par un tremble-ment de terre.
Avis aux Navigateurs.
L’inclínaKon de l’aiman vers le sud, observée en Jan-vier 1710 par le P. Feuillée, se trouva de 18 deg.40 m.Ce Pere met dans fa carte le port de Callao à 299 deg. deJongit. & à 12 de latit. sud. * La rade de Callao est la plusgrande. laplus belle , la plus sûre de toute la mer du sud.On peut y mouiller partout en telle quantité d’eau qu’onveut sor un fond de vase couleur d’olive, sans crainte
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d’aucune basse ni rocheís ; si on en excepte'une qui est àtrois cablures de terre vers le milieu de l’iíle de S. Lau-rent, vis-à-vis la galère. La mer y est toujours si tran-quille que les navires y carènent en tout tems fans ap-préhender d’être surpris par aucun coup de vent; elle estnéanmoins ouverte depuis l’ouest jusqu’au nord-nord-ouest; mais ces sortes de vents ne règnent presque ja-mais que par un petit frais de bonace qui ne cause au-cune levée de mer qui puisse incommoder. L’ifle de SaintLaurent rompt l’enflement qui vient depuis lesod-ouestau sod-est. * Frejìer , p. 338.
Dans le port de Callao on trouve toutes les commo-dités nécessaires à la navigation , l’aiguade se fait avecfacilité à la petite riviere de Lima , qui se dégorgedans la mer au pied des murs du Callao : le bois y coûteun peu pfos de peine ; on le va chercher à demi-lieueau nord, à Rocanegra ; on le coupe demi-lieue avantdans la terre, 8 c l’on paye aux Jésuites 25 Sc 30 piastrespour chaque chaloupée. Pour le débarquement des cha-loupes, il y aupied des murs trois escales de bois, Sc unmôle de pierre destiné à la décharge des canons , ancres& autres choses de poids qu’on éleve avec une espèce degruau.
1. CALLAS [amis"] riviere de l’iíle d’Eûboée, se-lon Strabon, /. 1 o, p. 445 , qui. dit que la ville Oreus ouHistiœa étoit située auprès de cette riviere.
2. CALLAS. On lit ce mot dans Antonio pour leuom d’un lieu de la Mauritanie ; mais les exemplairesvarient sor le nom 8 c sor l’ordre des autres lieux de lamême route. Quelques-uns, Sc entr’autres, celui du Va-tican portent Cellas, &le mettent entre Idrica Sc Macrï,a 18 du premier & à 25 du-second. Cet ordre est changédans sédition de Surita & dans celle de Bertius qui l’asoivi; mais soit qu’on lise Callas ou Cellas en cet en-droit, c’est toujours l’accuíàtif pluriel dont le nominatifest Call/b ou Cell/e. De l’ifle dans fa carte pour la no-tice ecclésiastique d’Afrique , met ce lieu dans la Mau-ritanie Sitifense > au midi occidental de la capitale , entrePerdices ScMauri, en quoi il a suivi l’Antonin de Surita.Mais Ortélius qui le met dans la Mauritanie Césaríense,n’a pas assez examiné Antonin. II y â eu plus d’un lieuépiscopal nommé Ceelìe , comme je le remarque aumot Cell^e.
CALLA-SUSUNG, quelques-uns écrivent Cala-susung, ville d’Asie dans l’ifle de Bouton, dont elleest la capitale , supposé qu’il y ait d’autres villes, ditDampíer qui en fait cette description V Elle est en-viron à un mille Anglois de la mer, furie sommet d’unepetite montagne dans une fort belle plaine, entouréede Cacaotiers. A côté de ces arbres il y á une bonne mu-raille qui entoure la ville. Les maisons y sont bâtiescomme à Mindanao, mais elles sont plus propres. Laville en général est très-agréable ; les habitans sont petits& bienfaits, ils ressemblent aux Mindanayens pour lataille, pour le teint Sc pour l’habit, mais ils sont pluspropres. U s parlent la langue Malaye Sc sont tous Ma-hométans. Ils n’ont pas beaucoup de riz 8 c ne vivent quede racines. Le havre n’est pas bon non plus que le fondqui est de rôc. Leur ancre s’y trouva tellement enga-gée, qu’ils ne la purent dégager. II observe de plus quele sultan qui gouverne Calla-Susung etant venu les voirdans leur vaisseau , montoit un Pros , sorte de vaisseaucommun dans les Indes, 8 c qu’il y avoit au haut du mâtun prand pavillon de soie blanche avec un bord rouge dedeux ou trois pouces de large , & qu’au milieu il y avoitun grison verd foulant aux pieds un serpent aîlé, quisembloit sc débattre pour se débarrasser, Sc qui ouvrantla gueule , sembloit menacer son adversaire avec unelongue queue dont il étoit prêt de lui donner par lesjambes. Les autres princes Indiens avoient auss leurs de-vises. * Voyages autour du monde, t. 2, c. 1 6. p. 130.
x. CALLATIA. Voyez. Calatia.
2. CALLATIA, ville de la basse Mœsie, sor lePont Euxin. Arrien dans son periple de cette mer lanomme Callantra. Niger dit que c’est présentementPandalia., Lazius que c’est Killia , 8 c Laonic feïn-ble la nommer Caeliacra. Baudrand dit avoir apprisdes.mariníers qui ont couru cette côte que c’est Calica.
Ils ont pu lui dire qu’il y a un port qu’ils nommentCalica; mais ils n’ont guéres pu lui garantir que c’estla Callatia des anciens. II y a même peu de gens de mer
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