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Tome second. C - F.
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í Liius, Garigliano.

ISavo , Saône , autrement Livigliano.Rîvíeres de la / Vulturnus , Vulturno.

Campanie. jClanis, Clanio, autrement Patria.

/ Sarnus, Sarno , autrement Scafati.

Î Vesuvius , autrement' Somma , leVejuve , ou le Mont de Somma , oude Somme.

Pausilifus, Pojìlipo.

Cistellus., Monte Cíflello , par cor-ruption fur les cartes Riflello.Astrtjnus, Aflrugno.

Mons Christi, Monte Chriflo.

Mons Draconis , autrefois MoNSMassicus j Monte Dracone.

Grottes fou- \ Baiana, ou Cûmana , vulgairementlorraines de -< la Grotte de la Sibylle.la Campanie. e Napolitana, la Grotte de Naples-

CAMPDEN, bourg d’Angleterre dans la provincede Giocester. On y tient marché public. Etat présentde la Grande-Bretagne, t. t.

CAMPÉCHE (O- ville de la nouvelle Espagnedans la presqu’iíle de Yucatan. Elle est située fur la coteorientale de la baye de Campéche dans un petit enfon-cement qui forme un port de mer ( b ), si rempli de bancs& d’écueils, qu’on est obligé de mouiller à quatre lieuesavant en mer, mais fameux par son bois qui est si né-cessaire aux belles teintures. Cette ville est nommeepar les Espagnols Y Francisco ( c ). Elle est la feule vill eque l’on trouve fur toute la côte depuis le cap de Ca-toche , j us qu’à la Ver a Crux. Elle est toute bâtie de bon-nes pierres, ce qui la fait paroître beaucoup. Les mai-sons n’y font pas hautes, mais les murailles en font tres-fortes, les toits en font plats » à l’espagnole , 8c cou-verts de tuiles [ A l’endroit où est la ville, il y avoitune grosse bourgade que les gens du pays nommaientKimpecloj ce fut François Fernandez de Cordoue qui l aciecouvrit en 1517.] A l’une des extrémités de la víH e >íl y a une bonne forteresse munie de plusieurs canons :le gouverneur y demeure avec une petite garnison pourla detendre. Quoique cette forteresse commande la viH e& le port, elle a pourtant été prise deux fois. Lapre-miere , par le chevalier Chrijlophe Mims anglois , vêtsl’année 1659. ( a ) Supplément des Voyages de Dampier» ,t- 3 > P- 7 °- ( b ) Voyages de Waffer, p. 221. ( c ) Supplémentde Dampier, Ibid.

Des boucaniers Anglois 8c François prirent la mêmeforteresse par surprise en 1678. Ils abordèrent la nuit adeux lieues de la ville , &. trouvèrent un sentier qui lesy conduisit tout droit. Ils y entrerentle matin à la pointedu jour. Les habitans les voyant marcher vers le fort,crurent que c etoient quelques soldats de la garnison ,qui revenoient de la campagne. En effet, quelques joursauparavant on en avoit détaché un parti pour réduirequelques Indiens qui s etoient révoltés. A la faveur decette supposition, les boucaniers traverferent toutes lesrues, & ie rendirent jusqu’au fort fans trouver la moin-dre résistance. Alors ils tirererent aux sentinelles quietoient fur la muraille du fort, Sc commencerent aussi-tôt après à y donner une furieuse attaque. Ils trouvè-rent deux petits canons dans la place d’armes de la ville,ils les pointèrent contre la porte du fort, dont ils fe ren-dirent bientôt les maîtres. .

En 1685 , onze cens flibustiers de S. Domingue, quiavoient à leur tête Grammont & Laurent de Graff, ferendirent maîtres de Campeche & de l a citadelle où ily avoit quatre cens hommes de garnison, dix-huit piècesde canons de 24 A six autres plus petits. Ils brûlèrentla ville & firent fauter la forteresse. Le jour de 8. Louisils firent un feu de joie, où ils brûlèrent pour deuxcens mille écus de bois de Campéche, qui étoit le meil-leur de leur butin, Sc s’en retournèrent à S. Domingue

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avec deux navires qu’ils avoient pris.* Hifl. de Y Do~ypângue ,\. 9.

La ville de Campéche n’est pas fort riche, quelqu’ellesoit le seul port de mer de toute cette côte. La princi-pale manufacture est la toile de coton • les Indiens Sc lespauvres Espagnols s’en habillent. On s’en sert aussi pourfaire des voiles de navires , Sc on l’envoye dehors pourle même usage. Ces toiles & le sel qu’on tire des sali-nes font tout le commerce de cette ville, qui étoit au-trefois l’échelle de tout le trafic qui fe faífoit en boisde teinture , d’où on la nomme encore à présent Palode Campeachy , c’est-à-dire, Bois de Campéche , quoi-qu il n’y en eût cependant qu’à douze ou quatorze lieuesde-la. Les Indiens, qui demeuroient dans le voisinage»croient employés à le couper à une réale par jour»à il valoit alors 90, 100 ou 110 lív. sterlings le ton-neau.

Après que les Anglois eurent pris la Jamaïque, &commencé de croiser dans cette baye, ils y trouvoientsouvent des barques chargées de ce bois ; mais commeils n’en favoient pas alors le prix, ils fe mettoient peucn peine d’une pareille charge. Ils en uferent ainsi jus-qu’à ce que le . capitaine Jacques eut pris un gros vais-seau chargé de ce bois, 8c qu’il l’eut conduit et>- An-gleterre pour l’armer en course : il vendit son bois fortchèrement contre son attentecar il en avoit fait si peude cas qu’il n’en brûla pas d’autre durant tout sonVoyage. Après son retour à la Jamaïque , les Anglois ,qui fréquentoíent la baye de Campéche, découvrirentle lieu où croíssoit ce bois., 8c lorsqu’ils ne faisoient au-cune prise en mer, ils alloient à la rivière de Champe -ton , où ils étoient sûrs de trouver de grandes piles dece bois tout coupé & transporté au bord de la mer, &tout prêt à être embarqué. Ce fut leur pratique constantejusqu’à ce que les Espagnols y envoyerent des soldatspour prévenir leurs courses. Mais les Anglois, connois-sant la valeur de ce bois, se mirent à visiter les autrescotes du continent. Ils en trouvèrent au cap Catoche , &ils découvrirent enfin le lac de Trist dans la baye deCampéche où ils en ont fait négoce pendant assez long-tems. A la fin les Espagnols fe jetteront fur eux Sciesprirent dans leurs cabanes , les menerent prisonniers àCampéche , ou à la Vera-Crux, d’où ils les envoyerentau Mexique, 8c les vendirent aux négocians de cetteville. Deux ou trois années après, lorsqu’ils surent parlerespagnol, la plûpart d’entr’eux s’enfuirent & retour-nèrent par de petits chemins écartés à la Vera-Crux,ou ils s’embarquerent fur la flote pour passer en Espa-gne 8c de-lâ se rendre en Angleterre. * Supplément desVoyages de Dampier, t. 3 , p. 83.

E,A baye de Campeche, fur la côte méridionale dugolfe du Mexique , est un enfoncement considérable'quife trouve renfermé entre le cap de Condecedo du côtéde l’est, 8c une pointe qui s’avance du pays monta-gneux de S. Martin à l’oueist. La distance qu’il y a entreces deux places peut être de 120 lieues, où il fe trouveplusieurs grandes rivières navigables, de grands lacs,&c. * Supplément des Voyages de Dampier, p. 6-y.

Le cap de Condecedo est éloigné de 14 ou 15 lieuesdes salines, la côte s’étend vers le sud : la baye est,toute sablonneuse entre-deux. Depuis les salines jusqu’àla ville de Campéche il y a près de 20 lieues, la côtes’étend au sud-quart à l’ouest. Durant les quatre pre-mières lieues tout du long de la côte le pays est sub-mergé 8c couvert de mangies , mais à deux milles ouenviron au sud de la saline , & à 200 toises de la. mer»il y a-une source d’eau-douce que les Indiens, qui ypassent, soit en barque ou en canot, vont toujours visi-ter , parce qu’il n’y a p.oint d’autre fontaine dans toutle voisinage. On trouve un petit sentier plein de boue.qui conduit à cette source aux travers des mangies ;après qu’on les a passés, la côte s’éleve de plus en plus,

8c on y volt quantité de bayes sablonneuses , où les cha-loupes peuvent aborder commodément, maison ne trou-ve plus d’eau-fraîche, jusqu’à ce qu’on soit venu à uneriviere qui est auprès de la ville de Campéche. Le. pays .qui est au-delà, toujours le long de la côte , est en partiecouvert de mangies , mais le terroir en général y est sec& peu fertile ; il ne produit que des buissons : & il necroît point de bois de teinture fur toute cette côte , nimême depuis le cap de Catoche jusqu’à la ville de Cam-