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Tome second. C - F.
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jusqu’à uste ííle que les Bretons avoíent découverte» &qu’il dit être au 50 deg. 11 prit par tout,possession aupays au nom d u Roi très-chrétien. L’annee suivante ilentreprit un troisième voyage , dont on n’a rien su >parce qu’il y périt, on ne fait comment.

En 1534» Jacques Cartier Mai-oin, s’embarqua à S.Malo ie 20 d'Avril, pour continuer les découvertes deVerazani, Sc le 10 de Mai arriva au cap de Bonne-Viste en Terre-Neuve. Après quelques autres décou-vertes dans cette iíle -, il prit fa route au sud, entra dansune grande baye du golfe , qu’il nomma la baye desChaleurs. H côtoya ensuite une bonne partie du golfe,& prit possession de tous les pays qu’il avoir reconnus.L’année suivante il arriva le 10 d’Août dans le golfe,& lui donna le nom de S. Laurent, qui s’est depuis éten-du au grand fleuve qui s’y décharge , & que les gens dupays appelioient le fleuve du Canada. Le 15 e . il découvritl’ifle de Naliscolet , qu’il nomma l’ijle de F Assomption,On ne la connoít plus gueres que fous le nom d ’Anti-cofli. Le premier de Septembre il découvrit la rivierede Saguenay , qui vient du nord , Sc se décharge dansle'fleuve à quatre-vingt-dix lieues de la mer. II remontaencore le fleuve pendant quatre-vingt-dix lieues , Sc arri-va à Hochelaga , grande bourgade de Sauvages , bâtiedans une iíle au pied d’une montagne, qu’il nonn 113le Mont-Royal. On l’appelle aujourd’hui Montréal, st° nlqui s’est communiqué à toute l’ifle.

En 1541 , Jean-François de la Roque , Sr de Rober-val, gentilhomme Picard, accompagné de Jacques Car-tier, fit un établissement dans l’ifle Royale Sc envoyaun de ses pilotes , nommé Alphonse de Saintonge,connoître le nord du Canada au-dessus de Labrador■1562, Jean de Ribaut partit de Dieppe pour aller faireun établissement dans cette partie de la Floride oû Vera-zani avoit abordé à son second voyage ; il prit terrecap qu’il nomma Cap François , vers les 30 degr. st e ~lévation de pôle. II s’éleva ensuite au nord, débarquaà la riviere de Mai , oû il arbora les armes de Frast cefur un pilier de pierre , Sc alla ensuite soixante Ìst ueSplus avant vers le nord bâtir un fort, auquel il donnale nom de Charles-fort. C’est oû les Anglois ont bâtidepuis la ville de Charles-toxon dans la Caroline. L’^n-née suivante René de Laudonníere bâtit une autre s° r-teresse dans la riviere de Mai » Sc la nomma la CaroU ne ‘C’est: ce que les Espagnols ont depuis nommé San-Mattheo.

En 15 j6 Sc les deux années suivantes, le chevA^rMartin de Frobisher découvrit plusieurs terres au norddu Canada, au nom de la reine d’Angleterre. En 1)^4-Philippe Amidas 8c Artier Barlow firent la premi el j edécouverte de la Virginie. Et la même année Jean DavisAnglois, ayant eu ordre de la reine Elisabeth de con-tinuer le s découvertes de Frobisher, alla beaucoup sàsloin que ce chevalier. L’année suivante il fit encore denouvelles découvertes , 8c la 3°. année il reconnut I edétroit qui porte son nom. Quelques auteurs prétendentque cette seconde découverte ne se fit qu’en 1590.

En Díjst - le marquis de la Roche découvrit Piste deSables , ou l’on prétend que le chevalier Gilbert HumfreyAnglois avoit perdu trois navires en 1581 , 8c les côtesvoisines del’Acadie. En 1604, de Moûts & Samuel deChamplain acheverent la découverte des côtes de l’A-cadie. Ils 'firent ensuite celle de la baye Françoise, Scs’avancerent jusqu’a Piste de 8te Croix. L’hyver suivantChamplain reconnut toute la côte méridionale du Ca-nada jusqu’au-deia de Pentagoët} Sc en 1603 , lui Scde Moûts pouffèrent leurs découvertes jusqu’au cap Ma-lebarre , vis-a-vis du cap Codd , auprès duquel fut bâtiedepuis la ville de Boston, capitale de la nouvelle Angle-terre. En i 5 o 8 , Champlain fonda ía ville de Queîfec,capitale de la,nouvelle France. En 1609, Henri Hud-fon Anglois découvrit la baye de Mauhatte. II étoit alorsau service des Hollandois, & le pays qu 3 arrose la rivierede Mauhatte a long-tems porté le nom de Nouvelle Bel-gique. C’est aujourd’hui la Nouvelle Yor L

En 1 6 11, Champlain découvrit le pays des Iroquoís , Scen chemin il rencontra un grand lac, auquel il donnason nom. La même année Thomas Button, mathéma-ticien Anglois , découvrit dans ces mers le nouveaupays de Galles Sc toute la baye qui porte son nom ;& Jacques Hall Anglois reconnut le détroit de Cockin,

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par les 65 deg. au nord du Canada. En x 5 15 , Chainplain découvrit le pays des Hurons, entre le lac Erié,le lac Pntario Sc le lac Huron, En 1622 , GuillaumeBaífing Anglois découvrit une grande baye au-dessus dudétroit de Davis, Sc lui donna son nom. En 1631, lecapitaine James Anglois fit plusieurs découvertes aunord de la baye d’Hudson.

En 1636, Bourdon pénétra le premier dans la bayed’Hudson, Sc en prit possession au nom du roi de France.La même année, le P. Albanel Jésuite 8c de S. Simon,gentilhomme Canadien , remontèrent le Saguenay, dé-couvrirent tout le Nord de ce .côté, Sc en particulier leslacs de S. Jean Sc des Miftaffìns , Sc ayant pénétré par-làjusqu’à la baye d'Hudson, en renouvelleront la prise de.possession au nom du roi leur maître. En 1668, les Da-nois découvrirent au nord de la baye d’Hudson une granderiviere, dont l’ëmbouchure est par les 59 degrés, 8clanommèrent Riviere Danoise. En 16/3 , le P. MarquetteJésuite, Sc Jolíet firent la premíere découverte du Miflîs-sipi parle Canada. En 1682, deux François Canadiens,nommés Desgroseillèrs Sc Radisson , découvrirent àPouest de' la baye d’Hudson deux grandes rivières quife déchargent dans une petite baye. 11s appellerent l’unëSte The'rejè, Sc P autre Bourbon , 8c la baye a depuis éténommée par les Anglois Fort Nelson » fur ce qu’ils ontprétendu que Nelson, pilote de Henri Hudson, en avoitfait la premiere découvere.

L’intérieur du Canada a été découvert peu à peu parles Jésuites ; 8c ce qui est au-delà du Míflíssipí au nordLc au nord-ouest, l’a été par quelques voyageurs Cana-diens , fur-tout par le Sueur, par le P. Hennepin Scpar Dacan, qui ont remonté ce fleuve jusqu’au saultSaint Antoine.

Le Canada est en général un très-bon pays : mais ila six mois d’un hyver extrêmement rude, Sc pendantlesquels la terre est ordinairement couverte de six piedsde neige, même à Quebec, qui est à la même latitudeque la Rochelle ; il est un peu moins long, mais aussirude à Montréal, qui est par les 44d. 30 minut. Sc lefroid ne diminue pas à proportion qu’on approche dumidi, autant qu’il fait dans notre continent. On le croîtoccasionné principalement par les neiges qui couvrentune chaîne de montagnes fort hautes, laquelle a plus dequatre cens lieues d’étendue depuis Tadoussac jusqu’auLc supérieur. L’ímmensité des lacs Sc la quantité desrivières y contribuent aussi beaucoup ; Sc l’épaisseur desforêts qui couvrent presque tout le pays , empêcheles neiges de fondre, Sc prolonge de beaucoup l’hy-ver ; de forte qu’à la fin de Mai les arbres n’ont pas en-core leurs feuilles , même dans des pays beaucoup plusméridionaux que Montréal. II y a peu de nuits oû il negèle au cœur de Pété dans ses endroits qui ne font pasdéfrichés. * Journal du P. de Charlcvoix. Denys , Des-cription de l’Am. sept. Champlain Sc Car bot.

La píûpart des terreíns qu’on a défrichés font très-fertiles , Sc produisent de bon froment qu’on sèmeau mois de Mai , Sc qu’on recueille à la fin d’Août ;mais les fruits qui demandent beaucoup de chaleur,comme les poires, les pêches, les abricots , les prunes,n’y réussissent pas ordinairement. Les bois font remplisde vignes sauvages qui montent au plus haut des ar-brçs auxquels elles s’attachent, le raisin y mûrit asifezbien, mais il ne grossit point , ce qui vient de ce queles vignes ne font ni taillées ni cultivées. La plûpart deslégumes y viennent fort bien, Sc font d’une très-bonnequalité. Le poisson y est fort commun, Sc l’on y trouvepresque tous ceux qui nous font connus , depuis la ba-leine jusqu’aux éperlans ; il y en aune quantité d’autresque nous n’avons pas en Europe. Les bords des rivières 8 cdes lacs , Scies étangs foisonnent de gibier d’eau, commede canards, dont on compte plus de vingt especes, depluviers dorés , de sarcelles, de poules d’eau, d’oies, dexnoyaques , d’outardes , de grues blanches Sc gris-de-lín, de cígnes, de mauves, de sterlets, de huarts, quifont de la grosseur d’une oie, & ont le plumage noir Scblanc, le bec pointu , ils ne font que plonger, fans pou-voir fe servir de leurs ailes, Sc ont un cri semblable à-celui d’une personne qui fe plaint : de plongeons, dehérons, Scc. A ces animaux aquatiques on peut joindreles rats musqués Sc les castors * les loutres Sc les loupsmarins , qui font amphibies.