ï ’jé CAR
ces peuples sent belliqueux , se servent sort adroite-ment de l’arc Sc de la flèche. Dès l’an i6z8, ils avoientdes couteaux, des haches 8c d 5 autres inftrumens de ferqu’ils disoient avoir achetés des Indiens leurs voisinsplus proches de la mer ; Sc ceux-ci dè certaines gensblancs de visage , vêtus à la maniéré des Portugais , Scarmés d’épées Sc de mousquets , qui demeuroient fur lamer Atlantique. Ils défignoient par ces marques les Hol-landois ou les Anglais qui ontnavigé dans i’Orenoque,& habité les côtes de Guiane, d’où ils ont été chasséspar les Sauvages dans la Terre-Ferme » Sc en la mêmecôte de la mer duNord, qui n’est qu’à deux cens lieuestout au plus de Rio Negro en droite ligne, Sc en la dis-tance la plus courte. Quant à la pointe qu’occupent lesComanares, la terre en est droite fur les rivages desdeux rivières dont on a parlé. Elle est élevée à la hauteurdes inondations ordinaires , Sc les campagnes voisinesfont abondantes en grains Sc en pâturages pour la nour-riture stu bétail. Les carrières d’une pierre facile à tailleren font aussi peu éloignées. Les arbres 8c les bois fontd’une merveilleuse poúr les édifices. * Dic-
tionnaire. Le C. de fMss-r, Relat. géogr. du fleuve desAmazones.
1. CARIBES. pVyct, Caraïbes 8c Antilles.
2. CARIEES , peuple de l’Amérique méridionale,dont le pays est après celui de Paria aux confins des ter-res des Caripous du côté du fud-est. On les place le longde cette côte. La riviere de Cayenne passe par ce pays,ayant, une petite isie au milieu. Ces peuples font de belletaille ; mais peu libéraux, Sc vivent de maïs , de patatesou bâtâtes qu’ils font cuire , de chair de poiflon 5 c defruits sauvages. Ils aiment la chair humaine , les lézardsSc les crocodilles. Les hommes 8c les femmes vont toutnuds, Sc dans leurs jours de parade ils ont des habille-mens faits de plume d'un oiseau incarnadin, avec descouronnes fur la tête. Ils fe peignent le corps de zm-zolin, Sc fe servent pour cela de quelques grains rouges.Oviédodit que les Caribes de Carthagène Sc de la plusgrande partie de cette côte font peints de noir, pat I emoyen de la teinture de l’arbre appellé Xauqiia *^cequ’ils font lorsqu’ils partent pour la guerre , Sc qu uscherchent à paroître hommes de marque. Ces sauvagesont des amacas ou lits suspendus. Quand quelqu und’eux fe marie, ils promènent la mariée par les bois »chassant 8c tuant toutes les bêtes qu'ils rencontrent.Les cérémonies qu'ils observent lorsqu'une femme perdson mari, font particulières. Sa veuve assise dans ionamaca. , commence un chant assez agréable , qui durelong-tems; ensuite elle raconte tout ce qu’a fait ledéfunt, disant qu'il étoit bon tireur d'arc, qu’il savoitbien supporter les fatigues de la guerre, Sc autres chosessemblables , à quoi elle ajoute qu’il l’avoit toujoursaimée. Cela fait, un Indien se leve de son amaea,Scva prier tous les autres de pleurer. On entend auffi-totdes cris effroyables 8c lugubres que forment tous ceuxqui font présens. Après ces cris, ils se levent Sc vontfaire bonne chere fur la fosse du mort, mêlant la chair deleurs ennemis à celles des lézards Sc des crocodiles rôtis.II y a beaucoup de ces animaux dans leurs rivières ; lachair en est bonne, mais un peu fade. On y trouve aussiquantité d’huitres attachées aux arbres qui couvrent lesbords de ces rivières. Corn. Dict*.
Ce pays produit des poules d’Inde, qui ont fur la têtede très-belles plumes noires, semblables à celle d’unhéron, des armapille« 3 des singes ou Marmos , plus ca-mards que les nottes, Sc à longue queue. Ces singesportent leurs petits fur leur dos sitôt qu’ils les ont mishors de leur ventre , fautant d’arbre en arbre avec cettecharge, Sc si l’un de ces petits se trouve prêt à tomber,ces animaux le retiennent avec leurs queue. II font parleurs cris un grand bruit d.ansles forêts. Les femelles ontdeux tettins vers 1-estomac, ainsi que les femmes. On yvoit un autre animal qui a le poil extrêmement long,la hure fort redressée, avec de longs pieds Sc de longuesmains, trois griffes derrière, Sc deux dans ses mains.Cet animal se met tout en rond, ne pouvant se soutenirsur les pieds, Sc prend avec sa main tout ce qu’on luidonne à manger, 8c ensuite le porte à sa bouche commeune personne. On y voit encore des perroquets qui par-lent la langue du pays. II y en a d’aussi petits que lesmoineaux, qui ont la queue fort longue, Sc qui font
CAR
dressés parles Caribes, Sc à éplucher doucement la barbeScies cheveux. Les oiseaux incarnadins, des plumes des-queís ils font leurs habits de parade, font de la grandeurd’une grue, Sc colombins au commencement, deyenansincarnadins jusqu’au bec à mesure qu’ils croissent. Lesabeilles font dans les bois du miel excellent : il est deconsistence d’huile très-claire tirant fur le vert, Sc en-ferme comme dans de petits sacs, où le miel est envi-ronné comme d’une peau, qui est la cire très-pure. Cespeuples, outre le mays Sc les patates, ont des ananas ,des plantins, qui font des figues de la longueur de lagrosseur de nos cervelats, du copal; une espèce de boisd aloès qu’ils appellent Aupariebou, Sc de deux ou troisautres sortes de bois, fdont l’un est (semblable au sandalrouge; un autre au cétrin ou bois de rose , 8c en a l’o-deur. II y a aussi des arbres extrêmement gros, qui ontle cœur rouge comme le bois du Brésil, Sc de deux fortesde gommes : l’une est une espece de bitume noir > dontils poissent leurs navires; l’autre qui est ce même couleur,est fort odoriférente étant mise for le feu, Sc même bonnepour faire cesser les catarrhes, quand on en reçoit la fu-mée. Ils ont pour armes, des arcs 8c des flèches empoi-sonnées. Les rois ont des gardas autour d’eux la.nuit,5 e il y en a toujours un grand nombre qui veillent auhaut des montagnes, poúr la conservation du pays. Ilsy sonnent assez haut du cor à chaque heure, à quoi d’au-tres répondent de même, Sc enfoite ils font un feu clairpour faire connoître qu’ils ne dorment pas. Cette gardese fait principalement pour éviter les surprises des Cari-bous leurs ennemis. Celui qui régnoit parmi cès peuplesfan 1604, sappelloit Camaria. Ils vivent fans foi Scfans loi. Ils croient seulement quelque espece d’im-mortalité des âmes » Sc parlent d’un Dieu qu’ils nommentFoupan. Ils exercent plusieurs sortes de divinations Scsorcelleries. Lorsque leur roi veut savoir quelque chosede la guerre qu’il se. prépare à faire à ses ennemis , il faitun trou dans la terre, prononçant quelques paroles , Scl’on prétend qu’auffi-tôt un grand bruit s’étend au fondde ce trou, Sc qu’il en vient quelque chose qui l’instruítde tout ce qu’il veut apprendre.
CARIBETE. Símler lit ainsi ce nom dans Antonin,au lieu de Cambete. Voyez. Cambete.
CARICARDAMA. L’interpréte latin de Ptoíomée,l.y, c. 1, rend ainsi le nom de K*p>j**f <?«/£« Car ecar dama ,Ville de l’Inde , en deçà du Gange. •
CARICK FERGUS, baye de la mer d’Irlande, enlatin F'ergufms (inus -, elle est entre les comtés d’Antrim8c de Down. II y a une ville de ce nom, appellée aussiKnock Fergus. Voyez, ce mot.
CARICIN ORUM CASTELLUM. Zonare , citépar Ortélius , met un château de ce nom dans le paysdes Samnites.
CARICOLA. Vincent le Blanc nomme ainsi uneville des Indes, for le golfe de Bengale. Elle est, dit—il, accommodée d’un port 8c soumise au roi de Bisna-gar. C’est peut-être une bourgade maritime for la côted’Orixa, au nord-est de la fameuse pagode de Jagre-nat. De l’Ifle la nomme Calecotte, ou peut-êtreest-ce C 1 a c o l 1 ou Cicocol, ville située auroyaume de même nom, entre ceux d’Orixa 8c de Gol-conde; à l’embouchure d’une riviere de même nom quela ville.
CARICONTICHUS , K, ville de la Li-bye , à la gauche des colomnes d’Hercule, c’est-à-dire,for l’Océan en Afrique , hors du détroit de Gibraltar.Dans le prétendu périple de Hannon, on lui fait direqu’il a bâti cette ville Sc quelques autres; savoir, Gitte,Acra, Melissa 5 c Arambys. J’ai démontré ailleurs quece périple est l’ouvrage d’un imposteur Sc d’un Grec, Scnon pas du Carthaginois Hannon. Quelle apparenceque.des Carthaginois qui parloient phénicien, eussentété donner des noms grecs à des villes qu’ils bâtissòient?Le traducteur latin de ce périple, traduit ce mot p asCaricus-Murus, Sc le vieux traducteur françois par MusCarice.
' CARICUM MARE, la mer de Carie, c’est-à-dire»la partie de l’Archipel la plus proche de la Carie.
CARICUS, riviere 8c lieu particulier du Pélopo sl "nefe dans la Laconie, selon le lexique de Phavorin, cit-par Ortélius.
C ARIDES, ville de ía Phrygie , selon Etienne le
géographe,