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1650. Depuis ce tems les Angíoís , les François 8c au-tres nations qui y abordent, font obliges d’y payer ledroit d’ancrage 8c autres péages. Cet établissement estfort utile aux Hollandois à cause de fa situation, de fàfertilité , Sc pour les commodités q u’y trouvent.ceux quivont aux Indes orientales. H y a de bons rafrakhisse-mens, 8c Peau fur-tout y est fort bonne. Il y a peu d’ar-bres vers les côtes à cause des vents impétueux qui yrègnent, & qui avoient fait donner à ce cap le nom deCap des Tourmentes. Ils viennent ordinairementdu côté de la montagne de la Table. ,( a ) Voyage de Siam ,pag. 4 6 ( b ) N. Graaf , Voyage aux Indes, p. 13.
A deux ou trois cens pas du fort ( a ), du côté de l'oc-cident du port, il y a un gros bourg ou petite ville bienbâtie , composée d’environ deux cens cinquante maisonsSc d’une église. II y a plusieurs villages autour du cap ,depuis dix jusquà trente milles de distance, avec diver-ses fermes répandues de tous côtés à près de cent millesà la ronde ; en forte qu’en peu de tems on y peut lever3000 hommes bien armés de cavalerie 8c d'infanterie.Le climat y est fort sain ( b ). Le terroir y est brun, peuprofond 8c produit néanmoins assez de pacages, d’her-bes 8c d’arbres. L'herbe est courte ; les arbres des en-virons font petits & rares, même dans la contrée pl uséloignée de la mer. Le terroir de ce dernier endroit estfort approchant de celui qui est situé près du havre, qu ° nne peut pas dire fort gras ; cependant, il est bon à la cul-ture , 8c donne de bonnes récoltes ; aussi y a-t-il un assezbon nombre de fermes , de familles de Hollandois 8c deFrançois réfugiés, qui occupent une étendue de vingtà trente lieues de pays : mais près du havre il y a peude fermes. II y croît quantité de froment, d’orge > depois , &c. II y a aussi des fruits de diverses fortes, commepommes, poires , coins, 8c des plus grosses pommes deGrenade qu’on puisse voir. Les principaux fruits font lesraisins, ils y viennent fort bien , 8c on y a depuis quel-ques années planté tant de vignes, qu’on y recueilleautant dé vin qu’il en faut pour les habitans , 8c qu onen vend encore beaucoup aux vaisseaux qui relâchent aucap. Il est d’un jaune pâle, doux, fort agréable Sc vi-goureux. ( a ) JVoodes Rogers , Voyag. t. 2 , pag. 14 7 '( b ) Dampier , Voyag. autour du monde , t. 2 , p. 2 o'J-
Ces plantations Sc ces fermes produisent tous les ansun gros revenu à la Compagnie des Indes orientales?outre- ce qu’elle en destine à l’entretien de la garnis 00.Les terres s’y afferment néanmoins à si grand marchépour en encourager la culture , 8c leur rapport est si con-sidérable , qu’on est en état de payer de gros droits desortie pour toutes les denrées , qu’on envoie fans cesseaux. autres colonies de l’Indoustan , ou qui fervent àravitailler les dotes qui s’y arrêtent. On croit mêmequ en peu d’années ils pourront fournir des recrues atoutes les garnisons de ces quartiers. Ils y ont Tail-leurs tant de commodités , de vivres 8c de munitions»qu’ils regardent ce pays comme une nouvelle patrie, ° uils peuvent, en cas de besoin , recevoir facilement dusecours de l’Europe , 8c maintenir leur trafic , malg re£ous les efforts de leurs ennemis. * Woodes Rogers >Voyag. t. 2, p. 14.8.
Les Hollandois y ont bâti un magnifique hôpital quiest aussi bien pourvu de médecins Sc de chirurgiens 8cde tout ce qui est nécessaire, qu’aucun qu’il y ait en Eu-rope : il peut contenir six ou sept cens malades , enforteque les vaisseaux n y font pas plutôt arrivés » qu’ils yenvoient leurs malades , 8c qu’ils trouvent d’abord denouveaux hommes a leur place. Ils y ont aussi des ma-gasins remplis de toutes fortes d’agrès , avec tous lesofficiers de la marine qui en dépendent; ce qui n’est pasïme petite augmentation a leurs forces , 8c les met enétat de conserver leur trafic. Il y arrive tous les ans. unexprès de Hollande , qui vient à la rencontre de leurilote des Indes orientales , composée ordinairement dedíx-íept jusqu’à vingt gros vaisseaux. Cet exprès porteun ordre secret au commandant en chef de la flote ,qui est nommé par les gouverneurs de l a Compagniedes Indes , de maniéré qu’il n’y a que lui s eu l" q U jsache l’endroit où ils trouveront leur convoi dans lesmers du Nord » 8c qui donne cet ordre cacheté auxcapitaines de tous les vaisseaux , qui ne doivent l’ou-vrir qu’à une certaine hauteur , à l’approche de leurpays. De cette maniéré leurs ilotes échappent à la vigi-
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lance de leurs ennemis Sc arrivent heureusement enHollande.
Le fort est fort vaste , bâti de pierres de taille , Scmonté de 70 pieces de canon. II y a de bons logemensptmr tous les officiers 8c les soldats qui font ordinaire-ment au nombre de 500 hommes ; mais il est trop éloi-gné de la rade, pour défendre les vaisseaux ; de fortequ’on a parlé de dresser une batterie avancée, sûr lapointe sablonneuse, qui est à la droite lorsqu’on entredans la baye. Cette rade est fort dangereuse en hiver àcame de la violence des vents de mer qui règnent alorsSc qui font souvent périr des vaisseaux , s’ils n’ont bonneprovision d’ancres Sc de cables. Mais en été les brisesde mer soufflent rarement, quoiqu’il ne fe passe presquepas.un jour qu’on n’ait de violentes rassales du sud-estqui viennent de la montagne de la Tablé, 8c qui font sirudes, que les chaloupes des vaisseaux ne peuvent aller8 c venir que le matin 8c Ip soir , lorsque le tems estcalme.
Derriere le bourg ( a ), en allant aux montagnes 8c àdeux cens pas du fort, la compagnie a fait faire un desplus beaux 8c des plus curieux jardins que l’on puissevoir. Il y a 1411 pas communs de longueur Se 235 delargeur. On y volt des allées à perte de vue, de citròn-ni ers, de grenadiers, d’orangers plantés en plein fol > 8 cssui font à couvert du vent par de hautes 8 c épaisses palis-sades d’une espece de laurier qu’ils appellent Speck .».toujours verd 8 c assez semblable au Filaria. Ce jardin estpartagé par la disposition des allées en plusieurs quar-tés médiocres', dont les uns font pleins d’arbres frui-tiers, entre lesquels , outre les pommiers, les poiriers,les coigniers, les abricotiers 8c les autres excellens fruitsd’Europe , on voit encore des ananas, des bananiers, 8 cplusieurs autres' qui portent les plus rares fruits quisoient dans toutes les parties du monde, qu’on y a trans-porté 8c qu’o n y cultive, avec beaucoup de foin. Lesautres quarrés font semés de racines , de légumes , 8cd’herbes, 8 c quelques-uns des fleurs les plus estiméesen Europe, Sc d’autres qui nous font inconnues , d’uneodeur 8c d’une beauté particulière. A l’entrée du jardin,on a bâti un grand corps de logis où demeurent les es-claves de la compagnie qui font au nombre de 500 ou en-viron, dont une partie est employée à cultiver le jar-din , 8c le reste aux autres travaux nécessaires. Vers lemilieu de la muraille du côté qui regarde la forteresse »fe voit un petit pavillon que personne n’habite : l’étaged’enbas contient un vestibule percé du côté du jardin8 c du côté du fort : il est accompagné de deux salons dechaque côté. II y a au-dessus un cabinet ouvert de toutesparts, entre deux terrasses pavées de briques, 8c entou-rées de balustrades , dont l’une regarde le septentrion& l’autre le midi ( b ). C’est dans ce lieu » appelle par lesHollandois, Y Observatoire , que les PP. Jésuites envoyéspar le feu roi LouisXIVÀ la Chine,firent des observationsastronomiques dont on peut tirer deux avantages ; lepremier est la variation de l’aiman qu’ils trouvèrentavec l’anneau astronomique d’onze degrés 8c demi nord-ûuest : & k second la longitude véritable du cap , qu’ilsreglerent fur l’émersion du premier Satellite de Jupiter,qui suivant les éphémérides de Caffini, calculées à mi-nutes , devant paroître le 25 Juin 168; , jour de l’ob-fervation, à 8 b. 26 min. fur l’horifon de Paris , 8 c ayantété observé au cap, à 9 h. 37 min. 40 sec. du soir, donne1 h. 12 m. 40 sec. de différence entre les méridiens desdeux lieux, qui convertis en degrés en font dix-huit, 8cayant supposé la longitude de Paris prise du premierméridien qui passe par l’iíle de Fer la plus occidentaledes Canaries de 22 degrés Sc demi, selon le même Cas-siní, la longitude du cap de Bonne-Espérance prise dumême méridien fera de 42 deg. 30 min. un peu diffé-rente cependant de celle que lui donnent les tables de ladifférence des méridiens, publiées par l’ordre de l’Aca-démie Royale des Sciences, qui ne marquent le cap deBonne-Espérance plus oriental que le méridien de Parisque d’une heure 10 m. 58 sec. c’est-à-dire , de 17 deg.45 min. ( a ) Tachard, Voyage de Siam, 1 . 2, p. 53. ( b )Ibid. p. 6 1.
Les animaux domestiques de ce pays font des brebis»des chèvres, des‘cochons, des vaches., des chevaux , 8cc.Le gibier s’y trouve de tous côtés en abondance , sur-tout les chevreuils» les gazelles, les faisans, 8 c les per->