CAN
corrompu : îl n’est pas question d’une grande Cana, oud’une petite Cana » dont ni Eusébe ni S. Jérôme n’ontparlé, mais d’une grande Sídon. II reste à savoir quellerelation il y avoir entr’elle Sc Cana, 8c ce qu'ils ontvoulu dire par ces mots jusqu’ à la grande Sídon. Ce n estqu’une citation pour désigner que c’est la même Canadont il est parlé au livre de Josué , c. 19 , v. 28, ou 1 ontrouve & Abran & Rohob & Ha.rn.on & Cana. u s que adSïdonem magnarn, selon' la vulgate , ou selon l’hébreu& Hcbron & Rechob Cy Cbammon Cy Kanah us que adSidonem magnam. Ces mots, jusqu’à la grande Sidon,ont trompé S. Jérôme. II les á regardés dans Eusébecomme une épithéte dístinctíve Sc un surnom donné acette ville pour la distinguer d’une autre moindre demême nom, au lieu que ce n'est qu'u n éloge de cetteville qui étoit très-grande Sc très-floriffante lorsque fau-teur sacré écrívoit. Cependant cette distinction, peu fon-dée, ayant jetté le P. Bonfrerius dans une autre erreur,déja marquée , il a prétendu trouver une grande Canadans la tribu d’Aser, 8c une petite dans celle de Za-bulon dans la baffe Galilée. II est certain qu’il y a euplusieurs Cana : son nom même, qui signifie pójsesfìon 8croseau, peut convenir à plusieurs lieux. ( a ) S. Jean , c.4, v. 46. ( b ) Onomas.
2. CANA, ville de la Palestine dans la tribu d’E-phratm , selon Eusébe Sc S. Jérôme. Au livre de Josué ,c. 16, v. 8, l’hébreu porte : Cette borne descend deTappuah vers la mer jusqu’à nJp'7-T) Nachal Cana. SaintJérôme rend ces mots par la vallée des roseaux. Lesexemplaires les plus exacts des Septante le rendent parle torrent de Cana, car le mot Nachal signifie egale-tnent le torrent Sc la vallée. Ces mots se trouvent tron-qués dans un exemplaire des Septante qui est à Rome ,Sc on y lit Chelcana par le retranchement d’une syllabedu premier mot. Ce lieu ou torrent de Cana ou valléedes roseaux, de quelque maniéré qu’o n l'explique , étoitfur les frontières d’Ephraïm Sc de Manassé.
3. CANA, Josephe dit ( a ) que les Arabes avancè-rent en corps d'armée jusqu’à Cana, lieu de la Cele-syrie ; Sc parlant de nouveau ( b ) de la même expédition,ií dit qu’ils s’assemblerent en grand nombre a Canathande Celeíyrie ; ce n’étoit qu’un même lieu qui n’est pasdifférent de Canath. ( a ) Antiquités, 1. 15 , c. 6, ( b )De bello , 1. 1, c. 14.
Quelques-uns ont reconnu une autre ville de Canavers Sídon différente de la premiere, & ils prétendent,mais fans fondement, que c’étoií la patrie de la Cana-née dont Jésus-Christ C 1 ) admira la foi. Le P. Mà'u( b ) Jésuite est de ce sentiment, mais il le donne fansen alléguer aucune preuve. Cet auteur distingue Canade Galilée de Cana des Sidoníens , qui est, dit—il, àdemi-journée de Sido.n dan§ ‘la tribu d’Aser. II prétendque celle oìi se fit le miracle étoit dans la tribu de Za-bulon. Eusébe Sc S. Jérôme disent le contraire. II rap-porte le sentiment de quelques auteurs qui ont tâché dedeviner qui étoit l’époux en saveur de qui se fit le chan-gement de l’eau en vin. L’endroít où ces noces se cé-lébrèrent, est une église encore entíere , dont les Turcsont fait une mosquée qu’ils appellent Game a Elashar•,c est-a-dire la mosquée fleurie. Cette église , avec lacour Sc son entrée , fait "un quarté. On entre d’abordsous un portique terrassé par une porte de médiocregrandeur , fur le haut de laquelle on voit la figure detrois cruches en bas-relief. De ce portique on entre dansune cour, fur laquelle , du côté du septentrion , il y aune petite porte ouverte, qui est la porte de l’église.Cette église est aíîez grande, Sc ressemble à une sale,qui, pour être trop grande, a besoin de colomnes quien soutiennent la voûte par le milieu. Car" il y a ainsides.piliers dans toute fa longueur , 8c elle est partagéeen deux nefs íàns ailes. Sanlit parle de ce lieu en cettemaniéré. » On montre-là le lieu où étoíent les six cru-M ches dans lesquelles Jésus-Christ changea Peau est50 ' bt le réfectoire où étoíent les tables. Ces lieux,
” Comme tous les autres où Notre-Seigneur a fait quel-^ue chose, sont sous terre, & on y descend par plu-” eur ® degrés. « Je ne fais , dit le P. Nau, si cet au-teur , íi zélé pour la Terre-Sainte , est témoin oculaireqc qu il écrit, les choies font aujourd J hui comme jees aï ìapportees. A une portée de mousquet de-ià ostmontre ur.e fontaine, où l’on dit, que fut prise Peau
A 1\ û s
dont les cruches furent remplies. II y a une petite cha-pelle avec son parvis bien pavé de belles pierres, oùles Turcs font leurs prières. Ce lieu de Cana étoit au-trefois une assez grande ville, si on en juge par lesrestes qui ne font plus que des ruines. Elle est situéefur le penchant d’une colline qui s’éieve peu à peu , Scelle descend jusqu’au fond de la vallée , ayant à sonmidi & à son couchant de hautes montagnes , & au sep-tentrion une belle plaine : c’étoít dans ce fond qu’étoitla maison où se firent les noces Sc le miracle. Cana esta une demi-lieue ou à trois quarts de lieue du Champdes Epies, Sc 3 une lieue & demie tout au plus de Na-zareth. ( a ) Matth. c. 15 , f . 21 , & Marc, c. 7, f. 24.
( ) Voyage nouveau de la Terre-Sainte , 1. 5, c. 11.
4- CANA, ville de la haute Egypte, selon Mar-m°l. C’est la même que Caana.
CANAAN. Voyez. Chanaan-.
CANAC , rivière d’Asie entre le Cyrus 8 c l’Araxe ;elle Te perd dans ce dernier fleuve , après avoir séparéde quelque espace l’Armenie d’avec le Sirvan.
CANACA, ville de Pancienne Espagne au pays desTurdetaîns , selon Ptolómée , /. 2 , c. 4.
, ou ia Nouvelle France ; grand paysdans i Amérique septentrionale. On n’a d’abord donnéle nom si e Canada qu’aux terres qui bordoíent le golfede S. Laurent Sc aux deux bords de ce fleuve , jusquesvers Tadoussac j & on cioit même assez communémentque ce no » venoit de quelqu’une des nations Sauvagesdes environs. On l’a depuis étendu peu à peu jusqu’auMiísifl'P 1 stui le borne àl’ouest; on y a même quelque-fois compris la nouvelle Angleterre & la nouvelle Bel-gique , aujourd’hui la Nouvelle York■ Mais depuis long-tenis on ne connoît fous le nom de Canada, que ce quiest proprement la nouvelle France. Et dans ce íens feCanada a pour bornes à l’estl’Océan occidental, à l’ouestle lùblstflipi, au sud les colonies Angloííes, & en quel-ques endroits la mer ; au nord il n’en connoît point. Danscette distribution font comprises l’Acadie, la baye d’Hud-son, A Piste de Terre-Neuve, qui ont été cédées auxAngl° ls par le traité d’Utrecht, avec le droit que nousavions fur R pays des Iroquois.Tout le cours du Mjffis-sipí au-dessus de la rivière des Illinois est bien de ianouvelle f rance qui n’est point, bornée de ce côté-là aunord'OUest ; mais il ne paroît point qu’on doive étendrele nom de Canada jusqu aux nouvelles découvertes qu’ona ssstos au-delà de ce grand fleuve. Après tout, la choseest lort arbitraire. * Journal du P. de Chgrlevoix.
pe cette sorte, tout ce qui porte en même-tems íenom de Canada, tíu de Nouvelle France, y comprisesles cessions faites aux Anglois , dont nous venons deparler, commence vers les 39 degrés quelques minutesde latit. septentrionale, & s'éten-d jusqu’au Pôle ; enlongitude elle est renfermée entre les 327 degrés Sc les285 , si ce n’est qu’au nord-ouest on ne lui connoît point> de bornes.
Dès Pan 1497 , Jean & Sébastien Cabot cu Gabato,pere Sc fìl s , découvrirent Piste de Terre-Neuve Sc unepartie de la terre, de Labrador : mais on prétend qu’iisne débarquèrent en aucun endroit. En 1500, Gaspardde Corteréal, gentilhomme Portugais , fit plusieurs dé-couvertes dans Piste de Terre-Neuve. On prétend qu’ily fit les années suivantes un second voyage ; ce qui estcertain , c’est qu’il périt en mer au retour de Terre-Neuve. On sait encore qu'avant Pannes 1504, des pê-cheurs Basques, Normands & Bretons faisoient la pêchedes morues le long des côtes de la même ifle Sc de cellesdu golfe Sc fur le grand Banc de Terre-Neuve ; mais onignore,en quel tems ils ont commencé d’y aller. En 1506»Jean Denys de Ronfleur publia une carte de tous cespays ; & deux ans après on vit en France un Sauvagedu Canada , qu’un pilote de Dieppe , nommé ThomasAubert, y avoir amené. * Fastes chronol. du nouveauMonde du P. de Charlevoix.
En 1523, Jean Verazaní Florentin, qui s’étoit misau iervice de François I, roi de France, fit un premiervoyage dans P Amérique septentrionale ; on n en a con-noifsance que par une lettre de ce voyageur au toi,datée du 8 Juillet, où il suppose que sa ^naje e etoitinstruite du succès de cette premiere tentative. II repartitP année suivante , 8 c arriva au mois de Mars a la vue desterres de la Floride. II rangea ensuite toute la côte