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Tome second. C - F.
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Ligne , par un ancien duc des Cambres Sc Danois, nom-mé Cambro, ou Cambre, qui lui donna son nom. Quel-ques-uns veulent qu'il lui vienne de la multitude de seschambres [ en Gaulois Cambres ] 8c places souterrainescreusées tant dans la ville qu'aux environs , où les pre-miers habitans mettoient leurs meilleurs effets en sû-reté. D'autre s ont pris cette ville pour la Samarobrivede César, Sc soutiennent qu'elle a été bâtie sept cens ansavant la venue de Jesus-Christ. La Morliere veut en-tendre par Samarobrive la ville d’Amiens , 8c d'autresont avancé que c’étoit Saint Quentin.

Quoiqu’il en soit de ces opinions ( a ), Cambrai paflafous la domination des Romains , 8c devint une des prin-cipales colonies de leurs soldats. Jules César & Serviuslui accorderent^de grands privilèges. Les Proconsuls quiy firent depuis leur résidence y bâtirent, selon Gélic,un capítole dans le voisinage du château de Selles , yélevèrent un amphithéâtre , des bains 8c des aqueducs.Les plus célébrés auteurs nous disent que Jules César,après la destruction de la célébré ville de Bavai fit Cambraila capitale de tout le Hainaut, 8c qu’il y tint la diète desGaules. Nicolas Bergíer, dans son histoire de Rheims,dit que fous les régnes de Clodion , de Merouée 8c deClovis, les terres des Nerviens f qui étoient les habi-tans du Hainaut 8c du Tournesis] 8c le pays d'Artoisfurent attribués à la seigneurie de Cambrai, sous le nomde royaume , parce que cette ville avoit été depuis fafondation très-puissante fous les premiers empereurs ( b ).On peut dire que si Cambrai fut le sujet des affectionsRomaines , elle fut aussi le théâtre de la vicissitude de lafortune. Les Saxons Sc Suèves l'aísiégerent 8c la pri-rent furies Romains, qui la reprirent. Elle fut depuissaccagée par le tyran Maxime Pan 370, Sc il en fut chassépar les Vandales Sc les Alains. Les Goths en 414 s’enrendirent les maîtres, après qu’ils eurent pillé toute laBelgique , 8c la firent la capitale du pays. Les Romainsla reprirent encore fur ceux-ci ; mais Clodion profitantde la foibleffe da l’empire Romain , assiégea Cambrai:elle lut conta cher néanmoins ; car, au rapport des histo-riens du pays, cinquante - trois mille hommes de part& d'autre périrent dans les attaques Sc dans la défense :l'importance de la place la lui fit choisir pour le siège deson empire ; il prit même le titre de roi de Cambrai, yrégna plusieurs années, 8c y fut inhumé environ l’an 448.Prosper ( c ) , Caffiodore ( d ), l’évêque ldace ( e ), con-viennent ,à la vérité, avec les historiens du pays de cetteexpédition de Clodion ; mais tous ajoutent qu’Aëtiu?,général de l’armée Romaine , fous lequel Majorien ser-voit alors, défit Clodion, Sc reprit fur lui tout ce qu’ílavoit enlevé à l’empire Romain en-deçà du Rhin. farsGalliarum , dit Prosper, propinqua Rheno quam Francipojfidcndagn occupaverant, v íetii Comítïs armis recepta.Aëtius réimporta cette victoire fous le consulat de Félix8c de Taurus» c’est-à-dire, Pan de notre Seigneur 42.8 ,8c le premier du régne de Clodion, de forte que ce princeavoit commencé son régne par cette conquête ; mais kpeine , dit le P. Daniel ( f ) la garda-t-il quelques mois',& /’on voit toujours Clodion battu , chassé, demandantla paix. Sur quoi donc, continue ce Pere , prétend- onque Clodion se st un état dans les Gaules ? L’unique fon-dement de tous nos historiens François a été ce qu'en a ditGrégoire de Tours, que ce roi s’étoit rendu maître de Cam-brai & des pays d’alentour. II ne dit pas qu’il y Joit de-meuré , Cr les auteurs contemporains dijent expressémentqu’il en a étéchajjé ( a ) Le Carp. Hist. de Cambrai, t. 1 »P- 2,5. ( fa 3 Ibid. p. 27. C c ) In Chronico. ( d ) In Chron.( e )ín Chron.f) HìÇt. de France , t .1 , prés hist.p.LXXii.

On peut convenir avec l’abbé de Longuerue que Clovisextermina un peu avant fa mort tous ces roitelets, &qu’ayant fait mourir Ragnacaire , prince de Cambrai, Uréunit cette ville k son état, & la laissa k Jes descendans.Ch'dpéric qui avoit pris'plusieurs villes d'Australie aprèsla mort de Sigebert son frere, s’étoit saisi de Cambrai ;Sc comme c’étoit alors une place très-forte , il s’y en-ferma avec ses trésors , pour pouvoir se garantir des ar-?. es 5 ^ e s° n frere Contran, joint au jeune Childebert,is d e Sigebert, comme nous l’apprenons de Grégoireae * ours > au liv. 6, ch. 41. Cambrai 8c le Cambresisturent ordinairement fous les rois d’Austrasie; Sc par laivi ion des états de Louis le Débonnaire , faite entreles fils, le royaume d’Austrasie étant échu à Lothaire »

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îl eut Cambrai 8c tout ce qui est à l’oríent de l’Escaut,Charles le Simple ayant succédé dans le royaume d'Aus-tral! e, nommé Lorraine, au jeune Louis fils de l’em-pereur Arnoul , le Cambresis fut fous fa domination. Ontvoit que dès l’an 921 > Isaac avoit en propriété le comtéde Cambresis, Sc Baldric dans fa chronique de Cambrai,rapporte que ce comte eut de grands différens avec Ful-bert évêque de Cambrai. * Defc. dela Fr. part. 2 , p.

Après la prison de Charles le Simple , le roi Raoulfit-ses efforts pour conserver du moins une partie duroyaume de Lorraine; mais après fa mort, sous le régnede Louis d’Outremer, Othon le Grand se rendit maîtreabsolu de tout ce royaume. Lothaire fils de Louis d’Ou-tremer, fit des efforts >mais inutiles,pour le conquérir.Cambrai reconnoiffoit pour son souverain l’empereurOthon III, lorsqu’il donna un privilège l’an iooi,àl’é-vêque Herluin Sc à son église de Cambrai. Arnoul comtede Cambresis vivôit encore , 8c il avoit succédé à sonpere Isaac, comme nous l’apprenons de la chroniquede Baldric ; mais ce comte étant mort, l’empereur saintHenri donna, Pan 1007, le comté de Cambresis à l’é-vêque Herluin 8c à ses successeurs à perpétuité ; de sorteque depuis ce tems ces prélats ont été comtes de Cam-bresis 8c princes de l’empire. Et quoique la ville de Cam-brai eût été donnée aux évêques, les habitans voulu-rent so rendre indépendans 8c se révoltèrent plusieurssois, ce stui obligea les empereurs à les punir. Néan-moins les habitans ayant surpris des patentes impérialesen leur faveur, Jean de Béthune, évêque de Cambrai,obtint Pan 12. r 5 de l’empereur Frédéric II , la révoca-tion de ces lettres, 8c la confirmation de tous les droitstemporels de son église. L’empereur Frédéric reconnoitdans fa patente l’évêque prince de l’empire, en l’appel-lant Principi nostro. D’autre côté , les châtelains deCambtai, qui d’ossiciers s’étoient rendus propriétaires Sc^íféditaires, ayant acquis beaucoup d’autorité dans laville 8c dans le pays, se joignirent souvent aux habitans »au lieu de soutenir les évêques , comme ils s’y étoient’obligés étant leurs vassaux.

Baldric, dans fa chronique, ditqu’un seigneur nomméGatítíer'fut fait châtelain de Cambrai dès l’an 977. Oncroît que Hugues , seigneur d’Oííy , qui fut investi dela châtellenie vers l’an 1050, descendoit de Gautier. IIeut pour successeur son fils Hugues II, qui fut seigneurd’Oisy Sc de Crevecœuf en Cambresis. Cette terre dcCrevecœur étoít unie à la châtellenie. Hugues qui des-cendoit par mâles des anciens seigneurs, étant mort sonsenfa ns l’an 1309, eut pour héritière fa sœur Hildiarde,femme d’André, seigneur de Montmirail. Leur petite-fille Marie, vendit avec son mari, Enguerrand de Cou-C y, Crevecœur Sc la châtellenie de Cambrai , à Guide Dampîerre, comte de Flandres, qui donna cette châ-tellenie à Guillaume seigneur de Tenremonde. Jean deFlandres, son fils puîné, eut la châtellenie de CambraiSc après so mort, fa femme Béatrix de S. Pol, qui se fitadjuger l e bien de £on mari, vendit, l’rm 1340, à Phi-lippe de Valois , cette châtellenie. Ce roi s’étoit rendumaître de Cambrai, néanmoins il ne priva pas l’évêquede son droit féodal fur la châtellenie. II la remit à ceprélat pour en donner l’investiture à un autre , Sc le roiîa fit donner à Jean son fils aîné, duc de Normandie.II reconnut même qu’en cas que cette châtellenie luirevint 8c à sos successeurs rois , ils seroient obligés de lamettre dans l’an^iors de leurs mains , 8c de la donner àquelqu’un qui pût faire à l’évêque la foi 8c hommage.Les Allemands, au rapport de Froissart,trouvèrent fortmauvais que Philippe de Valois eût fait cette acquisition,

. parce qu’il avoit été accordé, il y avoit long-tems , queles rois de France ne pourroient rien-acquérir ni tenirdans l’Empire, Sc que cependant le roi Philippe avoitacquis Crevecœur, les Allœves Scia châtellenie de Cam-brai , 8c même la cité de Cambrai qui étoient de l’Em-pire. Philippe 8c son - fils Jean se maintinrent en pos-session de Cambrai, 8c donnerent de grands privilègesaux habitans qui tenoient alors le parti de France congreles Anglois , Sc tant d’autres ennemis. v .

On voit néanmoins que quelques années âpres les roisn’étoient plus que protecteurs de Cambrai, qui toit re-connue pour ville de l’Empire, sujette cepen ant a ,onévêque Sc prince. Mais pour la châtellenie, avec les ter-res annexées, les rois la donnerent a leurs fils aînés » &

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