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de même étendue en tout sens que le lac S. Pierre. A60 Lieues de Montréal est le lac Ontario , qui a 25 olieues de circuit. Six lieues plus haut est la grande chutede Niagara, d’où le fleuve S. Laurent tombe perpendi-culairement de 15b pieds de haut. Huit lieues plus loincommence le lac Erié, de 300 lieues de circuit. Aprescela le fleuve se rétrécit ; mais au bout de six ou septlieues oh trouve le petit lac de Sainte Claire , qui estun peu plus grand que celui de S. Pierre; Se 25 lieuesplus haut on entre dans le lac Huron , qui a 350 lieuesde circuit, Se dans lequel se décharge le lac Michigande 300 lieues : Se le lac Supérieur de Zoo. Mais entrecelui-ci Se le lac Huron, il y a un détroit de 22 lieues.Le lac Supérieur reçoit les eaux du lac ALimipegon, quin’est pas beaucoup plus grand que le lac S. Pierre, Scau-dessus duquel font encore le lac Buade , le lac T cha-înant ioui n ou des Chiens, &c le lac des Ajsiniboils, qu'onne connoît pas bien. On prétend que ce dernier est lasource du fleuve S. Laurent Sc du fleuve .Bourbon. Onparlera de tous ces lacs à leur rang.
Le Canada , lorsqu’on le découvrit, n’étoit qu’unevaste forêt > où l’on trouvoit des arbres de toutes sor-tes, Sc on n’a défriché que les quartiers habités par leSFrançois. Les pays méridionaux produisent des chênes ,rouges pour la plupart, des hêtres , des merisiers , descotonniers , des fresnes, des ormes, des trembles , desnoyers, de châtaigniers, des pins, des sapins , des ce-risiers , des coudriers , des érables , & plusieurs autresinconnus en Europe, & tous extrêmement gros Sc hautsà proportion.
Les érables de ce pays ont une fève d’un goût admi-rable. On fait de leur fève du íyrop Sc du sucre qui sontfort bons pour la poitrine.
Il y a deux especes de pins, des rouges Sc des blancs,qui fournissent le meilleur bray du monde : Sc quatreespeces de sapins, dont deux font assez semblables auxnôtres , Sc ne différent pas beaucoup entr’elles. Lesdeux autres font les Perujfes , qui s’élevent fort haut,& dont le bois est plus condensé que la plupart des boisblancs qu’on emploie à la construction des vaisseaux, ScYKpinette blanche , dont on fait les meilleurs mâts dumonde, Sc qui distille ce Baume blanc si estimé fous lenom de Terebentine du Canada. Elle est sur-tout sou-veraine pour les coupures Sc autres plaies semblables,Sc pour les maux d'estomach Sc de poitrine.
II y a dans le pays des Iroquoís, Sc probablement dansles provinces voisines, une plante qui s'éleve à troispieds de hauteur, laquelle produit des especes de ci-trons , qui n'ont qu’une peau très-fine, Sc qui font fortagréables Sc fort sains. Mais la racine de la plante estun poison mortel, Sc très-subtil. Les groseillers fontfort communs en plusieurs endroits; mais on croit qu’ilsy ont été transportés d’Europe. II n’en est pas de mêmedes fraises , des framboises, des citrouilles douces , quicuites dans l’eau, ou fous la cendre » font un très - bonmanger, des bluets » des melons d'eau : ces fruits fontnaturels au pays, mais il n’y a que les Sauvages méri-dionaux qui cultivent les citrouilles , les melons d’eau,Se les faifoles. Les poids font venus d’Europe, mais laterre du Canada leur donne une bonté qu’ils n’ont pointailleurs.
La division du Canada en partie orientale Sc occi-dentale est chimérique, Sc la Louisiane qu’on prend pourcelle-ci, n’est point du Canada, mais de la Floride : elleappartient plutôt à la Nouvelle-France, dont elle K dé-pendu long-tems pour le temporel, 8c dont elle dépendencore pour le spirituel. C’est même aujourd’hui parlerimproprement que de comprendre dans le Canada lescolonies Angloises , 8c je n’en dirai rien dans cet article.Le Canada François, y compris ce qui a été cédé auxAngloïs par le traité d’Utrecht, n’a point d’autre divi-sion naturelle que celle des quatre Langues meres qu sparlent les Sauvages, & qui font la Sioufe, l’Algon-qume , Sc la Fíuronne. Nous ne connoiffons guéres deceux qui parlent la premíere, que les Sioux, les Affi-mboii s , 8c quelques nations établies au-delà du Miffis-
pi, aveu: lesquels les Francoïs ont assez peu de com-
V e ô t US ies sauvages qui habitent l’Acadie , ler° A * murent, Piste Royale, les nations Abenaqui-Ce /J U1 au nord du Canada, jusqu’à la bayed Hudíon , si on en excepte les Eskimaux, qui n’ont
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aucun rapport avec tous les autres; les habitans du lacSupérieur, ceux de la baye des Puants > ceux du Michi-gan » 8c de la partie septentrionale du lac Huron , lesMiamis même 8c les Illinois, parlent la langue Algon-quine. Les Iroquois, quelques nations Sauvages voisi-nes de la Nouvelle- Yorck 8c de la Virginie , appar-tiennent à la langue Huronne. Quelques auteurs ontécrit que des Sauvages de Virginie parloient une dia-lecte Algonquins.
Les Sioux changent souvent leurs villages de situa-tion, Sc s’occupent beaucoup de la chasse des bœufs.Les vrais Algonquins, Sc les peuples septentrionaux,qui parlent leur langue, sont errants, 8c ne s’occupentque de la chasse. Les Hurons, les Iroquois, les Illinois,les, Miamis, Sc la plupart de tous ceux qui demeurentvers le midi font plus sédentaires, 8c cul tiv ent la terre.Mais ils n*y sèment guéres que du maïs, des faifoles »des citrouilles , 8c en quelques endroits des melonsd’eau. Les autres vivent de leur chasse, 8 c de ce qu’ilstraitent avec les François Sc les Anglois. La nourriturela plus ordinaire de tous est une espece de bouillie faitede maïs pilé, Sc qu’ils nomment Sagomité ; les nationsoccidentales font plus d’uíàge de la folle - avoine, quicroît d elle - même dans toutes leurs rivières. La qua-trième langue est celle des Eskimaux, dont je parleraifous ce nom.
Les plus connues de ces nations, lesquelles font pré-sentement confondues 8c mêlées ensemble, sont de lalangue Huronne.
LeS Hurons autrefois très - nombreux 8 c divisés enplusieurs tribus , réduits aujourd’ui à deux médiocresvillag e ®-
Les Iroquois divisés en cinq cantons, qui font ceuxd’Aguier, d’Onneyouth, d’Onnontahé, d’Oyogouin,Lc de Tsonnontsouan.
Les Andastes , ou Andastogués.
Dans la langue Algonquins on compte :
Les Algonquins propres, ouNipiísings, que quelquestela^ ons appellent Nipiffiriniens.
Les Temiskamings,
Les Têtes de Boule,
Les Outaouais, divisés en plusieurs tribus.
Les Monta'gnais,
Les Papinachois,
• Les Miffisaguez,
Les Kilistinons, op Cristínaux,
Les Saulteurs»
Les Malomines ou Folles-avoìnes,
Les Pouteouatamis'»
Les Sakis,
Les Noguets,
Les Otchagras » ou Puants ,
Les Amikoués , ou nation du Castor,
Les Outagamis, ou Renards,
Les Mascoutins,
Les Kikapous,
, Les Miamis,
Les Cheraquís » ou Têtes plattes,
Les Ouyatanons, tribu des Miamis, -Les Illinois, divisés en plusieurs tribus,
Les nations Abenaquises ,
Les Monsonis,
Les Mahingans, ou nation du Loup » & d’autres na-tions voisines des colonies Angloises,
Les Sokokis,
Dans la Langué Sioufe :
Les Sioux, divisés en plusieurs tribus.
Les Assmiboils, . _
Et peut-être les A louez , peu connus des François »Sc qui font au-delà du Miffiffipi. ,,
Je ne parle point de quelques nations absolumenttruites » 8c avec lesquelles on a eu peu de commerce ,telles que :
La nation Neutre, langue Huronne,
Les Eriés,
La nation de l’Iroquet, . ^
Les Altikamegues, langue Algonquine , 8c quelques
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