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Tome second. C - F.
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d’écureuíís ; les rougés , qui ne différent point des nô-tres ; les fuisses , ainíi nommés , parce qu’ils ont degrandes rayes blanches » jaunes Sc noires , a peu préscomme les Suisses de la garde du Pape : Sc les écureuilsvolans, qui font d’un gris obscur, & qui par le moyende deux peaux cjufils étendent des deux côtés entreleurs pattes , sautent d’un arbre à un autre. Le porc-épídu Canada est de la grosseur d’un chien moyen, mais pluscourt Sc moins haut. Son poil a environ quatre pouces delongueur ; il est de la grosseur d'une paille des plusminces , blanc, creux Sc très-fort, particulièrement celuiqu’il a fur le dos. C’est fa défense ; il le lance sur ceuxqui veulent l’approcher ; 8c pour peu qu’on tarde à leretirer , il s’y enfonce jusqu’au bout.

Le loup marin doit son nom à son cri, qui est une es-pece de hurlement, car fa figure n’a rien du loup ; fatête approche un peu de celle du doguin ; il a quatrepattes fort courtes , fur-tout celle de derrïere ; dans toutle reste il est poisson. 11 fe traîne plutôt qu’il ne marchefur ses quatre pattes. Celles de devant ont des ongles,celles de derrïere font en forme de nageoires. Sa peau estdure 8 c couverte d’un poil ras, de différentes couleurs.II y en a de blancs, & tous le font en naissant : les unsen croissant deviennent noirs , quelques autres roux; ily en a qui ont toutes ces couleurs ensemble. Les plusgros pefent jusqu’à deux mille. II y en a qui ne fontque frétiller dans l’eau ; les matelots les appellent Bras-seurs. II y en a de petits fort éveillés , Sc fort adroits acouper les filets qu’on leur tend. Leur couleur est tigrée,ils font badins , pleins de feu, & assez jolis. Ils suiventles Sauvages comme des chiens. ^

Denys parle de deux especes de loups marins qui lêtrouvenf'fúr les côtes de # l’Acadie. Les uns, dlt-il, fontfi gros, que leurs petits surpassent en grosseur nos pl uSgrands porcs. II faut que le nombre de ces animaux íoitbien grand fur ces côtes , s’il est vrai, comme îe mêmeauteurl’assure, qu’en un jour on en tue jusqu’à 8oo pe-tits , dont trois suffisent pour faire une barrique d’huise-La seconde espece dont Denys parle, est fort petite, &chaque bête ne fournit guere d’huile » que ce qu’il enpeut tenir dans fa vessie. La chair du loup. marin estbonne à manger ; mais on trouve plus de profit à entirer de l’huile , qui est bonne à manger quand elle estfraîche. On s’en sert plus communément à.brûler , Sc apasser les peaux : elle demeure long-tems claire ; eâlen’a point d’odeur, 8 c elle ne laisse point de lie, ni au-cune forte d’immondïces au fond de la barrique.

Dans les commencemens on s’est beaucoup servi despeaux dectoup marin pour faire des manchons, mais au-jourd’hui on ne s’en sert plus que pour couvrir les malles3 c les coffres. Quand elles font tannées, elles ont pres-que le même grain que le maroquin, font moins fines,mais s’ecorchent moins & conservent plus long-temsleur fraîcheur. On en fait aussi des souliers & des bottespour aller à l’eau. On en couvre des sièges, Sc le boisde ces sièges est plutôt usé que les couvertures. C’estfur les rochers que ces animaux s’accouplent, 8 c que lesmeres font leurs petits , qu’elìes allaitent indifférem-ment dans 1 eau 8c à terre.

Les vaches marines font assez rares sor les côtes duCanada. Les Anglois en avoient autrefois établi unepêche à l’ifle de Sable , mais il n’y ont pas fait un grandprofit. La figure de cet animal n’est pas fort différente decelle du loup marin, mais íl est plus gros. Ce qu’il. ade singulier, ce font deux dents de la grosseur Sc de lagrandeur du bras, un peu recourbées en haut , Sc quifont de loin la même figure que deux cornes ; Sc c’estapparemment de-là qu’est .venu le nom de vache ma-rine qu’on lui a donné. P eut-être que les premiers qu’ona pris etoient femelles. Les matelots l’appellent toutsimplement U bête à la grande dent. Les dents de famâchoire ont quatre doigts de longueur, Sc toutes fontd’un très-bel yvoire. _ *

Le castor est l’animal le plus curieux 8c se plus utiledu Canada- Mais il est aujourd’hui si connu, qu’il feroitsuperflu d’en donner ici la description 8c de parler deses travaux Sc de son industrie.

II -y a au Canada des castors qu’on appelle Terriers,qui vivent séparés des autres, ne travaillant point , 8cfe logent fous terre , ou tout leur foin consiste a se mé-nager un conduit pour aller à l’eau. On les connoit au

peu de poil qu’iîs ont fur se dos ; ce qui vient fans doutade ce qu’ils fe frottent continuellement contre la terre :ils font fort maigres. On en trouve beaucoup plus dansles pays chauds., que dans les pays froids.

Le rat musqué est un petit amphibie , qui paroìt undiminutif du castor, dont il a presque tous les proprié-tés 8c la figure, à la réserve de la queue, qui ressembleà celle des rats d’Europe , 8c de ses rognons qui con-servent 1e musc 1e plus exquis.

On trouve dans le pays des Iroquois des tigres pe-tit gris, qui ne font pas mouchetés; ils ont la queuefort longue, 8c font bons à manger. Quelques relationsavancent qu’il y a des léopards en Acadie > mais cela neparoìt pas bien prouvé. Ún ne fait pas non plus si ondoit ajouter foi à ce que quelques voyageurs ont dit dedeux animaux assez singuliers, qu’on rencontre dans lepays des Hurons. L’un est un oiseau, qui miaule commeun chat ; l’autre un lièvre, qui chante comme un oiseau ,Sc dont la chair est extrêmement délicate.

ba pêche des anguilles 8c la chasse des ramiers font deuxgrandes ressources pour les François du Canada. Depuisl’ifle d’Orléans, qui ferme 1 e port de Quebec, jusqu’auxtrois Rivières, qui en font éloignées de 2,5 lieues , onpêche dans le fleuve S. Laurent une quantité prodigieusede grosses anguilles, qui descendent, à ce qu’on pré-tend, du lac Ontario, où elles prennent naissance dansdes marais fur les bords de ce lac, 8c comme elles ren-contrent vis-à-vis de Quebec des marsouins blancs, quileur donnent la chasse, elles ne vont pas pins loin, 8c re-broussent chemin; ce qui fait qu’on en prend un si grandnombre. Pour cela on dispose sur-tout ce que la maréebasse découvre du rivage , des coffres de distance en dis-tances , Sc on ses appuie d’une palissade de claies , faitesd’un tissu d’osier. De grands éperviers de même struc-ture sont enchâssés par le bout se plus étroit dans lescoffres, Sc l’autre, qui est fort large, est adossé contreses claies, fur le haut desquelles on met par intervallesdes bouquets de verdure. Lorsque la marée est haute, lesanguill es qui cherchent toujours les bords , 8c que laverdure attire , fe trouvent en grand nombre arrêtéespar les palissades, 8c entrent dans les éperviers , qui sesconduisent dans ses prisons qu’on leur a préparées , Scsouvent d’une seule marée ces coffres en sont remplis.

Les ramiers dont je viens de parler, font une qua-trième espece de colombes. On ses nomme ordinaire-ment Touries, mais ils approchent plus du ramier, quede la tourterelle. Ils sont de la grosseur de nos pigeonsordinaires , en ont les yeux Sc les nuances de la gorge.Leur plumage est d’un brun obscur , mais ils ont auxaîles quelques plumes d’un très-beau bleu. 11s passentau Canada dans les mois de Mai Sc de Juin.

On ne connoit point encore la source des fleuves SaintLaurent 8c Bourbon ; le premier traverse le Canada d’oc-cident en orient, le second couse à l’orient , 8c se dé-charge dans la baye d’Hudson. Le fleuve de S. Jean,qui se jette dans la baye Françoise à côté de l’Acadie »a plus de cent.lieues de cours, du nord au sud. Le 8a-guenay, que les grands vaisseaux remontent 15 lieues »vient des extrémités du nord fe décharger dans 1e fleuveS. Laurent , à trente lieues au-dessous de Quebec. Lagrande riviere des Outoouais rend le même tribut à cefleuve au-dessus de l’ifle de Montréal. De l’Ohio , qui aía source dans se pays des Iroquois 8c de la riviere desMiamis fe forme celle d’Ouabache, qui coule dans leMissiffipi ; celle des Illinois peu après fa jonction avec leTheakiki, devient une grande riviere, 8c pendant ses70 dernieres lieues ne le cede point au Pô dans fa plusgrande largeúr. Les grands lacs, 8c fur-tout 1 e Michiganen reçoivent plusieurs qui valent la Seine 8c la Loire.

Pour ce qui est des lacs , il n’y en a point ailleurs,ni de si grands, ni en si grand nombre. Le premier qu’onrencontre en remontant 1e fleuve S. Laurent, est celuide S. Pierre , un peu au-dessus de la petite ville des TroisRivières : il a sept lieues de long Sc trois de large. Au-dessus de l’ifle de Montréal il y en a un à la jonctiondu même fleuve, avec la grande riviere des Outoouais,qu’on appelle le lac’des deux Montagnes, 8 c un autredans le cours de S. Laurent, appellé le lac de S. Louis fIls ont un peu plus de deux lieues de large chacun, 8c àpeu près autant de longueur. Quelques lieues au-dessus dulac S. Louis commence celui de S. François, à peu prè$