icé CAN
couchant d’hiver de Brignole, d’où la principale estéloignée d’environ quatre mille toises. Delà coulantvers le midi, puis au sud-est, elle reçoit un petit ruis-seau, dont la source est près de Neaules; delà elle ser-pente vers Torrent d’été, & passe à trois quarts de lieuede Roquebaron paroisse ; ensuite se tournant vers lenord, elle reçoit la riviere de Caranne, avec laquelleelle se va perdre dans TArgens au nord - ouest , & au-dessus de Tabbaye du Touronet. Quant à la riviere deCaranne , elle a plusieurs sources auprès de celles deTIssole, dans la paroisse de Mazauges , d’oà serpentant aunord de Brignole, que cette riviere & celle de TIssole en-ferment dans une presqiTííìe, dont Tisthme se doit pren-dre entre leurs sources; elle va se joindre à TIssole. Leurlit commun jusqu’à TArgens est d’une lieue de lon-gueur. Ce font ces deux rivières , savoir TIssole 8c laCaranne, dont Corneille n’en fait qu’une, dont le nom»la source & le cours font également déguisés.CA'NDUUM. Voyez. Candoum.
i. CANDY, royaume d'Asie dans Tille de Ceylan»de laquelle il occupe le milieu 8c la plus grande partie,Sa figure est, fort irréguliere. II a au nord le pays desVannias, habité par des Malabares, 8 c celui des Bedas.Il a au levant le pays de Trínquilimale, de Cotiari &de Batecalo ou Matecaló 8 c la mer des Indes. Ce qu'ila de côt-s à Torrent s’étend depuis le port de Pettinjusqu’à celui de Welebe ou de Waluwe; là commencele pays de Maturé, qui n’en est point, non plus» quele pays de la Can elle : ces deux pays qui occupent lacôte méridionale de Tille depuis Welebe, 8 c la côte oc-cidentale jusqu’au-delà de Marabel, bornent le royau-me de Candy au sud 8 c au sud-ouest. Ces limites pas-sent par le Pic d’Adam qu’elles y renferment. La meracheve de le bornera l’occident,-depuis le pays de laCanelle jusqu’au pays des Vannias. Ce royaume ainsiborné, comprend aussi celui d’Ouve ou Ove ou U va.II peut avoir dans fa plus' grande longueur, c’est-à-dire,depuis les Salines, qui font fur la côte au midi çle l aprovince de Jala ou Yale, jusqu’aux montagnes qui f°nta l’extrémité septentrionale de la province de Hourli»cinqua'nte-sept milles géographiques ,de 15 au degre.Sa plus grande largeur depuis la mer aux confins dupays de la Canelle, jusqu’aux frontières du pay s deCotiary, est de trente-huit milles. II en a vingt de co-tes a l’orient 8 c vingt-cinq à l’occident; mais le l°_ n gdes côtes qui dépendent de ce royaume, il n’y a ni villeni port considérable, les Hollandois étant maîtres detoutes les côtes qui pouvoient favoriser leur marine.
. I^ a principale connoissance que nous avons de l’inte-rieur de l’iíle , nous étant venue par le moyen d’un An-glois nommé Robert Knox, qui y a été prisonnier ju-rant vingt ans, & en a fait une relation très-détaill ee vil n est pas surprenant qu’il ait écrit les noms propresfélon Torthographe de fa langue; mais son traducteurdevoít remédier à ce défaut. Ainsi on trouve Candé pourCandy , Colpentine pour Calpentin , 8c autres mots quiécrits de la premiere maniéré , fournissent aux Angloisune prononciation, qui répond à celle que fournissentaux autres peuples ces mêmes noms, écrits de la se-conde maniéré. Je suivrai pourtant Knox, ou plûtôt sontraducteur, Sc joindrai à son orthographe celle des au-tres .nations.
A l’extremite septentrionale de la côte occidentale,il y a un Pays-Bas que les cartes nomment Leeg Landt,qui signifie en flamand la même chose. Les Portugaisont nommé Víntana ou Bintana une ville nommée Al-lout dans le pays, Sc qui est située fur les deux bordsde la riviere de Mawilgang, §c l’on a donné le mêmenom de Vintana ou Bintana à toute la province.
Le royaume de Cande [Candy] est divisé en gran-des 8ç petites parties ; celles-là répondent à nos pro-vinces >8c celles-ci à nos bailliages. La province de Nou-recalava divisée en cinq bailliages, Sc celle de Hot-courly , [ainsi nommée] à cause de ses sept bailliages,font a u Nord. La province de Mautaly Sc celle á’Ou-vah, qui ont chacune trois bailliages, lont situées àTest, de même que quatre bailliages particuliers , quin’ont point été réduits en provinces, lesquels font Tam-manquod, Bintana , Vellas, Paunoa. Trente-deux. ca-pitaines qui dépendent -entièrement du roi, font logésavec leurs compagnies dans la province d’Ouyah, Les
bailliages qui suivent, font renfermés, dans le cœur dûmême pays : Wallaponahoy, [ce mot signifie cinquantetrous ou vallées , 8c exprime la nature du terrein quiest fort coupé de montagnes 8c de vallées] : Poncipot[ou des cinq cents soldats] ; Godaponaboi [ou de cin-quante pièces de terre sèche] ; Hevoibattay [ou de soi-xante soldats 2 ', Còte-mnl, ou \_Coutemale~\ ; Tunponahoy,ou [de trois cinquantaines]; Oudanour qui signifie laplus haute ville; Yatanour ou ville basse, dans lequelest la ville royale de Candé [Candy] capitale de Tille.Ces deux derniers bailliages font beaucoup plus peu-plés, & plus fertiles que le reste; auffi leurs habitansîont-ils les principaux de l^iíìe , c’est pour cela que Tondit ordinairement en ce pays , que si toute la familleroyale venoít à manquer, on pourroit prendre quelquehomme que ce fût de ces deux bailliages , le tirer dela charrue, le nettoyer, 8c qu’alors il ne manqueroitui de naissance ni de qualité pour être roi. D n de leursgrands privilèges est de n’avoir aucun gouverneur quine soit né dans le bailliage même. * Knox , Relat. deCeylan, part. 1, p. 3, 8c suiv.
Les autres provinces font à l’ouest, Oudipollat , Do -lusbaug [DelesWage], Horteraocurli [ Hotteracourly ]Portaloon, Tuncourly, Cuttiar [Cotiari] : les trois pre-mières ont chacune quatre bailliages ; les deux suivan-tes en ont chacune trois : la province de Cuttiar fut prisepar les Hollandois vers Tan 1660 \ celle de BaticalaW[Batecalo] 8c une partie de Tuncourli passerent auílien leur pouvoir. La plûpart des provinces Sc des baillia-ges dont on a parlé , ne font que de fertiles coteaux*8c de belles montagnes : on y a i’eau en grande abon-dance; c’e.st pour cette raison qu’on les appelle Con-De-IJda [ Candi Ouda ] qui signifie fur le haut des mon-tagnes. Delà vient que le roi porte le titre de roi deCande-Uda. Trois provinces 8c trois bailliages feule-ment ont une autre situation, savoir Nourecalava , Hat-courli , Hotteracourli, Tammaquod, Vellas 8c Paunoa*Tous les bailliages font séparés les uns des autres parde grands bois que personne ne peut vendre, parce qu’ilsfont destinés aux fortifications. En tems de trouble oude guerre, on fait garde continuellement dans tous cesbailliages : durant la paix, il n’y en 2 que quelques-unsoà Ton en use de la sorte.
Le pays est montagneux , mais arrosé de belles ri-vières , qui tombant des montagnes , font beaucoup debien aux terres pour le riz , qui est le principal alimentdes, habitans. La plûpart de ces rivières ne íònt pas na-vigables, à cause des rochers dont elles font pleines;mais on y a beaucoup de poissons, Sc d’autant plus queces peuples ne font pas adroits à la pêche. La principalede ces rivières est la Mavelagongue [ Ma'Wilgange J *dans laquelle vient se rendre celle qui coule à Cote-mul. Les autres moins considérables font le Chilaw tqui coule, d’orient en occident, vis-à-vis la pointe mé-ridionale de Tille de Calpentin ; Caula Weya qui a fasource aux confins du pays des Bedas, 8c traversant laprovince de NeWe Casava, se perd dans le Leegland*fans arriver jusqu’à la mer. La Welehe ou Waluwe,dans le pays d’Ouva, qui près de son embouchure sertde bornes entre ce pays 8c celui de Maturé ; de-là enavançant vers le nord, on en trouve de fuite trois au-tres , Cerinde Cye, Jala Oye , 8c Koeboeh^an Oye. * Re~land 8c De P Isle , cartes de Ceylan.
Toute Tille, dit Knox au même endroit, est cou-verte de bois, hormis dans la province d’Ouvah 8c dansles bailliages d’Oudipollat 8c de Doluphang qui en man-quent. Elle est bien peuplée vers le milieu,- 8c moinsvers les côtes. Mais pour me renfermer dans le royau-me dont il s’agit dans cet article , je renvoie au mo£Ceylan , ce qui est commun à toute Tille » Sc aux au-tres articles particuliers, ce qui leur est propre.
Les vallées que renferment les montagnes font ma-récageuses , 8c remplDs pour la plûpart de fort bellessources. Ces especes de vallées font estimées le meil-leur terroir, parce que leurs grains demandent beau-coup d’humidité. Voyez, l’art. du Pic Adam, aumot Adam*
Le royaume est naturellement fortifié. On n’y trouveque de hautes Sc grandes montagnes dont l’accès n’estpas aisé; les chemins mêmes font si étroits, qu’un voya-geur les prendroit plûtôt pour des défilés que pour desroutes publiques, deux personnes n’y peuvent passer de