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2. CARAVAIA , province ou corréglmíento de l’A-jrnérique méridionale a u Pérou. Ce pays dépend de Cusco,& en est éloigné de soixante lieues , vers le sud-est, IIest très-abondant en mines d’or & d’argent, 8 c l’on entire continuellement une grande quantité de ces précieuxmétaux. Cette province, dent la longueur est de cinquantelieues , 'est séparée des Indiens sauvages, par une petiteriviere où l’on trouve beaucoup d’or : les Caciques en-vovent leurs Indiens par petites troupes en certainstemps de l’année / pour creuser des fossés le long desbords de la riviere ; on lave ensuite le sable qu’on en atiré, Sc ce travail fournit assez d’or pour payer le tributque le roi exige. Voyages de D. Antonio de Ulloa dansVAmérique méridionale.
CARAVANSERAI, édifice public, placé suríes grandes routes en Orient, pour donner le couvertaux voyageurs , au défaut des auberges Sc des cabarets,que l’on n’y trouve pas comme en Europe. Ils’en trouvepeu dans l’empire Turc , parce qu’on n’y voyage que partroupes de mille personnes au moins , & que chacun afa tente comme à Farinée. 11 n’y en a point non plusdans le Mogol, parce que l’air y étant chaud en touttems, on aime mieux se loger à l’air, soit à F ombre desarbres, soit sous des portiques, que dans des lieux fer-més. On en trouve beaucoup en Perse. Ceux des villesSc ceux de la campagne font faits presque de même forte,
si ce n’est que ceux des villes font communément à doubleétage. Ce font de grands édifices quarrés pour la plupart,de vingt pieds de haut, avec des chambres tout dulongfur une ligne, comme les dortoirs des moines, vouteesLc élevées de quatre ou cinq pieds du rez de chaussée »n’ayantgueres plus de huit pieds.en quarré, Sc étant tou-tes fans fenêtres : desorte que le jour n’y entre que parla porte. Chaque chambre a un petit vestibule de mêmelargeur, ouvert sur le devant de quatre ou cinq pieds deprofondeur, avec une. petite cheminée à côté, dont lacouverture est en dôme ; Sc outre ce double logement,un relais ou corridor régné tout du long des chambresétant de même hauteur & de même profondeur. LesPersans appellent ces corridors Maatabé. Derriere leschambres font les écuries, bâties tout alentour de l’édi-fice comme des allées. On y trouve des deux côtés desportiques élevés , Sc profonds encore plus que les relaisdes chambres , avec de petites cheminées au fond de dixen dix pieds, pratiquées dans la muraille; c’est où lo-gent les valets, quand ií fait mauvais tems 8 c où ils fontla cuisine ; car quand il fait beau, ils la font fur le de-vant des chambres, Sc on attache les chevaux dans lacour, le long du relais ou corridor, chacun le sien de-vant foi. Le milieu de la cour est d’ordinaire marqué oupar un grand bassin d’eau vive, ou par un perron carré ,ou hexagone de vingt à trente pieds de diamètre , &haut de six à huit pieds. Les Persans appellent aussi cesperrons Maatah , c’est-à-dire, exposés à la lune. Ils enont de même dans leurs jardins, dans les cours de leurslogis, Sc souvent il y a de grands arbres plantés à côtéqui entretiennent le frais 8 c l’ombre. Ces Caravanse-rais font couverts enterrasse; les entrées font des porti-ques avec des boutiques d’un Sc d’autre côté où l’onvend les plus communs alimens. Ils font de la hauteurde l’édifice» fermés par de hautes portes, dont les linteauxfont de charpente faits d’une piéce. Quelques-uns n’ontfeulement de chaque côté qu’une chambre voûtée avecun balcon. On ne trouve rien dans ces fortes d’hêtelle-ries que les quatre murailles. Chacun en entrant íe metdans la premíere chambre qu’il trouve vuide du côtéqu’illui plaît ; il y demeure tant de jours qu’il lui plaît, 8 cpuis il s’en va fans qu on lui demande rien. Les gensriches donnent au valet du concierge, quelques fols ensortant, autant qu’il leur plaît; car on ne sauroit rien de-mander pour le louage, a cause que ces édifices font desfondations charítablespôur le service des voyageurs, dontle concierge Sc les valets font rentes p our en avoir foin.Le concierge vend d’ordinaire ce qu il faut pour les che-vaux, Scies pluscommunes choies pour la vie, comme dupain, du vin dans les endroits ou il est en abondance, dubeurre , des laitages, des fruits Sc des volailles, 8c de quoifaire le feu. On va quérir la grosse viande au premier vil-lage ou à des champs de pastres de la campagne voisine.Quant aux Caravanferais des villes, les unsíont pour lesvoyageurs Sc pour les pèlerins, dans lesquels on loge aussi
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fans payer; les autres pour les marchands, 8 c céux-cîfont d’ordinaire plus beaux & plus commodes, ayant desportes aux chambres qui ferment bien; mais comme laplupart font occupés par des marchands négocians ac-tuellement; on y paye le gîte tant par chambre, & cegîte n’est d’ordinaire que d’un fol ou deux par jour.Mais il y a par-dessus cela le droit d’entrée qui est plusconsidérable, & le droit de ce qu’on vend dans le Cara-vanferaí, qui fe payent à tant pàr balle, & qui font plusou moins importans, selon la nature du négoce. Ces Ca-ravanferais appartiennent les uns au domaine, 8 c les au-tres à des particuliers. Dans toutes les villes , chaqueCaravanferai est particulièrement destiné, ou aux gensde certains pays, ou aux marchands de certaines mar-chandises. Ainsi, lorsqu’on veut savoir des nouvellesde quelqu’un qui est de Médíe ou de Bactriane, ou deChaldée , on n’a qu’à aller aux Caravanferais où les Ca-ravanes de ces lieux viennent loger; lorsqu’on veut ache-ter quelque chose aux magasins > comme des étoffes desIndes, du drap, du lapis & d’autres choses; on s’en vadans les Caravanferais où l’on en vend. On appelle cesédifices de divers noms; en Turquie, on les nommecommunément han ou can; en Tartarie Sc aux Indes,ferai; z n Perse, caravanferai, mot composé de cara-van, qui signifie troupe de voyageurs, 8 c de ferai, quisignifie palais. Ainsi Caravanjerai veut dire palais deCaravane. * Chardin, Voyages, tom. z, pag. 204 Scsuivantes. ' ,
Le sieur Chardin avoit plus parcouru la Perse que laTurquie; ainsi ce qu’il dit des Caravanferais, q’est ap-plicable qu’à ceux de Perse. Voici comment Tourneforten son voyage du Levant, lett. 14, t. z, p. 47, parle deceux de Turquie.
Les hôtelleries de fondation qu’on trouve fur les che-mins, font de grands édifices longs ou quarrés, qui ontF apparence d’une grange. On ne voit en dedans qu’unebanquette attachée aux murailles, Sc relevée d’environtrois pieds fur six de largeur ; le reste de la place estoestiné pour les chevaux , pour les mulets & pour leschameaux La banquette sert de lit, de table & de cui-sine aux hommes. On y a pratiqué de petites cheminéesà sept ou huit pieds les unes des autres, où chacun faitbouillir fa marmitte. Le lit est bien-tôt dressé après lesouper; il n’y a qu’à étendre ion tapis , ou placer sonsttapontin à côté de la cheminée , & ranger lès bardes& fes habits autour; la selle du cheval tient lieu d’oreil-ler, le capot supplée aux draps & à la couverture.
On trouve à acheter à la porte de ces hôtelleries dupain , des poules , des œufs , des fruits , quelquefois duvin ; on va fe pourvoir au village prochain, si l’on man-que de quelque chose. S’il y a des Chrétiens l’on ytrouve du vin, sinon il s’en faut passer. On ne paye rienpour le gîte.
Les hôtelleries des villes font plus propres Sc mieuxbâties, elles ressemblent à des monastères , car il y ena beaucoup où l’on a bâti une petite mosquée. La fon-taine est ordinairement au milieu de la cour , les cabi-nets pour les nécessités font autour ; les chambres fontrangées le long d’une grande gallerie, ou dans des dor-toirs bien éclairés. D^ns les hôtelleries de fondation »on ne donne pour tout payement qu’une étrenne auconcierge, Sc l’on est à bon marché dans les autres. Poury être à son aise , il faut avoir une chambre pour la cui-sine. Le marché n’est pas loin ; car l’on achete à la portede la maison viande, poisson, pain, fruit, huile, beurre,pipes, tabac, cassé , Sc jusqu’àdu bois. 11 faut s’adresserà des Juifs ou à des Chrétiens pour avoir du vin, &pour peu de choie ils l’apportent en cachette; le meil-leur est chez les Juifs, Sc le moindre chez les Grecs. IIy a de ces hôtelleries où l’on fournit, aux dépens du fon-dateur, la paille, Forge , le pain & le riz. Celles d’Eu-rope font mieux bâties , mieux rentées & plus propresque celles qui font en Asie ; car dans les grandes villeselles font couvertes de plomb, Sc embellies de plusieursdômes ; mais comme les pluies font moins fréquentesen Asie, on aime mieux pendant la belle saison camperdans des campagnes agréables , le long des ruisseaux oùl’on pêche d’excellentes truites. On trouve des perdrixpresque par-tout.
CARAVANTIS , ville ancienne de l’Illyrie , selonTite-Líve, l. 44 , c. 30. Elie étoit au pays des Caviensj