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Tome second. C - F.
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ïiín. Les Caraïbes offrent aux Zeme'ens ou Cheméens ,qui font parmi eux les esprits bénins, les prémices detout ce que la terre leur rapporte, 8c croient que les chau-ves-fouris qui voltigent la nuit autour des maisons fontdes Zeméens qui les gardent, 8c que eeux qui les tuenten font punis par quelque fâcheuse maladie. Ils ne crai-gnent point leZernéen qui ne leur fait aucun tort, parcestu’il est bon; mais ils appréhendent fort le Mapoya quileur fait du mal. On croit que c’est par cette raison quequelques-uns portent l'horrible figurependue à leur cou,

& qu'ils la peignent ou taillent en bosse autour de leursbâtimens de mer. Ils n’ont aucune maladie qu'ils ne secroyent ensorcelés, 8c pour un simple mal de tête ou deventre, s’ils peuvent attraper la personne qu’ils soup-çonnent en être la cause , ils la tuent ou la font tuer.C’est ordinairement une femme sur qui tombe leurssoupçons, car il est rare qu’ils osent attaquer un homme.Les parens & les amis la vont prendre , lui font fouillerla terre en plusieurs endroits, la maltraitent jusqu’à cequ’elle ait trouvé ce qu’ils s’imaginent qu’elle a caché,& bien souvent cette malheureuse avoue pour íè tirerde leurs mains ce qui n’estpas, en ramassant des morceauxde coquillage , ou quelques arrêtes de poissons. Aprèscela, ils la mettent toute en sang par plusieurs tailladesqu’ils lui font avec des dents d’agouti, 8c l'ayant laisséeplusieurs jours fans aucune nourriture, ils lui font casierla tête, 8c la jettent dans la mer. Ils ont de grosies co-quilles qu’ils nomment lembies , qui leur servent detrompettes, par le son desquelles on les entend quelque-fois d’une grande lieue. Suivant les tons qu’ils emploientpour faire connoître leurs besoins 8c le succès de leursentreprises de guerre , de pêche ou de chasse ; souventleurs femmes , une heure ou deux avant qu’ils arrivent,préparent la chaudière ouïe boucan , ou de quoi les pan-ser s’ils sont blesses. Ils croifent l’ímmortalité del’ame;mais ils tiennent que chaque personne en a trois; une aucœur, une à la tête, 8c une troisième au bras. Celle ducœur qui se manifeste par ses battemens va droit au cielpour y être bienheureuse âpres la mort de celui qu’elle.animoit. L’ame du bras 8c celle de la tête qui fe font con-noître par le battement du pouls 8c par le mouvementdes artères, deviennent Mapoyas, c’est-à-dire, espritsmalins, ausquels ils imputent tout ce qui leur arrive desinistre 8c de funeste. .

Cet article est extrait par Corneille, de l’histoire natu-relle des Antilles par le P. du Tertre, t. 2 , de l’his-toire morale des istes Antilles par Rochefort, Sc de larelation des mœurs, coutumes Sc religion des Caraïbespar de la Borde.

II n’est par vrai que ces Barbares ayent autrefois ha-bité toutes les Antilles ; mais seulement les petites deBarlovento 8c la Trinité. Les habitans des Lucayes, deCuba, de la Jamaïque, de S. Domingue 8c de Porto-Rico n’étoient point Caraïbes ni Anthropophages.

CARAIORUM CIVITAS, ville d’Asie dans l’I-saurie, il en est sait mention dans les actes du <5 e concilede Constantinople. * Ortel. Thefaur.

CARAITES C ),secte particulière entre les Juifs.Ce nom vient de l’hebreu Car ai ou Caraim , quiveut dire, gens consommes dans l’étude de l’écriture,gens attachés au texte 8c à la lettre de l’écriture. C’esten effet le vrai caractère des Carafes ; ils font opposésau Rabbanistes, en ce que les Rabbanistes admettenttoutes les traditions des anciens ; 8c les Caraïtes. fontplus attachés au texte, & à la lettre des livres saints »réadmettant pas légèrement ce que l’ont veut faire passerpour tradition. Le P. Morin 3c divers autres prétendentque les Caraïtes ne reçoivent aucune tradition, fur quoi°n peut voir l’histoire des Juifs de Basnage , t. 6,f 9 , o. i. On dit (k ) que les Caraïtes fe vantent de des-cendre d’Esdras, 8c qu’ils prouvent la succession de leurséglises par un catalogue exact de toutes les personnesont enseigné ou combattu le Caraïsme. H y en a^êmg f e donnent encore une plus haute antiquité ;puisque ceux qui vivent aujourd’hui dans la Pologne 8ccans la Lithuanie, prétendent être descendus des dix tri-bus , qui furent emmenées en captivité par Salmanasar.

„ Rabbanistes toujours contrepointés contre les Ca-raites, enseignent que la secte des Caraïtes subsistoit àJeruíalem des le tems d’Alexandre le Grand; que Jad-dus cher des Rabbanistes, sit un miracle en faveur de

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Ce Prince j CS qu’Ananus 8c Crescanatus, chefs des Ca-raïtes ne purent faire. Tout cela ne mérite aucune at-tention; on croit plus vraisemblablement que les Caraïtesne parurent que vers le 8 e siécle, ou du moins que leursecte fut alors rétablie par Ananus, lorsque les Talmu-distes voulurent autoriier leurs traditions, 8 c les mettreau rang des vérités Sc des pratiques les plus sacrées dela religion. Alors un nombre de Juifs zélés pour la loi,s’y opposa 8 c fut nommé Caraïte, comme uniquementattaché au texte de l’écriture. (*) D. Calmet, Diction.( b ) Basnage , híst. des Juifs, c. u, & 12.

Les Rabbanistes ont voulu imputer aux Caraïtes laplupart des erreurs des Sadducéens, comme de nier l’im-mortalité de l’ame 8c l’existence des esprits; mais lesCaraïtes rejettent ces accusations, Sc montrent la puretéde leur foi 8c de leurs sentimens fur ces articles. II y ad’assez bons auteurs Caraïtes que l’on pourroit consulterutilement fur le sens de l’écriture, mais il y en a peud’imprimés. Ils attendent le Meflìe, qu’ils regardent ,cotnme un roi temporel; défendent de calculer les annéesausquelles il doit paroître. Ils rejettent tous les livresqui ne font point dans l’ancien canon des Juifs, exigentune foi aveugle pour l’écriture sainte, 8c ne permettentpas d’examiner si un article de la loi est vrai ou faux.Ils n’ont ni phylactères ni parchemins aux portes de leursmaisons , ni les fronteáux que les Juifs portent fur leurfront.Us appellent les autres Juifs des ânes bridés, lors-qu’ils les voient ainsi avec ces parchemins fur leur frontdans leurs synagogues. Ils expliquent figurément lespasiages où il est parlé des phylactères que les autresJuifs entendent à la lettre. On trouve des Caraïtes àConstantinople, en Syrie, en Palestine, au-de-là de l’Eu-phrate , dans la Pologne Sc dans la Lithuanie.

CARAK (*) ou Cark ouCrak , ville d’Asie. C’est,dit d’Herbelot ( b ), une place importante fur les confinsde la Syrie 8c de l’Arabie, en tirant droit vers le midi.Les Chrétiens l’ont occupée fort long-tems pendant lesguerres de la Terre-Sainte. Aladin s’en étant rendu lemaître vers l’an 1188, les Aíubites ses successeurs lapossédèrent jusqu’à ce qu’ils en surent chassés par les Ma-melucs. On croit que c’est l’ancienne Petra Deserti,qui a été autrefois métropole , 8c que nos historiens ontappellée Crax de Montréal. La notice du patriar-chat de Jérusalem au recueil de Schelstrate ( c ) nommece lieu Caraca vel Petra. Une autre notice faitefous le pontificat du pape Célestin III. l’an 1225, ditauflíCaraca ou Petra. Voyez au mot Petra l’artícle PetraDeserti. ( *) Corn. Dict. ( b ) Biblioth. oriental. V) An-tiq. eccles, t. 2.

CARA-KALPAKKS, peuple Tartare qui habite leTurlíèstan. Voyez, le Turkestan.

1. CAR ALI A, ville ancienne de la Libye, selonEtienne de Byzance.

2. CAR ALI A, ville d’Asie dans la Pamphylie ; ilen est fait mention dans les actes du concile d’Ephése.Voyez. Carallis i.

CARALIS. Voyez. Cagliari.

CARALITIS PALUS, marais d’Asie dans l’Isauríe,'II étoít apparemment auprès de la ville de Carallis delaquelle il prenoít son nom. Tite-Live dit : L’arméepartant de Cibyra traversa les champs des Sindíens , Secampa après avoir passé la riviere de Caular. Le len-demain on côtoya le marais Caralitis , 8c on s’arrêta àMandropolis , d’où on s’avança ensuite vers Lagon,ville voisine dont les habitans effrayés, s’étoient enfuis.Tite-Live ne dit point que ce lac fût dans l’Ifaurie.C’est Ortélius qui l’y met par une conjecture affez vrai-semblable. Voyez, l’article suivant.

CAR ALLIA ou

1. CARALLIS. Etienne l,e géographe met une villede ce nom dans l’ísaurie; mais outre qu’aucun autre an-cien ne la donne à cette province, l’îsaurie 8c la Pam-phylie étoient limitrophes. J’ai déja remarqué ci-desiusque le concile d’Ephèse fait mention de Caralia dePamphylie. La notice de Hiérocles qui fournit un dé-tail des villes de l’Isaurie, n’y met point Cardia » maïsbien dans la seconde Pamphylie, pag. 702. La noticesous Léon le Sage , met de même Caraliorumía .u géni-tif) dans la Pamphylie. C’est de ce siège qu il faut en-tendre le nom national Caralienfisg donn^cians les ma-. nuscrits latins des actes du concile de Chalcédoine ,