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Tome second. C - F.
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Jourdain, comme les nomme les cartes françoifes. Etantau bord de cette derniere à Cutifaciqui, il continua faroute vers le nord fur cette chaîne de montagnes quej’ai dit jusqu’à Cheraqui, où il repassa la riviere de Jour-dain ; & s’en retourna vers la riviere de Miffiíîipi, furle bord occidental duquel il mourut à Guachoya au con-fluent de ce fleuve 8c de la riviere Rouge ; presque toutson monde périt dans cette route, ou de fatigue, ou dedisette, ou par la main des Sauvages ; le reste fous laconduite de Louis de Mocofo qui lui succéda, eut biende la peine à regagner en 1542 la nouvelle Espagne àtravers des nations, quileharceloientdansfa marche. LesFrançoïs vinrent après pour eíïàyer à leur tour s’ils pour-roient faire quelque établissement íùr cette côte ( c ). Sousle régné de Charles IX, 8c à la réquisition de f amiral deChâtillon, Jean Ribaus ou Ribaut, fe mit en merle iSFévrier 15 62 , avec deux vaisseaux 8c les préparatifsd’une colonie, rangeant la côte de Floride, où il recon-nut une riviere qu’il appeila la riviere de May, & y fitbâtir un fort qu’il nomma du nom de Charles; y laiíïantle capitaine Albert avec des provisions ; il repartit pourla f rance, où il arriva le 20 Juillet..Son voyage fut deprés de six mois. Cette colonie consomma ses provisions,ce qui y occasionna des révoltes, qui augmenterontlorsqu’on pendit un homme pour un sujet léger., aupoint qu’on tua Albert. On lui donna pour successeurNicolas Barré, homme de conduite. Ne recevant aucun'secours, ils résolurent de bâtir une petite barque aveclaquelle ils fe mirent en mer avec très-peu de vivres,la famine fut telle, qu’ils mangèrent un d’entre eux. UnVaisseau anglois qu’ils rencontrèrent, les secourut, 8cles mena en Angleterre. Un peu de secours assuroit alorsa la France un pays, dont l’Angleterre tire de grandssecours; mais la guerre qui étoit alors entre la France 8cl’Espagne , détourna l’attention. La paix étant faite ,l’amiral de Chatillon envoya d’autres vaisseaux fous lacharge du capitaine Laudonniere , qui partit le 22 d’A-Vril 1564, aborda à la riviere de May, où il fit bâtir unfort qu’il nomma la Caroline > 8c c’est ce fort qui a donnéle nom au pays. Quand Laudonniere eut renvoyé sesVaisseaux en France, fous la conduite du capitaine Bour-get, ia mutinerie recommença. Les séditieux menace-re nt de tuer Laudonniere, s’il ne leur permettoit d’allerRavager les iíles des Vierges & de saint Domíngue. II* u t contraint de les laisser faire; mais il prit ses mesures,^ à leur retour en saisit quatre des plus mutins , 8c lesp exécuter à mort. Les vivres manquèrent, la famineP°rta à faire une barque pour s’en retourner en F rance,comptoient si bien qu’elle feroit bíen-tôt en état,^ ils s e mirent à ruiner le fort. Des Anglois passerent'U* les soulagèrent un peu ; enfin Ribaut arriva avecp>atre vaisseaux. Avant qu’il eût eu le tems de débarquerp S v lvres & les munitions qu’il apportoit > six vaisseauxs P a gnols parurent le 4 Septembre 1565, attaquèrentvaisseaux François, pendant que Ribaut & une partiean ^ soldats étoient à terre. Ceux-ci coupèrent leursg Cres * 8c s e sauvèrent, étant meilleurs voiliers. Lesspagnols descendirent à une riviere à huit lieues de laaio me, 8c les François revinrent à la riviere de May.1 aut eur la témérité, contre l’avis de Laudonniere,l’en 6 ren ?karq Uer l e 8 de Septembre pour aller combattreLaudo” 11 ‘ ^ l a colonie dénuée de tout secours,tions ' quoique malade, prit toutes les précau-

rant niL î,i P ^ lt f° ur fe fortifier. II fut attaqué le 20 » du-cr ■ f Ul f., fort e 8c si continuelle, que les Françoisteml n t j U 1 s ne L feroíent pas durant un si mauvaiscr - ' ^ Ue , ques-uns pourtant apperçurent les ennemis ,H a frí rme l k Ce cri > Laudonniere fe mit en de-/ r , H fit quelque tems; mais voyant sesZ. orc Sy 1 ^ auva dans les bois avec ses Sauvages,y trouva bon nombre d e f es soldats qu’il rallia, 8c

èm:, ^ fi.j^gagna l’entrée de la riviere de May oùla c<w n v f p au François. Les autres furent perdus furles F-j ’ ^ U , leurs soldats 8c mariniers pris 8c pendus parcesS 11 , 0 8 ' a y ec un écriteau fur le dos où étoientFrançois ' n,° U - S ” avons pasfait pendre ceux-ci commeRibaut fut mâ comm f Futhé r i ens , ennemis de la foi.mit à la voile l e m^^Ent de ce nombre. Laudonniere,Les Espagnols se Po^m*àe, pour retourner en France.

tisfaitsd’avoir ainsi écàrS« en -r° is endr ? îts ' fort sa “

des voisins trop incommodes.

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L’an 15 6j , le chevalier de Gourgues, croyant que l’hon-neur de la nation françoïfe, étoit intéressé à venger Ri-baut 8c fes camarades, s’embarqua le 23 d’Août, avecdeux cens cinquante hommes qu’il avoit levés à fes frais.Sc distribués fur trois vaisseaux. II feignit d’aller fairequelque exploit en Afrique, où il aborda effectivement,mais ce ne fut que pour y prendre des rafraîchissemens,Sc étant en mer, il déclara son dessein à fes soldats, q U fl’aplaudirent. II aborda à la Floride, assez près de laCaroline , prit langue avec les Sauvages qui haissoíencles Espagnols. II fut que ceux-cí étoient quatre cens »bien armés 8c bien pourvus. II ne laissa pas de les atta-quer le samedi d’après Pâques 1Z68, donna l’assaut àdeux forts. La défense fut vigoureuse, mais enfin il de-meura maître. Plusieurs des Espagnols surent tués ; lesSauvages n’épargnerent pas ceux qui voulurent íë sauverdans leurs bois, 8c ceux qui tomberent entre les mainsdu chevalier de Gourgues furent pendus par représaillesavec des écrítaux íùr le dos, où étoient écrits ces mots :Je n ai pas fait pendre ceux-ci comme Espagnols , maiscomme pirates , banâoliers & écumeurs de mer. Aprèscette exécution, il fit démolir les forts, partit le 30 deMai 15 68, 8c arriva à la Rochelle le 6 Juin, 8c de-làà Bordeaux où s’étoít fait l’armement. A peine étoit-ilarrivé, que l’empereur envoya demander justice, Le roimenaça de faire mourir le chevalier, 8c il auroit payéde fa tête s il ne fe fût absenté quelque tems : enfin lacolere du roi s’appaifa. Après toutes ces boucheries, lesFrançois ne songèrent plus à tenter un nouvel établisse-ment à la Caroline. Les Espagnols contens de les enavoir déloges, nefe mirent pas fort en peine de la peu-pler; de forte qu’elle demeura comme abandonnée parles Européens jusqu’à l’année 1622, ( d ) que quelquesfamilles angloises, qui, effrayées des maííacres que lesIndiens faifoient dans la Virginie 8c dans la nouvelleAngleterre, dérivèrent le long de la cote, 8c s’arrêterentdans la province de Mallika, vers la source de la rivierede May- Us s’y établirent, & s’attacherent à la conver-sion des Sauvages. L’auteur Flamand, déja cité , dit quel’on assuroit même que leur roi avoit embrassé le Chris-tianisme. En 1(553 » un Anglois nommé Brigstock, étantallé à Apalache, y trouva de fes compatriotes qui lereçurent amíablement. Le L Mars 1663 » Charles IIexpédia une patente en faveur d Edouard comte deClarendon , alors grand chancelier d’Angleterre ; deGeorge , duc d’Albemarle > des Lords Craven, Barckly8c Ashl e Y, des chevaliers George Carteret, GuillaumeBarckly 8c Jean Colleton. Je ne rapporte pas tant cesnoms pour l’histoire, que parce que c’est l’origine desprovinces nommées fur les cartes angloises de la Caro-line. On y trouve le long de la côte, en commençantpar le nord , Alhermarle County , Clarendon County »Craven County , Barckly County , 8c enfin Colleton County ,au nord de laquelle » 8c plus avant dans les terres, estAshby Langer , la patente expose que par un zele pieuxSc louable, îl s ont souhaité d’avoir en Amérique, poury établir l’évangile, un certain lieu inculte, 8c qui estseulement habité par des nations barbares qui ne con-noiffent point le vrai Dieu, 8cc. Sa Majesté a trouvé bonde leur accorder le pays de son domaine en Amérique,lequel s’étend depuis la partie septentrionale de l’ifleLucke ( Lucke IJland ) sous le 3 6° dégré de la mer ausud de la Virginie, 8c à l’occident, 8c aussi loin que cettemer du Sud, 8c de la même maniéré vers le midi lelong de toute la riviere de saint Mathieu, laquelle sertde borne à la côte de la Floride, 8c delà au midi endroite ligne, aussi loin que ladite mer du Sud s’étend »a vec tous les droits royaux de pêches , mines » 8c enpayant tous les ans au roi, une reconnoiíîance de vingtmarcs- Si ceux quí marquèrent ces bornes étoient déjabien instruits de la géographie du pays, íl faut avouerque toutes les cartes que j’en aí vues ne valent absolu-ment rien. Etant cependant faites après rétablissement »8c fur des mémoires fournis par Inexpérience , elles mé-ritent plus d’attention que l’expofé qui fut fait avant 1tablissement. .

J’ai rapporté, furie témoignage des François meme,produit dans un livre dédié au cardinal de Ric e ieu > dequelle maniéré les Anglois avoient foulag ^nouvellecolonie françoife en plusieurs occasions, a » edit.

î70$ , traite cette nation avec une ingra ìtude qui mé-7 } Tome IL B b