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pèche. A six lieues avant d’être à Campéche » il ya une colline appellée Hina , où les armateurs mettentà l’ancre , Sc font sentinelle sur le sommet pour décou-vrir les vaisseaux qui vont à la voile. II y a trois petitesifl.es basses Sc sablonneuses à 2p ou 2 6 lieues de Hina versle nord, & à 30 de Campéche. On les nomme 7 W<í»g/f.s »par.ce que leur situation forme un triangle. Ce sont les. •ieules iíles , avec les Alcranes » que Dampier témoigneavoir découvertes à quelque distance du bord. * Supplt~ment des Voyages de Dampier, p. < 53 .
DeHina à Campéche ( a ), il y a donc environ six lieues ;Sc de Campéche à la riviere de Champeton dix ou douze.On trouve cette riviere au sud de cette ville Sc tout aTopposite dans un terreín assez haut Sc. pierreux. C’estun des endroits du pays où se trouve le bois de Cam-péche , dont le grand commerce a fait dúnner le nomâ la ville & à la baye. ( b ) Depuis la riviere de Cham-peton jusqu’à Port-Royal on compte. 18 lieues : la côteest au sud-ouest, ou sud-ouest-quart-au-sud : le terreínest bas tout contre ía mer, où il y a une baye sablon-neuse , Sc quelques arbres auprès du rivage ; d’ailleurson voit de petites Savanes tout le long du chemin, Scmêlées en quelques endroits de petits buissons. II n’ya qu’uqe feule riviere entre Champeton Sc Port-Royal ;on la nomme Porto-Escondedo. (D Supplément des Voya-ges de Dampier , p. 70. ( b ) Ibid. p. 74.
Port-Royal est une grande entrée dans un lac salé de9 ou 10 lieues de long , Sc 3 ou 4 de large. Voyez,Port-Royal. Les vaífleaux mouillent d’ordinaire ducôté de l’est après Champeton , tant à cause de quel-ques puits aue les boucaniers Sc les coupeurs de boisont creusés ftir les bayes , que pour être plus à couvertdu courant de la marée , qui est ici très-violente. Cetendroit est assez remarquable, parce que la terre s’y dé-tourne tout d’un coup vers Pouest, Sc s’étend ainsi l’es-pace de 6 5 ou 70 lieues.
II y a une petite iíle baíle à Pouest de ce havre, qu’onnomme l’ífle de Port-Royal 3 elle fait un des côtés dePembouchure , Sc le continent fait P autre. A Pouest decette iste , il y en a une autre petite Sc basse appelléeTri/l , une crique salée les sépare, mais elle est si étroitequ’à peine un canot y peut passer.
Une seconde embouchure, qui est entre l’ifle Trijl ScPiste des Bœufs , Sc qui peut avoir trois milles de large ;conduit dans ìe lac dont je viens de parler. Elle est pleinede bancs de fable au-dehors > Sc il n’y a que deux ca-naux pour y entrer : le plus profond a douze pieds d’eaudaits íe tems des hautes marées , Sc il est vers le milieude Pembouchure, le fond de la barre est un fable dur.Le canal de Pouest a près de dix pieds d’eau , 8 c il n’estpas fort éloigné de Piste des Bœufs : on y entre par unebrise de mer, îa sonde toujours à la main : il faut sonderdu côté de l’iste des Bœufs. Le fond est de vase , Sc l’ony trouve plus d’eau insensiblement Sc par dégrés. Quandon est avárfcé jusqu’à la pointe de l’iste des Bœufs > ona trois brasses d’eau, alors on peut tourner vers Tríst,jusqu’à ce qu’on soit auprès du rivage où on peut mouil-ler commodément. L’ancrage est bon par-tout au-delàde la barre entre Tríst Sc l’iste aux Bœufs, mais la ma-rée y est beaucoup plus forte qu’à'Port-Royal, qui estl’autre emaouchure de ce lac, nommé par les EspagnolsLaguna Termina , ou le Lac des Marées , parce qu’elíesJ sont extrêmement fortes. * Supplément des Voyages deDampier , t. 3 , p. 78.
Cette partie*de la baye de Campéche est à près de*3 d.'de latitude septentrionale. Lorsqu’il fait beautems les brises de mer sont au nord-nord-est, ou au nord :les vents de terre font sud-íùd-est Sc sud , mais dans lesmauvais tems, ils tournent à l’est-sud-est, Sc le vent estforcé deux ou trois jours de fuite. La saison sèche com-mence en Septembre , Sc dure jusqu’en Avril ou Mai,°u les ouragans commencent, les pluies succèdent jus-qtfa la fin d’Août ; alors les rivières enflent Sc débor-de ?5 » jusqu’à ce que les vents de nord soient fixés Scst u ils soufflent avec violence : c’est alors qwe les Sava-ttes s on j. tout-à-fait inondées durant l’espace de plusieursmules, 8c q«’on les prendrait pour une partie de la mer.
de nord fixent d’ordinaire vers le moisJ Oérobre Sc continuent par intervalles jusqu’au moisus Mars. Ils font fi violens > tì[u 3 íis empcchcnt t]uc iesmarées ne suivent leur cours réglé tout le tems qu’ils
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règnent, ce qui dure quelquefois deux ou trois joursde fuite. Pár ce moyen > les rivières font arrêtées dansleur cours Sc débordent beaucoup plus qu’elles ne fai-soient auparavant, quoiqu’il y ait moins de pluie. Ils.soufflent avec plus d’impétuosité dans Décembre 8c dansJanvier; molissent ensuite, Sc ne sont plus si fréquens»ni de si longue durée; enfin les inondations commencentà s’écouler des endroits les plus bas; de façon que versle milieu de Lévrier le pays est tout sec , Sc qu’au mois deMars à peine quelquefois trouve-t-on de l’eau pour boire.Ceux qui connoiííentunpeulepays se retirent alors dansle bois pour se rafraîchir de l’eau qu’ils trouvent dans lespommes de pins sauvages. Ce font des arbres qui ressem-blent à celui qui porte les véritables pommes de pins :les sauvages viennent d’ordinaire fur les bosses , lesnœuds ou les excrescences de l’arbre : elles y prennentracine Sc poussent tout droit en haut. La racine est courteSc épaisse , Sc les feuilles en font enveloppées les unesdans les autres , jusqu’à ce qu’elles s’élargissent vers lapointe : elles font d’une bonne épaisseur Sc longues dedix ou douze pouces. Les feuilles extérieures font sibien ferrees les unes auprès des autres, qu’elles retien-nent 1 eau de pluie lorsqu’elle tombe. Elles en renfer-ment jusqu’à une chopine 8c demie ou une pinte, Sccette eau rafraîchit les feuilles Sc nourrit la racine. Quandon trouve de ces pommes de pin, on enfonce un couteaudansl es Quilles, un peu au-dessus de la racine;ce qui estfait sortir l’èau de pluie que l’on reçoit íùr son chapeau»pour la boire. * Suppl. des Voyages de Damp. t. 3 » p. 84-
Le pays près de la mer ou des lacs, est chargé demanZles & toujours humide ; mais un peu plus avantil est foc Sc ferme, Sc n’est jamais inondé que dans la ,saison pluvieuse. Le terroir est d’une argile forte 8c jau-nâtre ; mais le dessus ou la superficie est d’une terrenoire qui n’est pas profonde. 11 y croît quantité d’arbresde différentes especes qui ne font ni hauts , ní gros,Ceux qui servent à la teinture > 8c qu’on appelle bois deCainpeche, y profitent le mieux, Sc il y en a en abondan-ce : aìstfi le terroir est-il le plus propre qu’il y ait pources arores , qui ne réussissent point fur un fond sec , oudans les terres grasses. Ils ressemblent 'assez aux aubé-pines : mais ils lo.nt généralement plus gros ; l’écorcedes jeunes branches est blanche Sc polie, Sc il s’y trouvequelques pointes qui sortent de côté Sc d’autre : le tronc8c l eS Ueilles branches íónt noirâtres , l’écorce en estplus raboteuse , Sc il n’y a que peu ou point; de piquants.jLes feuilles font petites Sc faites comme celles des au-bépines ordinaires , Sc la couleur est d’un verd pâle. Onchoisit pour la coupe les arbres vieux qui ont l’écorcenoire ; parce qu’íls ont moins de fève Sc qu’ils donnentmoins de peine à couper. La fève est blanche Sc le cœurrouge- On se sert beaucoup du dernier pour la teinture :suffi yenvoye-t-on que lui en Europe. Après qu’il aété coupé quelque tems il devient noir , Sc si on le metdans l’eau, il lui donne la couleur de l’encre : on s’ensert même quelquefois pour écrire. II y a de ces arbresqui ont 5 ou 6 pieds de circonférence. Ce bois ne íè trouvequ’au cap Catoche > à la baye de Honduras , dans lapartie méridionale du Yucatan. Les bois de StockfischeSc de Sang sont aussi propres pour la teinture. Ils croissenten Amérique.
A mesure qu’on s’éloigne de la mer, en avançantvers le milieu des terres , le terreín s’éleve toujours da-vantage, 8c s’y trouve plus propre pour les arbres : ï!-,,y en croît d e^ plusieurs especes , 8c ils y viennent plusgros Sc plus hauts que 'ceux du bois de teinture, ou lesaiiti es des environs. Au-delà de ce quartier , on entretoujours dans de grandes savanes remplies d’herbeslongues , 8c qui ont deux ou trois milles de large, Scmême davantage. * Supplément des Voyages de Dame,psoQ t. 3 , p. 90.
L’ífle des Bœufs fait la continuation de îa baye deCampeche l’espace de trois lieues. Sa partie orientale,regarde l’ifle de Tríst; le côté du nord donne sor ahaute mer , Sc la partie occidentale est lavée p ar ’ a ri-vière de S. Pierre Sc de S. Paul. A trois lieues au-dessus de son embouchure , íl y a une petite branche ,qui coule vers l’est, qui sépare l’ifle des B œu s à conti-nent au sud, Sc fait ensuite un grand lac d eau-douce^quîporte même ce nom : íl se jette après dans un lac laie qMinnomme le lac des Guerriers » Sc celui-ci íe déchargé a