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Tome second. C - F.
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CAM

chat^tigte est de la grosseur des dogues d’Angleteifôque l'on fait battre avec les taureaux ; il a les jambescourtes , le corps ramassé à peu près comme celui d’unmâtin ; mais pour la tête, & le poil » la maniéré deguêter la proie, il ressemble fort au tigre , excepté qu'iln'est pas tout-à-fait íî gros. II y en a une grande quantité,ils dévorent les jeunes veaux ou autre gibier qu'ils trou-vent en abondance. * Supplément des Foyages de Dam-pier, t. 3 , p. 90.

Les infectes des environs de la baye de Campéche,font des serpens de plusieurs fortes ; de jaunes, deverds,de couleur brune, mêlée de quelques tâches de blanc Scde jaune. Les jaunes font d'ordinaire aussi gros que lebas de la jambe d’un homme , & longs de six ou septpieds. Us font lâches 8c paresseux , ne vivent que de lé-fards 8c de guanos , ou de quelqu’autres petits animauxqui passent dans leur chemin. On dit cependant qu'ils secachent quelquefois fur les arbres, 8e qu'ils ont une forcest prodigieuse, qu'ils arrêtent un bœuf par une de fescornes lors qu'il vient à passer près de l’arbre. Il y a despersonnes qui en estiment fort la chair, Sc qui préten-dent avoir vu de ces íerpens aussi gros que le corps d’unhomme ordinaire. Les serpens verds ne font guéresplusgros que le pouce > quoiqu’ils aient quatre ou cinq piedsde long ; leur dos est d’un verd fort vif, mais la couleurdu '- entre tire un peu fur le jaune ; ils fe tiennent d'or-dinaire entre les feuilles vertes des buissons , & ils vi-vent de petits oiseaux qui s’y viennent percher; on as-sure qu’ils font très-venímeux. Le serpent brun est un peuplus gros que le verd , mais il n’a pas plus d’un pied Scdemi ou deux de long : ils. -fe tiennent auprès des ca-banes oh ils entrent même quelquefois ; on ne les tuepoint, parce qu’ils détruisent les souris qu’ils prennentavec subtilité. Outre ces serpens , il y a quantité de scor-pions Sc de centapes . On y trouve aussi des galliguêpes ;ils ressemblent un peu aux léfards , mais ils font plusgros. Ils ont le corps de la grosseur du bras d’un homme,quatre jambes courtes 8 c une petite queue. Leur peau estd’un brun obscur. On les trouve ordinairement dans leslieux marécageux, 8 c ils ont beaucoup de venin.

Il y a une forte d’araignée d’une prodigieuse gros-seur ; on en voit qui font presque aussi grosse que lepoing d’un homme, Sc qui ont de longues jambes dé-liées. Elles ont deux cornes courbées, longue d’un pouceSc demi ou deux, Sc grosses à proportion, noires commedu jai , Sc polies comme du verre , Sc aussi pointues aubout qu’une épine. On garde presque toujours ces dentslorsqu’on tue ces araignées. Quelques-uns les portentdans leur bourse à tabac pour nétoyer leurs pipes, d’au-tres les conservent pour nétoyer leurs dents , fur-toutceux qui font sujets à y avoir mal, parce qu’elles ont, àce qu’ils croient, la vertu de les guérir. Le dos de cesaraignées est couvert d’un duvet jaunâtre aussi doux quele velours ; les uns assurent qu’elles font venimeuses ,d’autres drent le contraire. Le pays produit auffi desfourmis de diverses fortes, de jaunes, de noires, degrosses Lc de petites. La piquûre de grosses fourmis noi-res est presque aussi dangereuse que celle du scorpion.Les petites fourmis jaunes ne font guéres moins demal ; leur aiguillon perce comme une étincelle de feu;&c il y en aune si-.grande foule en certains endroits furles branches des arbres > qu’on s’en trouve quelquefoistout couvert avant qu’on s’en soit apperçu.

Les oiseaux du pays font le bourdonnant , petit ani-mal dont le plumage est fort joli, 8c qui n’est pas plusgros qu’une des plus grosses guêpes ; il a le bec noir,Sc aussi délié que la pointe d’une aiguille fine, les jambesêc les pieds font proportionnés a.u reste du corps. Quandìl vole il ne bat pas les ailes comme les autres oiseaux ,mais il les tient étendues dans un mouvement égal Sccontinuel, comme font les abeilles Sc les autres mou-ches, dont il a aussi le bourdonnement lorsqu’il vole. IIy en a de deux ou trois fortes , dont les uns font plusgros que les autres , mais ils font tous fort petits , &I 0nt pas le même plumage ; les plus gros font noirâtres.-Y s mei ^ es stmt un peu plus gros que ceux d’Europe, Sc1 S on J : L queue plus longue, du reste ils font les mêmespour a couleur. II y a de trois sortes de tourterelles ,

es unes ont le jabot blanc , les autres font de couleur bru-ne, es troisièmes font d’une couleur fort sombre. Lespigeons ne font pas fort communs , ils font plus petits

que les ramiers d’Europe , & la chair en est auffi bonne.

que les ramiers d’Europe , & la chair en est auffi bonne.Le c[uam est.de la grosseur d'une petite poule d’indeordinaire; il est d’un brun noirâtre, & son bec ressembleà celui d’un coq-d'inde. II reste dans les bois, fe nour-rit de bayes , Sc c’est un très - bon manger. Le cor-refo est plus gros que le quavn ; le mâle est noir , Sc lafemelle d’un brun obscur ; le mâle a une hupe de plumesnoires fur la tête, Sc il a l’air fort majestueux. Ces ol-seaux fe nourrissent aussi de bayes , Sc ils sont très-bonsà manger ; mais on dit que leurs os sont venimeux, c’estpourquoi on les brûle, ou on les enterre, ou bien on les'jette dans l’eau de peur que les chiens n’en mangent Scne s’empoifonnent. Les corneilles font noirâtres > Sc apeu près de la grosseur des corbeaux. Elles ont la têtechauve Sc fans plumes > de même que le cou qui est rougecomme celui des coqs-d’inde. Elles ne vivent que dechair, 8 c c’est pour cela qu’on leur donne le nom de cor*neiíle à charogne. On en trouve quelques-unes qui fonttoutes blanches; mais c’est un blanc sale ; d’a Heurs ellesont la tête 8c le cou chauves comme les autres. On n’eitvoit jamais plus d’une ou deux de ces blanches à la fois,Sc il y a rarement une troupe de noires qu’il ne s’ytrouve une blanche avec elles. Ces corbeaux en généraifont fort carnassiers , Sc ils dévorent une charogne dansun moment ; c’est pourquoi les Espagnols ne les. tirentjamais , 8c/-qu’ils mettent à l’amende ceux qui les tuent.Les corneilles qu’on nomme subtiles font de la grosseurd’un pigeon ; le plumage de la plupart est noirâtre, maisle bout de leurs ailes tire fur le jaune ainsi que leur bec.Leurs nids sont suspendus aux branches des arbres lesplus hauts j 8 c dont le tronc n’a point de branches jus-qu’à une hauteur considérable ; elles choisissent mêmepour cet usage l'extrémité des branches qui s’éloignentl e plus du corps de l’arbre. Lorsqu’elles en trouvent unà quelque distance des autres , c’est celui - là qu’elleschoisifl-nt ; mais s’il y en a plusieurs ensemble , ellespréfèrent celui qui est plus proche d’une savane , d’unétang ou d’une crique. Ces nids font suspendus à deuxou trois pieds des branches , Sc ont la figure d’un sala-dier rempli d e f 0 j n . Le fil qui attache le nid à la branche,auffi bien que le nid même, est fait d’une herbe longuefort adroitement enrrelassée ; il est assez délié tout con-tre !a branche, mais il devient plus gros à mesure qu’ils’approche du nid. II y a un trou à l’un des côtés du nidpour donner entrée à l’oifeau, 8c.c’est un plaisir de voirvingt ou trente de ces nids suspendus autour d’un yrbre11 y a trois sortes d’oifeaux qu’on appelle tçut becs, parceque leur bec est presque aussi gros que le reste de leurcorps- Les coqrecos font des oiseaux qui ont les ailescourtes,de l a couleur des perdrix, mais pas tout-à-faítsi gros ; ils ont les jambes longues , Sc fe plaisent à courirfur la terre dans les bois ou dans les endroits marécageux.* Supplément des voyages de Dampier, t. 3, p. 100.

Les^oifeaux d’eauYont les canards de trois especespeu différente de ceux d’Europe , les corlieux de deuxfortes qui différent en couleur Sc en grosseur. Les plusgros sont de la grosseur d’un coq-d’inde , ils ont les jam-bes longues gelé bec long Sc crochu, comme celui desBeccaffines , mais proportionné en grosseur au reste deleur corps. Ils font d’une couleur obscure ; leurs ailesfont mêlées de noir Sc de blanc, leur chair est noire ,mais bonne 8c fort faine ; les petits corlieux font d’unbrun obscur ; ils ont les jambes longues aussi bien que lebec. Sc sont beaucoup plus délicats au goût. Les héronsressemblent à ceux d’Europe. Les mangeurs d’écrevissessont faits comme les hérons 8c de la même couleur, maisplus petits;ils viventd’écrevisses de la grosseur du pou-ce, qui fe trouvent ici en gjrande quantité. Les pélicansfont des oisoaux à pied plat > Sc presque auffi gros quedes oies. Ils ont les jambes courtes, le cou long & le betílarge d’environ deux pouces , & long de 17 ou 18 Qedevant de leur cou est ras , Sc couvert d’une peau molie?unie Sc branlante comme celle des coqs-d’inde; cette peaiíest de la même couleur que le plumage, tachetée c uilpeu de gris clair Sc d’obscur si exactement entreme s ,qu’il n’est rien de plus joli. Ces oiseaux sont fort pe ans,ils ne volent pas loin d'ordinaire, & ne s event pasbeaucoup au-dessus de l’eau. On trouve encoie es cor-morons, des guerriers , des boubies & es aucons pé-cheurs., . e

Ces derniers ressemblent aux plus petus Sauçons pouf