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l’on voît que Charles V Sc Charles VI, étant Dauphins .furent châtelains de Cambrai.-Charles VI donna cettechâtellenie à son fils Louis Dauphin, Sc elle fut depuispossédée par ses freres Jean Se Charles. Mais parle traited’Arras de l’an 1435 , toutes ces terres furent donnéesen ëngagement à Philippe duc de Bourgogne par Char-les VII, Sc quelque tems après le duc Philippe investitde ces terres , de la châtellenie de Cambrai Sc de Creve-cœur, son fils naturel Antoine seigneur de Beures.
Louis XI, après la mort de Charles duc de Bour-gogne , reprit toutes ces terres , malgré P opposition dePhilippe, fils d’Ántoine, dont les héritiers plaidèrentlonc-tems à Paris contre le Procureur Général, jusqu’àce que par le traité de Cambrai de l’an 1529 , il fut ditque ce différend , qui étoit alors pendant au parlementde Paris, seroit renvoyé à quatre juges qui le déci-deroient en dernier ressort. Ce procès ne fut point ter-miné, Sc la possession demeura au roi jusqu’àl’an 1543-Ce fut alors que Charles-Quint confisqua ces terres qu’íldonna aux héritiers de la maison de Beures; Sc en mêmetems pour s’assurer de Cambrai, il y fit bâtir une cita-delle flanquée de quatre bastions , fur une hauteur qu!commande la ville. Et cette place fut regardée par lafuite comme le Boulevard de tous les Pays-Bas.
Charles-Quint n’uíurpa pas alors la souveraineté &le haut domaine de Cambrai. L’évêque Sc la ville joui-rent de leurs anciens droits jusqu’à l’année 1581 j st uela ville de Cambrai, avec le baron d’Inchi son gouver-neur, prit le parti des Etats - Généraux des Pays-Bas,étant alors assiégée Sc réduite à l’extrémité par le duc deParme , général des troupes du roi d’Espagne. Le gou-verneur Sc les habitans reçurent dans la ville Sc dans lacitadelle François, duc d’Alençon Sc d’Anjou , qui etoitvenu à leur secours Sc avoit fait lever le siège. II se renditmaître absolu de la place, Sc en donna le gouvernementà Jean de Montluc, seigneur de Balagny, qui commandaà Cambrai pour ce prince , Sc après fa mort pour Cathe-rine de Médicis fa mere , comme héritière de son fil S ‘
Cette princesse étant morte à Blois au commence-ment de l’an 1389, Balagny qui n’avoit plus de maître»se fit proclamer prince souverain de Cambrai, Sc oblíg eales habitans à lui prêter ferment. Pour se mettre à cou-vert des Espagnols , il prit le parti de la Ligue, q u "quitta l’an 1594. Par le traité qu’il fit cette année avecHenri IV, il fut fait maréchal de France, Sc le roi con-sentit qu’il demeurât prince souverain de Cambrai.
II ne jouit gueres de cet honneur ; car s’étant renduodieux aux habitans- par ses exactions, 8c n’ayantpointeu foin de bien fournir fa place de munitions , il ^ u£contraint de la rendre le 9 Octobre 1595 à l’armée dePhilippe II, commandée par le comte de Fuentes, q lUensuite établit la domination du roi son maître à Cam-brai, ou les Magistrats furent créés par l’autorité duroi Catholique , qui soumit la ville de Cambrai au res-sbrt du parlement de. Malines. ,
Quoique le traité de Château-Cambrefís eût adjug ela châtellenie de Cambrai au Dauphin , qui fut depuisF rançois 11, elle n’appartenoit plus aux princes deFrance,parcequ Henri III l’gvoit vendue à François d’Epinay »seigneur de S. Luc, l’an 1577. Le fils du seigneur de S.Luc vendit cette châtellenie avec Crevecœur Sc les au-tres annexes 1 an ióù3 , à Jeand’Anneux, seigneur d’-A-bancourt, qui eut de très - grands procès à soutenir ail.parlement de Malines, contre le baron de Lick, héri-tier de la maison de Bourgogne Beures , Sc ce procèsn’a ete termine qu en 1654. p ar l’arrêt qui intervint»Guillaume-Albert d Anneux , marquis de Wargnies»fut maintenu en possession, comme étant aux droits desprinces de France , par 1 acquisition qu’il avoit faite dufleur de S. Luc, Sc le baron de Lick fut débouté de sesprétentions.
La ville de Cambrai ( a ) a de bons bastions , Sc desfossés profonds , principalement du côté de l’orient oùPon volt la citadelle , qui est un pentagone résilier:outre la citadelle, il y a un fort qui défend la ville ducôté de la rivière : 1 Escaut la coupe par le milieu,mais cette rivière n’est pas grosse en cet endroit, étantpeu éloignée de fa source. Cette ( b ) place qui étoit laplus célébré des Pays-Bas Espagnols > fut prise l’an 1677par le f eu roi Louis XIV , qui commandoit son arméeen personne. II laissa par la capitulation à Farchevêque,
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au chapitre de l’église métropolitaine Sc aux habitans »leurs privilèges. L’archevêque est toujours seigneur utilede la ville Sc de tout le comté de Cambresis ; mais lasouveraineté est réservée au roi , Sc l’appel des causesjugées à Cambrai Sc en Cambresis , se.reieve au parle-ment de la Flandre Françoise, Sc non en aucun autretribunal de France. L’année suivante , Cambrai Sc leCambresis furent cédés à la France par le traité de Ni—mégue ( a ). PiganioL, Descript. de la France, t. <5, p. 208,( b ) Longuerue , Descript. de la France, part. 2 , p. 97.
Le christianisme a été établi fort tard à Cambrai Scaux environs. Et ce ne fut qu’après la mort de Ragna-caire , roi payen de Cambrai , que S. Waast, évêqued’Arras, établit cette église , que ses successeurs gou-vernèrent toujours jusqu’à la séparation des deux évê-chés d’Arras Sc de Cambrai, faite fur la fin de l’onziémesiécle • après cette division, Manassés fut premier évêquede Cambrai. Ses successeurs ont été íuftragans de l’ar-chevêque de Rheims, jusqu’àl’an 1559, que Paul IV,a la prière de Philippe II, érigea Cambrai en archevê-ché , Sc lui attribua pour suffragans , outre Arras ,Tournai, Saint Orner» Sc Namur, quiavoientété érigésdepuis peu Comme cette érection de Cambrai en ar-chevêché se fit íans le consentement du métropolitain ,& que le cardinal de Lorraine qui étoit pour lors arche-vêque de Rheims protesta contre : tous ses successeursont fait leurs protestations jusqu’en 1696, que M. leTellier y consentit, au moyen de l’union de la manieabbatiale de S. Thierry à l’archevêché de Rheims. De-puis ce tems, l’archevêque de Cambrai est demeuré pai-sible possesseur de la juridiction métropolitaine qui luxfut accordée lors de son érection. L’archevêché de Cam-brai s’étend fur tout le Cambresis Sc dans une partie duBrabant, dans presque tout le Hainaut, dans la prévôté6c comté de Valenciennes, dans une partie du Tour-nesis, Sc dans la châtellenie de Lille. Son diocèse estcomposé d’environ <5oo paroisses. L’archevêque de Cam-brai étoit élu par le chapitre de la cathédrale, pendantMe cette ville étoit soumise à l'Espagne; mais depuisl’an 1677 qu’elle est à la France > le Pape en a accordéla nomination au roi. Les évêques & les archevêques deCambrai ont pris la qualité de ducs de Cambrai Sc deprinces du S. Empire , depuis la concession que l’empe-reur Maximilien I en fit à Jacques de Croy, évêque deCambrai l’an 1510. L’église métropolitaine Sc l’arche-vêché sont estimés les plus riches des Pays-Bas. * Pi-g'&niol , Descr. de la France, t. 6 , p. 157.
Le plus grand Sc le plus bel édifice de cette ville estI église métropolitaine , dédiée à la Vierge , Mere deCrace. .Elle doit son commencement à saint Gery , 8csss premieres richesses à S. Aubert qui lui donna les vil-lages d’Auvaing Sc de Quaroub , situés enfl-e Mons ScValenciennes. Les Normands la brûlèrent en 882. Ellefut rebâtie fur ses ruines par les évêques Etienne , Ful-bert Sc Enguerrand, Sc consacrée de nouveau par l’évê-que Retard l’an 990. Elle fut encore brûlée en 1064, Scréparée par l’évêque Gérard l’an 1079 ; mais elle futencore réduite en cendres l’an 1093 avec le palais Sc plu-sieurs belles maisons. Elle fut enfin rétablie vers Paix1 £ 49. fous l’évêque Nicolas qui en prit le foin.
A chaque pilier de la nef de cette église, est une figured Apôtre de marbre blanc. Cette ,église seroit cepen-dant plus régulière, fi le chœur n’étoit pas placé dans lacroisée. Sous la grande porte en dedans , est une petiteparoisse qu’on appelle jaint Gigoujle.
x Le clocher est tout bâti de pierres de taille blanches,percé à jour de tous côtés, & enrichi de diverses figuresen relief S c élevé de plus de 6 00 degrés, à monter depuisla cour du palais jusqu’au pied de la flèche, qui paroîtpresque encore aussi haute que le reste. On a employé ,a ce qu on dit, vingt ans à le bâtir , Se six hommes pour-raient se remuer aisément dans la pomme qui sert depiédestal à la croix. Ce fut l’évêque Nicolas de Fontainequi mit la derniere main à cette superbe tour, Sc il choisitfa sépulture au pied. L’horloge que l’on y volt est unedes rares pièces de l’art. Cette machine admirable fut■achevée en 1397 par l’industrie d’un Berger, auquel»selon l’opinion commune , on creva les yeux , parcequ’il avoit entrepris d’en bâtir d’autres en FranceSc ailleurs avec plus de perfection, * Le Carpentier» Del’état ecclésiast. de Cambrai, part. 2 , p. 434.