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Tome second. C - F.
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Ton tour dans Laguna Termina, à deux lieues de íapointe sod-est de l’iíle. La branche de l’ouest se jettedans la riviere de Tabasco , 8c le lit du milieu gardeion cours & son nom jusqu’à ce qu elle se jette dans lamer entre l’iílê des Bœufs Sc l’iíle de Tabasco , où ellen’est pas plus large que la Tamise, vis-à-vis de Gra-vesend. * Supplément des Voyages de Dampier, tom. z ,pag. 142..

Âprès que la branche occidentale de la riviere de S.Pierre 8c de S. Paul s’est perdue dans la riviere de Ta-basco, à quatre lieues environ de la mer, elle formepar ce moyen l’iíle de Tabasco, qui a douze lieues delong, & à son nord quatre de large, du moins on comptequatre lieues depuis la riviere de S. Pierre , 8c de > 5 .Paul , jusqu’à l’embouchure de celle de Tabasco, 8c lerivage s’étend à l’est Sc à l’ouest. Durant la premierelieue vers l’est, le terrein est couvert de mangles, 8cíl y a quelques bayes sablonneuses , d’où les tortuesvont à terre poser leurs œufs. La côte de l’ouest estaussi sablonneuse jusqu’à la riviere de Tabasco. Maïsparce que la mer est ici fort grosse , il n’est pas faciled’aborder, à moins qu’on ne soit entré dans la rivierede Tabasco, qui est la plus remarquable de toutescelles que l’on voit dans la baye de Campéche. Sonembouchure a près de deux milles de large. * Supp^ e ~ment des Voyages de Dampier, t. 3 , p. idi.

Depuis la riviere de Tabasco j us qu'à celle de. Che-capeque, il y a 7 1 . La côte s’étend à l’est 8c à l’ouest j I eterrein y est bas 8c couvert d’arbres • la baye est í a “blonrieuse , & il y a bon ancrage ; mais le ressac y est »fort, qu’on a peine à y aborder. II n’y a point d’eau-douce entre la riviere de Tabasco Sc celle de Checa-peque. * Supplément des Voyages de Dampier, t. Z »pag, 1 76.

A une lieue de Checapeque & à son ouest , il y aune autre petite riviere appellée Dos Boccas » qui uepeut porter que des canots , 8c que jusqu’à un mille deson embouchure, 8c l’eau en est salée jusqu’à cet en-droit. Depuis Dos Boccas jusqu’à la riviere de Palmds »il y a quatre lieues : le terrein est bas entre deux Sc labaye sablonneuse. De Palmas à Halover il y a deuxlieues. Halover est un petit isthme, qui sépare la i Jierd’un grand lac. Les boucaniers i’appellent ainsi, parcequ’ils y mettent leurs canots à sec, Sc que le mot an-glois signifie hâler à terre. De Halover jusqu’à saintsAnne , il y a six lieues. Sainte Anne est l’embouchuredu lac dont je viens de parler : il n’y a pas plus de six ousept pieds d’eau, cependant les barques y vont souvent

Ï our se mettre en caréné. * Supplément des Voyages deJampier, t. 3 , p. 179.

De sainte Anne à Tondelo il y a cinq lieues. La cotes’etend toujours à l’ouest ; le pays est bas 8c ía baye sa-blonneuse du côté de la mer. A quelque distance decette baye il y a des dunes assez hautes & couvertesde buissons remplis de piquants. La riviere de Tondeloest étroite, 8c guéable à quatre ou cinq lieues de fouembouchure. De la riviere de Tondelo jusqu’à cellede Guazatcoalco ou Guafìckwalp , il y a huit lieues ;la cote toujours à l’ouest , la baye sablonneuse tout dulong ; 8c il y a des dunes , comme entre sainte Anne 8cTondelo si ce n est que vers.l’ouest, le bord est plusbas 8c les arbres plus hauts. C’est une des principalesrivières de cette côte, quoiqu’elle ne soit pas la moitiéaussi large que celle de Tabasco ; mais elle est plus pro-fonde , fa barre est une des moins dangereuses, puis-.:;qu’il y a quatorze pieds d’eau par-dessus. Les bords del’un 8c l’autre coté sont bas ; il y a de grands bois sor ce-lui de 1 est , 8c des savanes sor l’autre. Depuis la rivierede Guazacoalco, la cote s étend encore deux ou troislieues vers 1 ouest ; le te'rreín y est bas, la baye sablon-neuse , 8c le pays couvert d arbres. A trois lieues ou en-viron à l’ouest, la terre coupe vers so nord , & poussede ce côté peut-être 1 espace de seize lieues ; elle s’élevepeu à peu au-desius du rivage , 8c fait un promontoirefort haut, qu’on nomme la Terre de saint Martin, maisqui se termine par une pointe assez large ; 8c c’est cequi borne la baye de Campéche a son ouest.

II se trouve aux environs de la baye de Campéche,des chevaux des bœufs » des daims , des Wans, des pc—caris, des squashs.' Ce dernier est un animal à quatrepleol plus gros qu’un chat : fa tête ressemble à celle du

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renard ; íl a les oreilles courtes 8c le museau long : sesjambes sont courtes, & il a des griffes aiguës qui lui ferventà grimper sor les arbres. II a le poil court, fin Sc jau-nâtre. La chair en est très - bonne Sc fort faine : aussne mange-t-il que de très - bons fruits. On le trouved’ordinaire sor les arbres nommés Sapadillos. Si on leprend jeune il s’apprivoíse facilement , mais il est aussrusé que le singe. On voit des singes dans ces quar-tiers , 8c ils font peut-être les plus laids que l’on puissevoir. Leur grosseur est au-dessus de celle du lièvre, ii^ont de grandes queues de près de deux pieds 8c demi dèlong. Le dessous de la queue est fans poil & la peau ertest dure 8c noire ; mais le dessus, ainsi que tout le restedu corps, est cpuvert d’un poil rude, long, noir Sc hé-rissé. Ils vont 20 ou 30 de compagnie dans les bois oùils sautent d’un arbre en l’autre. S’ils trouvent une per-sonne seule , ils font mine de la vouloir dévorer , maiss’ils en voyent deux ou plusieurs ensemble, ils s’en-fuyent. Les femelles font fort embarrassées pour sautera pres les mâles avec leurs petits ; car elles en ont or-dinairement deux. Elles en portent un sous un de leursbras , Sc l’autre est affis sor leur dos se tenant accrochéa leur cou avec ses deux pattes de devant. Ces singessont extraordinairement farouches , Sc il n’a pas encoreété possible d’en apprivoiser. Ils ne vont que rarementa terre ; il y a des personnes même qui assurent qu’ilsn y vont jamais. L ’ours de ces quartiers est de la grosseurd’un chien de bonne taille, Sc ne vit que de fourmis :il a le poil rude Sc d’un brun qui tire fur le noir. Sesjambes sont courtes, son museau est long, ses yeux sontpetits, la gueule est fort petite , & fa langue auss déliéequ’un ver de terre de cinq ou six pouces de long. Pourprendre les fourmis , il couche ion museau tout platcontre terre auprès du sentier où passent les fourmis ,ensuite il met sa langue au travers du sentier ; Sc lors-que ses fourmis, qui vont 8c viennent sens cesse , yarrivent, elles s’y arrêtent un peu : de sorte que falangue en est toute couverte en deux ou trois minutesdo tems ; il la retire Sc les avale. Cet animal sent beau-coup l’odeur des fourmis » Sc se chair en a le goût. Le.floth ou paresseux , est aussi une bête à quatre pieds ,couvert de poil d’une couleur brune : il n’est pas tout-a Tait si gros que l’ours mangeur de fourmis, ni sihérissé : il a la tête ronde, les yeux petits, le museaucourt, les dents fort aiguës , les jambes courtes 8c lesgriffes longues 8c perçantes. II se nourrit de feuilles , &fait grand tort aux arbres qu’il attaque. II est si lenta se remuer, qu’après avoir mangé toutes les feuillesd’un arbre, il employé cinq ou six jours à en descendre8c a monter sor un autre , quelque proche qu’il soit. 11na que la peau. Sc les os quand il arrive à ce secondg!t«» quoiqu’il fût gras à la descente du premier. IIn’abandonne jamais un arbre qu’il ne l’ait mis en pièces8c auss dépouillé qu’il le pourroít être au cœur del’hyver. II soi faut huit ou neuf minutes pour avancerun pied à la distance de trois pouces , 8c il ne les remuejamais que l’un après l’autre avec la même lenteur. Lescoups ne soi font point redoubler le pas : on en a fesséquelques-uns, mais ils paroissent insensibles , 8c on neseuroit les épouvanter ni les contraindre à marcher plusvîte. L ’armadillo , qu’on appelle ainsi à-tause de l’ar-mure dont il est revêtu, est de la grosseur d’un petitcochon de lait, 8c a le corps assez long. Cet animal estrenfermé dans une écaille épaisse, qui lui couvre toutle dos, 8c sc rejoint fous le ventre , où elle ne laissede vuide que la place qu’il faut pour les quatre jambes;il a la tête petite , le groin d’un cochon Sc le cou d’unelongueur assez considérable : il fort la tête quand il mar-che : mais s’il craint quelque danger, il l’a cache fousla coquille ; il y retire en même tems ses pieds , Sc ildemeure auss immobile qu’une tortue de terre : on abeau le baloter d’un côté Sc d’autre , il ne remue paspour cela. Son écaille est partagée en deux au milieudu dos , Sc en travers, où il y a des jointures qui fer-vent à tourner le devant de son corps de tous les côtés,8c de la maniéré qu’il le veut. Ses pieds ressemblent àceux d’une tortue de terre, & il a des ongles forts aveclesquels il creuse des trous dans la terre comme fontles lapins. La chair en est très-bonne & a le goût decelle des tortues de terre. Le porc-épi est commun. IIs’y trouve auss, à ce qu’on prétend, quelques lions. Le